Fiodor Rostoptchine

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Fiodor Rostoptchine
Fiodor Vassilievitch Rostoptchine par Salvatore Tonci.
Fiodor Vassilievitch Rostoptchine par Salvatore Tonci.

Naissance 23 mars 1763
Orel
Décès 30 janvier 1826
Saint-Pétersbourg
Allégeance Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Arme Infanterie
Grade Lieutenant-général
Conflits Guerre russo-turque de 1787-1792
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Siège d'Otchakov
Bataille de Râmnic
Distinctions Ordre de Saint-André
Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Ordre de Saint-Alexandre Nevski
Ordre de Sainte-Anne
Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade
Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem
Autres fonctions Président du Collège des Affaires étrangères de l'Empire russe (1799-1801)
Gouverneur général de Moscou (1812-1814)
Grand Maréchal de la cour
Membre du Conseil d'État (1814-1823)
Famille Famille Rostoptchine

Le comte Fiodor Vassilievitch Rostoptchine ou Fédor Rostoptchine (en russe : Фёдор Васильевич Ростопчин) né à Orel le 23 mars 1763 et mort à Saint-Pétersbourg le 30 janvier 1826, est un général russe, ministre des Affaires étrangères de 1799 à 1801, puis Gouverneur général de Moscou de 1812 à 1814.

Biographie[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Rostoptchine.

Rostoptchine descendait d’une ancienne famille russe d’origine mongole. On le dit même « descendant de Genghis Khan »[1]. Entré de bonne heure dans la carrière des armes, il était lieutenant à 21 ans dans la garde impériale. Il quitta alors la Russie pour voyager et résida quelque temps à Berlin, où il était encore en 1778.

Sous Paul Ier[modifier | modifier le code]

L’esprit et la vivacité du jeune Rostoptchine plurent au comte Romanzov, chancelier de l’Empire, frère du ministre des Affaires étrangères, alors ambassadeur à Berlin. Sous le règne de Paul Ier, son avancement fut aussi rapide que brillant. Il fut décoré du grand ordre de Russie et fait comte, ainsi que son père ; mais bientôt ils tombèrent l’un et l’autre, pour des raisons inconnues, dans une disgrâce à laquelle le comte Nikita Petrovitch Panine ne fut pas étranger, et eurent ordre de se retirer dans leurs terres.

Guerre de 1812[modifier | modifier le code]

Le comte Rostoptchine retrouva grâce auprès d'Alexandre Ier qui le charga du gouvernement de Moscou, lorsque les Français parurent sous les murs de Moscou en 1812. Le 11 septembre, veille de l’arrivée de l’empereur Alexandre, il adressa à la garnison une proclamation conçue en termes étranges, mais énergiques et propres à enflammer l’enthousiasme patriotique et religieux des Moscovites. Le 12, il se rendit auprès du prince Koutousov, général en chef de l’armée russe, en annonçant son départ en style plus singulier encore.

Le palais Rostoptchine à Moscou.

Le 14 septembre à midi, selon le 19e bulletin, les Français entrèrent à Moscou ; le même jour (20e bulletin), les Russes mirent le feu à plusieurs édifices publics de cette grande ville[2]. Les rapports officiels annoncèrent que des forçats libérés, des bandits de toute espèce mirent le feu dans cinq cents endroits différents par ordre du gouverneur. À Voronovo, dit le 23e bulletin, le comte Rostoptchine mit le feu à sa maison de campagne[3].

Stendhal écrit de lui dans son Journal (en date du 14 septembre) : « Le général Kirgener l'avait dit devant moi à Louis : Si l’on veut me donner quatre mille hommes je me fais fort, en six heures, de faire la part du feu, et il serait arrêté. Ce propos me frappa. (Je doute du succès. Rostopchine faisait sans cesse mettre le feu de nouveau ; on l’aurait arrêté à droite, on l’aurait retrouvé à gauche, en vingt endroits.) (…) Nous apercevions très bien l’immense pyramide formée par les pianos et les canapés de Moscou, qui nous auraient donné tant de jouissance sans la manie incendiaire. Ce Rostopchine sera un scélérat ou un Romain ; il faut voir comment son affaire prendra. On a trouvé aujourd’hui un écriteau à un des châteaux de Rostopchine ; il dit qu’il y a un mobilier de tant (un million, je crois), etc., etc., mais qu’il l’incendie pour ne pas en laisser la jouissance à des brigands. Le fait est que son beau palais d’ici n’est pas incendié[4]. » En tout cas, Stendhal note quelques pensées sur un volume de Chesterfield qu'il a pillé dans la maison de campagne de Rostopchine[4].

Le comte Rostoptchine conserva le gouvernement de Moscou jusqu’au mois de septembre 1814. À cette époque, il donna sa démission et accompagna à Vienne l’empereur Alexandre. Cette même année, il avait été nommé membre du Conseil d'État de l'Empire russe. En 1817, il vint à Paris, où il paraissait avoir l’intention de fixer son séjour[5]. Il s'est défendu contre l'accusation d'incendie criminel de Moscou dans une brochure imprimée à Paris en 1823, mais il a ensuite fait des aveux graves.

Le comte Rostoptchine est mort à Saint-Pétersbourg le 30 janvier 1826.

Famille[modifier | modifier le code]

Il eut de sa femme Catherine Protassov, ancienne demoiselle d'honneur de Catherine II, huit enfants :

  • Sergueï (1796-1839)
  • Nathalie (1797-1866), épouse du gouverneur de Crimée Dimitri Narychkine,
  • Sophie, comtesse de Ségur, célèbre écrivain française du XIXe siècle
  • Pavel (1803-1806)
  • Maria (1805)
  • Elizabeth (1807-1825)
  • Mikhaïl (1810)
  • Andreï (1813-1882), qui s'est distingué dans la carrière militaire, marié à Ievdokia Souchkova.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Deux mille ans d'histoire, France Inter, émission du 7 janvier 2009, rediffusée le 2 juillet 2010
  2. L’incendie, qui ne tarda pas à s’étendre de tous côtés et à consumer presque entièrement l’immense capitale, ravit aux Français les ressources de tout genre qu’ils devaient y trouver pour leurs quartiers d’hiver, les força à une retraite précipitée et produisit les désordres de cette campagne.
  3. Il laissa l’écrit suivant attaché à un poteau : « J’ai embelli pendant huit ans cette maison de campagne et j’y ai vécu heureux au sein de ma famille. Les habitants de cette terre, au nombre de 1 270, la quittent à votre approche, et je mets le feu à ma maison, afin qu’elle ne soit pas souillée par votre présence. Français, je vous ai abandonné mes deux maisons de Moscou avec des meubles valant un demi-million de roubles ; ici vous ne trouverez que des cendres. »
  4. a et b Stendhal, Journal, Paris, Gallimard (Folio), 1995/2010, p. 935, 938 & 940
  5. On n’y vit pas sans quelque étonnement dans celui que l’on se représentait comme un féroce vandale, l’un des hommes les plus remarquables de l’époque par la finesse et l’originalité de son esprit.

Sources[modifier | modifier le code]

« Fiodor Rostoptchine », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]