Florestan Fernandes

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Florestan Fernandes
Fonctions
Député fédéral de São Paulo
19861995
Biographie
Date de naissance 22 juillet 1920
Lieu de naissance São Paulo
Date de décès 10 août 1995 (à 75 ans)
Lieu de décès São Paulo
Nationalité Drapeau du Brésil Brésilien
Parti politique Parti des travailleurs
Diplômé de Université de São Paulo
Profession Sociologue

Florestan Fernandes (22 juillet 1920 à São Paulo au Brésil - 10 août 1995) est un sociologue et homme politique brésilien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance pauvre[modifier | modifier le code]

Florestan Fernandes est né dans une famille pauvre du Brésil, dans un quartier périphérique de São Paulo. Sa mère, Dona Maria Fernandes, était une blanchisseuse portugaise analphabète. Sa marraine, qui était la patronne de sa mère, avait l'habitude de l'appeler Vicente, parce qu'elle jugeait que Florestan n'était pas un nom approprié à un enfant pauvre.

À cause des besoins de sa famille, Florestan commença à travailler dès l'âge de six ans et accomplit diverses tâches : cireur de chaussures, aide charpentier, aide coiffeur, couturier et employé de bar.

Comme sa vie au travail exigeait qu'il s'y consacre à plein temps, à l'âge de neuf ans, il arrêta d'étudier à la troisième année du cours primaire. C'est seulement à dix-sept ans qu'il intégra l'ancien cours de maturation (actuel enseignement supplétif, qui peut peut-être faire penser à l'école de la deuxième chance en France) sous l'insistance des clients du bar Bidu de la rue Líbero Badaró, où il travaillait comme cuisinier, qui trouvaient Florestan très intelligent vu les commentaires sur l'histoire, la politique et la lecture de la réalité qu'il faisait.

En 1941, alors vendeur de produits pharmaceutiques, Florestan intègre la faculté de philosophie, de sciences et de lettres (FFCL) de l'Université de São Paulo (USP). À cette période, il disait que Vicente commençait à mourir et que Florestan survenait.

Il obtint sa licence en 1943, année où le journal O Estado de S. Paulo publiait son premier article. En 1944, il se marie avec Myriam Rodrigues Fernandes, avec qui il eut six fils. Cette année-là il devint assistant du professeur Fernando de Azevedo, à la chaire de sociologie II. Il obtint alors sa maîtrise à l'école de sociologie et de politique de São Paulo en 1947 avec son mémoire L'organisation sociale des Tupinambas et termina son doctorat à la FFCL en 1951 avec sa thèse La fonction sociale de la guerre dans la société tupinamba, sous la direction du professeur Fernando de Azevedo.

Dans les mémoires qu'il a soutenus, Florestan étudia la structure de la tribu des Tupinambas, déjà disparue à l'époque, par le moyen de documents de voyageurs. Le doctorat terminé, Florestan obtint un poste de livre-docência (pt) à l'USP à la chaire de sociologie I, et devint ensuite titulaire d'une chaire (son poste était l'équivalent d'un professeur actuel, mais dans une structure où la hiérarchie était beaucoup plus rigide).

Persécution de la dictature militaire au Brésil[modifier | modifier le code]

À cause de son engagement à l'université, il fut persécuté par la dictature militaire (les années de plomb) au Brésil et son poste fut supprimé sur la base de l'acte institutionnel numéro 5 (AI-5). Il s'exila en 1969 au Canada, où il assuma la charge de professeur de sociologie à lUniversité de Toronto.

Mort[modifier | modifier le code]

Il décède à São Paulo, à l'âge de 75 ans, victime d'embolie gazeuse massive (présence d'air dans le sang), six ans après avoir subi une greffe de foie. Il était en train de faire une révision des notes de son dernier livre, La contestation nécessaire - portraits intellectuels de non-conformistes et révolutionnaires, une collection de biographies d'amis et héros.

Militantisme politique[modifier | modifier le code]

Élu député fédéral deux fois par le parti des travailleurs, il conserva la cohérence avec ses idées et son œuvre et se fit remarquer dans la défense de l'école publique et le projet de loi de directives et bases de l'éducation. Sa critique du gouvernement militaire engendra son lien avec les mouvements sociaux et les organisations politiques de gauche et la lutte pour l'éducation publique.

Une révolution de la sociologie brésilienne[modifier | modifier le code]

À l'université, Florestan inaugure une nouvelle phase de sa vie. Engagé dans les études et la réflexion sur la société, il approfondit les idées de Émile Durkheim et de beaucoup de penseur de la sociologie positiviste. Comme un intellectuel organique, il introduit dans le milieu académique un nouveau profil intellectuel, se responsabilisant et s'engageant dans les problèmes de la réalité sociale brésilienne, surtout dans le militantisme au profit des personnes aux conditions les moins favorisées.

Dans les années 1940, Florestan participait à un groupe marxiste, dans lequel il se consacra à l'étude de Karl Marx qui l'influença grandement, principalement sur la dialectique, car cela l'aida à mieux comprendre la domination de la société bourgeoise et ses méthodes exprimées dans la réalité sociale.

Alliant rigueur méthodologique et recherche empirique, Florestan Fernandes fonde la sociologie critique au Brésil, inaugurant une nouvelle manière de penser la réalité sociale. Pour Florestan, la pensée se pense tout le temps, car la réflexion critique doit être sous la pensée et le pensé.

Le professeur Florestan critiquait la pédagogie traditionnelle et condamnait la posture des éducateurs distants du processus social, croyant que ceux-ci devraient être engagés dans le projet de transformation sociale. De cette manière, il devint un défenseur permanent de l'école publique, faisant de l'éducation un des thèmes centraux de sa vie. Pour lui, il ne pourrait pas exister d'État ou de société démocratique sans une éducation démocratique via une école publique gratuite.

Tel un bon marxiste il défendait une éducation attachée à la pensée socialiste. Pour lui, la classe ouvrière était la principale force révolutionnaire et donc ses membres devraient être préparés, bien informés et conscients de leur rôle et cela serait une responsabilité de l'éducation. Ainsi il comprenait l'éducation comme un facteur de changement social.

Les différentes figures qui marquèrent le professeur Florestan Fernandes dans l'éducation sont celle de professeur, de scientifique et de militant, figures qu'il conserva dans d'autres pratiques et qui montrèrent la cohérence de cet intellectuel sur toute la trajectoire de sa vie.

Campagne de défense de l'école publique[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'éducateurs étaient déjà engagés dans la discussion et dans la création d'un projet qui, à travers l'État Éducateur, privilégie l'éducation scolarisée, rendant l'accès et la présence chaque fois plus grands dans les classes les plus petites.

Simultanément, l'approbation de la loi de directives de l'éducation nationale était en voie avec l'appui des élites et cela était en contradiction avec ces propositions. C'est dans ce contexte qu'est née la campagne de défense de l'école publique.

En signe d'indignation, plusieurs éducateurs de São Paulo se sont réunis et ont réalisé la première convention étatique pour la défense de l'école publique, d'où est sortie une grande mobilisation, donnant le point de départ de la campagne.

Cette campagne est parvenue à faire se rencontrer divers intellectuels même sur d'autres sujets de société. Dans le milieu intellectuel se sont unis différents courants de pensée sur l'éducation : les libéraux idéalistes, les libéraux pragmatiques et les socialistes, Florestan faisant partie de ce dernier courant tout comme Darcy Ribeiro et Fernando Henrique Cardoso.

La loi de directives et bases - LDB[modifier | modifier le code]

L'éducation se révélant au professeur Florestan comme un thème de grande importance, son action pour la défense du thème s'est avérée mémorable. Au-delà de son action dans la campagne, on peut noter son action à l'assemblée constituante et dans le processus de construction de la LDB.

Florestan Fernandes contre Darcy Ribeiro[modifier | modifier le code]

Dans le processus de constitution de la loi de directives et bases de l'éducation, Florestan Fernandes a eu une grande déception de la part de celui qui était alors son ami, Darcy Ribeiro, qui l'avait accompagné longtemps pour la défense de l'éducation.

La plus grande injustice de Darcy envers Florestan peut être résumée dans cette citation : « Florestan ne s'inquiète pas du million d'élèves du prolétariat étudiant, qui paient cher pour étudier la nuit, dans de mauvaises écoles, créées pour faire des profits d'entreprise, les trompant. Il les abandonne à leur sort ».

Florestan, qui a toujours lutté pour les moins favorisés, qui a mobilisé différents milieux pour la construction d'un projet démocratique et a tenté d'inclure dans les lois des mesures rendant l'éducation populaire, rencontrant des résistances dans les commissions, fut trahi et victime d'injustice par son ami.

Darcy considérait également que le projet de la chambre consolidait le système actuel d'enseignement et qu'il continuerait à maintenir le Brésil dans la condition du « [...] pays qui offre à son peuple la pire éducation ».

Ce conflit vécu entre Florestan Fernandes et Darcy Ribeiro était ouvert et occupait l'espace des médias, restant presque jusqu'aux derniers jours de la vie du professeur.

Florestan Fernandes fut professeur toute sa vie malgré des hospitalisations dans les dernières années de sa vie. Le sociologue n'a pas relâché le ton professoral et intellectuel qui le caractérisait.

Florestan était un des plus grands professeurs et sociologues brésiliens car l'un des plus grands responsables de la consolidation de la pensée scientifique dans l'étude des thèmes sociaux au Brésil.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Florestan commença à écrire à la fin des années 1940 et, au long de sa vie, il publia plus de cinquante livres et des centaines d'articles. Ses principales œuvres sont :

  • Organização social dos tupinambá (1949);
  • A função social da guerra na sociedade tupinambá (1952);

(ces deux œuvres sont indispensables pour la connaissances des sociétés indigènes du Brésil)

  • A etnologia e a sociologia no Brasil (1958);

(compte rendu et questionnements sur la production des sciences sociales au Brésil jusqu'aux années 1950)

  • Fundamentos empíricos da explicação sociológica (1959);

(il s'agit d'un des classiques de la sociologie de Florestan, de type essentiellement épistémologique)

  • Mudanças sociais no Brasil (1960);

(dans cette œuvre, Florestan fait un panorama de son travail et fait un portrait du Brésil)

  • Folclore e mudança social na cidade de São Paulo (1961);

(cette œuvre réunit le travail et les recherches réalisées les années où Florestan était élève de Roger Bastide à l'USP, et est consacrée à plusieurs manifestations de culture populaire entre des enfants de la ville de São Paulo)

  • A integração do negro na sociedade de classes (1964);

(étude des relations raciales au Brésil)

  • Sociedade de classes e subdesenvolvimento (1968);
  • A investigação etnológica no Brasil e outros ensaios (1975);

(réédition d'articles publiés dans des revues scientifiques et consacrés la production récente de l'anthropologie brésilienne)

  • A revolução burguesa no Brasil (1975)

(ce sont des œuvres centrales pour la compréhension du Brésil qui a suivi la chute du régime colonial).

Contributions à la sociologie brésilienne[modifier | modifier le code]

Selon Octavio Ianni (en), les contributions de Florestan à la sociologie brésilienne ont leur origine dans cinq sources qui sont les suivantes :

  • La sociologie classique et moderne avec un dialogue continu, ouvert et critique qui se développe avec les principaux sociologues qui présentent une contribution à la recherche et à l'interprétation de la réalité sociale.
  • La pensée marxiste et le dialogue croissant avec les œuvres de Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Ilitch Lénine, Léon Trotsky et Antonio Gramsci, entre autres, qui ont incorporé progressivement la pensée dialectique, qui est présente clairement tant dans le choix des thèmes que dans le traitement qui en est fait. Elle crée ainsi des défis pour les mouvements sociaux et les partis politiques qui sont liés aux luttes de groupes et de classes populaires.
  • Le courant plus critique de pensée brésilienne, en différents moments, qui se manifeste sous la forme d'un dialogue, explicite ou implicite, avec Euclides da Cunha, Lima Barreto, Manoel Bonfim (de), Astrogildo Pereira, Graciliano Ramos, Caio Prado Júnior et d'autres personnalités des sciences sociales et écrivains dont certains du XIXe siècle. Sur différents écrits on peut voir des suggestions, défis ou thèmes suscités par l'œuvre de ces auteurs, composant une sorte de famille intellectuelle fondamentale et très caractéristique de la pensée brésilienne. Ils prennent en compte les luttes des plus divers secteurs populaires du passé et du présent de la société brésilienne. Ils aident à comprendre certaines dimensions basiques des conditions d'existence, de vie et de travail des Indiens, indigènes, esclaves, colons, seringueiros, passés et présents.
  • Les défis de son époque, en commençant par les années 1940. Les transformations en cours dans la société en termes d'urbanisation, industrialisation, migration humaine, émergence de mouvements sociaux et de partis politiques, gouvernements et régimes politiques, sans oublier les influences externes, ont créé et recréé des défis pratiques et théoriques pour beaucoup.
  • Les groupes et classes sociales qui forment la plus grande partie du peuple, révélant un panorama social et historique plus large que celui qui apparaît dans la pensée produite selon la perspective des groupes et classes dominantes. C'est le Noir, esclave et libre, travailleur manuel, dans le labour et l'industrie, qui révèle un horizon inespéré, ample. Au côté de l'Indien, l'immigrant, le colon, le camarade, journalier et autre, la présence du noir dans l'histoire sociale du Brésil ouvre des perspectives fondamentales pour la construction du point de vue critique dans la sociologie, les sciences sociales et autres courants de pensée brésiliens.

Au-delà de ces cinq sources principales de la sociologie critique fondée par Florestan, Ianni dénombre d'autres inspirations comme le militantisme politique, la réflexion sur la responsabilité éthique et politique du sociologue, le rapprochement avec une pensée latino-américaine, où l'on peut donner les noms de José Martí, José Carlos Mariátegui et Che Guevara et d'autres. Synthétisant les bases de la sociologie inaugurée par Florestan Fernandes au Brésil, la sociologie critique est celle qui se caractérise par une façon de penser la réalité sociale à partir des racines.

Dans les années 1950, Florestan revient à la question du racisme, en un travail pionnier, où il a émis de sérieux doutes sur le mythe de la démocratie raciale au Brésil, et donna place à l'étude de la démocratie sous une forme plus large. Dans un article de 1977, publié dans le journal O Globo, le sociologue affirme qu'au Brésil, « il n'existe même pas de démocratie pour les blancs qui ont du pouvoir, imaginez pour les noirs et les métisses ».

L'éducation pour le professeur Florestan[modifier | modifier le code]

António Cândido, intellectuel, ami de Florestan pendant plus de cinquante ans, décrit le professeur Florestant Fernandes sur trois âges de cette manière : « Il y avait un Florestan des années 1940, un Florestan des années 1950 et un Florestan des années 1960 à partir duquel la synthèse était déjà faite. Le Florestan des années 1940 est celui de la construction du savoir, qui, en construisant le sien, a construit la possibilité de savoir pour les autres. Le Florestan des années 1950 est celui qui a commencé à se passionner pour les explications du savoir du monde parce que, ayant déjà les instruments en main, il s'évertue à les appliquer pour comprendre les problèmes du monde. Le troisième moment est celui du Florestan qui, ayant appliqué le savoir à la compréhension du monde, l'a transformé en une arme de combat. Naturellement, les trois étapes étaient mélangées, car il y avait toujours la troisième dans la première et la première dans la troisième. Je me réfère aux prédominances » (Candido, 1986, p. 33).

L'intellectuel militant, le professeur engagé et l'élu politique avec un mandat dans le parti des travailleurs marquèrent l'histoire de ce grand éducateur.

De grandes idées de Florestan virent le jour vers 1969, en pleine dictature militaire, avec la transition de la phase académique/réformiste pour la politique révolutionnaire. Le processus de consolidation de la pensée révolutionnaire fut détruite par l'AI-5, qui a éloigné de nombreux intellectuels des universités, y compris Florestan, qui ne reconnût plus l'université comme un centre dynamique de transformations.

Son retour au parti des travailleurs s'est fait grâce à l'invitation du président du parti, Luiz Inácio Lula da Silva, à un moment de sa vie où son désenchantement envers l'université se faisait déjà sentir.

Conclusions[modifier | modifier le code]

Florestan Fernandes, de cireur de chaussures à professeur d'université, 75 ans de vie dédiée à la lutte contre les inégalités sociales. Intellectuel organique, dans le sens défini par Gramsci, il fut militant aguerri dans la défense de l'école publique de qualité et avait une forte influence marxiste, attribuant un rôle important aux travailleurs à partir de la conscience de classe, incluant l'éducation comme thème de grande importance dans la construction et la consolidation d'un nouveau projet de société.

Sociologue formé en 1943, il obtint le titre de maître en 1947 et celui de docteur en 1951. Il a eu un rôle dans des universités importantes du Brésil et d'autres pays et a une place importante dans la sociologie brésilienne grâce à ses actions dans les différents champs des sciences sociales, ouvrant le chemin à la professionnalisation des sociologues en défendant la participation et l'interférence des intellectuels dans les problèmes nationaux, inaugurant une nouvelle manière de penser la réalité sociale, au moyen de laquelle il est devenu possible de réinterpréter la société et l'histoire, ainsi que la sociologie produite antérieurement.

Fondateur de la sociologie critique au Brésil, sa production intellectuelle est imprégnée de réflexions sur le questionnement de la réalité et la pensée synthétisée. Il a fait face spécialement durant la dictature, la grande répression se propageant dans le milieu universitaire, engageant les intellectuels, aux problèmes de la société brésilienne. Il dut partir de l'université et s'exiler au Canada, sur la base du AI-5, ne retournant au Brésil qu'après 1972.

Au Brésil, l'éducation représentant son projet de société, il participa intensément à la campagne de défense de l'école publique, à la création du forum de défense, au processus de construction de la LDB, défendant un projet de loi démocratique et a eu droit à l'appui et à la participation de diverses entités sociales.

Dans ses dernières années de militantisme pour l'éducation, il eut une grande déception de la part de deux amis qui militaient avec lui, avec une tendance à défendre une éducation sur des bases socialistes à l'occasion de la campagne de défense de l'école publique, Fernando Henrique Cardoso et Darcy Ribeiro. Avec ce dernier il y eut beaucoup de heurts rendus publiques jusqu'à l'approche des derniers jours de sa vie.

Ce grand intellectuel, sous l'invitation de Lula, commença sa vie politique dans le parti des travailleurs, conservant toujours sa cohérence, valorisant la diversité à l'intérieur du part, mais restant comme il s'appelait lui-même « loup solitaire », admirant et respectant toutes les ailes du parti. Il fut élu au parlement, où il a vécu les tensions du moment de transition par lequel passait le Brésil. Au parlement, il s'est attaché à défendre la cause des moins favorisés, sans jamais abandonner son dévouement envers l'éducation, jouant un rôle de grande importance dans l'élaboration de la constitution de 1988. Il croyait que la constitution pourrait corriger les inégalités observées dans le projet éducatif de la société.

Avec sa participation à la constitution, connaissant le parlement depuis l'intérieur, Florestan formula des critiques, disant que le parlement servait à maintenir le conservatisme impérialiste, exprimant les tension entre le passé autoritaire et les perspectives futures, et que la constitution de 88 était un processus inachevé, car la conjoncture qu'il a engendré a placé la constitution d'un côté, et les organisations populaires de l'autre.

Le sociologue et professeur, politicien engagé dans la lutte contre les inégalités, dans la défense de l'éducation publique, du socialisme, de la démocratie et de la solidarité entre la classe des travailleurs et entre les peuples latino-américains firent de Florestan Fernandes un des grands hommes de son temps, cohérent, rêveur et engagé en faveur de sa classe sociale d'origine.

La bibliothèque communautaire de l'université fédérale de São Carlos possède un amphithéâtre nommé Florestan Fernandes en hommage au sociologue. La bibliothèque possède une salle spéciale pour la lecture des œuvres de Florestan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]