Fluoroacétate de sodium

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Fluoroacétate de sodium
Fluoroacétate de sodium
Identification
Nom IUPAC 2-fluoroacétate de sodium
Synonymes

1080

No CAS 62-74-8
No EINECS 200-548-2
No RTECS AH9100000
PubChem 16212360
ChEBI 38699
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C2H2FNaO2  [Isomères]
Masse molaire[1] 100,0243 ± 0,0023 g/mol
C 24,02 %, H 2,02 %, F 18,99 %, Na 22,98 %, O 31,99 %,
Précautions
Directive 67/548/EEC[2]
Très toxique
T+
Dangereux pour l’environnement
N



Transport
-
   2629   
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le fluoroacétate de sodium, aussi connu sous son nom commercial, le 1080 (ce nom est son numéro dans le catalogue des poisons et est devenu son nom commercial[3]) est un composé organo-fluoré de formule FCH2CO2Na. C'est un sel incolore qui est utilisé comme poison métabolique. Il est naturellement présent dans de nombreuses plantes, jouant le rôle de métabolite anti-herbivore, mais est aussi synthétisé, notamment à partir de l'acide fluoroacétique.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'action rodenticide du fluoroacétate de sodium a été rapportée pour la première fois en 1942[4]. Il est depuis utilisé à cet effet, mais son utilisation a chuté depuis qu'il a été banni dans un certain nombre de pays.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le fluoroacétate de sodium se présente sous la forme d'une poudre incolore et inodore, facilement soluble dans l'eau. Son point de fusion est de 200 °C.

Occurrence naturelle[modifier | modifier le code]

Le fluoroacétate de sodium est naturellement présent dans au moins 40 plantes d'Australie, d'Amérique du Sud et d'Afrique. Il a été identifié la première fois dans la feuille toxique de Dichapetalum cymosum par Marais en 1944[5],[6]. Dès 1904, des colons au Sierra Leone ont utilisé des extraits de Chailletia toxicaria qui contient de l'acide fluoroacétique ou ses sels comme raticide[7],[8]. On pense que ce composé est également présent dans les feuilles de thé, en très faible quantité[9]. En Australie, parmi les plantes contenant cette toxine on compte la famille de pois australiens Gastrolobium (« poison peas ») mais aussi des plantes de la famille Gompholobium, Oxylobium, Nemcia et Acacia. La présence de telles plantes dans leurs champs ont souvent forcé les fermiers de l'Australie occidentale à « décaper » leurs champs, c'est-à-dire de retirer la couche supérieure du sol et toutes les graines de poison peas qu'elle pourrait contenir, la remplacer par une nouvelle couche, vierge de poison, issue d'ailleurs, et d'y faire pousser leur semences.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Il est possible de synthétiser le fluoroacétate de sodium en faisant réagir le chloroacétate de sodium avec le fluorure de potassium[10] :

\mathrm{ CH_2ClCOONa + KF \longrightarrow CH_2FCOONa + KCl}

Il est également relativement simple de le synthétiser à partir de l'acide fluoroacétique, en faisant réagir ce dernier avec un sel de sodium comme l'hydroxyde de sodium :

\mathrm{NaOH + CH_2FCOOH \longrightarrow CH_2FCOONa + H_2O}

le carbonate de calcium :

\mathrm{Na_2CO_3 + 2 \ CH_2FCOOH \longrightarrow\ } \mathrm{2\ CH_2FCOONa + CO_2 + H_2O}

ou encore l'hydrogénocarbonate de sodium :

\mathrm{NaHCO_3 + CH_2FCOOH \longrightarrow\ } \mathrm{\ CH_2FCOONa + CO_2 + H_2O}

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Sodium fluoroacetate chez Sigma-Aldrich.
  3. (en) Proudfoot AT, Bradberry SM, Vale JA, « Sodium fluoroacetate poisoning », Toxicol Rev, vol. 25, no 4,‎ 2006, p. 213–9 (PMID 17288493, DOI 10.2165/00139709-200625040-00002)
  4. (en) Kalmbach ER, « Ten-Eighty, a War-Produced Rodenticide », Science, vol. 102, no 2644,‎ 1945, p. 232–3 (PMID 17778513, DOI 10.1126/science.102.2644.232)
  5. (en) Marais JCS, « The isolation of the toxic principle “K cymonate” from “Gifblaar”, Dichapetalum cymosum », Onderstepoort Jour. Vet. Sci. Animal Ind., vol. 18,‎ 1943, p. 203
  6. (en) Marais JCS, « Monofluoroacetic acid, the toxic principle of “gifblaar” Dichapetalum cymosum », Onderstepoort Jour. Vet. Sci. Animal Ind., vol. 20,‎ 1944, p. 67
  7. (en) Renner, « Chemical and Physiological Examination of the Fruit of Chailletia Toxicaria », Jour African Soc.,‎ 1904, p. 109
  8. (en) Power FB, Tutin F, « C hemical and Physiological Examination of the Fruit of Chailletia Toxicaria », J. Am. Chem. Soc., vol. 28,‎ 1906, p. 1170 (DOI 10.1021/ja01975a007)
  9. (en) Vartiainen T, Kauranen P, « The determination of traces of fluoroacetic acid by extractive alkylation, pentafluorobenzylation and capillary gas chromatography-mass spectrometry », Anal Chim Acta, vol. 157, no 1,‎ 1984, p. 91–7 (DOI 10.1016/S0003-2670(00)83609-0)
  10. Jean Aigueperse, « Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry », Wiley-VCH, 2005 DOI:10.1002/14356007.a11_30