Ferdinand d'Autriche-Este

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Ferdinand Charles d'Autriche, gouverneur du Milanais
La famille impériale en 1764
La Saint-Nicolas 1760 de la famiLle impériale : l'archiduc Ferdinand reçoit des verges tandis que ses cadets, Marie-Antoinette et Maximilien, reçoivent des cadeaux. La grande sœur Marie-Christine, auteur de l'aquarelle, fait la morale à son jeune frère

Ferdinand Charles Antoine de Habsbourg-Lorraine, archiduc d'Autriche (né le 1er juin 1754 au palais de Schönbrunn, Vienne, Autriche - mort le 24 décembre 1806 dans le même lieu) était archiduc d'Autriche, duc titulaire de Modène (de 1803 à 1806) et prince royal de Hongrie. Nommé par sa mère, l'impératrice, gouverneur du Milanais, il est par son mariage le fondateur de la branche d'Autriche-Este.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quatorzième enfant et quatrième fils et de François Ier du Saint-Empire et de Marie-Thérèse d'Autriche, frère (entre autres) de la reine de France, Marie-Antoinette.

Les neuf premières années de l'archiduc se déroule pendant la guerre de Sept Ans pendant laquelle l'impératrice essaie en vain de récupérer la Silésie que lui a extorquée le roi Frédéric II de Prusse. Sa politique de réconciliation avec la France l'amènera à marier ses enfants avec des membres de la Maison de Bourbon. Ces unions à l'instar de la politique de réconciliation, n'apporteront aucun avantage concret pour l'Autriche voire seront pour les filles de cruels échecs. Seuls l'archiduchesse Marie-Christine et l'archiduc Ferdinand échapperont à cette règle politico-diplomatique.

Enfant turbulent, il est souvent puni et craint énormément sa mère.

Une de ses premières apparitions publiques a lieu à l'occasion du mariage de son frère aîné l'archiduc héritier Joseph en 1760 quand, avec ses deux cadets, l'archiduchesse Marie-Antoinette et Maximilien-François, il danse un ballet.

Son frère Charles-Joseph, fiancé à la fille unique du duc-héritier de Modène, mourut prématurément l'année suivante et Ferdinand, âgé de sept ans, fut fiancé à la jeune princesse de quatre ans son aînée.

En 1765, mourut l'empereur François pendant les festivités du mariage d'un autre frère de Ferdinand, l'archiduc Pierre-Léopold destiné à recueillir l'héritage Toscan. Ferdinand, âgé de onze ans, fut nommé gouverneur du Milanais mais l'administration de ce duché fut confiée au duc François III de Modène, grand-père estimé de la petite fiancée de Ferdinand.

La seconde moitié de la décennie fut marquée par les mariages de ses sœurs.

Ferdinand épousa Marie-Béatrice d’Este-Modène en 1771 et dès lors la tutelle de son beau-grand-père s'acheva. Le duc mourut en 1780 et son fils, père de Marie-Béatrice, lui succéda à Modène sous le nom d'Hercule III de Modène. Celui-ci avait épousé Marie-Thérèse de Cybo-Malaspina, héritière des duchés de Massa et Carrare ce qui assurerait à terme un accès à la mer pour le duché.

Ferdinand et Marie-Béatrice s'installèrent au palais royal de Milan où naquirent leurs enfants.


Le 25 avril 1789, l'archiduc marie sa fille Marie-Thérèse à Victor-Emmanuel de Savoie, duc d'Aoste. Ce prince n'est pas a priori destiné à régner mais son frère aîné héritier du trône de Sardaigne n' a pas d'enfant de son mariage avec Clotilde, sœur de Louis XVI de France. À défaut d'être reine la fille de Ferdinand, sera sans doute la mère du futur roi.

Un archiduc face à la révolution[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, les nouvelles venant de France sont de plus en plus alarmantes et, comme tous les membres de leur famille, Ferdinand et Marie-Béatrice vivront comme un crime blasphématoire le procès et l'exécution de leur sœur et belle-sœur Marie-Antoinette, reine de France.

En 1795, alors que gronde la Révolution française dont les armées se répandent sur l'Europe, Ferdinand marie sa fille Marie-Léopoldine à l'électeur Charles-Théodore de Bavière. C'est un mariage brillant pour une princesse issue d'une branche cadette mais qui fait scandale : l'époux a 52 ans de plus que la mariée. Proche de sa fin, il veut absolument engendrer un héritier. Marie-Léopoldine se vengera en refusant tout contact physique avec son mari, en le terrorisant et en prenant des amants. Veuve dès 1799, elle épousera morganatiquement en 1804 le comte Luigi d'Arco.

L'année suivante est plus tragique encore pour l'archiduc et sa famille. Chassés par les troupes de Bonaparte, le couple archiducal doit se réfugier à Venise puis Trieste avant de trouver refuge en Autriche auprès de leur neveu l'empereur François II du Saint-Empire. Ils doivent sérieusement restreindre leur train de vie princier. L'archiduchesse Marie-Béatrice ne pardonnera pas cette humiliation à « l'ogre corse ».

L'archiduchesse Marie-Louise, benjamine de Ferdinand

Le beau-père de Ferdinand ayant dû également fuir ses États, il en a été dédommagé par le duché de Brisgau que la France avait pris à l'empereur. Ferdinand succéda à son beau-père en 1803 mais n'y mit jamais les pieds.

Il mourut en 1806 et le Brisgau fut donné par Napoléon au grand-duché de Bade, un allié plus sûr dont l'héritier épousa une fille adoptive de l'empereur des Français Stéphanie de Beauharnais.

Au cours d'une visite de condoléances qu'il rendit à sa tante, l'empereur François rencontra sa cousine l'archiduchesse Marie-Louise dont il apprécia le charme et la franchise. Veuf l'année suivante, il demanda la main de la jeune fille ce que l'archiduchesse Marie-Béatrice s'empressa d'accepter.

La plus jeune fille de Ferdinand monta donc sur le trône de ses ancêtres, jolie revanche posthume pour un cadet qui n'avait guère fait parler de lui de son vivant.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Son frère aîné l'archiduc Charles étant mort prématurément, c'est Ferdinand qui épousa en 1771, Marie-Béatrice d'Este, princesse de Modène bien que celle-ci ait quatre ans de plus que lui. Cette union fut à l'origine d'une des branches de la maison de Habsbourg-Lorraine, celle d'Autriche-Este. Dix enfants sont issus de cette union :

L'archiduc et sa famille vers 1776
Ferdinand d'Autriche-Este et Béatrice d'Este.

Ferdinand d'Autriche-Este fut inhumé dans la crypte des Capucins à Vienne.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]