Ferme du Biéreau

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Ferme du Biéreau
La cour et la grange
La cour et la grange
Présentation
Période ou style Rural
Destination initiale Ferme
Destination actuelle Centre culturel musical
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1988, no 25121-CLT-0015-01)
Site web www.fermedubiereau.be/
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Commune Ottignies-Louvain-la-Neuve
Localisation
Coordonnées 50° 39′ 57″ N 4° 37′ 03″ E / 50.665833, 4.61743950° 39′ 57″ Nord 4° 37′ 03″ Est / 50.665833, 4.617439  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ferme du Biéreau

Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon

(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
Ferme du Biéreau

La ferme du Biéreau, jadis appelée également cense du Bierwart[1],[2], est une ancienne ferme brabançonne transformée en centre culturel musical, située à Louvain-la-Neuve, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.

Localisation[modifier | modifier le code]

La ferme se dresse dans le plus ancien quartier de la cité universitaire de Louvain-la-Neuve, le quartier du Biéreau, au sud de la ville.

Située entre la Scavée du Biéreau et l'avenue du Jardin Botanique, elle fait face aux tours de béton de la faculté d'agronomie et est voisine du Lycée Martin V.

Le corps de logis vu du sud

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté depuis le XVIe siècle sous la forme Bierwart, le mot Biéreau signifie « belle vue » ou « beau regard »[1],[3],[4], du wallon bia, beau, et rwârt, regard[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le blason d'Anne Josèphe de la Croix, abbesse de Florival
Ancre de façade ornant la façade du corps de logis

Cette ferme brabançonne datant du XIIe siècle fut la propriété de l'abbaye de Florival durant plus de 6 siècles : le blason d'Anne Josèphe de la Croix, abbesse de Florival de 1733 à 1749 orne encore le corps de logis de la ferme[1],[2] et a été repris en 1991 dans les armoiries de la Ville où ses quatre coquilles Saint-Jacques symbolisent Louvain-la-Neuve, aux côtés des symboles de Céroux, Limelette, Ottignies et Mousty[6].

Ce blason porte en son centre la croix de saint Benoît, consistant en un cercle orné d'une croix, surmontant la devise latine : « Crux Mihi Dux », contraction de « Crux Sit Mihi Dux » (Que la croix soit mon guide). La croix de saint Benoît est ornée de quatre coquilles Saint-Jacques et flanquée de deux hautes plantes à fleurs.

Par ailleurs, une pierre portant le millésime « Anno 1722 » est encastrée dans le mur de la grange, au-dessus d'une porte.

À la fin de l'Ancien Régime, son domaine totalise 134 ha[4]. Vendue comme « bien national » en 1798, elle passe entre diverses mains avant de devenir la propriété d'Ernest Solvay en 1893[4]. Passée ensuite par les mains de ses héritiers, la ferme devient ensuite la propriété de la famille Boël[4].

Le millésime « Anno 1722 » qui orne la grange

Intégration dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve[modifier | modifier le code]

En 1969, la famille Boël vend la ferme à l'Université catholique de Louvain[4]. La ferme stoppe ses activités agricoles en 1972[4],[7] mais reste habitée jusqu’en 1977, date de l'expropriation de ses habitants[1]. La Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve en devient alors propriétaire[1].

Le plan directeur établi pour la ville de Louvain-la-Neuve dès sa création en 1972 prévoit que les fermes situées sur son territoire seront vouées aux arts[3] : la ferme du Blocry est ainsi consacrée au théâtre (elle abrite l'Atelier théâtral Jean Vilar) et la ferme du Biéreau à la musique[3].

Classement[modifier | modifier le code]

Une partie des bâtiments de la ferme fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 27 décembre 1988 : il s'agit des façades, toitures et charpentes de l'aile sud-ouest, et du corps de logis de la ferme, ainsi que la totalité de la grange, à l'exclusion des porcheries qui s'y adossent côté cour[8].

Rénovation[modifier | modifier le code]

La salle de spectacle à l'intérieur de la grange

Une rénovation partielle a lieu en 1990[3] mais ce n'est qu'en 2005 qu'un projet de rénovation plus ambitieux aboutit qui permet à la ferme de devenir un centre culturel musical connu sous le nom de « Maison de toutes les musiques »[9].

La rénovation menée de 1997 à 2005 ne concerne que la grange, l'annexe nord et l'aile est[10]. Elle est menée en partenariat par la Ville et l'Université, avec des subsides de la province du Brabant wallon, de la Région wallonne et de la Communauté française[10]. Les travaux de rénovation de la grange, classée, sont subsidiés par la Région wallonne tandis que ceux de l'aile est et de l'annexe nord, non classées, le sont par la Communauté française[10].

L'ancienne grange devient une salle de spectacle de 400 places[7] et sa charpente entièrement rénovée[10]. L'aile est, non classée, est démolie sauf la façade donnant sur la cour : elle abrite le foyer et une salle de 100 personnes tandis que l'annexe nord accueille un studio d'enregistrement[10].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le pignon ouest du corps de logis

Structure[modifier | modifier le code]

La ferme présente un plan en quadrilatère comprenant :

  • une grange et des porcheries, au nord;
  • le corps de logis, au sud;
  • une écurie, à l'ouest;
  • des étables à l'est[11].

Maçonneries et toitures[modifier | modifier le code]

La ferme présente une maçonnerie de briques peintes à la chaux de couleur blanche, sauf la base des murs qui, par endroits, est peinte en noir sur une hauteur d'une dizaine de briques, selon une tradition répandue dans les zones rurales du Brabant wallon.

Les bâtiments possèdent une toiture en bâtière couverte d'ardoises au niveau de la grange, des étables et du corps de logis, et de tuiles pour le reste.

La façade occidentale des anciennes écuries, le long de la Scavée du Biéreau, montre encore des portions de maçonnerie en moellon de grès et de grès ferrugineux.

Le corps de logis[modifier | modifier le code]

Chaînages d'angle du corps de logis

Le corps de logis possède une porte dont l'encadrement de pierre bleue est surmonté par un petit entablement mouluré supportant un fronton à volutes percé d'un oculus ovale sommé d'une clé et d'un larmier en forte saillie.

À droite de la porte, le mur porte un panneau de pierre bleue sculpté orné, comme il a été dit plus haut, du blason d'Anne Josèphe de la Croix, abbesse de Florival de 1733 à 1749[1] qui a été repris en 1991 dans les armoiries de la Ville.

L'angle du pignon occidental du corps de logis présente des chaînages d'angle en moellons de grès ferrugineux.

Le pignon du corps de logis et la grille d'accès
Le fronton à volutes qui surmonte la porte du corps de logis de la ferme

La grange[modifier | modifier le code]

La grange constitue un excellent exemple de la maçonnerie de briques peintes à la chaux blanche, à la base peinte en noir, qui caractérise les fermes brabançonnes.

Le mur de la grange qui donne sur la cour est percé d'une porte surmontée d'une pierre affichant le millésime de 1722 (« Anno 1722 »).

À l'ouest, la grange présente un « pignon à épis » (pignon de briques ou de moellons en forme de triangle bordé de chaque côté de motifs en forme de dents constitués de briques disposées en oblique).

Le « pignon à épis » ouest de la grange
La grange
Le pignon est de la grange

Les étables, la porcherie et les écuries[modifier | modifier le code]

Maçonnerie en moellon de grès ferrugineux du mur ouest des écuries

À l'est, la cour est fermée par les anciennes étables, très restaurées, qui accueillent maintenant la billetterie et l'entrée des spectateurs.

Au nord-ouest, l'ancienne porcherie s'adosse à la grange et fait la liaison avec les anciennes écuries.

À l'ouest, la cour est délimitée par le bâtiment qui abrite les anciennes écuries. Ce bâtiment, non restauré et assez délabré, présente la particularité d'avoir deux façade de types très différents : maçonnerie de briques blanches à base noire vers la cour, maçonnerie en moellon de grès et de grès ferrugineux à l'extérieur, le long de la Scavée du Biéreau.

L'ancienne porcherie, au nord-ouest
Les anciennes étables, à l'est

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f La ferme sur le site de l'office de tourisme d'Ottignies-Louvain-la-Neuve
  2. a et b Sylvia Noble-Bossicard, L'histoire de Limelette, Ottignies et Céroux-Mousty, Éditeur Noble-Bossicard, 1983, p .22
  3. a, b, c et d Site de la ferme du Biéreau
  4. a, b, c, d, e et f Éric Meeuwissen, « Aux mains des Solvay puis des Boël », Le Soir,‎ 26 décembre 1996
  5. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Éditions Racine, 2005, p.138
  6. Le blason de la ville sur le site de l'office de tourisme d'Ottignies-Louvain-la-Neuve
  7. a et b Sophie Devillers, « La ferme du Biéreau, tout un spectacle », La Libre,‎ 23 septembre 2005
  8. Liste des monuments classés de la Région Wallonne
  9. Section Théâtre et spectacles du site de l'office de tourisme d'Ottignies-Louvain-la-Neuve
  10. a, b, c, d et e Isabelle Willot, « La ferme du Biéreau se met en musique », Le Soir,‎ 26 décembre 1996
  11. Plan de la restauration de la grange de la ferme du Biéreau, Ministère de la Région wallonne