Ferdinand Piëch

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Ferdinand Karl Piëch

Ferdinand Karl Piëch, né le à Vienne (Autriche), est un ingénieur, petit-fils de Ferdinand Porsche, fondateur du groupe Volkswagen. Il détient 13,2 % des actions Porsche, dirige Porsche Salzburg et est président du conseil de surveillance de Volkswagen AG.

Enfance[modifier | modifier le code]

Fils d'Anton Piëch et de Louise Porsche, petit-fils de Ferdinand Porsche, il passe son enfance en Autriche, dans la petite ville de Zell am See, où sa mère lui apprend le sens des valeurs, de la fierté, du mérite.

Les années Porsche[modifier | modifier le code]

En 1963, Ferdinand, âgé de 26 ans, est ingénieur et fait ses débuts chez Porsche, à Stuttgart, où il teste les nouveaux moteurs. Quatre ans plus tard, il devient directeur de ce service, avant d'accéder au poste de responsable de la recherche et du développement en 1969. Il est alors l'un des principaux concepteurs de la Porsche 911 et de son célèbre moteur 6 cylindres à plat de 2 litres. Il est aussi responsable du programme Compétition, menant à la victoire les Porsche 908 et 917. Son talent fait fureur, mais inquiète son oncle Ferry Porsche, concepteur de la fabuleuse 356, qui s'est distinguée aux 24 Heures du Mans en 1951. Il comprend alors qu'il ne pourra accéder aux postes névralgiques de Porsche, et se fait « remercier ». Quelques années plus tard, Ferdinand Piëch dira : « Je ne suis pas né dans la bonne branche de la famille ».

Les années Audi[modifier | modifier le code]

En 1972, il entre chez Audi (filiale de Volkswagen AG). Il est alors responsable du développement technique. Trois ans plus tard, il accède au directoire dont il est président en 1988 à 1992. Il donne alors à la marque une image nouvelle: pour cela, il redessine lui-même les voitures et conçoit de nouveaux moteurs. Il est à l'origine des transmissions intégrales Quattro. Audi devient deux fois champion du monde des rallyes et un concurrent important de BMW et Mercedes-Benz.

Les années Volkswagen[modifier | modifier le code]

Prise du directoire[modifier | modifier le code]

En 1991, Volkswagen est en crise. Après son rachat de Seat et Skoda et son lancement au Brésil et en Chine, ses pertes s'élèvent à plus de deux milliards de francs. Pour redresser la situation, Ferdinand Piëch est appelé à prendre la direction de Volkswagen en remplacement de Carl Hahn le .

Pour arriver à ce poste, il a présenté un projet des plus audacieux : mettre en commun le plus d'éléments possible entre les voitures pour diminuer les coûts. Exactement l'inverse de ce qu'il avait fait chez Audi. Piëch prévoit ainsi d'économiser plus de trois milliards de marks par an. De plus, il acquiert le soutien de Gerhard Schröder, ministre-président de la Basse-Saxe. Ce soutien est important, car le Land détient 18,8 % du groupe.

Il nomme au poste de responsable des achats Jóse Ignacio López de Arriortúa, alors second homme de Jack Smith, président de General Motors. Pour le persuader de quitter GM, Piëch lui promet de construire une usine automobile dans son village natal, Amorebieta-Etxano, dans la Communauté autonome basque d'Espagne. Elle ne sera jamais construite, et après quatre années de travail pour Volkswagen, López est remercié;

Lorsqu'il prend ses fonctions au directoire, l'ambiance dans les bureaux de Wolfsbourg est tendue. Et pour cause, Ferdinand Piëch inquiète : en trois ans, il se sépare de vingt-cinq membres du directoire. Il commente ainsi son arrivée : « À Wolfsbourg, ils m'attendaient avec un fusil, mais je ne leur ai pas laissé le temps de tirer [...] La productivité exigée des ouvriers doit s'appliquer aux dirigeants ». Ceux qui restent doivent renoncer à leurs chauffeurs, conduire eux-mêmes les différentes voitures du groupe afin de mieux les connaître. Soucieux de la qualité de fabrication, il n'hésite pas à se rendre lui-même chez les fournisseurs, pour des visites surprises. Il contrôle alors de manière très méticuleuse la qualité des pièces et se montre intransigeant face aux erreurs.

Un amour insensé des voitures[modifier | modifier le code]

Ferdinand Piëch va concrétiser son rêve d'enfance en rachetant pour le compte de Volkswagen, Bentley, Bugatti et Lamborghini en quelques mois. Il demande alors aux ingénieurs de Volkswagen de concevoir un nouveau moteur W16 pour Bugatti. Il atteint ainsi son but par la constitution d'un empire automobile.

Un conducteur passionné[modifier | modifier le code]

Connu pour sa poigne de fer, Piëch est aussi reconnu pour ses talents de pilotage. D'après son entourage, même ses gardes du corps n'arrivent pas à le suivre lorsqu'il prend le volant. Deux fois par an, il emmène certains de ses salariés (ingénieurs, techniciens ou autres) pour ce qu'ils appellent l'opération Turquie. Le but est de tester les voitures (du groupe et des marques concurrentes) dans des conditions extrêmes : dans un froid sibérien ou par une chaleur saharienne. Le but n'est pas seulement de tester les voitures, mais aussi les hommes.

Le conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

En 2002, Ferdinand Piëch quitte la direction opérationnelle de Volkswagen. Il devient cependant président du conseil de surveillance du groupe. Le , il est réélu pour 5 ans à ce poste.

OPA de Porsche sur Volkswagen[modifier | modifier le code]

Dépassant le seuil de 30 % des droits de vote chez Volkswagen, Porsche a l'obligation de lancer une OPA sur Volkswagen le . Ferdinand Piëch est à l'origine de cette offensive qu'il ne souhaite pas voir réussir. Wolfgang Porsche, benjamin des fils de Ferry Porsche et donc cousin de Ferdinand, alors à la tête du directoire de surveillance de l'entreprise familiale, emprunte à tour de bras pour pouvoir enfin soumettre son cousin et l'empire Volkswagen. Toutefois, il néglige l'importance de la « loi Volkswagen » qui mentionne entre autres qu'un investisseur ne peut avoir plus de 20 % des voix au conseil de surveillance quel que soit le nombre d'actions qu'il possède. Wolfgang pense alors pouvoir abroger le texte comme le demande l'Union européenne mais c'est sans compter sur les ressources et les compétences de son cousin qui parvient avec ses contacts politiques à sauvegarder la loi. Depuis c'est Volkswagen qui se retrouve en position de force[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]