Fer-de-lance (militaire)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fer de lance.

Dans l'acception militaire, un fer-de-lance ou formation en fer-de-lance, est une formation généralement composée de véhicules de combat blindés, principalement des chars, qui forme l'avant-garde de l'assaut durant une bataille. L'idée est de concentrer un maximum de puissance de feu sur le plus petit front possible, de façon à submerger toute défense en face. Comme le fer-de-lance se déplace vers l'avant, les unités d'infanterie suivant son avancée se déploient de chaque côté afin de protéger les flancs de l'offensive.

La tactique est assez risquée. Un ennemi déterminé peut contre-attaquer l'infanterie sur les flancs, coupant ainsi le fer-de-lance de son ravitaillement, stoppant rapidement son avancée. Afin d'éviter cela le fer-de-lance doit se déplacer aussi vite que possible pour empêcher la réorganisation de la défense ennemie.

La première utilisation d'un fer-de-lance blindé a eu lieu au cours de la bataille de France en 1940, qui voit l'invasion par l'Allemagne des Pays-Bas, contre les armées britanniques et françaises. Surgissant par surprise hors de la forêt des Ardennes où les Alliés ne croyaient pas qu'une force blindée puisse passer, le fer-de-lance allemand avança à grande vitesse vers la côte, jusqu'à Dunkerque. Les armées française et britannique se répartirent de chaque côté de l'armée allemande, et, à un moment, tentèrent de couper le fer-de-lance de ses bases par une attaque de blindés de chaque côté. La bataille d'Arras qui suivit était très proche du succès, mais les insuffisances des transmissions ralentirent la contre-attaque.

C'est seulement quelques années plus tard que de nouvelles tactiques furent développées pour contrer efficacement les attaques en fer-de-lance. En attaquant avec de petites unités seulement sur les « angles » de l'avant-garde ennemie, un défenseur pouvait diriger ces angles afin de ralentir son avance tout en évitant le combat. En répétant cette manœuvre, le défenseur pouvait étirer les troupes composant le fer-de-lance jusqu'à ce qu'elles n'occupent plus la largeur suffisante pour permettre à l'infanterie suivant son avancée de se déplacer efficacement. Lorsque les Allemands ont essayé la même tactique à nouveau en 1944 lors de la bataille des Ardennes, l'Armée américaine a pu très rapidement « attraper les angles » de cette manière et a imposé au fer-de-lance allemand une halte de plusieurs jours.

Références[modifier | modifier le code]