Ferdinand d'Orléans (1844-1910)

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Duquedealençon.JPG
Le duc et la duchesse de Nemours

Ferdinand Philippe Marie d'Orléans, duc d'Alençon, est né le 12 juillet 1844 et mort le 29 juin 1910. C'est un descendant du roi des Français Louis-Philippe Ier.

Famille[modifier | modifier le code]

Petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier, le duc d'Alençon est le second fils de Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours, et de son épouse la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary (1822-1857). Il est prénommé Ferdinand-Philippe en hommage à son oncle, le Prince Royal, décédé accidentellement deux ans avant sa naissance.

Par son père, le prince est donc le petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) et de la reine Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), née princesse des Deux-Siciles, tandis que, par sa mère, il descend de Ferdinand de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1785-1851) et d’Antoinette de Kohary.Il est donc le neveu du roi Ferdinand Ier de Portugal.

Par sa mère, le prince est également allié aux familles royales de Grande-Bretagne, de Belgique et du Portugal et, plus tard, de Bulgarie, de Prusse, de Hesse, de Russie, de Suède, de Norvège et d'Espagne.

Ajoutons que le duc d'Alençon est le beau-frère de la princesse héritière du Brésil, Isabelle de Bragance (1846-1921).

Le 28 septembre 1868, il épouse à Possenhofen la princesse Sophie-Charlotte de Wittelsbach (1847-1897), dernière fille du duc Maximilien en Bavière (1808-1888) et de son épouse la princesse Ludovica de Bavière (1808-1892), elle-même fille du roi Maximilien Ier de Bavière (1756-1825).

La princesse Sophie-Charlotte est, entre autres, la sœur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, plus connue sous le nom de Sissi, et de la reine Marie des Deux-Siciles, surnommée "l'héroïne de Gaête".

Le duc et la duchesse d'Alençon ont deux enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

La reine Marie-Amélie en 1842 (Winterhalter)
La duchesse Sophie en Bavière

En février 1848, Ferdinand d'Orléans, alors âgé de 4 ans, fuit la France et les révolutionnaires avec sa famille. Ses parents, le duc et la duchesse de Nemours, s'installent en Angleterre auprès de l'ex-roi des Français Louis-Philippe Ier et c'est dans ce pays que le jeune garçon est élevé.

L'enfance du prince est très austère. Sa mère, la duchesse Victoire, meurt en 1857, alors qu'il est à peine âgé de 13 ans, et son père, Louis d'Orléans, lui témoigne peu de tendresse et l'élève à la dure, pensant ainsi l'aguerrir. Malgré tout, le duc d'Alençon reste très proche de son père et celui-ci jouit toute sa vie d'une grande influence sur lui. Sa grand-mère, la reine Marie-Amélie s'occupe avec beaucoup de tendresse de l'éducation de son « petit sonnet » et de ses frères et sœurs. Après deux années de public school à Édimbourg, « Alençon » étudie le métier des armes à l'école militaire de Ségovie puis, étant interdit de séjour en France comme tous les membres de sa famille, il s'engage en tant qu'officier dans l'armée espagnole (dont son oncle, le duc de Montpensier, fait partie). Il participe alors à un corps expéditionnaire chargé de réprimer une insurrection aux Philippines. Sa bravoure lui vaut le grade de capitaine mais la déposition de la reine Isabelle II d'Espagne l'oblige à démissionner de l'Armée. Le nouveau gouvernement espagnol songe à lui pour succéder à la souveraine mais, par loyauté envers cette dernière mais aussi pour ne pas contrarier les ambitions de son oncle, le duc de Montpensier, Ferdinand décline la proposition. Entre-temps, sa grand-mère est décédée en Angleterre en 1866 à l'âge de 84 ans. En 1868, le prince épouse la duchesse Sophie-Charlotte de Wittelsbach, sœur de l'impératrice d'Autriche. La jeune fille avait été auparavant fiancée à son cousin le roi Louis II de Bavière mais leurs fiançailles avaient été rompues, laissant la jeune fille dans l'embarras. Le couple désargenté s'installe en Angleterre, dans la demeure du duc de Nemours.

Quand éclate la Guerre franco-prussienne de 1870, le duc d'Alençon fait savoir au gouvernement de Napoléon III qu'il désire ardemment participer aux combats, même en tant que soldat de seconde classe. Mais l'armée française rejette la requête du prince (comme celles de tous ses parents Orléans), ainsi que l'ordonne le gouvernement de Napoléon III.

Le jeune couple Alençon vit heureux, en Sicile puis à Rome, chez le roi des Deux-Siciles, pour soigner la santé de la duchesse, fortement fragilisée par un premier accouchement. Soupçonnés à tort de préparer avec les deux ex-souverains le rétablissement des Bourbons sur le trône des Deux-Siciles, le « duc et la duchesse d'Alençon », pour ne pas causer d'embarras à leurs parents, quittent l'Italie et s'installent à Méran et à Mentelberg, dans le Tyrol autrichien (actuellement en Italie). La duchesse y donne le jour à son second et dernier enfant, Emmanuel, alors que le duc est à Paris avec son père en train de préparer la venue de sa famille dans sa patrie.

Rentré en France après la chute du second Empire, Ferdinand d'Orléans peut enfin devenir officier dans l'armée de ce pays qu'il vénère sans le connaître vraiment puisqu'il l'a quitté à l'âge de 4 ans. Le couple s'installe à Vincennes avec ses deux enfants.

Apprécié de ses soldats mais malmené par certains de ses supérieurs hiérarchiques à cause de sa naissance royale, Ferdinand d'Orléans est cependant à nouveau écarté de la vie militaire par la loi d'exil de 1886, qui exclut les Orléans et les Bonaparte de l'armée et condamne les prétendants au trône français à un nouvel exil. Ferdinand choisit pourtant de ne pas accompagner son cousin, le comte de Paris, en exil et reste vivre dans la capitale française par patriotisme.

Comme sa femme, devenue tertiaire dominicaine en 1876, le duc d'Alençon devient membre du tiers-ordre franciscain et consacre une bonne partie de son temps aux bonnes œuvres.

Après la mort tragique en 1886 de son premier fiancé, Louis II de Bavière, la duchesse d'Alençon se réfugie compulsivement dans une histoire d'amour adultérine. Ferdinand la fait alors soigner dans une clinique, près de sa famille en Autriche, sous la garde bienveillante de son beau-frère le duc Charles-Théodore en Bavière, militaire devenu médecin puis ophtalmologue réputé.

En 1891, sa fille Louise épouse un cousin allemand, le prince Alphonse de Bavière. Cinq ans plus tard, le duc de Vendôme épouse la princesse Henriette de Belgique. Si les "Bavière" doivent patienter de longues années avant d'avoir leur premier enfant, très vite les "Vendôme" rendent Ferdinand grand-père.

En 1897, la duchesse d'Alençon périt dans l'incendie du Bazar de la Charité. Le duc, brisé et maintenant quinquagénaire, cherche par la suite à prendre l'habit. Ce désir n'est cependant pas exaucé et ce malgré un recours auprès du pape Pie X. Trompant son ennui, le prince commence alors à parcourir l'Europe, utilisant ses relations familiales pour défendre les positions politiques de la France tout en menant une vie de plus en plus évangélique.

Le « duc d'Alençon » s'éteint en 1910. Son corps et celui de son épouse sont aujourd'hui réunis dans la chapelle royale des Orléans, à Dreux.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Bourcet, Le duc et la duchesse d'Alençon, Perrin, 1939, réédité en 2003 (ISBN 226-2020698).
  • Dominique Paoli, Sophie-Charlotte, Duchesse d'Alençon, Racine, 1995 (ISBN 2-87386-009-X).
  • Dominique Paoli, La Duchesse d'Alençon : Sophie-Charlotte, sœur de Sissi, Racine, 1999 (ISBN 978-2873861650).

Articles connexes[modifier | modifier le code]