Fiat G.55/56

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fiat G.55 Centauro
{{#if:
Un Fiat G.55 de l'aviation nationale républicaine - Musée de l'aviation militaire de Vigna di Valle
Un Fiat G.55 de l'aviation nationale républicaine - Musée de l'aviation militaire de Vigna di Valle

Constructeur Fiat Aviazione
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Rôle Avion de chasse
Premier vol 30 avril 1942
Mise en service Juin 1943
Nombre construits 349 : 274 pendant la guerre + 75 après
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur 12 cylindres en V - Fiat RA 1050 RC58 Tifone (DB 605A)
Puissance unitaire 1.475 ch
Dimensions
Envergure 11 85 m
Longueur 9 37 m
Hauteur 3 13 m
Surface alaire 21 11 m2
Masses
À vide 2,630 kg
Carburant essence 90 octane kg
Maximale 3,854 kg
Performances
Vitesse maximale à 7,400 m : 630 km/h (Mach 0,55)
Plafond 13 000 m
Vitesse ascensionnelle 980 m/min
Rayon d'action 1,650 km
Armement
Interne 3 canons de 20 mm
Externe 2 ou 4 mitrailleuses BREDA - SAFAT de 12.7 mm

Le Fiat G.55 Centauro est un avion de chasse, monoplace, monoplan d'interception et de supériorité aérienne[1], utilisé par l'aviation royale italienne, puis par l'aviation nationale républicaine (A.N.R.) avec l'avènement de la République sociale italienne, entre 1943 et 1945.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Fiat G.55 a été mis à l'étude en 1940 sous la direction du célèbre ingénieur Giuseppe Gabrielli. Le G devant chaque référence d'avion Fiat témoigne de son implication dans ces projets. Cet avion robuste et puissant a été le meilleur avion de chasse construit par Fiat Avio durant la Seconde Guerre mondiale et certainement un des meilleurs de cette époque[2].

Le premier exemplaire de la série du Fiat G.55 "Centauro", un monoplan à moteur en ligne vola le 30 avril 1942. Il faisait partie des fameux chasseurs "série 5" avec le Reggiane Re.2005 et le Macchi M.C.205 Veltro qui devaient utiliser un moteur allemand, Daimler Benz DB 605A. Il représentait l'évolution logique des avions conçus par l'ingénieur Giuseppe Gabrielli, qui était l'auteur du fameux Fiat G.50 Freccia. En fait, Gabrielli avait conçu un nouveau moteur, le Fiat A.38 R.C. 15-45 mais il n'avait pas encore été homologué lors de la réponse à l'appel d'offres du ministère et il dut se résoudre à faire évoluer son projet pour y intégrer le moteur quasi imposé par la Luftwaffe dont Fiat Aviazione disposait d'une licence ouverte et fabriquera tous les exemplaires et plus qui seront utilisés en Italie et exportés vers l'Allemagne nazie, sous la référence Fiat R.A. 1050 Tifone.

Fiat Aviazione rencontra de sérieuses difficultés dans l'aménagement de la ligne de montage ce qui entraîna des retards et l'avion ne fut utilisé qu'à partir de juin 1943. Les premiers avions Fiat G.55 de présérie, une trentaine d'exemplaires de la série 0, furent livrés en avril 1943. Équipés de quatre mitrailleuses Breda-SAFAT de 12,7 mm, et d'un petit Mauser de 20 mm placé au centre de l'hélice.

Sur les Fiat G.55 de la série 1, dont la production sera reprise en novembre pour la République sociale italienne, les deux mitrailleuses basses étaient remplacées par deux petits canons de 20 mm situés sur les ailes.

La qualification du Fiat G.55[modifier | modifier le code]

Au mois de février 1943, la Luftwaffe qui avait eu vent du nouvel avion Fiat, dépêcha en Italie une mission technique afin d'évaluer la qualité des 3 avions italiens de la "série 5" et les compara avec leurs avions de pointe, les Messerschmitt Bf 109 et Focke-Wulf Fw 190. Les 3 avions italiens étaient bien supérieurs aux références allemandes et les officiers durent télégraphier à Berlin que le meilleur avion de l'Axe était désormais le Fiat G.55. La Luftwaffe voulut faire suspendre la production des modèles allemands et les remplacer par le modèle Fiat, d'autant qu'ils auraient pu monter le nouveau moteur Daimler Benz, le DB 603 de 1.750 chevaux et réaliser le super avion de chasse imaginé par Gabrielli qui allait être le Fiat G.56.

À l'automne 1943, la Luftwaffe passa commande de 500 exemplaires du Fiat G.55 Centauro mais seulement 148 seront livrés avant la fin de la guerre, tout comme la commande de 3.600 appareils pour l'aviation Royale Italienne ne put être entièrement honorée en raison des bombardements des usines Fiat de Turin par les Britanniques et les Américains à la fin de l'année 1942 qui avait sérieusement ralenti la cadence de production. L'aviation italienne ne recevra que 32 appareils avant l'armistice de 1943. Avant les bombardements, les usines Fiat Avio pouvaient fabriquer plus de 800 appareils chaque mois.

Engagements[modifier | modifier le code]

Les 32 exemplaires livrés par Fiat furent utilisés avant l'armistice par l'Aviation Royale Italienne. Puissant et robuste, le Fiat G.55 Centauro se révéla un adversaire redoutable pour les meilleurs chasseurs alliés.

Le Fiat G.55 était utilisé pour des missions de défense du ciel de la capitale italienne avec la 353e Escadrille CT. Très peu de Fiat G.55 Centauro furent confisqués par l'aviation allemande car les pilotes de l'Aviation Royale Italienne les avaient sabotés pour empêcher leur récupération. Avec la naissance de la République Sociale Italienne et la constitution d'une nouvelle force aérienne, la production des G.55 fut à nouveau autorisée. Les succès remportés par les pilotes italiens à bord de ces avions montrent la redoutable efficacité de cet appareil.

Les bombardements répétés des usines Fiat le 25 avril 1944 réussirent à en bloquer la production. Les bombardements du 25 avril montrèrent ce que voulait dire la défense aérienne de l'Italie du Nord de cette époque. Les alliés arrivèrent avec plus de 100 bombardiers au-dessus des usines Fiat et déversèrent plus de 200 tonnes de bombes. Quelques chasseurs Macchi et sept Fiat G.55 tentèrent en vain une interception. Les alliés dénombrèrent quand même la perte de sept B-24 Liberator.

Durant la dernière année du conflit, 37 avions Fiat G.55 furent fabriqués livrés, 73 autres fabriqués n'auront pu être livrés intacts.

Une variante Fiat G.56 sera également expérimentée, équipée du moteur DB 603. Seuls les 2 prototypes seront fabriqués.

Utilisation après la guerre[modifier | modifier le code]

Comme ce sera le cas pour le Macchi M.C.205, le Fiat G.55 "Centauro" a été produit en petite quantité, en fonction des possibilités de production après la guerre et ses bombardements, aux nouvelles Aviations militaires des pays arabes du Moyen-Orient, notamment l’Égypte qui l'utilisera comme chasseur-bombardier lors du conflit armé contre Israël en 1948. Selon certaines sources (non officielles) 19 exemplaires auraient été livrés à l'Égypte. Le Fiat G.55A avait 4 mitrailleuses Breda calibre 12,7 mm et deux supports de bombes de 100 kg chacun. L'aviation syrienne disposa de 16 appareils de ce type. Les canons Mauser n'équipaient pas ces versions ce qui les rendait insuffisamment armés.

Une trentaine d'exemplaires sera également exportée en Argentine

Variantes et développements[modifier | modifier le code]

À la demande de la Luftwaffe, en 1944 un prototype équipé du moteur Daimler-Benz DB 603 plus puissant voit le jour sous le nom de Fiat G.56. Les évènements liés à la guerre empêcheront son développement.

Malgré l'opposition de l'ingénieur Gabrielli, son concepteur, le Fiat G.55 a vu une version expérimentale en chasseur porteur de missiles, le Fiat G.55S, avec le dédoublement des prises d'air du radiateur et le montage du mécanisme de lancement d'une torpille (S = silurante) de 450 mm.

Une version d'entrainement biplace, le Fiat G.55B sera par contre réalisée.

Après la guerre, son concepteur accepta de modifier la cellule afin d'y loger un moteur Rolls-Royce Merlin. C'est ainsi que le Fiat G.59 voit le jour en 1950, qui servira d'avion de formation et d'entrainement de l'Aviation Militaire Italienne.

Le dernier exemplaire existant au monde[modifier | modifier le code]

L’unique exemplaire du Fiat G.55 encore existant au monde est conservé au Musée de l'Aviation Militaire de Vigna di Valle, sur le lac de Bracciano près de Rome.

Cet avion a été restauré en partant des restes du Fiat G.59 A - MM. 53265, avion dérivé du Fiat G.55 dont seule la partie avant avait changé pour installer un moteur Rolls-Royce 500 en lieu et place du moteur Fiat.

Le projet de transformer un Fiat G.59 A, exposé au Parc de la Rimembranza de Novara, en Fiat G.55 - 1re Série fut porté par le Général Giuseppe Pesce du SMA en 1978.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • G 55
  • G 55 B : biplace
  • G 56 : Moteur Daimler Benz DB 603 plus puissant

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Fiat G.55 était particulièrement performant à haute altitude, à partir de 7 000 m.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
War flag of the Italian Social Republic.svg République Sociale Italienne
  • Aviation Nationale Républicaine

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Drapeau de l’Argentine Argentine
Drapeau de l'Égypte Égypte 1922-1952

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sgarlato 2009, p. 33.
  2. Robert Jackson 2003, p. 76

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, World aircraft, vol. 1 : World War II, Maidenhead, Sampson Low, coll. « Sampson Low Guides »,‎ 1978 (ISBN 0-562-00096-8).
  • Arena, Nino. I Caccia Della Serie 5, Re2005, Mc205, Fiat G.G5 (in Italian). Modena, Italy: STEM-Mucchi, 1976. ISBN 90-70310-11-2.
  • Arena, Nino. Fiat G55 Centauro - Fiat G59(in Italian). Modena, Italy: Mucchi Editore, 1994.
  • (en) Nick Beale, Ferdinando D'Amico et Gabriele Valentini, Air war Italy, 1944-45 : the Axis air forces from the liberation of Rome to the surrender, Shrewsbury, England, Airlife,‎ 1996 (ISBN 1-853-10252-0).
  • D'Amico, Ferdinando and Gabriele Valentini.Pictorial History of the Regia Aeronautica Vol.2 – Pictorial History of the Aeronautica Nazionale Repubblicana and the Italian Co-Belligerent Air Force 1943-1945. Carrollton, Texas: Squadron/Signal Publications, 1986. ISBN 87-981206-7-0.
  • Maurizio Terlizzi, Fiat G. 55 Centauro, Rome, IBN Editore,‎ 2005 (ISBN 8-886-81535-2).
  • Dimensione Cielo: Aerei Italiani nella 2° Guerra Mondiale, Caccia Assalto 3 (in Italian). Rome: Edizioni Bizzarri, 1972.
  • Jeffrey Ethell, Collins/Jane's aircraft of World War II, Glasgow, HarperCollinsPublishers,‎ 1995 (ISBN 0-004-70849-0).
  • Green, William. War Planes of the Second World War: Fighters, Volume Two. London: Macdonald & Co. (Publishers) Ltd., 1961.
  • Green, William and Gordon Swanborough, eds. "Centaur - The Final Fling." Air Enthusiast International. Volume 6, Number 5, May 1974, pp. 233–239, 261-262.
  • William Green et Gordon Swanborough, The Complete book of fighters : an illustrated encyclopedia of every fighter aircraft built and flown, New York, Smithmark,‎ 1994 (ISBN 0-831-73939-8).
  • (en) Bill Gunston, The illustrated directory of fighting aircraft of World War II, London, Salamander,‎ 1988 (ISBN 1-840-65092-3).
  • Robert Jackson, Aircraft of World War II : development, weaponry, specifications, Enderby, Leicester, Silverdale Books,‎ 2003 (ISBN 1-856-05751-8).
  • Nicola Malizia, Il Fiat G.59 : storia di un addestratore, Rom, Instituto Bibliografico Napoleone,‎ 2005 (ISBN 8-875-65018-7).
  • Matricardi, Paolo. Aerei militari: Caccia e Ricognitori. Milano: Mondadori Electa, 2006
  • (en) David Mondey, The Hamlyn concise guide to axis aircraft of world war II, London, Bounty Books,‎ 2006 (ISBN 0-753-71460-4).
  • Sgarlato, Nico. I caccia della Serie 5. Parma: Delta Editrice, 2009. ISSN 1720-0636
  • (en) Nico Sgarlato, Italian aircraft of World War II, Warren, Mich, Squadron/Signal Publications,‎ 1979 (ISBN 0-897-47086-9).
  • Thompson, Jonathan W. Italian Civil and Military Aircraft, 1930-1945. Fallbrook, CA: Aero Publishers, 1963.
  • Vergnano, Piero and Gregory Alegi. "Fiat G.55." Ali D'Italia #10 (in Italian/English). Torino, Italy: La Bancarella Aeronautica, 1998.
  • (en) Jim Winchester, Aircraft of World War II, Hoo, Grange,‎ 2004 (ISBN 1-840-13639-1), « Fiat G.55 Centauro ».

Liens externes[modifier | modifier le code]