Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Festival d’Aix-en-Provence
Image illustrative de l'article Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence
Fontaine de la Rotonde à Aix-en-Provence

Genre Art lyrique
Lieu Aix-en-Provence Drapeau de la France France
Coordonnées 43° 31′ 50.94″ N 5° 26′ 51.05″ E / 43.5308167, 5.447513943° 31′ 50.94″ Nord 5° 26′ 51.05″ Est / 43.5308167, 5.4475139  
Période juillet
Scènes Théâtre de l'Archevêché
(1 349 places),
Grand Théâtre de Provence (1 350 places)
Date de création 1948
Fondateurs Gabriel Dussurget
Direction Bernard Foccroulle
Collaborations Festival de Pâques de Salzbourg

Le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence est un festival d’opéra et de musique classique créé en 1948 et qui a lieu chaque été à Aix-en-Provence. C’est l’un des grands festivals lyriques européens, avec une affinité particulière pour les opéras de Mozart ; les représentations données à l'origine, en plein air, dans la cour de l’ancien Archevêché sont réparties aujourd'hui sur plusieurs sites : le théâtre de l'Archevêché, le Grand Théâtre de Provence (construit en 2007), le théâtre du Jeu de Paume et l'hôtel Maynier d'Oppède en sont les principaux. En 2012 le festival reçoit trois des 21 Opera Awards à Londres, confirmant son succès[1]. Le Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence est membre de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse) et d'Opera Europa.

Historique[modifier | modifier le code]

Le festival est créé en 1948, avec l'aide de la comtesse Lily Pastré, par Gabriel Dussurget, qui souhaite encourager l’activité musicale dans la région de Marseille et qui restera à sa tête jusqu'en 1973[2], sur l'impulsion de Roger Bigonnet, représentant de la Société du Casino municipal d'Aix Thermal[3]. Le nouveau festival est pensé sous les auspices de Mozart : « Depuis l’évocation d’Aix, une œuvre lyrique chantait dans ma tête. Fiordiligi et Dorabella descendaient comme de légers fantômes le cours Mirabeau, et Mozart me vint aux lèvres[4]. »

C’est en effet Così fan tutte qui est donné lors du premier festival, en juillet, dans des décors installés par Georges Wakhevitch dans la cour de l’Archevêché ; Hans Rosbaud, venu de l'orchestre de la radio Südwestfunk de Baden-Baden, dirige. Une dizaine de concerts et récitals sont également donnés, à l’ancien Archevêché, à la cathédrale Saint-Sauveur (une Messe du couronnement avec la jeune Maria Stader) et ailleurs dans la ville.

En 1949, Don Giovanni est programmé, qui rencontre un grand succès, dans un dispositif de scène et des décors de l’affichiste Cassandre. La programmation est fixée à trois opéras, dont deux de Mozart, par festival, le troisième étant tiré des répertoires baroques ou contemporains.

Bernard Lefort devient directeur en 1974. Il ouvre le festival au bel canto, avec des opéras de Verdi, Donizetti.

Lui succède en 1982 Louis Erlo, ancien directeur de l’Opéra de Lyon et de l’Opéra-Studio. Il programme des opéras baroques (Purcell, Lully, Campra, Rameau) et classiques (Gluck),

En 1998, Stéphane Lissner, ancien directeur du Théâtre du Châtelet, prend la tête du festival et programme un Don Giovanni très remarqué, mis en scène par Peter Brook et dirigé par Claudio Abbado et son jeune élève Daniel Harding à la tête du Mahler Chamber Orchestra. Il invite les metteurs en scène Pina Bausch, Patrice Chéreau, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, et fait créer Le Balcon de Péter Eötvös. La cour de l'Archevêché est totalement rénovée et prend le nom de Théâtre de l'Archevêché.

De 2006 à 2009, le festival s’associe avec le Festival de Pâques de Salzbourg pour la production du Ring de Richard Wagner mis en scène par Stéphane Braunschweig et dirigé par Simon Rattle avec l’Orchestre philharmonique de Berlin : les opéras sont présentés à Aix-en-Provence en juillet et repris à Salzbourg au printemps suivant.

Au 1er janvier 2007, Bernard Foccroulle, ancien directeur du Théâtre royal de la Monnaie, prend la direction du festival.

Direction du festival[modifier | modifier le code]

En 1963, l'association entre Gabriel Dussurget et Roger Bigonnet s'achève, Bigonnet étant mis en minorité par le conseil d'administration du festival et remplacé à la direction par Jean Bertrand, directeur du Casino. Le nouveau duo a du mal à perdurer en raison des visions différentes des deux hommes. En 1972, Dussurget quitte la direction du festival[3].

1974 marque la fin de l'association du Casino municipal à l'organisation du Festival d'art lyrique. Ce dernier devient alors une association dont elle garde le statut jusqu'en 1991[3].

Liste des directeurs[modifier | modifier le code]

Lieux des représentations[modifier | modifier le code]

Le cœur du festival est le théâtre de l’Archevêché, lieu emblématique de l'événement depuis sa création en 1948[5]. Les spectacles en plein air, à la nuit tombée, à l’origine sur la petite scène – sept mètres de profondeur et une douzaine de largeur –, ont donné un certain cachet au festival. La cour a ensuite été aménagée, avec gradins et cadre de scène.

Au fil des années, le festival ne s'est plus cantonné uniquement à la cour de l'Archevêché. Des concerts et des représentations ont également été organisées partout dans la ville, sur la place des Quatre-Dauphins, la place des Cardeurs, au pied de la montagne Sainte-Victoire, etc. Depuis juin 2007, certaines représentations ont lieu dans le Grand Théâtre de Provence (GTP) construit à cet effet. Il est inauguré en juillet 2007 par le Festival d'art lyrique avec la représentation de Die Walküre de Richard Wagner[5]. Enfin, d'autres sites servent de lieu de représentation : l'hôtel Maynier d'Oppède et le théâtre du Jeu-de-Paume sont parmi les plus renommés.

Cette évolution des lieux de représentations a permis au festival d'être considéré comme moins élitiste qu'à ses débuts et permet à une population plus vaste d'accéder à sa programmation[2].

Fréquentation et exposition médiatique[modifier | modifier le code]

Selon son site officiel, le Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence accueille 64 757 spectateurs en 2009 avec des taux de remplissage de 99 % pour les opéras et 91 % pour les concerts[6]. Le budget, d'un montant de 11,7 millions d'euros en 1998 passe à près de 20 millions d'euros en 2008[6].

L'événement est couvert chaque année par plusieurs média. Les chaînes de télévision Arte, Mezzo, France 3 et NHK ont retransmis des opéras en direct ou en léger différé[6]. Le festival était couvert par 241 journalistes en 2009[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Gueulette, Le Festival d’Aix-en-Provence. Histoire mythologie, divas, renseignements pratiques, Éditions Sans, Paris, 1989 (ISBN 2-7107-0438-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.laprovence.com/actu/loisirs-en-direct/2326771/trois-opera-awards-pour-le-festival.html
  2. a et b Histoire d'une ville. Aix-en-Provence, Scéren, CRDP de l'académie d'Aix-Marseille, Marseille, 2008, p. 139.
  3. a, b et c Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008 : « 1948 : naissance du Festival d'art lyrique », Ch. Prost, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 228.
  4. Gabriel Dussurget, « Il y a vingt ans, Aix-en-Provence… », Les Cahiers français, n° 119, juin-juillet 1967, p. 38-43.
  5. a et b 60e festival d'Aix-en-Provence – 2008, éd. Festival d'Aix-en-Provence.
  6. a, b, c et d « Quelques chiffres », site officiel du Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence.

Liens externes[modifier | modifier le code]