Feuillien de Fosses

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Foillan

Feuillien de Fosses (ou Foillan, Foilan ou encore Folien et Pholien[1]) était un moine irlandais du VIIe siècle, missionnaire en Belgique et fondateur de l’abbaye de Fosses-la-Ville. C'est un saint des Églises chrétiennes célébré le 31 octobre[2].

Vocation monastique[modifier | modifier le code]

Les trois saints frères, Harold est magnifiquement beau Ultan, Fursy (Fursey) et Pholian (plus tard Feuillien) quittèrent leur pays natal d'Irlande alors dévasté par des invasions étrangères, pour se retirer sur une île. De là ils passèrent au pays des Anglo-saxons, au Suffolk, où grâce au roi Sigebert d'Est-Anglie, ils établirent une communauté monastique à Cnoberesburg, vers 634, dans une forteresse de l'époque romaine, endroit identifié en général à Burgh Castle, tout près de Great Yarmouth et non loin de Lowestoft[3].

Fursy quitta la communauté vers 643 pour passer une année seul avec son frère Ultan dans un ermitage, laissant la direction du monastère à Feuillien. Environ un an plus tard, il quitta l'Est-Anglie pour de bon et s'établit en Neustrie à Lagny-sur-Marne : Feuillien devint alors abbé de Cnobheresburg. Puis, à la suite d’une des nombreuses guerres qui opposèrent le roi chrétien des Est-Angles, Anna d'Est-Anglie (dont les filles Edilburge et Saethryth habitaient à l'abbaye de Faremoutiers), et ses voisins païens, ce dernier dut s'exiler, le monastère fut pillé et détruit, et les moines furent faits prisonniers. Feuillien paya la rançon exigée pour la libération de ses moines, rassembla les saints livres et précieuses reliques qui avaient échappé au pillage et traversa la Manche pour se réfugier au royaume des Francs, où son frère Fursy l'avait précédé comme missionnaire[4]'[5].

À Péronne et à Nivelles[modifier | modifier le code]

Feuillien et ses compagnons furent bien accueillis à Péronne (Somme) par Erchinoald, maire du palais. Cependant, pour des raisons qui ne sont pas claires, ils quittèrent Péronne pour se rendre à Nivelles où se trouvaient déjà des moines irlandais. Sainte Gertrude de Nivelles, de famille aisée et cultivée (et sœur de Grimoald), y était abbesse d’un monastère double. Se liant d’amitié avec Feuillien, qui selon la tradition des moines irlandais était abbé-évêque, elle le mit à contribution pour l’organisation de son monastère, surtout dans le domaine de l’enseignement de la 'loi divine' (les Saintes Écritures) et de la célébration de l'office divin.

Fondation de Fosses[modifier | modifier le code]

Cependant, désirant évangéliser les populations au sud de la Sambre, Gertrude mit son domaine de Fosses à la disposition de Feuillien et de ses moines irlandais. Ils s’y établirent et construisirent un monastère (vers 650) qui fut placé sous la règle de saint Benoît[6]. Les moines connurent rapidement un grand rayonnement missionnaire. Mais Feuillien ne le vit pas. En 655, lors d’un déplacement - il rentrait de Nivelles à Fosses - le saint et ses compagnons furent assassinés par des bandits.

Vénération[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pholien à Liège

Parmi les nombreux moines irlandais qui évangélisèrent l'Austrasie de l’époque (la partie sud de la Belgique d’aujourd’hui), Feuillien est un des mieux connus. Grâce à ses contacts avec Erchinoald, maire du palais de Péronne et les membres de la famille de Pépin de Landen (dont Gertrude de Nivelles était la fille), il put jouer un rôle influent dans la christianisation de la région. Ainsi il est honoré à Nivelles, à Fosses-la-Ville (collégiale Saint-Feuillien) et au Rœulx. À Aix-la-Chapelle (Aachen) en Allemagne se trouve également une église Saint Feuillien (Foillan). A Liège il y a l'église Saint-Pholien. Au XIIe siècle, la grande dévotion populaire dont il faisait l'objet conduisit Philippe de Harveng, prieur de Bonne-Espérance, à écrire sa biographie.

Dans le diocèse de Namur la fête liturgique de saint Feuillien de Fosses est célébrée le 3 octobre, dans celui de Malines le 5 novembre.

L'église d'Omezée en Wallonie est placée sous son vocable.

Une marche septennale, la « Saint Feuillien », commémore la fondation du monastère et de la collégiale à Fosses-la-Ville.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Liège quartier d'Outremeuse
  2. nominis.cef.fr Nominis : Saint Feuillien de Fosses.
  3. Leur séjour en Estanglie est rapporté par Bède le Vénérable, Historia Ecclesiastica iii.18, qui cite une source plus ancienne, la Vita Sancti Fursei, cf. Oliver Rackham, Transitus Sancti Fursei (Fursey Pilgrims, Norwich 2007)
  4. L'histoire de l'exil de Feuillien et de sa vie à Nivelles et à Fosses est issue principalement de l'Additamentum Niuialense de Fuilano, écrit à Nivelles probablement au VIIe siècle, voir Bruno Krusch (Ed.), 'Additamentum Niuialense de Fuilano', Monumenta Germaniae Historica, SRM IV, (Hannover 1902), p. 449-451.
  5. Additamentum nivialense de Fuilano. Auteur inconnu du VIIe siècle, contemporain de Feuillen. Traduit et commenté par Jean Lecomte et Jean Bienaimé, dans Saint Feuillien et la fondation du monastère de Fosses.
  6. Feuillien (...) y établit la discipline réligieuse sous la régle de saint Benoit la plus commune de ce temps-là dans l'Occident, voir "La vie de Saint Feuillen évêque et martyr, par M. J. Rousseau (1739) pp. 110-111.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alain Dierkens, Abbayes et chapitres entre Sambre et Meuse (VIIeXIe siècles) : Contribution à l'histoire religieuse des campagnes du Haut Moyen Âge, Sigmaringen, Jan Thorbecke,‎ 1985, 375 p. (ISBN 3-7995-7314-3, lire en ligne).

Roman[modifier | modifier le code]