Finance
La finance étudie la manière dont les investisseurs allouent leur actifs en fonction de la valeur temps de l'argent.
Dans son sens restreint, la finance peut désigner :
- soit les techniques qui permettent d'obtenir et de placer des capitaux ;
- soit les agents économiques qui recherchent des capitaux ou souhaitent en placer.
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Histoire de la finance [modifier]
Même si de nombreux livres lui sont consacrés dès le milieu du XVIIIe siècle[1], et au XIXe siècle, au moment de l'éclosion de l'École classique, c'est à partir de 1958 que la finance est devenue une sous-discipline de l'économie, en lui empruntant ses raisonnements formalisés et ses mécanismes d'optimisation. Auparavant, la gestion financière consistait essentiellement en un recueil de pratiques qui n'étaient pas nécessairement encadrées ou réglementées par des institutions légales.
La finance est largement devenue de nos jours un négoce d'instruments et de transfert des anticipations de revenus et de risques, dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d'institutions. Les risques peuvent être ainsi transférés à ceux disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d'un importateur est inverse de celui d'un exportateur, le risque de taux d'un prêteur est inverse de celui d'un emprunteur, …), la diversification des risques, etc.
Fonctionnement [modifier]
Typologie [modifier]
Types de finance [modifier]
Les outils de la finance concernent plusieurs volets, dont les principaux sont les suivants.
- Finance publique : Financement et budget de l'État, financement des collectivités publiques et des organismes sociaux.
- Finance privée : Gestion de patrimoine et des revenus personnels, préparation de la retraite.
- Finance d'entreprise : Gestion financière des entreprises, notamment de leurs investissements et de leurs financements.
- Finance de marché : Fonctionnement des grands marchés sur lesquels il est possible d'investir, de se couvrir, ou d'utiliser des instruments financiers complexes, comme les options.
- Les marchés financiers sont devenus depuis les années 1980 le principal circuit de financement de l'économie, en complément des banques. Ce mouvement a commencé aux États-Unis, où le recours aux marchés a toujours été plus répandu qu'en Europe. Ils comprennent :
- Les marchés d'actions, qui sont les plus connus du grand public, mais pas les plus actifs.
- Les marchés de crédit en plein développement.
- Les marchés de taux d'intérêt qui, par leurs cotations en continu, constituent de très loin le plus grand marché de la planète :
- Marché monétaire pour le court terme.
- Marché obligataire pour le moyen-long terme.
- Le Marché des changes ou Forex.
- Il existe par ailleurs de nombreux marchés de matières premières et de produits de base : pétrole, blé, etc.
- Les marchés financiers sont devenus depuis les années 1980 le principal circuit de financement de l'économie, en complément des banques. Ce mouvement a commencé aux États-Unis, où le recours aux marchés a toujours été plus répandu qu'en Europe. Ils comprennent :
Les marchés financiers représentent des environnements spécifiques pour la finance. Ils sont distingués en fonction de la nature du besoin à couvrir :
- marché monétaire
- marché des changes
- marché actions
- marché obligataire
- marché de l'assurance
Disciplines [modifier]
Ces grandes disciplines sont constituées de corps théoriques, d'outils d'optimisation, de théorèmes, destinés à faciliter les prises de décisions financières.
- Au niveau de la microéconomie
- Mathématiques financières : ensemble d'outils de calcul pour la modélisation et l'aide à la décision utilisés dans les différentes branches de la finance, notamment les calculs sur les taux d'intérêts et les instruments financiers.
- Choix d'investissement : critères et méthodes pour sélectionner des investissements en fonction de leur rentabilité prévisionnelle ou de leur création de valeur.
- Évaluation financière : estimation de la valeur des actifs, que ceux-ci soient financiers (actions, obligations, options, voir actif financier), ou des entreprises (voir évaluation d'entreprise) ou encore des biens immobiliers.
- Politique financière : choix des financements des sociétés, dans le but d'optimiser leur Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC). La répartition entre le financement par Capitaux propres et par dettes, la politique de dividende sont des questions centrales de la politique financière.
- Théorie moderne du portefeuille : optimisation de la répartition des actifs par diversification. Initialement développée pour les marchés financiers, cette discipline sert également au champ de la finance d'entreprise. Plus généralement, on parle de gestion du risque.
- Finance comportementale : identification des facteurs psychologiques individuels et collectifs intervenant dans les décisions financières et leurs effets sur la formation des prix et sur les rendements financiers.
- Au niveau de la macroéconomie
- Politique monétaire et Finance publique internationale : répondant à des objectifs macroéconomiques, la politique monétaire est menée par les banques centrales, avec des interactions avec les organismes officiels internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque des règlements internationaux, BEI, BERD, etc)
Acteurs [modifier]
Les intermédiaires financiers sont les organismes dont la vocation est de faciliter le rapprochement entre offre et demande de produits financiers.
Ils sont également distingués par la nature des produits qu'ils sont à même de négocier :
- Conseillers financiers et gestionnaires de fortune.
- Les compagnies d'assurances avec leur portefeuille d'assurés.
- Les banques qui recyclent les dépôts et l'épargne, les sociétés de crédit.
- Les marchés organisés (bourses) où s'échangent divers actifs financiers négociables.
- Les fonds de placement, caisses de retraites et institutions diverses.
- Société de bourse.
Tous les agents économiques ont vocation pratiquement en permanence à recourir aux moyens offerts par la finance.
- Les particuliers pour leurs placements et leurs emprunts
- Les entreprises pour obtenir des capitaux et gérer leur trésorerie
- L'État et les collectivités publiques pour assurer l'équilibre entre leurs dépenses et leurs recettes.
- Les institutions financières elles mêmes qui doivent ajuster leurs ressources et leurs emplois. Elles interviennent pour leur besoin propre sur les marchés financiers.
Une classe particulière d'organismes financiers est constituée par les instances de régulations nationales et internationales ainsi que par les agences de notation. Les marchés financiers sont en effet marqués par des épisodes de croissance exubérante et de dépression sévère qui posent le problème toujours renouvelé de leur régulation.
Les utilisateurs finaux de la finance peuvent être :
- Les ménages avec leur épargne, et aussi leurs emprunts.
- Les institutions qui ont besoin d'argent (les entreprises, les États) ou d’assurances contre leurs risques.
Enjeux [modifier]
Concept [modifier]
La finance est un concept qui permet étymologiquement parlant (le mot vient de finare en latin) de caractériser ce qui concerne l'argent d'une indemnité. L'idée d'indemnité implique l'idée ici, de prendre des décisions relativement à des placements ou capitaux obtenus afin d'en obtenir la valeur financière la plus grande. La notion de richesse détenue renvoie d'abord aux éléments non monétaires tels que la santé, le bonheur, qui sont des éléments à valoriser. Mais cela inclut a priori également les investissements financiers tels que la quote-part de la valeur d'une firme par exemple. La pertinence du concept réside donc autour de l'idée de trouver des outils d'optimisation des flux financiers en prenant en compte la complexité et la variété des situations (biais de la finance comportementale, prise en comptes des intérêts divergents des parties prenantes, rationalité limitée...).
Finance et mondialisation [modifier]
Compte tenu de l'extension de la convertibilité des monnaies et de la mondialisation des échanges, la finance est désormais internationale. L'apparition de produits financiers internationaux complexes et d'opérateurs non régulés agissant à partir des paradis fiscaux a largement été associée au développement de la crise des marchés financiers qui paralyse actuellement l'économie mondiale, posant la question de la mise en œuvre de régulations mondiales renforcées.
Le système financier est international : il est présent dans chaque pays, avec des flux circulant de l'un à l'autre avec toutefois certaines restrictions locales.
Il rassemble un ensemble d'acteurs, reliés entre eux par un réseau de communication, formant une série de marchés financiers spécialisés visant chacun à équilibrer l'offre et la demande dans un actif financier particulier. Cet équilibre est obtenu par la confrontation des ordres entre les divers acteurs détenteurs de moyens monétaires ou financiers et notamment :
Au niveau des institutions financières, le système comprend entre autres les banques supra-nationales (par exemple la Banque Centrale Européenne, la Banque des règlements internationaux), les Banques Centrales nationales, les banques commerciales, les sociétés financières, les caisses de retraites, la sécurité sociale et les caisses de prévoyance, les compagnies d'assurances, le Trésor public, les marchés financiers.
La superposition des différents marchés financiers (actions, taux d'intérêts, devises et matières premières) et son extension à tous les pays, forment ce qu'on appelle le système financier international.
Le système financier cherche à faciliter une bonne allocation des capitaux, favorable à l'essor économique. Ce rôle primordial explique la place importante de la finance dans les pays développés, avec une part de 5 % à 10 % du PIB (Produit intérieur brut).
Finance et Industrie [modifier]
Selon Gabriel Colletis [2], certaines formes de financiarisation des stratégies des entreprises doivent être remises en cause car elles inversent le sens de la relation traditionnelle entre investissement et finance : Au lieu de sélectionner les financements possibles des investissements qu'elles souhaitent réaliser, elles choisissent les investissements en fonction d'une norme de rentabilité et d'un revenu promis aux actionnaires ( surtout lorsque ceux-ci sont des fonds d'investissement). Ainsi des activités peuvent être délocalisées et des investissements abandonnés non parce qu'ils ne sont pas rentables, mais parce qu'ils ne le sont pas assez.
- Ainsi les deux puissants moteurs de cette évolution sont la préférence accordée aux stratégies de croissance externe et l'alignement des intérêts des managers sur ceux des actionnaires (attribution de stock-options et/ou de rémunérations variables indexées sur la rentabilité) .
- Il s'ensuit une stérilisation des richesses créées par les entreprises : Nombre d'entreprises utilisent leurs profits pour procéder à des rachats de leurs propres actions (la réduction des titres en circulation provoque mécaniquement l'augmentation du bénéfice par action ). D'autre part la croissance de la part des profits distribués aux actionnaires sous forme de dividendes : En trente ans, le résultat brut des entreprises a été multiplié par un peu moins de trois, tandis que les dividendes l'ont été par plus de dix[3].
- La financiarisation a fait disparaitre en France la majeure partie des entreprises grandes et moyennes véritablement indépendantes. Le groupe est devenu la structure dominante. Gabriel Colettis pose la question « La finance est-elle en train de tuer l'industrie ? » [4]. Le groupe n'est rien d'autre , le plus souvent, qu'une structure orientée par des considérations actionnariales, financières et fiscales.
- L'analyse de la contribution de l'industrie à l'activité économique est désormais loin d'être évidente : Si l'industrie française pèse environ la moitié de l'industrie allemande en termes de valeur ajoutée, ses investissements à l'étranger sont le double de sa consoeur allemande. L'Allemagne favorise l'investissement et la production domestiques, alors que la France, marquée par le poids de grands groupes financiarisés et extravertis, produit et fait produire de plus en plus à l'étranger. Pour G. Colletis, c'est sans doute là que réside l'une des raisons de l'asymétrie des balances commerciales, plus que dans le coût du travail[5].
Finance et morale publique [modifier]
Quelle place dans l'économie ? [modifier]
Le débat sur la place de la finance dans l'économie ressort à chaque crise financière. En France, le débat agite ainsi le monde intellectuel, après la première vague de libéralisation des marchés. Le Monde Affaires du 28 février 1987 titre ainsi L'industrie malade de la finance. L'idée sera repris dans les polémiques qui concernent le krach boursier d'octobre 1987. Parmi ses critiques figurent l'économiste libéral Bertrand Jacquillat[6] et le banquier Gérard Worms[7].
Après l'explosion de la crise des subprimes de 2007-2008, de nombreux observateurs ont de nouveau mis en cause, à travers le monde, le poids du secteur financier au sein de l'économie. Certaines études suggèrent que des déséquilibres trop importants en faveur de la sphère financière sont annonciateurs de crises graves :
- Concernant les rémunérations, l'économiste Thomas Philippon (Université de New York et École d'économie de Paris) a calculé vers 2008 que les salaires de la finance sont 40 % au-dessus de « ce à quoi on pourrait s'attendre », soit l'écart le plus important depuis 1929[8].
- Concernant l'emploi des diplômés, selon l'économiste Esther Duflo (MIT, École d'économie de Paris), 15 % des diplômés de Harvard de l'année 1990 travaillent dans la finance contre 5 % en 1975[9]. Elle estime que « ce que la crise révèle de manière brutale (et coûteuse) est que toute cette intelligence n'est pas employée de manière particulièrement productive »[10].
- Concernant le poids dans l'économie, l'économiste Thomas Philippon a calculé que le secteur financier représente 8 % du PIB en 2006, probablement au moins 2 % au-dessus de la taille qu'il devrait avoir pour exercer sa tâche normale de financement de l'économie[11].
Selon l'Afic, les entreprises soutenues par le capital-investissement représentent 1,5 millions de salariés en France[12].
Georges Pauget précise que le secteur financier représente « 1 million de collaborateurs en France »[13], dont 40 % d'entre eux pour le seul secteur bancaire[14]. Fin 2011, les sociétés d'assurances avaient investi 925 milliards d'euros dans les entreprises, soit 54 % de leurs actifs[15].
Outre l'immobilier, les français ont 3 600 milliards de placements financiers dans leur patrimoine en 2011, dont 39 % sur des comptes d'assurance-vie[16].
Notes et références [modifier]
- En France, Turgot fut l'un des premiers à penser le concept.
- Professeur à l'Université de Toulouse , ancien conseiller scientifique au Commissariat général du Plan et auteur de « L'urgence industrielle » , Le Bord de l'eau 2012
- Rapport présenté par Jean-philippe Cotis, Directeur Général de l'Insee au Président de la République, « Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts de rémunération en France », Insee 2010
- Alternatives économiques N° Hors série , 3° trimestre 2012
- G. Colettis op. cit.
- Bertrand Jacquillat, L'industrie malade de la finance, une déclinaison du mythe, Lettre d'Information de l'AFFI n° 29, avril 1987
- Gérard Worms, 200 milliards de dollars par jour, revue Communications, 1989, numéro 50, pages 213-225
- Étude citée par l'économiste Esther Duflo (MIT, École d'économie de Paris), in Libération, 7 octobre 2008, page 37.
- In Libération, 7 octobre 2008, page 37.
- In Libération, 7 octobre 2008, page 37
- Étude citée par Esther Duflo in Libération, 7 octobre 2008, page 37
- [PDF] Étude du 28 novembre 2006 par l'AFIC et Ernst & Young : 4850 entreprises soutenues par le Capital Investissement emploient 1,5 million de salariés en France
- Allocutions du 23 janvier 2013 lors de la remise du deuxième livre blanc sur l'assurance dans les locaux de Finance Innovation
- Le secteur bancaire emploie environ 390 000 personnes (chiffres FBF 2008).
- Fin 2011, les sommes investies dans les entreprises atteignaient 925 milliards d'euros et représentent ainsi 54 % des actifs des sociétés d'assurances
- Les français épargnent-ils trop ?, Alternatives économiques, Christian Chavagneux, septembre 2012, n°316, page 60.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Économie
- Bourse des valeurs et marché financier
- Épargne et investissement
- Monnaie et banque
- Crise financière et risque financier
- Dette et crédit
- Finance islamique
- Interdictions financières
- intermédiaires en opérations de banque et services de paiement : iobsp
- Établissement de crédit
- Conseiller en investissements financiers
- Autorité de contrôle prudentiel
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