Fernand Meyssonnier

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Fernand Meyssonnier en 2006, se tenant à côte d'un exemplaire de guillotine, modèle Berger 1872, construit vers 1890.

Fernand Meyssonnier, né le 14 juin 1931 à Alger en Algérie et mort le 8 août 2008, était un des derniers bourreaux en France[1], contractuel de la République française en charge de l'exécution de la peine capitale pendant la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Maurice Meyssonnier, dit « Monsieur d'Alger », « exécuteur en chef des arrêts criminels » (il récusait le terme de bourreau) en Algérie pendant la guerre d'indépendance, filleul d'Henri Roch, autre exécuteur en Algérie, Fernand devint le premier aide de son père à partir de 1947. Jusqu'en 1959, Fernand Meyssonnier participa à l'exécution de près de deux cents condamnés (dont deux en tant que remplaçant de son père). Le 11 février 1957, dans sa fonction de « photographe »[2] pendant la décapitation, il tint par les oreilles la tête de Fernand Iveton, seul Européen guillotiné de la guerre d'Algérie. Il en dira : « Celui-là fut un condamné à mort modèle, droit, impeccable, courageux, jusqu'au couperet »[3]. À partir de 1959, les exécutions capitales cessèrent en Algérie. À l'indépendance, l'État algérien abandonna l'usage de la guillotine, symbole à ses yeux de la colonisation, au profit du peloton d'exécution.

En 1961, peu avant l'indépendance algérienne, Fernand Meyssonnier partit s'installer à Tahiti où il rencontra sa future épouse Simone, qui lui donna une fille. Après un début de reconversion difficile, il sut rebondir et créa plusieurs entreprises (restauration, pressing, etc.) qui devinrent florissantes.

La charge d'« exécuteur en chef des arrêts criminels » et de ses aides prit fin en 1981 lors de l'abolition de la peine de mort en France métropolitaine.

Fernand Meyssonnier rentra en métropole en 1990, où il passa sa retraite à Fontaine-de-Vaucluse (Vaucluse) jusqu'à sa mort en 2008.

Le 3 avril 2012, sa collection personnelle de 350 instruments de torture devait être mise aux enchères à Paris, sous l'intitulé « Peines et châtiments d'autrefois ». L'événement ayant cependant suscité un certain tollé, il a été annulé[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le dernier bourreau pour la métropole était Marcel Chevalier.
  2. Portrait du photographe : celui qui regardait la mort, documentaire de Jean-Denis Bonan, série Aléas, France 3, le 20 avril 2004 (no 2549866001001 aux archives de l'Ina, inatheque.fr et à la BnF).
  3. Pierre-Dominique Giacomini, J’ai tué pour rien, un commando Delta à Alger, éd. Fayard, 1974, p. 75.
  4. « La vente aux enchères d'instruments de torture n'aura pas lieu » - Le Point / AFP, 31 mars 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paroles de bourreau : Témoignage unique d'un exécuteur des arrêts criminels, Paris, éditions Imago, 2002, 319 p. (ISBN 2-911416-71-6). Propos de F. Meyssonnier recueillis par l'anthropologue Jean-Michel Bessette.

Liens externes[modifier | modifier le code]