Fernand Faniard

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Fernand Smeets mieux connu sous Fernand Faniard (né le 9 décembre 1894 à Saint-Josse-ten-Noode et décédé à Paris le 3 août 1955) est un chanteur de l'Opéra de Paris d'origine bruxelloise et naturalisé français[1].

Inscrit dans le Dictionnaire des Chanteurs de l'Opéra de Paris de Jean Gourret Fernand Faniard est décrit comme l'un des ténors Wagnérien les plus représentatif des années 1930 à 1950[2]

Sa petite fille Odile Faniard, qui a repris le nom de scène de son grand-père, est elle-même artiste lyrique[3].

Répertoire musical[modifier | modifier le code]

Samson et Dalila, Faust, Monna Vanna, Antar, Alceste, Quo Vadis, Messalin, Castor et Pollux, Lohengrin, Tannhäuser, Tristan et Isolde, Parsifal, Rienzi, Aïda, Salomé, Boris Goudonov, Palestrina, Patrie, ...

Fernand Faniard a notamment travaillé avec Maurice Corneil de Thoran et fait partie de la troupe de La Monnaie[4]

Il a collaboré avec le réalisateur de cinéma et coauteur de la célèbre pièce de théâtre Le Mariage de Mademoiselle Beulemans Fernand Wicheler et les comédiens Gilberte Legrand et Willy Maury.

Après la mort de Wicheler (en 1935), Willy Maury devient le compagnon de Gilberte Legrand (la veuve Wicheler). Le couple et Faniard poursuivent leur collaboration, enregistrant même quelques 78 tours chez "Perfectaphone" et chez "Ultraphone", sous le pseudonyme de DARFANY. Une opérette intitulée Ces Messieurs aux Chapeaux Noirs (en contrepoint de la célèbre pièce de théâtre Ces dames aux chapeaux verts tirée du roman du même nom) était en cours d'élaboration en 1937-1938, la création étant prévue pour 1940, projet réduit à néant par la déclaration de guerre.

FERNAND FANIARD (Heldenténor) (1894 - 1955)

REPERTOIRE

SAMSON ET DALILA / HERODIADE / LA JUIVE / SIGURD / MESSALINE / LA DAMNATION DE FAUST / FAUST / MONNA VANNA / ANTAR / ALCESTE / LE FREISCHÜTZ / AÏDA / SALOMÉ / BORIS GOUDOUNOV / CASTOR ET POLLUX / PALESTRINA / PATRIE / MATHIS LE PEINTRE. Français / Allemand / Italien (*) / Néérlandais (**) : LE VAISSEAU FANTÔME / LOHENGRIN (*) / TANNHÄUSER / LA WALKYRIE / TRISTAN ET ISOLDE (**) / PARSIFAL / RIENZI. ____________

BIOGRAPHIE

Fernand SMEETS, dit FANIARD (1) voit le jour à Saint-Josse-ten-Noode (Belgique) le 9 Décembre 1894.

Il effectue ses premières études de chant au conservatoire de cette même ville dans la classe du Ténor Laurent SWOLFS puis, avec Désiré DEMEST, au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il se produit quelque temps comme deuxième Baryton à la Monnaie de Bruxelles ainsi qu'à Gand, en compagnie d'un autre débutant : le Ténor André BURDINO. Son registre évoluant, Fernand FANIARD commence à étudier les partitions de ténor, d'abord avec Éric AUDOIN puis avec TILKIN-SERVAIS. Il acquiert alors une excellente tessiture de ténor et débute, en tant que tel, à l'Opéra Français d'Anvers en 1926 pour Samson, Hérodiade, Boris Goudounov (création en Français), le Roi d'Ys, La Jane (création), et sera engagé à nouveau dans ce théâtre en 1927.

Il est engagé ensuite à l'Opéra de Monte-Carlo où, au cours des saisons 1928, 1929, 1930, il crée, en langue française, les rôles d'Hérode de "Salomé" et de Ménélas dans "Hélène d'Égypte", deux œuvres de Richard STRAUSS. Il y reprend également, sous la direction de Raoul GUNZBOURG, quelques grands ouvrages du répertoire tels que : Samson, Damnation de Faust, Walkyrie et Boris Goudounov (Grégory Dimitri) aux côtés du grand Féodor CHALIAPINE.

Le succès remporté à l'Opéra de Monte-Carlo lui fait obtenir un engagement de Jacques ROUCHÉ, Directeur de l'Opéra de Paris, et Fernand FANIARD fait ses débuts sur la scène du Palais Garnier, aux côtés de Laure TESSANDRA, dans Samson et Dalila le 24 Mai 1930. Il restera attaché à ce théâtre (1931, 1932, 1933, 1937,1942) y chantant, outre Samson, Hérodiade (Jean), La Juive (Éléazar), les rôles de Siegmund de la "Walkyrie", Tannhäuser, Lohengrin et Tristan de "Tristan et Isolde" y remportant, à ces occasions, de véritables triomphes (2).

En 1942, aux côtés de José DE TRÉVI et de José BECKMANS, il sera le Cardinal Bernardo Novagiero dans "Palestrina" de Hans PFITZNER (version française).

En 1949, 1950 et 1951, sous la direction de Georges HIRSCH - et plusieurs fois même au pied levé - il reprendra les rôles de Lohengrin et Tristan aux côtés de Suzanne JUYOL en compagnie de René BIANCO et Pierre FROUMENTY, sous la baguette de Georges SÉBASTIAN.

Il sera présent sur presque toutes les scènes de France (Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Lille, Amiens, Vichy, Rouen, Orange, Vaisons-la-Romaine, etc,..), d'Algérie (où il déchaïnera l'enthousiasme de salles archi-combles d'Alger et d'Oran par ses interprétations mémorables de l'Éléazar de "La Juive" et du Jean "d'Hérodiade"), du Maroc (Casablanca), de Belgique (Gand, Liège, Namur, Verviers) ainsi qu'en Suisse au Grand Théâtre de Genève (1940).

Au "Grand Théâtre" de Bordeaux, il sera le partenaire de la célèbre vedette de Bayreuth : Germaine LUBIN (Tristan et Isolde) et d'André PERNET (Damnation de Faust).

Il créera, en 1931, "Samson et Dalila" à l'Opéra de Luxembourg.

Invité à l'Opéra Royal Flamand d'Anvers, il donne en 1931 et 1932 une importante série de représentations, en langue allemande, d'œuvres Wagnériennes (Lohengrin, Tristan, Walküre, Tannhäuser, Parsifal) et reviendra dans ce théâtre en 1942 et 1943 pour interpréter ces œuvres, cette fois en langue néerlandaise.

Engagé à l'Opéra de Francfort s/ Main en 1933 pour y interpréter des œuvres de Richard WAGNER, son contrat est annulé, sans autre forme de procès, par les autorités nazies. [1]


En 1937, le "Teatro Reale" de Parme le voit à son affiche pour Lohengrin, chanté en Italien. (Sa carrière italienne sera cependant de courte durée, le public jugeant son art du chant trop académique). (2)

La même année, dans le rôle de Faust de la "Damnation", il est aux côtés de Ninon VALLIN (Marguerite) et de VANNI-MARCOUX (Méphistophélès) pour la représentation exceptionnelle donnée à l'occasion du Bicentenaire du "Capitole" de Toulouse. Les 4 et 6 mars 1938, en pleine guerre civile et malgré les alertes aériennes perturbant les représentations, il chante au "Liceo" de Barcelone :"Samson et Dalila" avec Lucienne ANDURAN.

En 1939, des projets d'engagements au "Colon" de Bunos Aires et au "Metropolitan" de New York sont malheureusement interrompus par la déclaration de guerre et, comme bien d'autres artistes résidant en France, Fernand FANIARD poursuivra sa carrière dans son pays d'adoption aussi bien qu'en Belgique, avec toujours le même vif succès.

En 1951, à Strasbourg, dans le rôle du Cardinal-Archevêque de Mayence il participe à la création, en Français, de "Mathis le Peintre" de Paul HINDEMITH, en compagnie de Rita GORR, Andine YOSIF et Roger BARSAC, sous la baguette d'Enest BOUR.

Attiré également par le concert, Fernand FANIARD prêtera son concours à de très nombreuses manifestations musicales chez COLONNE, PASDELOUP, POULET-SIOHAN, aux conservatoires de Bruxelles, Metz, Valenciennes, Tournai, Charleroi, ainsi qu'aux concerts populaires d'Angers, Brest, Kursaal d'Ostende, etc,..et, à l'issue d'un concert au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles vers 1935, il aura même l'insigne honneur d'être félicité personnellement par la Reine Élisabeth de Belgique.

A la Radio, entre 1935 et 1940, on peut l'entendre sur"Radio-Paris" en compagnie de "l'Orchestre National" (Direction : Désiré-Émile INGELBRECHT), sur le "Poste Parisien", sur "Radio Tour Eiffel" et, en Belgique, sur les antennes de "l' I. N. R. Français", de "l' I.N.R. Flamand" ainsi que sur "Radio Luxembourg".

Après la guerre et son adoption de la nationalité Française en 1949 il participe, sur les ondes de la "Radiodiffusion Française" et notamment avec Suzanne JUYOL pour des extraits de "Tristan et Isolde" et de "Siegfried", à plusieurs émissions de Roland MANUEL :"Plaisir de la Musique" (1949, 1950). On peut l'entendre également dans "Geneviève de Paris" de Marcel MIROUZE (1950), dans "Guercoeur" d'Albéric MAGNARD (Heurtal), ainsi que dans l'intégrale de "l'Attaque du Moulin" d'Alfred BRUNEAU diffusée le 9 Octobre 1952 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort d'Emile ZOLA, inspirateur de l'œuvre (Ces deux derniers ouvrages étant sauvegardés par l'Institut National de l'Audio-Visuel, I. N. A.).

Toujours sur les ondes françaises et comme déjà à l'École Normale de Musique en 1938, suscitant l'étonnement admiratif de nombreux connaisseurs, il donne en 1950 et 1951 l'intégrale des "Amours du Poète (Dichterliebe) de Robert SCHUMANN, chanté en Allemand et accompagné au piano par Pierre CAPDEVIELLE. En 1951, sur les antennes de "Radio-Stuttgart" et de "Radio Francfort", il se produit dans un récital de mélodies de compositeurs Français (Fauré, Duparc, Saint-Saëns, Debussy, Chausson).

Contraint, en 1953, de cesser toute activité après les premières atteintes du mal qui devait l'emporter, Fernand FANIARD s'éteint à Paris, le 3 Août 1955.

Raymond SMEETS-FANIARD

(1) Le choix de ce pseudonyme est un hommage à sa mère dont c'est le nom de jeune fille. (2) Source : Algemeine Muziek-Encyclopedie de Corbet/Wouter Paap/Robijns - Volume 2. Zuid Nederlandse Uitgeverij - Édition de 1958 (R. Verbruggen).

Nota: En dehors d'un 78 tours confidentiel de deux mélodies Flamandes, les enregistrements de Fernand FANIARD sont rarissimes. C'est sans doute à la suite de cette première expérience que, par scrupule et par crainte, il a toujours refusé les propositions des compagnies de disques. Il se jugeait, en effet, avec la plus extrême sévérité et redoutait, par-dessus tout, de se décevoir lui-même. Les seuls témoignages sonores qui nous restent proviennent, pour la plupart, d'émissions radiophoniques dont la trace a été conservée presque par hasard et, en particulier, deux enregistrements provenant de "Radio-Alger", réalisés et emmenés en France par Mr Jacques BEDOS et déposés par lui aux archives de l'I.N.A./Radio-France où ils ont été miraculeusement retrouvés. Seul demeure le regret de constater qu'aucune trace de ses interprétations Wagnériennes n'ait pu être préservée. C'était pourtant le domaine où il manifestait la pleine mesure de son talent et dans lequel il a connu ses plus grands succès. [2]


Enregistrements existants :

- MÉLODIES FLAMANDES (en néérlandais) : "Hoe lustig zweeven" [Quelle joie de planer] (Geodel-Ottoy-Jennesky), "Het huisje bij den toren" [La maisonnette près de la tour] (J. van Laar Sr.) Polydor 1936, Serie JAP 512.673 - MÉLODIES DE COMPOSITEURS FRANÇAIS : Clair de lune - Fleur jetée (Fauré) - Chanson triste (Duparc) - Le Manoir de Rosemonde (Duparc) - Tendresse (Bachelet) - La chanson des trois roses (Bachelet) - Sabre en main (Saint-Saëns) - Beau soir (Debussy) - Mandolines (Debussy) - La Caravane (Chausson). Piano : Heirich BAUMGARTNER - Radio Stuttgart (06.12.1951) (Archives du Süddeutscher Rundfunk). - "Ah! quels tourments" (Zémire et Azor / Grétry) - "Bannis les craintes et les alarmes" (Alceste./ Gluck). Orchestre / Direction : Roger ELLIS - Radio Alger (18.08.1949) (Archives I.N.A./Radio-France). - Dichterliebe / Les amours du poète (Schumann) Extraits N° 1. 2. 3. 4. 6. 7. 8. 10. 13. 16.(en allemand) - Der Doppelgänger / Le sosie (Schubert) Extrait de "Schwanengesang"/ "Le chant du cygne" (en allemand). Piano : Pierre CAPDEVIELLE (Enregistrement privé). Studio Technisonor (1950) (Archives I.N.A./Radio-France). - "Prométhée" (Hugo Wolf) Paroles françaises de Fernand Faniard. - "Le voyage nuptial du chevalier Conrad" (Ritter Kurts Brautfahrt - Hugo Wolf) Paroles françaises et orchestration de Fernand Faniard. Orchestre / Direction inconnue - Radio Strasbourg (1950) (Archives I.N.A./Radio-France). - "GUERCOEUR" (A. Magnard), avec Marcelle BUNLET, Jacqueline DELUSSEUX, Denise SCHARLEY, Flora BETTY, Marisa FERRER, Yvette DARRAS, Bernard DEMIGNY. Orchestre Radio-Lyrique de la R.T.F./ Direction : Tony AUBIN (Mars 1951) (Archives I.N.A./Radio-France, publié sur disque 33 tours). - "L'ATTAQUE DU MPULIN" (A. Bruneau), avec Jeanne ROLLAND, Hélène BOUVIER, Yvette DARRAS, Charles CAMBON, Lucien LOVANO, Jacques BOUET, Marcel HÉNOT, Bernard LEFORT, Joseph PEYRON. Orchestre Radio-Lyrique de la R.T.F./ Direction : Eugène BIGOT (09.10.1952) (Archives I.N.A./Radio-France).

CD Musique en Wallonie : Mélodies et Airs d'Opéra. Categorie "Enregistrements Historiques" (Août 2009)


Versions Françaises :

 Mélodies d'Hugo WOLF sur des Poèmes de GOETHE (Éditions HINRINCHSEN, Londres, 1951)

- Ritter Kurt Brautfahrt (le voyage nuptial du Chevalier Conrad) (+ orchestration) - Gutmann und Gutweib (Bonhomme et Bonne femme) (+ orchestration) - Cophtisches Lied (Chanson Cophte) - Beherzigung (Discernement) - Prometheus (Prométhée) - Ganymed (Ganymède) (+ orchestration) - Grenzen der Menscheid (Les Limites Humaines)

Orchestration seule : - Les Deux Grenadiers , [Mélodie de Robert SCHUMANN sur un Poème de Heinrich HEINE]


Appendice : Après le décès du ténor VAN DYCK en 1923, les costumes du célèbre artiste furent mis en vente et Fernand FANIARD en acheta le plus grande partie, dont le manteau de Tristan qui lui servira de linceul.





[3]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Smeets-Faniard
  2. Odile Faniard mezzo soprano par Jean-Michel Oberland
  3. Les Copains d'abord à Salbris - Lutz Griebel, témoignage de Raymond Smeets, son fils
  4. Hommage à Corneil de Thoran, chef d'orchestre et directeur du théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles (Liège, 15 janvier 1881- Bruxelles, 6 janvier 1953)