Ficus carica

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Ficus carica L. aux noms vernaculaires Figuier, Figuier comestible[1] ou Figuier commun[2], est un arbre fruitier de la famille des Moracées qui donne des fruits comestibles appelés figues. On l'appelle plus rarement Figuier de Carie en référence à la cité antique en Asie mineure ou "Arbre à cariques"[réf. souhaitée].

Le Figuier comestible est l'emblème du bassin méditerranéen, où il est cultivé depuis des millénaires. C'est le seul représentant européen du genre Figuier qui représente près de 600 espèces, la plupart tropicales.

Le figuier mâle (parfois appelé « Figuier sauvage »), qui ne donne pas de fruits comestibles, est aussi appelé « Caprifiguier » (caprificus, c'est-à-dire « Figuier de bouc »).

Sommaire

Étymologie [modifier]

Le nom générique Ficus est le nom latin du figuier. L'adjectif spécifique carica signifie originaire de la Carie, ancienne province d'Asie mineure d'où le figuier est supposé provenir.

Histoire [modifier]

Jadis, le Figuier, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Le Figuier est cité dans la Bible[3] qui indique :

  • « Il jugera entre des peuples nombreux et sera l'arbitre de nations puissantes. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leur lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on n'apprendra plus à faire la guerre.
  • Mais chacun restera assis sous sa vigne et sous son figuier, sans personne pour l'inquiéter. La bouche de Yahvé a parlé »[4]

Description [modifier]

Figuier bicolor

Le figuier est un petit arbre, le plus souvent de trois à quatre mètres de haut, voire pour certaines variétés jusqu'à dix mètres de périmètre pour huit de haut en conditions favorables (zone peu gélive, sol frais et fertile), au tronc souvent tortueux, au port souvent buissonnant.

Les feuilles sont caduques, rugueuses, finement velues, assez grandes (jusqu'à 25 cm de long). Elles sont munies d'un long pétiole et d'un limbe palmatilobé, profondément divisé en trois à sept lobes crénelés (le plus souvent cinq) de forme variable, séparés par des sinus arrondis.

À maturité, les fruits, ou figues, sont selon les variétés de couleur verdâtre, jaune, marron-rouge ou violet plus ou moins foncé.

Toutes les parties de la plante (rameaux, feuilles, fruits) contiennent un latex blanc et irritant.

Pour la production, seule les variétés femelles sont cultivées, elles peuvent être bifères ou unifères.

  • Les bifères donnent deux récoltes par an. Les figues mûres en juillet sur les rameaux de l'année précédente sont appelées "figues-fleurs", celles apparaissant en automne sur les rameaux de l'année en cours sont appelées "figues-fruits" ou figues d'automne.
  • Les unifères fructifient une seule fois en fin d'été.

Distribution [modifier]

Figuier

Cette espèce semble originaire d'une vaste zone de climat tempéré chaud, englobant le pourtour du bassin méditerranéen jusqu'à l'Asie centrale (Azerbaïdjan, Afghanistan, Iran, Pakistan).

La culture de l'espèce s'est propagée dans toutes les régions tropicales et subtropicales du monde. Le figuier s'est plus ou moins naturalisé en Europe et en Amérique du Nord.

Reproduction [modifier]

Comme tous les angiospermes, les fleurs de figuiers permettent la pollinisation; le fruit (figue), qui est en fait une infrutescence, assure la dispersion des graines.

Les ficus ont pour particularité d'avoir une reproduction dépendant d'une symbiose avec un insecte : le blastophage. Cet insecte assure la pollinisation des fleurs femelles. En retour le figuier abrite et nourrit l'insecte, dont le cycle se déroule quasi entièrement dans la plante.

Les fleurs sont regroupées en inflorescences particulières appelées sycones ou figues. Ces inflorescences consistent en un réceptacle, charnu à maturité, refermé sur lui-même (conceptacle), à l'exception d'une minuscule ouverture à l'opposé du point d'insertion du pédoncule, de forme générale de petite poire, et qui contient plusieurs centaines de fleurs atrophiées.

Pollinisation [modifier]

Figue

Les figuiers mâles ne produisent que des figues-pouponnières qui ne sont jamais comestibles. Ils se développent en symbiose mutualiste avec de petits insectes de la famille des Agaonidae, les blastophages. Cet insecte est indispensable à la pollinisation.

Remarque : certaines variétés telles que « Madeleine des 2 Saisons », « Ronde de Bordeaux » ou « Marseillaise » sont dites parthénocarpiques, car les fruits peuvent arriver à maturité sans pollinisation. Les graines ne pourront alors jamais germer et n’assureront pas la reproduction de l'arbre.

L'hiver, les ovaires, transformés en galles, des fleurs femelles des figues-mammes (des plants mâles) contiennent les larves du blastophage.

Au printemps, après métamorphose, les blastophages mâles s'extrayent des fleurs et vont féconder par un trou les blastophages femelles encore enfermés dans les ovaires, puis les aident à sortir . Ensuite, les blastophages femelles sortent de la figue et vont pénétrer dans les figues-profichis, figues-pouponnières des plants mâles. Elles vont y pondre des oeufs. Ces figues ont passé l'hiver sous forme de bourgeon, et ne sont devenues matures qu'au printemps .

À la fin de l'été les nymphes de blastophages des figues-profichis éclosent et les insectes sortent à nouveau des figues. Elles emportent au passage du pollen des fleurs mâles des plants mâles. Elles vont alors pondre dans les fleurs des figues des pieds femelles et mâles.

À noter qu'il y a 2 générations de figues sur les plants mâles, contre une seule sur les pieds femelles .

Sur les plants femelles, le pistils des fleurs femelles est trop long, ce qui empêche les blastophages de pondre dans ces fleurs. En revanche elles y assurent la pollinisation, les ovules sont fécondées, ce qui induit la maturation des figues comestibles qui contiennent donc des graines.

Sur les plants mâles, le pistil est suffisamment court pour ques les blastophages puissent pondre, que les larves se développent en consommant les tissus de l'ovaire et que l'insecte assure ainsi sa descendance .Mais, en retour, cela empêche toute production de graine, la figue ne mûrira donc pas et restera non comestible.

Culture [modifier]

Schiocca de figues sèches de la Calàbre

Peu compliqué et peu exigeant, le figuier sait se débrouiller tout seul et peut produire très longtemps. La taille est facultative.

Arbre méditerranéen, il résiste bien à la chaleur et aux terrains arides et pauvres.

Il se bouture très facilement en prélevant à la fin de l'hiver un rameau d'une vingtaine de cm avec bourgeon terminal intact qu'on plante tel quel dans un substrat maintenu humide[5]. On peut aussi le multiplier par semis qui donnera une première fructification (non identique à celle du fruit d'origine de la graine) vers 5 à 6 ans[6].


Résistance au froid [modifier]

En dehors de son habitat d'origine, le figuier peut résister au gel hivernal de -15°C à -18°C. Pour cela, il est recommandé de choisir des variétés précoces et surtout autofertiles (le blastophage nécessaire à la reproduction sexuée ne se développe pas dans les régions froides comme le nord de la France par exemple). Il faudra également cultiver l'arbre en terrain le plus chaud et sec possible (exposition sud ou sud-ouest) et bien drainé. Afin de limiter la présence de rameaux non lignifiés (les plus sensibles au froid) en hiver, on utilisera peu d'engrais au printemps et plus du tout après la fin juin. Dans ces conditions, l'arbre pourra bien lignifier à la fin de l'été avant l'arrivée du froid. On veillera également à protéger en hiver les jeunes plants plus sensibles au froid que les arbres adultes. Pour les arbres en pot, limiter grandement voire cesser les arrosages en hiver. Il peut arriver que les parties non lignifiées de l'arbre souffrent du froid mais cela n'empêche pas l'arbre de "repartir" au printemps suivant. Veiller toutefois à ce que les jeunes bourgeons ne soit pas trop exposés aux gelées tardives de printemps. En région froide, il n'est pas rare que les variétés bifères ne produisent qu'une seule fois vers la mi-juillet.

Usages [modifier]

Utilisation du suc de figuier [modifier]

Le latex du figuier peut se rapprocher de celui du caoutchouc. Ce dernier a cependant été supplanté par l'hévéa, espèce non apparentée, pour la production de caoutchouc naturel.

Antiquité [modifier]

Hébreux [modifier]
  • Ezéchias, guéri par un cataplasme de lait de figuier [5].
Grecs [modifier]
  • Homère mentionne que le suc de figuier trouble le lait[7] ;
  • Empédocle mentionne également ce fait[8] ;
  • Hippocrate dans Des Maladies des femmes donne plusieurs utilisations médicinales[9] ;
  • Aristote mentionne le lait de figue pour cailler le lait dans son Histoire des animaux[10] ;
  • Dioscoride liste aussi plusieurs utilisations médiciales[11] ;
  • Plutarque, dans Œuvres morales, Propos de table, livre VI, chapitre 10, explique que le suc du figuier attendrit les chairs des victimes pendues à un figuier[12].
Romains [modifier]
  • Aulus Cornelius Celsus, dans son Traité de médecine, mentionne divers cataplasmes de figue, livre V, chapitres V, XI, XII, XV, XVIII § 7, 27 32, XXI § 1, XXVIII § 2, 11, 13, 14 [6]) ; livre VI, chapitres III, VI § 15, IX, X, XIX [7] ;
  • Pline l'Ancien mentionne une sorte d'arsenic dans le suc de figuier [8] ;
  • D'autres sources indiquent une utilisation du lait de figue pour attendrir les viandes (entourées dans des feuilles de figuier) [9].

Moyen Âge et époque moderne [modifier]

  • Le Liber Diversarum Artium de Montpellier mentionne le lait de figue comme liant végétal pour colorants [10] (le texte du traité est en latin, mais une traduction est donnée par Jean-Pierre Rose dans un mémoire de maitrise de 1979, disponible à la Bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier [11]). Aussi utilisé en mélange à l'œuf entier pour le même usage ([12]) ;
  • L'Encyclopédie indique que de nombreux remèdes anciens à base de suc de figuier ne sont plus considérés comme valables [13] ;
  • Mention d'une étude des particules du suc de figuier en 1865, [14] ;
  • Dans les comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences, 1880 (t. 91), p. 67, Sur un ferment digestif contenu dans le suc de figuier par M. Bouchut [15], l'auteur montre que le suc de figuier peut comme les autres latex digérer les matières albuminoïdes.

Époque contemporaine [modifier]

Culture populaire [modifier]
  • De nos jours, toujours utilisé en gastronomie algérienne [16] et à Majorque [17] ;
  • En médecine populaire, utilisé pour soigner les verrues, [18] ;

Bibliographie [modifier]

Le figuier par les Écologistes de l'Euzière.

Notes et références [modifier]

  1. Jacques Lambinon, Léon Delvosalle et Jacques Duvigneaud, Nouvelle Flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Ptéridophytes et Spermaphytes) : Cinquième éditions, Meise, Editions du patrimoine du Jardin botanique national de Belgique, 2004, 1170 p. (ISBN 90-72619-58-7), p. 102 .
  2. David More et John White, Encyclopédie des arbres, Flammarion, septembre 2005, 836 p. (ISBN 9782286012274 et 2-286-01227-X), p. 441 
  3. Michée, chapitre 4
  4. Michée, chapitre 4
  5. * Une méthode avancée de bouturage du figuier
  6. "Guide complet de la culture du figuier" - Geneviève Bouche - Editions De Vecchi - 1999
  7. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], V, 902.
  8. Empédocle, De la Nature, fr. 33.
  9. [1]
  10. [2]
  11. [3]
  12. [4]
  • Valdemiro C. Sgarbieri, Shashikant M. Gupte, Donald E. Kramer, and John R. Whitaker, Ficus Enzymes. I. Separation of the proteolytic enzymes of ficus carica and ficus glabrata latices, The Journal of Biological Chemistry, Vol. 239 No 7, Juillet 1964, texte intégral ;
  • Donald E. Kramer and John R. Whitaker, Ficus Enzymes. II. Properties of the proteolytic enzymes from the latex of Ficus Carica variety kadota, J. Biol. Chem. Kramer and Whitaker 239 (7):2178, texte intégral ;
  • C. Dechamp, J.C. Bessot, G. Pauli, P. Deviller, First report of anaphylactic reaction after fig (Ficus carica) ingestion, Allergy. 1995 Jun;50(6):514-6, [19] ;
  • M. Gibernau, H.R. Buser, J.E. Frey, M. Hossaert-McKey, ''Volatile compounds from extracts of figs of ficus carica, Phytochemistry, Volume 46, Number 2, September 1997, pp. 241-244(4), (DOI:10.1016/S0031-9422(97)00292-6), [20] ;
  • Alziro de Amorina, Helcio R. Borbab, Jorge P. P. Carautac, Daíse Lopesd, Maria A. C. Kaplane, Anthelmintic activity of the latex of Ficus species, Journal of Ethnopharmacology, Volume 64, Issue 3, March 1999, Pages 255-258 (DOI:10.1016/S0378-8741(98)00139-1), [21].
  • Ferchichi A. et Aljane F. Les figuiers de Tunisie, edit. IRA, 136 pages, 2007

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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