Faux jasmin

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Trachelospermum jasminoides, cymes de fleurs
Comparaison de T. jasminoides et T. asiaticum

Le Faux jasmin (Trachelospermum jasminoides) est une plante grimpante de la famille des Apocynaceae, originaire d'Asie. Il porte de nombreux autres noms vernaculaires : trachélosperme, jasmin étoilé, jasmin des Indes[1]. Cette liane est cultivée dans les jardins des régions au climat doux.

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie : Trachelospermum est composé des étymons grecs trachelos τραχελος « col », et sperma σπερμα « semence, graine », allusion à la forme des graines, allongé-rétrécies au sommet et terminées par une aigrette. L'épithète spécifique jasminoides vaut des fleurs « semblables au jasmin ».

Le très habile collecteur de plantes, Robert Fortune, l'a rencontré en Chine près de Shanghai[2] et a envoyé des spécimens vivants en Angleterre en 1844, au Jardin de la Société d'Horticulture de Londres où il fleurit l'année suivante.

Le botaniste britannique John Lindley le décrit et le classe[3]en 1846 parmi des Rhynchospermum un genre d'Apocynacées, créé par Alphonse de Candolle. En 1851, Charles Lemaire s'aperçoit que le genre Rhynchospermum avait déjà été utilisé dans la famille des Asteraceae et reclasse le faux jasmin parmi les Trachelospermum[2].

Description[modifier | modifier le code]

Trachelospermum jasminoides est une plante grimpante dont les tiges ligneuses peuvent atteindre 10 mètres de long[4]. Lorsque celles-ci rencontrent une surface humide, elles émettent des racines adventices aériennes[2], sinon elles entourent le support (elles sont volubiles). Si on les coupe, comme la plupart des Apocynacées, elles exsudent un latex blanc, ressemblant à du lait poisseux. Les jeunes rameaux d'abord pubescents deviennent glabres en vieillissant.

Les feuilles persistantes, opposées, portées par des pétioles de 3-12 mm de long[4], comportent un limbe ovale à obovale ou étroitement elliptique, de 2-10 x 1-4,5 cm. Vert foncé l'été, les feuilles se teintent de bronze l'hiver.

Les fleurs sont groupées en cymes paniculées, terminales et axillaires. Les fleurs blanches, actinomorphes, comportent un calice formé de 5 sépales étroits, lisses, réfléchis, de 2-5 mm, beaucoup plus courts que le tube de la corolle. Cette dernière comporte un tube dilaté au milieu, de 5-10 mm de long, se terminant par 5 lobes obliquement contournés, tous incurvés, faisant penser à une hélice tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les 5 étamines sont insérées au milieu du tube de la corolle. L'ovaire est formé d'un style et de deux carpelles, comportant cinq glandes à sa base. Les fleurs d'un blanc pur, sont agréablement parfumées, d'une odeur rappelant le jasmin.

La floraison a lieu fin mai - début juin, en climat doux.

Les fruits sont des paires de follicules divergents, de 10-25 cm x 3-10 mm, comportant des graines oblongues, de 1,5-2 cm de long, portant à une extrémité une large aigrette de 1,5-4 cm de long.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Rhynchospermum jasminoides Lindl., 1846, J. Hort. Soc. London, 1 : 74 (basionyme)
  • Trachelospermum divaricatum (Thunb.) K.Schum., 1895
  • Trachelospermum adnascens Hance

Distribution[modifier | modifier le code]

Trachelospermum jasminoides est originaire de Chine, du Japon, de Corée, et du Viêt Nam.

Il croît à l'orée des forêts.

Il est aussi cultivé.

Culture[modifier | modifier le code]

Le Trachelospermum jasminoides peut être cultivé en pot ou en pleine terre dans les climats doux[5]. Planté à l'abri du vent, le long d'un mur au sud ou à l'ouest, il est en mesure de supporter des gels à -15 °C (zone de rusticité 8-10) ; la végétation aérienne meurt à -7 °C mais la souche peut repartir.

Le planter en avril ou mai, dans un trou de 40 cm de profondeur, sur une bonne couche de gros gravier, afin d'assurer un drainage suffisant l'hiver.

Les premières années, sa croissance est lente et il est nécessaire d'attacher ses pousses sur un support. Ses tiges volubiles sauront par la suite s'enrouler sur le support.

Il apprécie les sols frais mais bien drainés, humifères. Il ne faut pas l'exposer à une sécheresse trop prolongée.

En Chine, il est souvent cultivé sur des rochers ou des arbres[6]. Il porte le nom de luoshi 络石 (réseau-pierre) parce qu'il s'étale en réseau sur le rocher.

Constituents chimiques[modifier | modifier le code]

Trachelospermum jasminoides contient des flavonoïdes, lignanes, terpénoïdes, stéroïdes et alcaloïdes[7].

Les composés phénoliques suivant ont été extraits :

Cinq alcaloïdes indoliques ont été isolés des feuilles et tiges : la coronaridine (en), voacangine, apparicine, conoflorine, and 19-epi-voacangarine[10].

Trachelospermum jasminoides produit aussi des lignanes, des phytoestrogènes connus pour leur activité antioxydante[11].

En médecine traditionnelle chinoise, Trachelospermum jasminoides est prescrit pour le traitement des rhumatismes, de la pharyngite et de la sciatique[12].

L'équipe de Sha Li et als[13]. de Canton a évalué l'activité antioxydante de 223 plantes médicinales chinoises par la technique de réduction du fer (FRAP, Ferric Reducing Antioxydant Power) et la méthode TEAC (Trolox Equivalent Antioxidant Capacity) ainsi que la valeur du phénol total (par la méthode Folin-Ciocalteu). Ils ont trouvé que Trachelospermum jasminoides possédait une activité antioxydante somme toute limitée.

Activité antioxydante et phénol total d'après Sha Li et al.[13], 2013
Nom FRAP TEAC Phénol tot
Arctium lappa
grande bardane
207.71 167-89 14.03
Sinapis alba
moutarde blanche, sénevé
60.62 51.35 5.94
Trachelospermum jasminoides 52.99 77.79 12.54

Les fleurs du faux jasmin exhalent un parfum exquis rappelant le jasmin. Il est fait d'une combinaison exceptionnelle de notes épicées, due à la présence de linalol, indole, jasmonate de méthyle (en), jasmones et isoeugénol[14] (le linanol et la jasmone se retrouvent dans le parfum du jasmin d'Espagne Jasminum grandiflorum).

Toute la plante est toxique et ne doit pas être consommée en dehors de son usage médicinal.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. nature.jd
  2. a, b et c Charles Lemaire, « Trachelopsermum jasminoides », Le Jardin fleuriste, vol. 1,‎ 1851
  3. Référence IPNI : Rhynchospermum jasminoides (en)
  4. a et b Référence Flora of China : Trachelospermum jasminoides (en)
  5. fiches plantes
  6. (en) Peter Valder, The garden plants of China, Portland, Or., Timber Press,‎ 1999 (ISBN 0881924709 9780881924701)
  7. Jian Zhang, « A new isoflavonoid glycoside from the aerial parts of Trachelospermum jasminoides », Chinese journal of natural medicines, vol. 11, no 3,‎ 2013-05, p. 274–276 (ISSN 1875-5364, PMID 23725841, DOI 10.1016/S1875-5364(13)60028-X)
  8. Ming-Jyh Sheu, « Analgesic and anti-inflammatory activities of a water extract of Trachelospermum jasminoides (Apocynaceae) », Journal of Ethnopharmacology, vol. 126, no 2,‎ 2009-11-12, p. 332–338 (ISSN 0378-8741, DOI 10.1016/j.jep.2009.08.019, lire en ligne)
  9. Fu Le, Zhao Yimin, Wang Jihui, Yu Nengjiang, « Study on the Flavonoids Constituents of the Stem & Leaves of Trachelospermum Jasminoides », Pharmaceutical Journal Of Chinese People's Liberation Army, vol. 4,‎ 2008
  10. Talat Fatima, « Indole Alkaloids from Trachelospermum jasminoides », Planta Medica, vol. 53, no 01,‎ 1987-02, p. 57–59 (ISSN 0032-0943, 1439-0221, DOI 10.1055/s-2006-962620, lire en ligne)
  11. Ling Jing, « Novel lignans from the stems and leaves of Trachelospermum jasminoides », Chinese Chemical Letters, vol. 22, no 9,‎ 2011-09, p. 1075–1077 (ISSN 1001-8417, DOI 10.1016/j.cclet.2011.03.004, lire en ligne)
  12. Ming-Jyh Sheu, « Analgesic and anti-inflammatory activities of a water extract of Trachelospermum jasminoides (Apocynaceae) », Journal of Ethnopharmacology, vol. 126, no 2,‎ 2009-11-12, p. 332–338 (ISSN 0378-8741, DOI 10.1016/j.jep.2009.08.019, lire en ligne)
  13. a et b Sha Li, « Antioxidant capacities and total phenolic contents of infusions from 223 medicinal plants », Industrial Crops and Products, vol. 51,‎ 2013-11, p. 289–298 (ISSN 0926-6690, DOI 10.1016/j.indcrop.2013.09.017, lire en ligne)
  14. Glen O. Brechbill, « Perfume Specialities of Givaudan Quest », Creative Endeavor Book,‎ 2007

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]