Félicien Marceau

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Félicien Marceau

Nom de naissance Louis Carette
Activités Écrivain, romancier, dramaturge, scénariste, essayiste
Naissance 16 septembre 1913
Cortenbergh, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 7 mars 2012 (à 98 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Distinctions Prix Interallié
Prix Goncourt
prix Jean Giono
Prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco
Membre de l'Académie française

Œuvres principales

Les Élans du cœur
L’Œuf
Creezy

Félicien Marceau, nom de plume de Louis Carette, né le 16 septembre 1913 à Cortenbergh, en Belgique, mort le 7 mars 2012[1],[2] à Paris[3], à l'âge de 98 ans, est un auteur dramatique, romancier, scénariste et essayiste français d'origine belge, membre de l'Académie française, dont il est le doyen à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1914, ses parents sont pris en otages par les Allemands occupants. Il fait ses études à Louvain, d'abord au collège de la Sainte-Trinité, puis à l'université de Louvain.

Nommé en 1936 à l'Institut national de radiodiffusion, il demande, lorsque les Allemands, en 1940, occupent la Belgique, à passer d'une émission où il était amené à exprimer ses opinions à un simple emploi de reporter. Mais, s'avisant que même dans cet emploi-là, il ne pouvait préserver son indépendance, il démissionne, en mai 1942, de Radio Bruxelles[4], pour entamer une autre carrière (il crée une maison d'édition et commence, parallèlement, son œuvre d'écrivain). Il évoque cette période en 1968 dans Les Années courtes, un livre de mémoires publié chez Gallimard et repris dans la collection de poche Folio.

Toutefois, le Conseil de guerre de Bruxelles lui reproche à la Libération, six de ses reportages (parmi les trois cents qu'il réalisa), notamment un dans lequel, rendant compte de bombardements alliés sur un quartier de la capitale belge, il avait exprimé de la compassion pour les victimes. Se trouvant alors en Italie, il est condamné par contumace en janvier et octobre 1946 à quinze ans de travaux forcés, ce qui entraîne la déchéance de sa nationalité. Félicien Marceau a publié son acte d'accusation dans Les Années courtes, en y répondant point par point.

En 1959, après consultation de son dossier, le général de Gaulle estime que sa condamnation de 1946 n'était pas justifiée et décide de lui accorder la nationalité française[5].

Pendant ses années belges, il publie deux romans et un essai littéraire, mais sa vraie carrière littéraire débute à Paris. En 1953, à l'occasion de la publication de ses nouvelles italiennes, En de secrètes noces, Thierry Maulnier remarque : « Une réflexion ironique, mais plus encore sereinement tendre, sur les hommes et leurs vies qu'ils tiennent serrées comme autant de poignées d'eau, sur leurs volontés et leur sort ; le coup d'œil du moraliste et celui du peintre, la connaissance des êtres et l'amour des paysages humains — voilà qui compose un ensemble où transparaît discrètement un homme et où s'impose un écrivain que l'on ne peut confondre avec aucun autre. »

D'autres nouvelles, des romans denses et légers et un grand essai, désormais classique, sur Balzac (Balzac et son monde, 1955-1970) viennent confirmer ce jugement — un jugement que résume Marcel Arland dans La Nouvelle Revue française, pour qui Félicien Marceau est « un écrivain d'esprit et de talent [qui a] de l'aisance, du piquant, un humour légèrement pincé, un trait net qui précise le personnage, le limite, le pousse parfois à la caricature. »

Pour le théâtre, Félicien Marceau écrit une pièce qui fait date, L'Œuf, montée par André Barsacq au Théâtre de l'Atelier en 1956. L’Œuf n'est pas une pièce avec « scènes à faire », mais un monologue illustré de saynètes. En 1972, la pièce est adapté au cinéma par Jean Herman, avec Guy Bedos dans le rôle principal[6]. À cette occasion, une amitié naît entre Marceau et Bedos qui perdurera jusqu'à la mort de l'écrivain. En témoigne la présence de l'humoriste aux obsèques de Félicien Marceau[7]

Félicien Marceau est par ailleurs auteur de deux ouvrages sur Giacomo Casanova : Casanova ou l'anti-Don Juan et Casanova ou l'insolente liberté.

Proche des Hussards, Félicien Marceau est lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le Prix Goncourt en 1969 pour son roman Creezy et le Prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de son œuvre en 1974.

Élu à l'Académie française le 27 novembre 1975, au fauteuil 21, où il succède à Marcel Achard, il en est le doyen d'âge à partir de la mort de Jacqueline de Romilly le 18 décembre 2010.

À l'annonce de son élection, le poète Pierre Emmanuel (élu en 1968 au 4e fauteuil), se déclare démissionnaire en réaction à l'attitude de Félicien Marceau durant l'Occupation. L'Académie, selon sa coutume, n'entérine pas cette démission et attend la mort du poète pour le remplacer en 1985 par Jean Hamburger. André Roussin, chargé d'accueillir Félicien Marceau à l'Académie, évoque ainsi cet épisode :

« Vous aviez le droit d’être heureux et fier. Pourtant des voix s’élevèrent autour de cette élection. En même temps qu’elles une autre voix — de votre pays d’origine — vint à nous, celle du Baron Jaspar qui fut baptisé " Le premier résistant belge ". Au lendemain de votre succès, il vous écrivait : " Les attaques aussi virulentes qu’injustes dont vous êtes l’objet témoignent d’une ignorance involontaire ou non des événements qui se déroulèrent en juin 1940. « Premier résistant belge » (le Baron Jaspar écrit ces mots entre guillemets) c’est en cette qualité que je vous réitère dans cette lettre qui n’a rien de confidentiel mes félicitations et mon amitié.

Dix ans avant que cette lettre vous fut adressée, le Général de Gaulle, alors Président de la République, avait eu à connaître de votre situation civique. Il s’en était ému. Il avait reçu votre dossier et l’ayant examiné avec l’attention que l’on peut supposer, le Premier résistant de France, vous avait accordé la nationalité française. C’est ce qui nous vaut de vous recevoir aujourd’hui.

Remercions donc celui qui vous ayant fait français, nous a permis de vous élire. Comment douter qu’il eut approuvé notre choix, puisqu’aussi bien, c’est lui qui vous a entrouvert les portes de notre maison[8]. »

Félicien Marceau meurt à Paris le 7 mars 2012, à l'âge de 98 ans, et est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Période belge[modifier | modifier le code]

  • 1942 - Cadavre exquis, roman (réédition en 2011).
  • 1942 - Le Péché de Complication, roman.
  • 1943 - Naissance de Minerve, essai.

Période française[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1953 - En de secrètes noces
  • 1957 - Les Belles natures
  • 1992 - Les Ingénus

Théâtre[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • 1968 - Les Années courtes

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • 1998 - L'imagination est une science exacte, entretiens avec Charles Dantzig
  • 1998 - La Fille du pharaon, fables
  • 2011 - De Marceau à Déon, De Michel à Félicien, Lettres 1955-2005, correspondance avec Michel Déon

Traductions[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]