Fokker G.I Jachtkruiser

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Pix.gif Fokker G.I Jachtkruiser Su-27 silhouette.svg
Fokker g1.gif Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : Pays-Bas Fokker
Rôle Chasseur lourd
Statut Retiré du service actif
Premier vol 16 mars 1937
Mise en service 1940
Date de retrait 1945
Nombre construits 63
Équipage
2 ou 3
Motorisation
Moteur Bristol Mercury VIII
Nombre 2
Type Moteur en étoile à 9 cylindres refroidis par air
Puissance unitaire 830 ch
Dimensions
Fokker G.1.svg
Envergure 17,16 m
Longueur 10,87 m
Hauteur 3,80 m
Surface alaire 38,30 m2
Masses
À vide 3 325 kg
Maximale 4 800 kg
Performances
Vitesse maximale 475 km/h
Plafond 10 000 m
Vitesse ascensionnelle 810 m/min
Rayon d'action 755 km
Charge alaire 125.3 kg/m2
Rapport poids/puissance 0.30 kg/ch
Armement
Interne 8 mitrailleuses fixes FN-Hestal Browning en calibre 7,92 mm Mauser
1 mitrailleuse orientable en 7,92 mm Mauser en tourelle arrière
400 kg de bombes

Le Fokker G.I Jachtkruiser est un chasseur lourd bimoteur hollandais, comparable en taille et en fonction au Messerschmitt Bf 110 allemand et au De Havilland DH.98 Mosquito britannique.

Développement[modifier | modifier le code]

Le G.I a été conçu en 1936 par les ingénieurs en chef de Fokker, Marius Beeling et Erich Schatzki, en un temps record : de la planche à dessin au premier prototype, le projet n'a duré que 7 mois. Sa présentation au public fit sensation, lors de la fête aérienne de Paris, où avec ses huit mitrailleuses frontales plus celle de tourelle, il fut surnommé le « Faucheur ». Sa conception bipoutre et bimoteur fut reprise plus tard pour le concept du Lockheed P-38 Lightning en 1939.

Le G.I fut conçu en tant que chasseur lourd, c'est-à-dire ayant pour mission de patrouiller un espace aérien et de l'interdire aux avions ennemis, notamment les bombardiers. Un rôle particulièrement important, si on se base sur les théories de Giulio Douhet. Le Fokker G.I pouvait également être utilisé pour des missions d'attaque au sol ou de bombardement léger, grâce à sa capacité d'emport de 400 kg de bombes. Conçus initialement pour un équipage de 3 membres (pilote, bombardier, mitrailleur), tous les G.I hollandais eurent le siège du bombardier retiré, car ils ne seront utilisés que pour l'attaque au sol.

Comme tous les appareils Fokker de cette période (et d'autres constructeurs par ailleurs...), le G.I est un assemblage composite. Le devant de la nacelle centrale et les poutrelles de queue sont en armature soudée recouverte d'aluminium, l'arrière de la nacelle centrale et les ailes sont en bois recouvert de Triplex (Technique développée avec succès par Fokker pour ses avions de transport de passagers).

Son vol inaugural eut lieu le 16 mars 1937 à Welschap près de Eindhoven. Les vols suivant révélèrent quelques problèmes de conception. Les moteurs d'origine Hispano-Suiza consommaient trop d'huile, les concepteurs voulurent les remplacer par des Rolls-Royce Merlin mais ils étaient indisponibles à cette date (ce qui en aurait fait le chasseur le plus rapide de cette période). À la fin deux variantes furent établies : une version biplace motorisée avec des Bristol Mercury VII, et une version monoplace utilisant des Pratt & Whitney R-1535, moins puissants mais plus fiables. En outre, le poids engendré par les huit mitrailleuses dans le nez de l'appareil rendait les conditions de pilotage au décollage et atterrissage difficiles. Ce problème ne fut jamais vraiment résolu.

Outre l'armée de l'air hollandaise, plusieurs nations montrèrent de l'intérêt pour le Fokker G.I. Bien que cet appareil fût construit suivant les spécifications de l'armée de l'air française, la France préféra des avions de fabrication nationale, comme le Breguet 691.

L'armée de l'air espagnole commanda 37 unités. Après la mobilisation de 1939, ces versions monoplaces furent réquisitionnées par l'armée hollandaise. Cependant, les Hollandais eurent des difficultés à les armer, à tel point qu'en 1940 seuls quatre étaient en état de combattre.

Les Danois commandèrent 12 G.I en configuration bombardier en piqué. Ils devaient être construits sous licence, mais la commande ne fut jamais prête du fait de l'invasion nazie. Les services de renseignement allemands pensent que certains furent assemblés, rien ne put le prouver.

Les autres pays intéressés furent la Suède (17 unités), la Belgique, la Turquie, la Hongrie et la Suisse, mais du fait de l'invasion des Pays-Bas, aucun appareil ne fut livré.

Service[modifier | modifier le code]

Réplique du Fokker G.IA no 330 à Soesterberg
Réplique d'un G.I au Dutch Air Force Museum de Soesterberg, Pays-Bas.
Tourelle de queue de la réplique d'un G.I au Dutch Air Force Museum de Soesterberg, Pays-Bas.

La Luchtvaartafdeeling (Armée de l'air hollandaise) commanda 36 appareils équipés de moteurs Bristol Mercury VIII (Moteur standard de l'armée hollandaise) pour constituer deux escadrilles.

Quand les Nazis envahissent la Hollande le 10 mai 1940, 23 de ces appareils, dont 4 équipés de R-1535 à destination de l'Espagne, sont prêts au combat:

  • 3e escadrille de chasse basée à Waalhaven : 11 appareils immatriculés 302, 309, 311, 312, 315, 319, 328, 329, 330, 334, 335 (2 appareils 314 et 316 non équipés).
  • 4e escadrille de chasse basée à Bergen (Hollande-Septentrionale) : 12 appareils immatriculés 301, 304, 305, 308, 310, 318, 321, 322, 325, 331, 332 et 333 (3 appareils 300, 313 et 317 non équipés)
  • École de pilotage de Texel : 1 appareil immatriculé 307.
  • En réparation chez Fokker : 303 (prêt), 323 et 327.
  • Les appareils 320, 324 et 326 affectation inconnue mais probablement en dépôt.

L'invasion commence par l'attaque systématique des bases aériennes : une escadrille est complètement détruite au sol, tandis que l'autre totalise onze victoires confirmées sur l'ennemi.

Durant ces jours critiques de mai 1940, le G.I s'est illustré dans les actions suivantes :

  • 11 mai : Patrouilles de combat des appareils 300, 301, 304, 318 et 332 (quelques Messerschmitt Bf 109 et plusieurs Ju 52 sont abattus).
  • 12 mai : Attaque sur les positions allemandes de Grebbelinie (en) par les G.I 302, 322 et 325.
  • 13 mai : Les matricules 318 et 321 de Bergen (Hollande-Septentrionale) escortent un groupe de 5 Fokker D.XXI et 4 Fokker C.X lors d'une action contre les positions allemandes de Grebbeberg. Les deux G.I sont tellement endommagés qu'ils ne seront plus utilisables.
  • 14 mai : Patrouilles de combat des G.I 308, 322, 342 et 343 avec 5 Fokker D.XXI.

Plusieurs Jachtkruiser furent alors capturés et reconvertis en avion d'entrainement pour les futurs équipages de Messerschmitt Bf 110. Il n'y a aucun cas connu de G.I combattant sous cocarde allemande.

Le lundi 5 mai 1941, le pilote d'essai T.H. Leegstra et l'ingénieur de Fokker Piet Vos, partirent de Schiphol et amenèrent un G.1 no.362 en Angleterre. Plus tard, ce G.1 reçu les peintures de la RAF, mais il ne vola plus jamais. Il fut alors utilisé par la Miles Aircraft Factory pour les tests des avions en structure bois sous le climat anglais. La compagnie l'a laissé se détériorer et a finalement été abandonné.

Il n'y aucun exemplaires de G.I en état de vol aujourd'hui, à part une réplique visible au Dutch Air Force Museum de Soesterberg.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • G.I : Prototype motorisé avec des Hispano-Suiza 14AB-02/03. Un seul exemplaire construit (N° de série 5419)[1].
  • G.Ia : Version bi- et triplace, motorisée avec des Bristol Mercury VIII. 36 exemplaires construits (N° de série 5521 à 5556)[2].
  • G.Ib : Version biplace destinée à l'export. (Le G.Ib avait une longueur de fuselage plus petite et une surface ailaire réduite en comparaison du G.Ia. longueur : 10,38 m, Envergure: 16,50 m , Surface ailaire: 35,70 m2), utilisant des moteurs Pratt & Whitney SB4-G Twin Wasp Junior. 25 ou 26 exemplaires construits (N° de série 5557 à 5581)[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William Green, Warplanes of the Second World War, vol. 3 : Fighters, Londres, Macdonald & Co.(Publishers) Ltd.,‎ 1961, 181 p. (ISBN 978-0356014470).
  • (nl) Hugo Hooftman, Fokker G.I, Tweede druk : Nederlandse Vliegtuig Encyclopedie, deel 12, Bennekom, Cockpit-Uitgeverij,‎ 1981.
  • (en) Bart Van der Klaauw, The Fokker G-1 : Aircraft in profile number 134, Leatherhead, Profile Publications Ltd,‎ 1966.

Autres lectures[modifier | modifier le code]

  • Roland de Narbonne, Le Fokker G.1, multiplace de combat: Le faucheur d'illusions, revue Le fana de l'aviation no.441, août 2006.
  • Harm J. Hazewintel, Fokker G-1 (1re partie), revue Le fanatique de l'aviation no.123, février 1980.
  • Harm J. Hazewintel, Fokker G-1 (2e partie), revue Le fanatique de l'aviation no.124, mars 1980.
  • Harm J. Hazewintel, Fokker G-1 (3e partie), revue Le fanatique de l'aviation no.125, avril 1980.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hooftman 1981, p. 156.
  2. Hooftman 1981, p. 156–176.
  3. Hooftman 1981, p. 176.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Avions comparables[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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