Fayçal II d'Irak

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Fayçal II
فيصل الثاني
Image illustrative de l'article Fayçal II d'Irak
Titre
3e roi d'Irak
4 avril 193914 juillet 1958
(19 ans, 3 mois et 10 jours)
Régent Abd al-Ilah
Premier ministre Nuri as-Said
Rachid Ali al-Gillani
Taha al-Hashimi
Rachid Ali al-Gillani
Jamil al-Midfai
Nuri as-Said
Hamdi al-Pachachi
Tawfiq al-Suwaidi
Arshad al-Umari
Nuri as-Said
Sayyid Salih Jabr
Sayyid Muhammad as-Sadr
Muzahim al-Pachachi
Nuri as-Said
Ali Jawdat al-Aiyubi
Tawfiq al-Suwaidi
Nuri as-Said
Mustafa Mahmud al-Umari
Nureddin Mahmud
Jamil al-Midfai
Muhammad Fadhel al-Jamali
Arshad al-Umari
Nuri as-Said
Ali Jawdat al-Aiyubi
Abd al-Wahhab Mirjan
Nuri as-Said
Ahmad Mukhtar Baban
Prédécesseur Ghazi Ier
Successeur Najib el-Rubai (président de la République)
Biographie
Dynastie Hachémite
Nom de naissance Fayçal bin Ghazi al-Hashimi
Date de naissance 2 mai 1935
Date de décès 14 juillet 1958 (à 23 ans)
Père Ghazi Ier
Mère Princesse Aliya bint Ali du Hedjaz
Héritier Zeid ibn Hussein

Fayçal II d'Irak
Monarques d'Irak

Fayçal II (en arabe : الملك فيصل الثاني / Al-Malik Fayṣal Aṯ-ṯānī) (né le 2 mai 1935, mort le 14 juillet 1958) est le dernier souverain du Royaume d'Irak, il règne sur le pays du 4 avril 1939 au coup d'État de 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fayçal II dans son enfance.

Fils du deuxième roi d'Irak, Ghazi Ier, décédé dans un accident de la route, il devient roi d'Irak à l'âge de trois ans, et c'est son oncle Abd al-Ilah qui est régent du pays jusqu'en 1953.

Fayçal entame ses études dans une école britannique, l'Harrow School avec son cousin, le roi Hussein de Jordanie. Ils étaient bons amis et voulaient par ailleurs fusionner leurs deux pays pour lutter contre le nationalisme arabe.

Le pacte de Bagdad[modifier | modifier le code]

Le prince régent Abdelilah pris la décision de permettre à la Grande-Bretagne de conserver un rôle continu dans les affaires irakiennes, au travers du traité anglo-irakien de 1948, et plus tard par la signature du pacte de Bagdad en 1955, décision politique que confirma plus tard Fayçal.

La montée de l'opposition[modifier | modifier le code]

La situation politique se détériorait en 1956, des soulèvements dans les villes de Najaf et Al-Hayy avait lieu. Pendant ce temps, Israël et l’Égypte étaient en guerre. L'intervention de la Grande-Bretagne et de la France en réponse à la nationalisation par Nasser du canal de Suez, a eu pour effet d'exacerber la révulsion populaire envers le pacte de Bagdad, et, par ricochet, le régime. L'opposition commença à coordonner ses activités. En février 1957, un Front d'union nationale est créé, rassemblant les démocrates nationaux, des indépendantistes, des communistes, et le parti Baas. Un processus identique a lieu au sein du corps des officiers irakiens, avec la formation d'un Comité suprême des Officiers libres. Le gouvernement s'efforça de préserver la loyauté de l'armée par le biais de prestations généreuses, mais cela s'avéra de plus en plus inefficace et le mouvement anti-monarchiste fit de plus en plus de sympathisants.

La Fédération arabe d'Irak et de Jordanie[modifier | modifier le code]

Le 1er février 1958, la Syrie et l'Égypte s'unissent pour créer la République arabe unie, ce qui encourage la Jordanie et l'Irak à renforcer leur bloc anti-nationaliste. Deux semaines plus tard, le 14 février la Jordanie et l'Irak s’unissent pour fonder la Fédération arabe d'Irak et de Jordanie. Fayçal en tant qu'aîné de la famille Hachémite prend les fonctions de chef du nouvel État qui n'exista que cinq mois.

La révolution du 14 juillet 1958[modifier | modifier le code]

À l'été 1958, le roi Hussein de Jordanie demanda l'aide militaire de l'Irak lors de l'escalade de la crise au Liban. Les unités de l'armée irakienne sous le commandement de Abdul Karim Qasim, en route vers la Jordanie, choisirent de marcher sur Bagdad pour réaliser un coup d'État le 14 juillet 1958. Le roi Fayçal ordonna à la garde royale de n'offrir aucune résistance, et fit le choix de se rendre aux insurgés. Vers 8 heures, le capitaine Abdul Sattar Al-Sabaa Ibousi, leader du groupe d'assaut du palais, ordonna au roi, au prince héritier Abd al-Ilah, à son épouse et à sa mère les princesses Hayam et Nafeesa, ainsi qu'à la tante de Fayçal, la princesse Abadiya, et à plusieurs serviteurs de se rassembler dans la cour du palais et de se tourner vers un mur, tous furent immédiatement exécutés. Une autre version donnée par les révolutionnaires prétend que le roi et sa famille, escortés pas la garde royale, drapeau blanc à la main, auraient été pris dans une rafale dans la cour, le prince Abd al-Ilah fut touché dans le dos et mourut immédiatement, la princesse Hayam aurait été blessée à la cuisse, les autres personnes auraient été tués sur le coup, Fayçal n'aurait pas trouvé la mort immédiatement et aurait été transporté vers l’hôpital afin d’être soigné, sucombant durant son transport, cependant il est plus vraisemblable que le transport de son corps vers l’hôpital avait pour but de faire constater officiellement qu'il était bien mort, atteint par une balle dans la tête et une autre dans le cou. Les nouvelles autorités irakiennes prétendirent également avoir enterré la famille dans le cimetière royal, mais le Time Magazine du 21 juillet 1958 rapporte que : « Le peuple traîna le corps d'Abd al-Ilah dans la rue (al-Rashid) comme celui d'un chien et le déchira membre par membre. »[1]. Il a ensuite été suspendu à la porte du ministère de la Défense, puis la foule brûla ses restes. Le roi fut enterré près de l'hôpital, ce n'est que sur intervention du roi Hussein qu'il fut inhumé au cimetière du domaine de Adhamiya à Bagdad.

Nuri as-Said, le Premier ministre, fut tué par les partisans de Qasim le jour suivant. La monarchie fut formellement abolie, et le contrôle du pays passa à une tripartite appelé « Souveraineté du Conseil », composé de représentants des trois principaux groupes ethniques irakiens. Une longue période d'instabilité politique suivit, aboutissant à la victoire finale en 1963 du parti Baas, qui à son tour conduit à l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein.

La fédération arabe d'Irak et de Jordanie fut officiellement dissoute le 2 août 1958, et la Jordanie retrouva son autonomie.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Fayçal se fiança en janvier 1958 à la princesse Kiymet Hanım, issue de la dynastie mamelouk d'Irak. Cet engagement a été annulé trois mois plus tard.

Le roi demanda alors la main de la princesse Shahnaz Pahlavi, fille de Muhammad Reza Shah d'Iran, mais sa demande fut rejetée par la princesse.

Au moment de sa mort, le roi Fayçal s'était engagé auprès de la princesse Sabiha Fazila Hanım Sultan, la fille unique du prince Muhammad Ali Ibrahim Beyefendi d'Égypte et de la princesse Zahra Hanzade Sultan.

Le roi Fayçal n'a donc laissé aucune descendance, et les autres membres de sa famille furent tous assassinés.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

C'est la photo de Fayçal II jeune reproduite plus haut qui a inspiré à Hergé le personnage du prince Abdallah qui apparaît dans l'album Tintin au pays de l'or noir.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Time Magazine, Revolt in Baghdad, 21 July 1958 edition of Time Magazine, Gamel Abdel Nasser's "Middle East News Agency gleefully described the assassination of Crown Prince Abdul Illah: 'The people dragged Abdul Illah's body into the street like that of a dog and tore it limb from limb.'