Flannery O'Connor

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Flannery O'Connor

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Flannery O'Connor, Arthur Koestler (à gauche) et Robie Macauley à l'Université de l'Iowa en 1947.

Nom de naissance Mary Flannery O'Connor
Activités Romancière, nouvelliste, essayiste
Naissance 25 mars 1925
Savannah, Géorgie, États-Unis
Décès 3 août 1964 (à 39 ans)
Milledgeville, comté de Baldwin, Géorgie, États-Unis
Langue d'écriture Anglais américain
Mouvement Southern Gothic
Genres Roman, nouvelle, essai
Distinctions National Book Award 1972

Mary Flannery O'Connor, née le 25 mars 1925 à Savannah en Géorgie et décédée le 3 août 1964 à Milledgeville en Géorgie, est une écrivaine et nouvelliste américaine. O'Connor est une importante voix de la littérature américaine. Elle est l'auteur de deux romans, de trente deux nouvelles, ainsi que de nombreux textes courts (commentaires). On lui doit par ailleurs un important corps de lettres (L'Habitude d'Être) qui, mises bout à bout, finissent par constituer une véritable figure morale et littéraire. Écrivain du sud des États-Unis, on qualifie son style de Southern Gothic; intimement lié à sa région et à ses personnages grotesques. Les écrits d'O'Connor reflètent aussi sa foi catholique, dans l'examen de questions morales. Ses Histoires Complètes ont remporté le National Book Award for Fiction[1] aux États-Unis en 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant unique d’Edward F. O’Connor[2] et de Regina Cline, elle se décrit comme une enfant aux pieds tournés en-dedans avec un menton fuyant et un complexe du type « fiche-moi la paix ou je te mords. »[3] A l’âge de six ans, elle fait sa première expérience avec le statut de célébrité. Les gens du Pathe News avaient filmé « Petite Mary O’Connor » avec sa poule savante et diffusèrent par la suite le film dans tout le pays. Elle raconta à ce sujet : « quand j’avais six ans, j’avais une poule qui marchait à reculons et qui s’était retrouvée dans le Pathé News. On pouvait aussi m’y voir avec la poule. J’avais juste été là pour l’assister, et ça, c’était le point culminant de ma vie. Depuis, tout le reste n’a été qu’une douche froide. »[4] En 1937, un lupus érythémateux disséminé fut diagnostiqué chez son père. Il en mourut le 1er février 1941, ce qui laissa Flannery, alors âgée de 15 ans, complètement dévastée[5].

En 1942, O’Connor obtint un diplôme du Peabody Laboratory School et fréquenta le Georgia State College pour femmes (à présent le Georgia College & State University) où, grâce à un programme accéléré, elle obtint une licence en sciences sociales. Elle participa intensément à la création de planches de bande-dessinée pour le journal de l’université[6]. En 1946, elle fut enrôlée à l’Atelier des Écrivains d’Iowa (Iowa Writers' Workshop), une section prestigieuse de l’Université de l’Iowa, où elle s’était d’abord inscrite dans le but d’étudier le journalisme. Elle y trouva l’occasion de rencontrer plusieurs auteurs et critiques de renom qui y donnaient des cours et des conférences. Parmi ceux-ci figuraient Robert Penn Warren, John Crowe Ransom, Robie Macauley et Andrew Lytle. Ce dernier, rédacteur en chef de longue date du Sewanee Review, un journal littéraire de prestige, compta parmi les premiers admirateurs des romans de fiction de O’Connor. Plus tard, il publia cinq de ses histoires dans son journal, aussi bien que des analyses critiques sur son œuvre. Le directeur de l’atelier, Paul Engle, fut le premier à pouvoir lire et commenter les premières ébauches de ce qui deviendrait La Sagesse Dans Le Sang.

En 1951, un médecin lui a diagnostiqué un lupus érythémateux disséminé, la même maladie qui avait emporté son père. Elle retourna vivre dans sa ferme ancestrale, Andalusia, à Milledgeville en Géorgie. Bien qu’on lui accordât encore cinq ans de vie, elle survécut encore quatorze ans. Dans sa ferme elle s’adonna à l’élevage et l’entretien d’une centaine de paons. Fascinée par les oiseaux de toutes sortes, elle y éleva également des canards, des autruches, des émeus, des toucans, et tous les oiseaux exotiques qu’elle pouvait obtenir. Elle décrivit ses paons de manière détaillée dans un essai intitulé Le Roi Des Oiseaux. Malgré une vie peu exposée, ses écrits révèlent une compréhension mystérieuse des subtilités du comportement humain. Catholique fervente vivant à l’intérieur du "Bible Belt", le sud américain protestant, elle collectionnait des livres de théologie catholique et donnait des conférences sur la foi et la littérature, parfois loin de chez elle malgré sa santé sur le déclin. Elle entretenait également une vaste correspondance avec des auteurs tels que Robert Lowell et Elizabeth Bishop. Elle ne s’est jamais mariée, s’appuyant sur ses correspondants et sur sa mère, Regina Cline O’Connor, en compensation.

Elle écrivit douze histoires courtes ainsi que deux nouvelles pendant son combat avec la maladie. Elle mourut le 3 août 1964 au Baldwin County Hospital à l’âge de 39 ans des complications liées au lupus, et fut enterrée à Milledgeville au Memory Hill Cemetary.

Carrière[modifier | modifier le code]

À propos de l’accent mis sur le grotesque, O’Connor affirma : « Tout ce qui sort du Sud sera affublé de l’étiquette « grotesque » par le lecteur nordiste, à moins que le sujet ne soit réellement grotesque, dans lequel cas on lui collera l’étiquette « réaliste »[7]. Ses écrits se déroulent d’habitude dans le Sud et tournent autour de personnages truffés de défauts moraux, les questions liés à la race y apparaissant souvent dans l’arrière-plan de l’histoire. Parmi une de ses techniques se trouve la préfiguration, donnant au lecteur une idée de ce qui va arriver longtemps avant l’événement proprement dit. La plupart de ses écrits mettent en avant des éléments perturbants, bien qu’elle n’aimât pas être décrite comme étant une femme cynique. « J’en ai assez des critiques qui cataloguent Les Braves gens ne courent pas les rues, de brutal et sarcastique, » écrit-elle. « Les histoires sont dures parce qu’il n’y a rien de plus dur ou de moins sentimental que le réalisme chrétien… je suis toujours amusée de voir ces histoires décrites comme étant des histoires d’horreur, car le critique est incapable de capter la véritable horreur. »[8]

Ses deux romans sont La Sagesse dans le sang (1952) et Et ce sont les violents qui l'emportent (1960). Elle publia également deux histoires courtes, Les Braves gens ne courent pas les rues (1955) et Tout ce qui monte converge (publié à titre posthume en 1965).

Elle se sentait profondément interpellée par le sacramental et par la notion thomiste que le monde créé est remplie de Dieu. Cependant, elle se refusait à écrire le genre de fiction apologétique qui prévalait à l’époque dans la littérature catholique, arguant le fait que l’intention de l’auteur devait être évidente tout en se gardant de tout didactisme. Elle écrivait des romans de fiction ironiques et subtilement allégoriques mettant en scène des personnages du sud américain, trompeusement rétrogrades, la plupart du temps des protestants fondamentalistes subissant des transformations au niveau de leur caractère qui, dans la pensée de O’Connor les amenaient plus près de l’esprit catholique. Ces transformations survenaient souvent au travers de la douleur, de la violence et de comportements risibles dans la recherche du sacré. Aussi grotesque que fût la trame des histoires, elle tentait toujours de représenter ses personnages de telle manière qu’ils puissent être touchés par la grâce divine. Ceci élimina la possibilité d’une compréhension sentimentale de la violence des histoires, ainsi qu’il en est pour elle de sa propre maladie. Elle a écrit : « la grâce nous transforme et cette grâce est douloureuse. » Elle avait également un sens de l’humour profondément sardonique, qui se basait souvent sur la disparité entre les perceptions limitées de ses personnages et le destin effrayant les attendant.

Elle trouvait fréquemment une autre source d’humour dans les tentatives de libéraux bien intentionnés de se faire au sud rural à leurs propres conditions. O’Connor utilisait comme exemple de l’échec du monde séculier du XXe siècle l’incapacité de ces personnages de se réconcilier avec les différentes races, la pauvreté et le fondamentalisme autrement que par le moyen d’illusions sentimentales,

Néanmoins, plusieurs de ses histoires nous révèlent que O’Connor était bien informée sur les questions contemporaines les plus sensibles auxquelles ses personnages étaient susceptibles de se heurter. Elle évoqua l’holocauste dans sa célèbre histoire « La Personne déplacée, » ainsi que l’intégration raciale dans Tout ce qui monte converge. Elle inclut fréquemment des références aux problèmes raciaux dans le sud. Ces questions sont occasionnellement mis en avant, comme dans Le Nègre factice, Tout ce qui monte converge et Le Jour du jugement, sa dernière histoire courte qui est en réalité une version radicalement revue de sa première histoire publiée, Le Géranium. Il existe des fragments d’un roman inachevé intitulé provisoirement Pourquoi ces nations en tumulte ? qui s’inspire de quelques nouvelles comme La Fêtes des azalées, The Enduring Chill et Pourquoi ces nations en tumulte ?

Betty Hester, sa meilleure amie, reçut une lettre hebdomadaire de la part de O’Connor pendant plus d’une décennie. Ces lettres fournirent l’essentiel de sa correspondance rassemblée dans L’habitude de l’être, une sélection de ses lettres publiée par Sally Fitzgerald, une reclue à qui l’on donna le pseudonyme « A., ». Sa véritable identité ne fut dévoilée qu’après qu’elle se fut tuée en 1998. La majeure partie des écrits les mieux connus sur la religion, l’écriture et le sud est contenue dans ces lettres, ainsi que dans des lettres écrits à ses amis Brainard Cheney et Samuel Ashley Brown. La collection complète de la correspondance entre les deux femmes fut dévoilée par l’Emory University, le 12 mai 2007. Ces lettres avaient été transmises à l’université à la condition qu’elles ne soient pas mises à la disposition du public avant 20 ans[9].

Une vie catholique[modifier | modifier le code]

De 1956 à 1964, O’Connor a écrit plus de cent critiques de livres pour deux journaux diocésiens en Géorgie: The bulletin et The Southern Cross. Selon son confrère, Joey Zuber, la gamme étendue d’ouvrages que Flannery avait choisi d’examiner, démontrait à l’évidence qu’elle était profondément intellectuelle. Ses critiques font constamment face aux thèmes théologiques et éthiques de livres écrits par les théologiens les plus sérieux et exigeants de son époque[9]. Le professeur d’anglais, Carter Martin, qui fait figure d’autorité en ce qui concerne l’œuvre de O’Connor remarque simplement que « ses critiques d’ouvrages sont en accord avec sa vie spirituelle. »[10]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Sagesse dans le sang (Wise Blood), 1952, roman
  • Les Braves gens ne courent pas les rues (A Good Man Is Hard To Find), 1955, nouvelles
  • Et ce sont les violents qui l'emportent (The Violent Bear It Away), 1960, roman
  • A Memoir of Mary Ann (édition et introduction), 1962
  • Three by Flannery O'Connor, 1964
  • Mon mal vient de plus loin, (Everything That Rises Must Converge), 1965, nouvelles
  • Pourquoi ces nations en tumulte ?, (Why do the Heathen rage ?), nouvelles
  • Le Mystère et les Mœurs, (Mystery and Manners: Occasional Prose), édité par Sally Fitzgerald et Robert Fitzgerald, 1969
  • The Complete Short Stories, écrit en 1956 publié en 1971
  • Flannery O'Connor, Gallimard coll. « Biblos », 1975. Contient a priori toute l'œuvre romanesque de l'auteur, à savoir La Sagesse dans le sang, Les Braves gens ne courent pas les rues, Et ce sont les violents qui l'emportent, Mon mal vient de plus loin et Pourquoi ces nations en tumulte ?. Préfacé par Roger Grenier.
  • L'Habitude d'être (The Habit of Being: Letters), correspondance, édité par Sally Fitzgerald, 1979
  • The Presence of Grace and Other Book Reviews, édité par Carter W. Martin, 1983
  • Collected Works, 1988
  • Oeuvres complètes : Romans, nouvelles, essais, correspondances, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Quarto »,‎ 2009 (ISBN 9782070124930)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nationalbook.org/nba1972.html#.VF90qMnQV7c
  2. http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/o/flannery_oconnor/index.html
  3. Bailey, Blake. "Between the House and the Chicken Yard". Virginia Quarterly Review (Spring 2009): 202–205.
  4. O'Connor, Flannery; Rosemary M. Magee (1987). Conversations with Flannery O'Connor. p. 38. ISBN 0-87805-265-8.
  5. The Life You Save May Be Your Own: An American Pilgrimage, by Paul Elie, Copyright 2003, Farrar, Straus & Giroux.
  6. http://cartoonician.com/flannery-oconnor-cartoonist/
  7. O'Connor, Flannery. Mystery and Manners: Occasional Prose. Eds. Robert and Sally Fitzgerald. New York: Farrar, 1969: p. 40
  8. O'Connor, Flannery. The Habit of Being. Ed. Sally Fitzgerald. New York: Farrar, 1979, p. 90
  9. a et b http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=10154699
  10. O'Connor, Flannery; Leo Zuber; Carter W. Martin (1983). The Presence of Grace, and Other Book Reviews. p. 4. ISBN 978-0-8203-0663-6.

Liens externes[modifier | modifier le code]