Ferdinand von Saar

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Ferdinand von Saar Wertheimsteinpark Wien

Ferdinand von Saar, né le 30 septembre 1833 à Vienne et mort le 24 juillet 1906 à Döbling, est un écrivain autrichien du courant réaliste tardif. Il est surtout estimé pour ses nouvelles, caractérisées par un pessimisme profond, mais il a également écrit des drames et des poèmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le châteaux de Raitz où, en 1892, Saar écrit la nouvelle Le châteaux de Kostenitz

Il est issu d'une famille des fonctionnaires qui a été anoblie en 1793 pour les mérites des frères Johann Adam et Johann Adalbert Saar pour la service de la poste. Son père meurt tôt et il grandit chez son grand-père. De 1843 à 1848, il va au Schottengymnasium, un lycée privé catholique, à Vienne. Il entre dans le seizième régiment d'infanterie en 1949, obtient le rang de lieutenant en 1854 et fait partie de la Campagne d'Italie de 1859. Dans le militaire, il fait la connaissance de Stephan von Millenkovich (dit Milow, 1836–1915) qui partage ses aspirations littéraires. Il démissionne en 1860 et vit comme écrivain libre à Döbling et Vienna. Les années 1860 sont marquées de grands difficultés pour lui, il souffrit de problèmes financiers et de blocage de l'écrivain, et est même incarcéré à plusieurs reprises à l'instigation de ses créanciers. Ses tentatives de s'introduire comme dramaturge, dont son essai de grand drame Heinrich der Vierte (1865/1867), n'aboutissent à rien. Pourtant, dans les années 1870 sa situation s'améliore. Fréquentant le salon de Josephine von Wertheimstein (1820–1894), à partir de 1871, il trouve le soutien de riches mécènes, dont la famille Salm-Reiferscheidt qui lui accord le droit de vivre dans ses châteaux Blansko et Raitz en la Moravie-du-Sud. En 1873, il fait un voyage à Rome avec son ami Milow. Ses Novellen aus Österreich (1877) (nouvelles d'Autriche) trouvent un certain succès. Il se marie en 1881 avec Melanie Lederer, mais son épouse se suicide trois ans plus tard.

Une amitié le lie à Marie von Ebner-Eschenbach qui vit près de Blansko au Château Lysice.

Dans les années 1890 sa réputation littéraire croît. En 1890, il reçoit l'Ordre de François-Joseph. La critique loue ses Wiener Elegien (élégies viennoises) (1893), il est généralement considéré comme un poète moderne exemplaire[1], et les écrivains de la nouvelle génération (Hugo von Hofmannsthal, Arthur Schnitzler, Richard Beer-Hofmann, Leopold Andrian, Richard Schaukal, Felix Salten) lui font hommage[2]. De plus en plus respecté officiellement, il devient membre du Herrenhaus en 1903[3].

Il nourrit un amour inavoué pour Franziska von Wertheimstein (1844–1907), la fille de Josephine von Wertheimstein, qui poursuit le salon à Döbling après la mort de la mère. Peut-être à cause de la mère dominante, elle est névrotique et averse au contact avec d'autres. Saar, aussi dépressive, est le seul être humain proche d'elle.

Il se suicide en 1906 malade de cancer.

Place de Saar dans la littérature[modifier | modifier le code]

Influencé par Stifter et Tourgueniev[4], philosophiquement par le pessimisme de Schopenhauer, Saar a écrit 32 nouvelles qui constituent sa contribution majeure à la littérature autrichienne. Elles visent à donner un panorama compréhensif de la société habsbourgeoise. Dans un lettre à son éditeur (9.6.1896), Saar écrit qu'il faille comprendre ses nouvelles comme « de tableaux de la culture et des mœurs puisés dans la vie autrichienne de 1850 jusqu'au présent »[5].

Les recherches sur la Wiener Moderne à partir des années 1980 ont stimulé un intérêt renouvelé pour Saar qui était presque oublié, mais qui a été considéré un précurseur de la littérature moderne déjà par Hermann Bahr en 1890[6].

Sa nouvelle Le châteaux de Kostenitz fait partie du « canon » de la littérature allemande du critique littéraire Marcel Reich-Ranicki[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wagner, Giselheid 2005, p. 43
  2. Wagner, Giselheid 2005, p. 54
  3. Sitzungsprotokoll
  4. Wagner, Karl: Saar, Ferdinand Ludwig Adam von, dans: Neue Deutsche Biographie 22 (2005), S. 315–316 online
  5. « Die jetzt vorliegenden 17 Novellen sind alle aus einem Gesichtspunkte zu betrachten, nämlich als Kultur- und Sittenbilder aus dem österreichischen Leben von 1850 bis auf die Gegenwart. » dans Sämtliche Werke VII, p. 7, conf. Wagner, Giselheid 2005, p. 19
  6. Karl Konrad Polheim (ed.): Ferdinand von Saar. Ein Wegbereiter der literarischen Moderne. Bouvier, Bonn 1985, ISBN 3-416-01857-5 ; Wagner, Giselheid 2005, p. 34
  7. Archive de derkanon.de

Œuvres (choix)[modifier | modifier le code]

  • Kaiser Heinrich der Vierte, 1865/1867 (drame)
  • Innocens, 1866 (nouvelle)
  • Marianne, 1873 (nouvelle)
  • Die Geigerin", 1874 (nouvelle)
  • Die Steinklopfer, 1874 (nouvelle)
  • Novellen aus Österreich, 1877 (nouvelles)
  • Tempesta, 1881 (tragédie)
  • Gedichte, 1882 (poèmes, 2ᵉ ed. 1888)
  • Schicksale, 1889 (nouvelles)
  • Wiener Elegien, 1893 (poèmes)
  • Schloß Kostenitz, 1893 (nouvelle)
  • Herbstreigen, 1897 (trois nouvelles)
  • Die Pincelliade, 1897 (poème épique)
  • Nachklänge, 1899 (poèms et nouvelles)
  • Dissonanzen, 1900 (nouvelle)
  • Camera obscura, 1901 (cinq nouvelles, 2ᵉ ed. 1904, huit nouvelles)
  • Hermann und Dorothea, 1902 (poème épique)
  • Tragik des Lebens, 1906 (nouvelles)
  • Sämtliche Werke, 12 vols., 1908 (collection)
  • Briefwechsel mit Marie zu Hohenlohe (ed. Anton Bettelheim), 1910 (correspondance)
  • Briefwechsel mit Marie von Ebner-Eschenbach (ed. Heinz Kindermann), 1957 (correspondance)
  • Briefwechsel / Ferdinand von Saar - Abraham Altmann (ed. Jean Charue), 1984 (correspondance)
œuvres traduites en français
  • Les tailleurs des pierres (Die Steinhauer), Innocent (Innocens) dans K. Toursky-Strebinger et Sacher-Masoch: Nouvelles slaves. L. Westhausser, Paris, 1886.
  • Le château de Kostenitz (Schloß Kostenitz), traduit par Jean-François Boutout, Gallimard, Paris, 2003.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (de) Ernst Kobau: "Rastlos zieht die Flucht der Jahre" ... Josephine und Franziska von Wertheimstein, Ferdinand von Saar, Böhlau Verlag, Vienne 1997. ISBN 3205986245 (contient la correspondance de Saar avec Josephine von Wertheimstein)
  • (de) Karl Konrad Polheim: Ferdinand von Saar dans Hiltrud Häntschel (ed.) Deutsche Schriftsteller im Porträt 4, C.H.Beck, München 1981, p. 148 s.
  • (de) Karlheinz Rossbacher: Ferdinand von Saar dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815-1950, vol. 9, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 1988, p. 358/359 p. 358 p. 359
  • (de) Giselheid Wagner: Harmoniezwang und Verstörung: Voyeurismus, Weiblichkeit und Stadt bei Ferdinand von Saar, Niemeyer, Tübingen 2005 online

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (de) Karl-Markus Gauß, « Alle Bitternis des Lebens », sur diepresse.com
  • (de) Klaus Zelewitz, Barbara Schober: Literatur in der Wiener Moderne: Lexikalische Artikel, 2000 (site web de l'Universität Salzburg) PDF archive