Fiodor Droujinine

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Fiodor Droujinine, altiste, pédagogue et compositeur russe, est né à Moscou en 1932 et décédé en cette même ville le , des suites d'une longue maladie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fiodor Serafimovitch Droujinine étudie à l’école centrale de musique de Moscou avec Nicolaï Sokolov, puis au Conservatoire dans la classe de l’éminent professeur Vadim Borissovski, fondateur de la classe spéciale d’alto. Resté dans la capitale pendant la Seconde Guerre mondiale, il assiste à l’exécution du quintette à clavier de Chostakovitch, interprété par le compositeur et le quatuor Beethoven. C’est le début d’une intense fascination pour la musique de Chostakovitch qui l’accompagnera durant toute sa vie. En 1960, il est invité par D.Tsyganov (premier violon du quatuor Beethoven) à remplacer son professeur V. Borissovsky, souffrant de problèmes cardiaques, au sein du quatuor Beethoven. Il fait forte impression en déchiffrant à vue les 9ème et 10ème quatuors de Chostakovitch lors de la première répétition en présence du compositeur. Chostakovitch fut très satisfait et F. Droujinine fit dès lors partie intégrante du prestigieux ensemble. Peu de temps après, il succède à V. Borissovsky comme professeur d’alto au conservatoire de Moscou où il enseignera pendant plus de trente ans.

Par l’amitié et l’étroite collaboration avec Chostakovitch, qui lui dédia sa dernière œuvre (la sonate pour alto op.147), et par sa contribution au développement du répertoire de l’alto, F. Droujinine peut être considéré comme l’un des interprètes russes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

A l’instar d’artistes comme Eugène Ysaÿe ou Georges Enesco, Fiodor Droujinine fut un musicien complet : soliste, quartettiste, compositeur, pédagogue et défenseur de la musique contemporaine ; Il voua son existence entière à la musique. Droujinine jouait un alto de Amati et un Guarneri.

L’interprète[modifier | modifier le code]

L’art de Droujinine a été applaudi bien au-delà des frontières de la Russie. Les mélomanes allemands et japonais, français et italiens, finlandais et polonais, suisses et canadiens ont pu admirer son jeu. À Toronto en 1980, il reçut un accueil triomphal au IXème Congrès International de l’alto, acclamé entre autres par William Primrose et Raphaël Hiller (en). Cet événement comprenait quelque trois-cents altistes de renommée internationale. Les années de brillante activité d’interprète du musicien incitèrent les plus grands compositeurs russes à écrire de nouvelles pièces pour alto. Ainsi naquirent et conquirent les faveurs du public les concertos de Roman Ledenev et de Grigory Frid (en), les sonates de Chostakovitch et de Weinberg. Dédiées à l’altiste et présentées par lui au public pour la première fois, ces œuvres furent jouées à maintes reprises dans les salles de Moscou et de nombreuses villes russes, ainsi que lors de tournées du musicien à l’étranger.

F.S. Droujinine a consacré ses forces à l’enrichissement du répertoire de l’alto. Par sa recherche constante de nouvelles compositions, il a offert aux auditeurs nombre d’œuvres merveilleuses d’auteurs étrangers, longtemps restées inconnues du public russe. Le musicien fut ainsi le premier interprète du concerto pour alto de Bela Bartók à Moscou. Il collabora avec des artistes tels que Maria Youdina, Alfred Schnittke, A. Volkonsky, Ksénia et Olga Erdeli, Maria Grinberg, Sviatoslav Knouchevitsky, Lev Oborine, Larissa Panteléeva, Vera Doulova, Walter Delahunt (en), etc. Il participe à la création des quatuors de Dmitri Chostakovitch à partir du 9e et sera le dédicataire de la sonate pour alto op.147, dernière œuvre du compositeur. Citation de Maria Youdina, célèbre pianiste russe: «J’ai trouvé en Droujinine une perfection instrumentale extraordinaire, un esprit et noble au possible ; un goût, et, ce qui est peut-être pour moi l’essentiel, un intérêt profond pour la modernité. » 

Le compositeur[modifier | modifier le code]

Dès son plus jeune âge, F. Droujinine s’est intéressé à la composition. Il étudie cette discipline au conservatoire de Moscou parallèlement à ses études d’alto. Il s’y consacra ensuite tout au long de sa carrière.

Ses œuvres 
  • Variations pour alto solo (1968)
  • Sinfonia a due (deux altos)
  • Trio à cordes : esquisse orientale
  • La nuit et la mer, nocturne pour soprano et alto sur un texte de Goethe
  • Sonate pour alto solo (1959)
  • Fantaisie pour alto et orchestre (1980)
  • Nocturne pour soprano et sextuor à cordes
  • Chœurs sur des thèmes de prières orthodoxes
  • Romances et chansons pour enfants

Le pédagogue[modifier | modifier le code]

Parmi toute une génération d’altistes formés par Fiodor Droujinine au conservatoire de Moscou,le plus célèbre est sans aucun doute Youri Bashmet. F. Droujinine donna de nombreuses masterclasses en France, Italie, Suisse, Angleterre, Finlande, Pologne et Allemagne au cours desquelles il put transmettre une véritable maîtrise technique ainsi que la compréhension des œuvres de compositeurs russes en général et de Chostakovitch en particulier. Parmi les héritiers de cette tradition de quatuor à cordes, citons entre autres le quatuor Danel.

Discographie[modifier | modifier le code]

Fiodor Droujinine– Melodiya MEL CD 10 00867 (2004); Fiodor Droujinine, alto; Mikhail Muntian, piano (Glinka, Rubinstein); Larissa Panteleyeva, piano (Chostakovich) 1. Mikhail Glinka: sonate en ré min . pour alto et piano (1825–1828) 2. Anton Rubinstein: sonate en fa min. pour alto et piano Op.49 (1855) 3. Dimitri Chostakovich: sonate pour alto et piano Op.147 (1975)

Great Artists of the Moscow Conservatory– Moscow Conservatory SMC 036 (1998); Fiodor Droujinine, alto; Maria Youdina, Anna Levina, Larissa Panteleyeva, piano 1. C.P.E. Bach: sonate en sol min. 2. Mikhail Glinka: sonate en ré min pour alto et piano (1825–1828) 3. Arthur Honegger: sonate pour alto et piano H.26 (1920) 4. Paul Hindemith: sonate pour alto et piano Op.11 No.4 (1919)

Rubinstein: sonate pour alto et piano et quintette pour piano et vents– Russian Disc (1994); Fiodor Droujinine, viola; Larissa Panteleyeva, piano 1. Anton Rubinstein: sonate en fa min. pour alto et piano Op.49 (1855)

Russian Disc (1994); Fiodor Droujinine, viola; Larissa Panteleyeva, piano Anton Rubinstein: sonate en fa min. pour alto et piano Op.49 (1855)

Melodiya LP 33D-025045/6 (1969); Fiodor Droujinine, alto; Orchestre de chambre du conservatoire de Moscou, Orchestre Symphonique de Moscou 1. Johann Christian Bach/Henri Casadesus: concerto en do mineur pour alto et cordes 2. Roman Ledenev: Concerto-Poème en la mineur pour alto et orchestre Op.13 (1963–1964) 3. Grigory Frid (en): Concerto for Viola and Orchestra, Op.52 (1972)

Melodiya LP S10-08249/50 (1976); Fiodor Droujinine, alto; Mikhail Muntian, piano 1. Mieczyslaw Weinberg: sonate no.1 pour alto solo, Op.107 (1971) 2. Grigory Frid: sonate pour violon et piano, Op.62 No.1 (1971)

Références[modifier | modifier le code]

Fiodor Droujinine, Souvenirs, éditions Museum Graeco-latinum, Moscou, 2006.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fiodor Droujinine, Souvenirs, éditions Museum Graeco-latinum, Moscou, 2006.