Festival de Powder Ridge

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Festival de Powder Ridge
Powder Ridge Rock Festival
Image illustrative de l'article Festival de Powder Ridge
Melanie, la seule chanteuse qui ait participé, sur une scène improvisée.

Lieu Middlefield, comté de Middlesex, Connecticut Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 41° 30′ 07″ N 72° 44′ 14″ O / 41.502006, -72.73717241° 30′ 07″ Nord 72° 44′ 14″ Ouest / 41.502006, -72.737172  
Période 29 juillet - 2 août 1970
Capacité 30 000 places

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Festival de Powder Ridge

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Festival de Powder Ridge

Le Festival de Powder Ridge est un festival hippie interdit par les autorités qui a pourtant eu lieu du 31 juillet au 2 août 1970 à la station de ski de Power Ridge, dans la commune de Middlefield, dans le comté de Middlesex au Connecticut. Bien qu'après les interdictions les musiciens ont tous annulé leur participation (à l'exception de quelques-uns dont Melanie), environ 30 000 personnes se sont rassemblées sur place. Les médias ont surtout parlé de problèmes de drogues pendant le rassemblement.

Programmation initiale[modifier | modifier le code]

Les billets étaient vendus par courrier à 20 $ pour tout le week-end. Après l'annulation, les billets ne seront jamais remboursés.

Il était aussi prévu que Led Zeppelin chante au festival[2].

Interdiction[modifier | modifier le code]

Un an après Woodstock, une partie des 4 000 habitants de Middlefield ont eu peur que leur village soit envahi par des embouteillages, les festivaliers de la contre-culture et leur usage de drogues, et vont au tribunal pour essayer d'empêcher la tenue du festival. Après avoir refusé trois fois leur demande, le juge Aaron J. Palmer annonce l'interdiction du festival le lundi 27 juillet, soit quatre jours avant le lancement.

« Il n'y avait pas de place pour un festival rock dans une communauté qui était fière de ses trois vétérans de la guerre du Viêt Nam, de sa troupe de girl scouts et de sa réputation de ville à la tradition morale décente et à l'ambiance américaine saine où les jeunes pouvaient devenir des adultes respectables. »

— Robert Santelli[2]

Les organisateurs ont continué à annoncer que le festival aurait lieu, malgré les appels des propriétaires de la station de ski. Les organisateurs ont tenté de trouver un compromis, en limitant le nombre de festivaliers à 20 000 au lieu des 100 000 attendus. Mais le juge reste inflexible et commissionne un avocat, Vincent J. Scamporino pour faire respecter la loi. Ce dernier déclare « Nous ne voulons pas créer de problèmes mais dans le même temps l'interdiction doit être respectée et observée. »[3]. Des panneaux indiquant la décision de la cour de justice sont postés sur toutes les routes desservant le site du festival[4] et la police fait des barrages avec la consigne de ne laisser passer que les riverains.

Afflux des festivaliers[modifier | modifier le code]

Un festivalier préparant un feu à côté de sa tente sur le site de Powder Ridge

Malgré les barrages de police, approximativement 30 000 festivaliers affluent sur le site[5]. La plupart des groupes de musique renoncent cependant à venir. La chanteuse Melanie sera la seule grande star à venir.

« Ils disaient que tous les artistes qui se pointeraient seraient arrêtés et envoyés en prison pour une peine de dix ans. Je me suis dit qu'ils ne peuvent pas arrêter des chanteurs parce que c'est ridicule. Tu sais, ils vont pas faire ça, et ce que j'ai fait, j'y suis... tout le monde disait de ne pas y aller : c'est dangereux et tu devrais pas le faire parce que tu vas te faire arrêter et en prendre pour dix ans. Moi ? En taule ? C'était pas possible. Alors je me suis infiltrée clandestinement — vu que moi, en tant que chanteuse, il me laisserait pas passer — j'ai changé de coiffure, j'ai planqué ma guitare dans le coffre et je suis passée avec l'équipe de presse WINS ; j'étais dans leur limousine. Ils savaient tous qu'ils transportaient une réfugiée. »

— Melanie[6]

Des groupes locaux ont réussi à passer les barrages, comme The Mustard Family, qui ont amené leurs équipements et leurs instruments de nuit par des petites routes et des chemins détournés. D'autres, comme le groupe new-yorkais Haystacks Balboa qui devaient ouvrir le festival le jeudi soir ont été bloqués par la police. Leur équipement a été réquisitionné par les forces de l'ordre et ils se sont réunis dans un café local en attendant qu'on leur donne l'autorisation de passer. Finalement, après de longues négociations, leur manager leur a intimé de rentrer chez eux et d'annuler le spectacle, ce à quoi ils ont obéi.

Le rassemblement[modifier | modifier le code]

Confronté à l'absence des groupes qu'ils voulaient voir, le public lui-même s'est chargé des représentations. 200 personnes se sont réunies pour chanter et faire de la musique avec tout ce qu'ils avaient à portée de mains, comme des bâtons, des boîtes de conserve, des chaussures, des bouteilles, des tambourins, des bongos, des harmonicas et des flûtes[7]. Une femme dans le public témoigne « Ce qu'il y a de mieux ici ce n'est pas la musique, ni le festival tel que c'est considéré par les gens, mais la coopération, l'échange de nourriture, toute l'idée du vivre ensemble »[8].

Conformément aux inquiétudes de certains riverains, la drogue a beaucoup circulé pendant le rassemblement, aussi du fait du désœuvrement des festivaliers gagnés par l'ennui. Le docteur William Abruzzi, qui était déjà à Woodstock, a dû traiter de nombreux cas de mauvais trips d'acide. Il déclara qu'à côté de Woodstock où il y avait surtout du cannabis, Powder Ridge était le festival des drogues hallucinogènes, comme le LSD, la mescaline et autres[9]. Plusieurs jeunes ont été arrêtés pour consommation de stupéfiant après le festival.

Le comédien Lewis Black raconte dans son autobiographie Nothing's Sacred sa présence sur le site où un membre des Black Panthers a fait un discours enflammé pendant le festival, qui a coïncidé avec un orage. Black suppose que sous l'effet des drogues hallucinogènes, certains ont cru que l'orage était provoqué par le Black Panther, et que de nombreux bad trips en ont résulté.

Les expériences sexuelles en public ont eu aussi cours pendant le rassemblement.

« Une de scènes les plus sensass, racontées par plusieurs témoins, s'est produite dans un bosquet près de quelques habitations. Un garçon et une fille, tous les deux nus et arrivant de différentes directions, se sont rencontrés sous les arbres. Ils se sont spontanément enlacés. Ensuite, elle s'est mise à génoux, il l'a prise par derrière, et après qu'il eût atteint l'orgasme, ils se sont séparés, apparemment sans échanger un seul mot. »

— William Manchester[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tract du festival
  2. a et b Robert Santelli, Aquarius Rising, the Rock Festival Years, Dell Publications,‎ 1981 (présentation en ligne)
  3. [We don't want any trouble and don't want to ignite any trouble, but at the same time the ban must be respected and obeyed]
  4. Photo d'un panneau
  5. Les estimations varient de 15 000 à 50 000. Le chiffre de 30 000 est du New York Times du 31 juillet 1970, p. 24
  6. « They said any performer who showed up was gonna be arrested with a possible ten year sentence, oh, they can't arrest singers I said to myself because that's ridiculous, you know, they won't do that, and what I did, I ended up -- everybody said don't go, it's dangerous and you shouldn't do it because you're gonna be arrested and go to jail for ten years, Me? In jail? How could that be? So I went and I snuck in - because they wouldn't let me in as me - so what I did is I combed my hair back, I hid my guitar in the trunk and I just rode in with the WINS news team, I went in with their limo - they all knew they were harbouring a refugee . . . »
  7. « Plenty of Sex and Drugs, But No Rock 'n' Roll », sur newsbank.com,‎ 2005
  8. The best thing going here is not the music, not the festival as other folks see it -- the music this weekend -- but the cooperation, the sharing of food, the whole idea of being together
  9. « Thousand leaving site of banned rock festival », sur chronos-historical.org,‎ 1970
  10. William Manchester, The Glory and the Dream: A Narrative History of America, 1932-1972, Bantam,‎ 1984, p. 1212-1213 « One of the more sensational scenes, attested to by several witnesses, occurred in a small wood near some homes. A boy and a girl, both naked and approaching from different directions, met under the trees. On impulse they suddenly embraced. She dropped to her knees, he mounted her from behind, and after he had achieved his climax they parted—apparently without exchanging a word. »