Feuillardier

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Le métier de feuillardier était pratiqué en Charente, Limousin et dans le Nord de la Dordogne.

La conservation du vin dans des tonneaux a donné naissance à de nombreux métiers. Les feuillardiers fabriquaient entre autres des cercles en lattes de châtaigniers pour entourer les tonneaux.

Le feuillardier s'installait en forêt pour travailler à l'exploitation de taillis (jeunes pousses) de châtaigniers. Il abattait à la hache des barres de châtaignier qui étaient ensuite ébranchées à la serpe et entassées à intervalles réguliers. Elles étaient ensuite écorcées pour la confection de piquets et de lattes.

Le bois non écorcé était fendu en deux et servait au tonnelier pour le cerclage des barriques ou la fabrication de panier à crustacés. Les tiges de châtaigniers fendues sont façonnées en cercle dans une cintreuse (parfois par un artisan différent qui possède cet outil). Les cercles sont placés dans un moule en fonction de leur diamètre puis mises en meule de vingt quatre cercles. Les maîtres de chais de Cognac prennent livraison des meules.

Le feuillardier pratique la vannerie et est aussi bucheron et cerclier (principale activité).

Histoire[modifier | modifier le code]

Une loge de feuillardier

Le métier de cerclier est mentionné en 1590 en Charente[1] dans les forêts en limite de Charente et de Dordogne.

Les feuillardiers étaient concentrés principalement sur les cantons de Châlus et Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne). Une partie du Parc naturel régional Périgord Limousin constitue la région naturelle de France dénommée précisément pays des feuillardiers. En 1906, leur nombre atteignait 1280 individus. Ce chiffre s'est stabilisé autour de 800 jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale. Exercée principalement pendant les mois d'hiver, cette activité difficile était peu valorisante. Les feuillardiers se rassemblèrent dès 1905 en un syndicat et plusieurs mouvements de grève furent organisés en 1908, 1912, 1934 et 1936. Ces mouvements sociaux eurent pour conséquence une légère revalorisation des tarifs.

Sur l'emplacement de son chantier, le feuillardier construisait une cabane (appelée également loge) dont la charpente était faite de barres de bois entrelacées et courbées en demi-cercle. La couverture était faite de longs copeaux de bois. Cette cabane lui servait à prendre ses repas, à s'abriter de la pluie et plus rarement, à dormir lorsque le chantier était très éloigné de son domicile.

L'activité et la production du métier de feuillardier sont présentés à la Maison du Châtaignier, située à Châlus, dans la Châtaigneraie Limousine, un espace muséographique interactif entièrement dédié au châtaignier, à ses possibilités et celles de la châtaigne.

Spécialité culinaire[modifier | modifier le code]

C'est aussi une spécialité culinaire d'Éguzon (Indre) servie en dessert lors de la fête annuelle de la Châtaigne. C'est une pâtisserie composée d'un feuilleté fourré d'une ganache châtaigne. Le feuillardier est également un apéritif à base de liqueur de châtaigne et de vin blanc.

Boisson traditionnelle limousine[modifier | modifier le code]

Le feuillardier désigne également une boisson à base de liqueur de châtaigne et de vin blanc sec. Une bonne proportion est d'un tiers de liqueur de châtaigne contre deux tiers de vin blanc sec.

Cependant, même à la capitale limousine, Limoges, seuls des personnes âgées et des personnes bien averties de la culture locale savent de quoi on parle. Il est néanmoins souvent servi dans des restaurants et bars traditionnels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. A.D. Charente J 1154

B. HENRY, Des métiers et des hommes, seuil, 1976, p. 71-76. F. GUYOT, "Les feuillardiers de saint-Yriex", Ethnologia, décembre 1977, n°3-4, p. 5-42. M. LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, Recherches sur les prieurés grandmontains de Charente, dossier de D.E.A., direction R. Favreau, C.E.S.C.M., Poitiers, 1994, p.31-32.

Liens externes[modifier | modifier le code]