Flavius Rufinus

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Flavius Rufinus, ou Rufin, né en 335, à Elusa en Novempopulanie, mort le 27 novembre 395 à Constantinople, est un haut fonctionnaire romain de la fin du IVe siècle, préfet du prétoire d'Orient sous Théodose et favori d'Arcadius pendant quelques mois avant son assassinat.

Sources[modifier | modifier le code]

La principale source est In Rufinum, poème écrit par le poète de cour Claudien, mais celui-ci étant proche de Stilicon, ennemi de Rufin, son témoignage n'est pas entièrement fiable. Il le décrit comme cupide, fourbe et ambitieux.

Au contraire, Symmaque le voit comme intelligent et doué de prestance et d'éloquence.

Le rôle de Rufin est aussi évoqué par Zosime dans son Histoire nouvelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

Rufin est originaire d'Eauze, dans la province de Novempopulanie, mais on n'a pas de renseignements sur sa famille.

Il a probablement été formé dans une école de Bordeaux ou de Toulouse. Les sources indiquent que par la suite, il a des difficultés pour parler le grec. Rufin apparaît comme un catholique zélé.

Il séjourne ensuite à Milan et à Rome. Il devint alors l'ami de l'évêque Ambroise de Milan. Il continue sa route vers Constantinople pour rejoindre la cour de l'empereur.

Sous le règne de Théodose[modifier | modifier le code]

Il obtient un emploi à la chancellerie impériale et devient magister officiorum, en 388. Il a peut-être reçu la dignité de patrice. En 390, il est l'ambassadeur de Théodose auprès d'Ambroise pour régler une affaire qui les oppose.

En 392, Théodose le désigne comme consul en même temps que son fils Arcadius, puis, la même année, préfet du prétoire pour l'Orient (praefectus praetorio Orientis). Il entre en conflit avec Promotus et Timasius, respectivement magister equitum et magister peditum de Théodose. Au cours d'un conseil, il insulte Promotus qui le gifle. Ayant rendu compte de l'incident à Théodose, il obtint son soutien : Promotus est envoyé en Thrace. Rufin soudoye alors des barbares qui suivent Promotus et le tuent en septembre 392.

Comblé d'honneurs, devenu immensément riche, il se fait construire une somptueuse résidence d'été en Chalcédoine. Il fait construire un monastère et une église dans laquelle il est baptisé en 394 en présence d'évêques et d'ermites célèbres.

Il assure avec Arcadius la direction de l'empire quand Théodose quitta Constantinople pour combattre les troupes d'Argobast qui est vaincu à la bataille de la Rivière Froide, en septembre 394.

Avant sa mort, Théodose décida de partager l'empire entre ses deux fils, à Honorius, l'empire d'Occident, et à Arcadius, l'empire d'Orient. Il chargea le général Stilicon de veiller sur ses fils. Dans l'empire d'Orient Stilicon se heurta à Rufin, ministre d'Arcadius, et ne put exercer la régence que sur l'empire d'Occident.

Sous le règne d'Arcadius[modifier | modifier le code]

Après la mort de Théodose en janvier 395, Rufin devient ministre de son fils Arcadius, chargé de la partie orientale de l'Empire.

Au printemps 395, les Wisigoths d'Alaric étant rejetés de Constantinople vers la Thessalie, il décida de cantonner ces hordes en Illyrie orientale afin de bloquer les revendications de son ennemi Stilicon sur ce territoire qu'il revendiquait en faveur de l'empire d'Occident. La manœuvre réussit et Stilicon retourna en Italie.

Mais son triomphe fut de courte durée.

Rufin voulait faire épouser sa fille à l'empereur mais Eutrope, qui avait été eunuque du palais de Théodose, réussit à bloquer ce projet. Cependant, alors qu'il voyageait en Syrie en avril 395, Eutrope mariait rapidement Arcadius avec Eudoxie.

Le 27 novembre, Rufin se rendit avec Arcadius au camp de l'Hebdomon pour une réception solennelle des troupes rappelées de Thessalie. Il est accusé d'avoir passé un pacte avec les Wisigoths et de vouloir marier sa fille avec l'empereur Arcadius pour asseoir son pouvoir sur l'empire. Il est remplacé par Eutrope. Les troupes commandées par le goth Gaïnas, ami ou payé par Stilicon, l'entourèrent, l'assassinèrent et promenèrent sa tête au bout d'une pique. Sa femme et sa fille ont été sauvées par Eutrope qui leur permit de se retirer à Jérusalem.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources
  • Zosime, Histoire nouvelle, Livre 4
Travaux contemporains
  • Jeannine Lemaire (dir.), Eauze, terre d'histoire, pp. 81-82, Dauba Frères, Nogaro, 1991