Ferdinand Bac

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Ferdinand Bac (Album Mariani, 1904).

Ferdinand-Sigismond Bach dit Ferdinand Bac ou Bac, né à Stuttgart le et mort à Compiègne le (à 93 ans), est un écrivain, dessinateur, caricaturiste, décorateur, peintre, ferronnier, paysagiste et lithographe français.

Par son père, enfant illégitime, il est le petit-neveu de l'empereur Napoléon Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Karl Philipp Heinrich Bach, géologue, ingénieur-cartographe et paysagiste, né en décembre 1811 et décédé le 15 décembre 1870, est le fils illégitime de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie[réf. nécessaire]. Ferdinand naquit d'un second mariage de son père avec Sabina Ludovica de Stetten, fille du baron Sigismond-Ferdinand de Stetten ; ce dernier, né en 1772, en Bohême, assista au congrès de Vienne et raconta ses souvenirs à son petit-fils.

Ferdinand Bac, petit cousin germain de Napoléon III, fut élevé en marge de la cour du Second Empire. Quelques années après l’effondrement du régime, il choisit de quitter l’Allemagne et sa mère pour vivre à Paris une existence studieuse, et néanmoins bohème. Introduit dans le monde par Arsène Houssaye et le prince Napoléon, il devint un artiste à la mode. Il est l’auteur de nombreux ouvrages littéraires et artistiques qu’il illustre brillamment de sa main.

Il fréquente Adolphe Thiers, Gambetta, Richard Wagner, Victor Hugo, Taine, Villiers de L'Isle-Adam, Paul Verlaine, Maurice Barrès, Barbey d'Aurevilly, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Verdi, Gounod, Pierre de Nolhac, etc.

Il s'impose alors comme l'un des premiers dessinateurs et caricaturistes de son temps, aussi célèbre qu'Albert Robida, Job, Sem, Jean-Louis Forain ou Caran d'Ache.

Il vit au cœur de l'Europe troublée de la fin du XIXe et du début XXe siècle et occupe une position de passeur entre les traditions allemande et française. Témoin de la bataille de Sadowa en 1866, à la formation de l'Allemagne en 1871 à Versailles, fuyant les armées allemandes en 1914 et contraint à l'exil en 1940, il vit une partie de son travail partir en fumée en 1944. Il redevint un homme public courtisé à la Libération.

Installé l'hiver dans le Midi pour raison de santé, il entreprend tout d'abord d'aménager les jardins de la "Villa Croisset" (1912), puis ceux du Domaine des Colombières à Menton, transformant cette ancienne bâtisse en une résidence méditerranéenne, en créant entre 1918 et 1927 un jardin où chaque parterre est inspiré d'un pays de la Méditerranée; il consignera ses réflexions dans plusieurs ouvrages relatant ses travaux, ses envies et ses projets, et à 60 ans, s'y installe dans cette propriété, acquise par Émile Ladan-Bockairy et son épouse, où il y croisera Marcel Proust, Jean Cocteau, Gabriele D'Annunzio et Anna de Noailles.

La villa deviendra un hôtel-restaurant-salon de thé, qui vers 1950 (?) éditera en cartes postales des photographies noir et blanc (arch. pers.); celle intitulée "Le palladio de la salle à manger", montre de l'intérieur de la pièce une baie dite en serlienne surmontée d'une longue inscription latine datée de 1942, encadrée de deux bas-reliefs néo-antiques ouvrant sur le port de Menton, qui constitue probablement un témoignage de l'activité décoratrice de Bac sur place.

Dans sa propriété de Compiègne contiguë au vieux rempart de la ville, Bac dessina des jardins, dont un "cloître de charmilles encadrant un vaste tapis de buis"; la grande maison du XVIIIème siècle (9, rue des Domeliers) avait abrité avant lui Talleyrand - voir supra - et les architectes Jacques-Ange Gabriel et Ledreux de La Chartre, "qui, en 40 ans, réalisa le grand dessein de Gabriel à Compiègne" (Laprade, op.cit. p 22).

Jusqu’à la fin de sa vie Bac continue de voyager, d’écrire, de dessiner, réfléchissant sur le devenir politique et historique du monde à près de 80 ans, il effectue encore trois heures de correspondance par jour, ses connaissances et ses amis attendant ses conseils, parmi lesquels le baron Coudein, proche du baron Napoléon Gourgaud, créateur vers 1930 avec son épouse du musée napoléonien de l'île d'Aix (17), à qui Bac offrit une de ses caricatures mettant en scène un "incroyable" et une "merveilleuse", oeuvre exposée pour le bicentenaire de la Révolution de 1789 au château de Dampierre-sur-Boutonne (17) au cours de l'été 1989.

Son esprit toujours vif lui permet de dessiner et de commenter les livres qu’on lui envoie. De nature pourtant inquiète, il s’appliqua très jeune à léguer une partie de son travail à de nombreux musées et bibliothèques (Bibliothèque de l'Arsenal à Paris, Bibliothèque municipale à Menton, Bibliothèque Cessole à Nice) ; chaque document est annoté de sa main et parfaitement archivé.

Décoré de la Légion d'honneur en 1913, reconnu par l'Académie française, il meurt à 93 ans, le 17 novembre 1952 à Compiègne, quatre jours après le décès de son ami Émile Ladan-Bockairy; il fut inhumé aux Colombières dans un mausolée aux côtés de ce couple.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages littéraires et artistiques.

Caricature représentant Talleyrand.

Un collège de Compiègne porte son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Maîtresses, comprenant 100 dessins en couleurs (1897) ;
  • La Comédie féminine, contenant 100 dessins inédits (1899) ;
  • Les Amants, contenant 100 dessins en couleurs (1900) ;
  • Yvette Guilbert à la Scala, publiée dans Les maîtres de l'affiche (1895-1900) ;
  • Des Images, contenant 100 dessins (1901) ;
  • Petites Folies, contenant 100 dessins (1903) ;
  • Vieille Allemagne. Nuremberg, le Château de Louisbourg (1906) ;
  • Vieille Allemagne. Les Paysages de Goethe : Frankfort, Wetzlar, Weimar, Jéna (1907) ;
  • Les Maîtres humoristes (1908) ;
  • Le Fantôme de Paris (1908) ;
  • Le Mystère vénitien : Vérone, Padoue, Venise (1909) ;
  • Le Voyage romantique (2 volumes, 1910-1912) ;
  • L'Aventure italienne (1912) ;
  • Vieille France (1913) ;
  • Souvenirs d'exil, la fin de la vieille Allemagne, 1812-1871 (1919) ;
  • La Volupté romaine, orné de 100 illustrations en couleurs par l'auteur (1922) ;
  • L'Aventure singulière d'Odysseus en quarante et une fresques (1923) ;
  • Odysseus. Une aventure singulière. Avec 65 illustrations et hors-texte en couleurs (1923) ;
  • Les Colombières. Ses jardins et ses décors commentés par leur auteur avec 60 planches en couleurs (1925) ;
  • Jardins enchantés. Un Romancero. Avec 36 jardins en couleurs de l'auteur (1925) ;
  • Le Pèlerin amoureux. Confessions d'un libertin (1926) ;
  • L'Extra-planétaire. Impressions sur les Terrestres (1926) ;
  • Jean Paul ou l'Amour universel. L'Allemagne romantique. 1763-1825 (1927) ;
  • Schubert ou la harpe éolienne, 1797-1828 (1928) ;
  • Le Mariage de l'impératrice Eugénie (1928) ;
  • Louis Ier de Bavière et Lola Montès (1928) ;
  • L'Eloge de la Folie. 10 lithographies originales (1929) ;
  • Le Voyage à Berlin. La Fin de l'Allemagne romantique (1929) ;
  • Le Favori du cardinal Albani (Jean-Joachim Winckelmann), le père de l'archéologie, 1717-1768 (1929) ;
  • La Princesse Mathilde. Sa vie et ses amis (1929) ;
  • L'Ancienne France. La Cour des Tuileries sous le Second Empire (1930) ;
  • Ferdinand Bac. L'Anti-Latin. L'Allemagne de la Réforme. 1517-1546 (1930) ;
  • Intimités du second Empire. La Cour et la Ville, d'après des documents contemporains (1931) ;
  • Intimités du second Empire. Les Femmes et la Comédie. D'après des documents contemporains (1931) ;
  • Intimités du second Empire. Poètes et artistes, d'après des documents contemporains (1932) ;
  • Le Prince Napoléon (1932) ;
  • Napoléon III inconnu (1933) ;
  • Vienne au temps de Napoléon, d'après des témoignages contemporains (1933) ;
  • Le Secret de Talleyrand : d'après des témoignages contemporains (1933) ;
  • Promenades dans l'Italie nouvelle (3 volumes, 1933-1935) ;
  • Promenades dans la vieille Europe. La Ville de porcelaine. Dresde au temps des rois de Pologne et de Napoléon (1934) ;
  • Promenades dans la vieille Europe. Munich. Choses vues de Louis II à Hitler (1934) ;
  • Intimités de la IIIe République. De Monsieur Thiers au président Carnot. Souvenirs de jeunesse '1935) ;
  • Intimités de la IIIe République. La Fin des temps délicieux. Souvenirs parisiens (1935) ;
  • Intimités de la IIIe République. Des Ballets russes à la paix de Versailles. Souvenirs d'un témoin (1936) ;
  • La Flûte et le tambour. Pensées d'un témoin du siècle (1937) ;
  • Le Retour de la Grande Armée, 1812, d'après les témoignages des survivants. Avec 90 compositions de l'auteur (1939) ;
  • Mérimée inconnu (1939) ;
  • Citations de Montesquieu, 4 dessins en couleurs (1943) ;
  • Souvenirs de Compiègne, Second Empire (1946) ;
  • Livre-Journal 1919. Texte établi, annoté et introduit par Lawrence Joseph, collection "Pour Mémoire" (Editions Claire Paulhan, 2000) ;
  • Livre-Journal 1920. Texte établi, annoté et introduit par Lawrence Joseph, collection "Pour Mémoire" (Editions Claire Paulhan, 2013) ;
  • Albert Laprade, La maison de la rue des Domeliers à Compiègne ("Plaisir de France", mars 1948, pp. 20 à 25, ill. de photographies par René Jacques de plusieurs pièces meublées - arch. pers.).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]