Ferrovipathe

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'œuvre Trainspotting, voir les pages consacrées au roman et au film.
Ferrovipathes en bord de voie
Photographes ferroviaires devant un train à vapeur en France.

Le terme de ferrovipathe (en anglais britannique, « trainspotter » ; en anglais américain, « railfan »), désigne un passionné de trains et du monde ferroviaire. Le ferrovipathe se consacre à un ou plusieurs domaines : observation, relevés de compositions et photographie de trains ; gestion du patrimoine ferroviaire : travail historique et archivage, restauration de trains anciens (notamment de locomotives à vapeur), collection de trains ou de pièces ferroviaires ; modélisme ferroviaire...

Appellations et étymologie[modifier | modifier le code]

Ferrovipathes à Taïwan

Le terme de « ferrovipathe » est un néologisme, né de l'association de « ferro », par assimilation à « ferroviaire », et du grec « pathos », signifiant la passion brute.

Certains ferrovipathes se définissent avec humour comme « malades de train », par assimilation à la terminaison « pathie », venant de la même racine grecque, associée à la notion de souffrance. Cette idée de souffrance, ou d'affection médicale, n'est pas toujours appréciée par certains[1], qui préfèrent se définir plus simplement comme « amateurs de trains » ou « amateurs de chemins de fer ».

Des appellations synonymes existent : comme celle de « ferroviphile » (de « ferro », par assimilation à « ferroviaire », et du grec « philia » : « amour de »), ou celui plus construit de « sidérodromophiles » (du grec « sidero » : « fer », « drome » : « chemin », et « philia » : « amour de »), bien que ce dernier terme soit déjà employé pour désigner une paraphilie[2].

Le terme de « trainspotter », qui vient de l'anglais britannique, et particulièrement du terme de « spotter » (désignant un passionné d'avions) est parfois utilisé, tout comme celui de « railfan », venant de l'anglais américain. Au Royaume-Uni, les trainspotter sont parfois surnommés « anorak » du fait de leur prédilection à porter un gros manteau destiné à supporter plusieurs heures de présence sur un quai de gare[3].

Activités des ferrovipathes[modifier | modifier le code]

Rassemblement d'amateurs de trains à vapeur sur le chemin de fer de la baie de Somme

Observation et exploration[modifier | modifier le code]

L'observation et l'exploration concernent aussi bien les voies ferrées en activité que celles qui ne voient plus passer de trains depuis longtemps. Cette activité est multiple :

  • observation des mouvements (correspondant à l'appellation anglaise de Trainspotting[3]) ;
  • observation d'un type de matériel particulier  ;
  • recherche de traces d'un chemin de fer disparu ;
  • exploration urbaine, à vocation ferroviaire ;
  • accompagnement d'un train, en cabine de conduite ;
  • etc..

Cette volonté d'exploration peut amener certains amateurs à prévoir des séjours complets uniquement pour observer un type de train ou une région ferroviaire. Ces amateurs sont appelés bashers en anglais.

Photographie ferroviaire[modifier | modifier le code]

Photographes ferroviaires attendant un train spécial en Belgique

La photographie ferroviaire est l'activité ferrovipathe la plus fréquemment rencontrée avec l'observation et l'exploration, qu'elle complète efficacement. La photographie ferroviaire est principalement pratiquée à titre de documentation. Sa pratique dépend de la politique du pays où se situe le train ou l'installation ferroviaire à photographier, ainsi que des réglementations de la société exploitante ; chaque pays a donc sa propre régulation en la matière[4].

En France, la photographie ferroviaire reste autorisée en dehors des emprises ferroviaires[5]. À l'intérieur de celles-ci, la photographie est théoriquement interdite[6], du fait de la présente activité du Plan Vigipirate. En Angleterre, les trainspotters ne sont plus admis dans les gares, par sécurité vis-à-vis du terrorisme[7].

Recherche de documentation et collectage[modifier | modifier le code]

La recherche de documentation, dans le but de compléter le savoir concernant certains trains ou certaines régions ferroviaires est l'activité de certains ferrovipathes. Les recherches peuvent porter sur bien des aspects, comme les infrastructures ferroviaires, les accidents ferroviaires, certains types de locomotives, etc...

Collection et restauration de matériels ferroviaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Patrimoine ferroviaire.

Cette branche de la passion ferroviaire est souvent la plus spectaculaire et la plus visible. Elle consiste à préserver le patrimoine ferroviaire, par le biais de collection de pièces (plaques d'immatriculation, pièces mécaniques, objets de décoration...), la restauration d'un bâtiment[8], la conservation de matériels[9], ou, plus impressionnant, la remise en état d'une locomotive ou l'exploitation d'un chemin de fer touristique.

Modélisme ferroviaire[modifier | modifier le code]

Modélistes ferroviaires à vapeur vive aux États-Unis
Article détaillé : Modélisme ferroviaire.

Le modélisme ferroviaire consiste à reproduire, par le biais de modèles et de maquettes, les trains et le monde ferroviaire. De nombreux modélistes ferroviaires sont des ferrovipathes, s'adonnant notamment à la photographie et à la recherche de documentation afin de se rapprocher au plus près des modèles qu'ils reproduisent.

La collection de modèles réduits ferroviaires est souvent appelée « ferrovipathie », mais les modélistes ferroviaires préfèrent se faire appeler « ferromodélistes ».

Tourisme ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le tourisme ferroviaire consiste à visiter des lieux grâce au chemin de fer, que ce soit pour la qualité paysagère ou historique de la ligne, la réputation du trajet ou par ce que le voyage se fait en train touristique, fonctionnant avec du matériel issu du patrimoine ferroviaire. Pour mener l’expérience à son summum, certains ferrovipathes vont jusqu'à endosser l'uniforme d'un contrôleur de billets[10].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Trainspotting, roman de Irvine Welsh tient son nom d'une scène du livre, montrant les activités d'un ferrovipathe. Cette scène n'a pas été reprise dans le film tiré du roman.
  • La nouvelle Le Ferrovipathe d'Olivier Gechter (primée au Festival de Bagneux en 2010) met en scène un ferrovipathe si passionné qu'il en refuse obstinément de mourir.

Revues spécialisées[modifier | modifier le code]

Plusieurs revues existent, spécialisées sur les sujets ferroviaires réels ou miniatures, dont, en France :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la page de discussion de l'article
  2. Claude Leroy, Gabrielle Chamarat, Feuilles de rail: les littératures du chemin de fer, Paris-Méditerranée, 2006 (ISBN 9782842722463), p. 258 [lire en ligne]
  3. a et b Hugues Serraf, « Trainspotters » : la vie duraille des ferrovipathes anglais, Slate.fr,‎ 18 novembre 2012 (consulté le 31 mai 2013)
  4. Voir le site de Pierre-Noël Rietsch, qui recense les pratiques et réglementations concernant la photo ferroviaire pour chaque pays.
  5. Voir la réponse sur le forum de la SNCF.
  6. L'absence de réponse, sur le forum de la SNCF ne permet pas d'apporter une réponse claire.
  7. (en) Giles Wilson, « Terrorism fear derails train-spotters », BBC News,‎ 28 mai 2003 (consulté le 31 mai 2013)
  8. Liste des gares inventoriées en France
  9. Liste des matériels ferroviaires inventoriés en France
  10. Fan de la SNCF, il jouait les contrôleurs

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]