Faure Gnassingbé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Faure Gnassingbe)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eyadema, Faure et Gnassingbé.
Faure Gnassingbé
Faure Gnassingbé.
Faure Gnassingbé.
Fonctions
4e président de la République togolaise
En fonction depuis le 4 mai 2005
Élection 24 avril 2005
Réélection 4 mars 2010
Premier ministre Koffi Sama
Edem Kodjo
Yawovi Agboyibo
Komlan Mally
Gilbert Houngbo
Kwesi Ahoomey-Zunu
Prédécesseur Abbas Bonfoh (intérim)
Président de la République togolaise
(par intérim)
7 février 200525 février 2005
Premier ministre Koffi Sama
Prédécesseur Gnassingbé Eyadema
Fambaré Ouattara Natchaba (intérim)
Successeur Abbas Bonfoh (intérim)
Biographie
Nom de naissance Faure Essozimna Gnassingbé
Date de naissance 6 juin 1966 (48 ans)
Lieu de naissance Afagnan (Togo)
Nationalité togolaise
Parti politique Rassemblement du peuple togolais
Union pour la République
Diplômé de Université Paris-Dauphine
Résidence Lomé Togo

Faure Gnassingbé
Présidents de la République togolaise


Faure Essozimna Gnassingbé (né le 6 juin 1966 à Afagnan, Togo) est un homme politique togolais, président de la République togolaise depuis 2005. D'abord président par intérim du 7 au 25 février 2005, il est ensuite élu deux fois de suite les 4 mai 2005 et 4 mars 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts du parcours[modifier | modifier le code]

Faure Essozimna Gnassingbé est l'un des fils du président Gnassingbé Eyadéma.

Il a une licence d’économie et gestion de l’université Paris-Dauphine et un MBA de l'université George Washington[1]. Il a été député au sein du parlement togolais pour la circonscription de Blitta, sous l'étiquette du Rassemblement du peuple togolais (RPT), puis nommé ministre des Travaux publics, des Mines et des Télécommunications du gouvernement de Koffi Sama le 29 juillet 2003.

Héritage de Gnassingbé Eyadéma[modifier | modifier le code]

Sa nomination en tant que président de la République était déjà prévue, en raison du mauvais état de santé de son père. En décembre 2002, Gnassingbé Eyadema avait fait amender la Constitution du pays, avec entre autres mesures l’abaissement de l'âge nécessaire pour être président de 45 à 35 ans, âge qu'avait son fils à cette époque. Ceci aurait permis à Faure Gnassingbé de se présenter à l’élection présidentielle de 2003 au cas où Eyadéma ne pourrait se présenter[2].

Avec l'aval de Jacques Chirac et tel que permis par l’amendement constitutionnel de décembre 2002[3], Eyadéma se présente finalement à l’élection présidentielle de 2003 qu'il remporte officiellement au premier tour avec 52 % des voix. Il fit entrer Faure Gnassingbé (jusqu’alors député) au gouvernement en lui confiant le ministère des Travaux publics, des Mines et des Télécommunications. Eyadéma annonça engager de grands travaux de réhabilitations des infrastructures partout dans le pays après le rétablissement de la coopération avec l'UE (coupée depuis 1993 à la suite de la répression d'une manifestation en février 1993[4]).

À la suite du décès de son père le 5 février 2005 et d'un coup d'État constitutionnel soutenu par l'armée, Faure Gnassingbé est nommé président. Sous la pression de l'opposition, de l'Union africaine et de la communauté internationale, Faure Gnassingbé renonce d'abord à être président jusqu'au terme du mandat normal de son père et annonce une élection dans les 60 jours. Puis il renonce à la modification de la constitution votée en toute hâte au lendemain de la mort de son père pour évincer le président intérimaire Fambaré Ouattara Natchaba, président de l'Assemblée nationale, longtemps bloqué par l'armée togolaise à la frontière béninoise. Enfin, le 25 février, il renonce à son mandat de président par intérim et se porte candidat à l'élection présidentielle.

Élection présidentielle de 2005[modifier | modifier le code]

L’élection a lieu le 24 avril 2005. Le scrutin est marqué par l'irruption de militaires des forces armées togolaises (FAT) dans les bureaux de vote et le vol des urnes[5]. Faure Gnassingbé est nommé avec 60,6 % des voix.

L'opposition accuse d’irrégularités, et des affrontements entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre et des milices du Rassemblement du Peuple Togolais (parti au pouvoir) armées de coupe-coupe (machettes traditionnelles utilisées principalement dans l'agriculture en Afrique de l'Ouest) et aidés par 2 500 militaires ont lieu dans les grandes villes du pays[6]. Ils auraient entraîné 790 morts parmi les opposants selon la ligue togolaise des droits de l'homme[7] et 154 selon la commission d'enquête officielle togolaise[8]. Le rapport d'enquête de l'ONU annonce entre 400 et 500 morts[9]. Le pouvoir organisateur de l'élection dénonça les chiffres publiés par l'ONU sous prétexte que ce dernier n'aurait repris que les chiffres donnés par le chef de l'ONU au Togo, Fidele Sarassoro, ami personnel de l'ancien ministre de l'intérieur Akila Esso François Boko qui avait démissionné de son poste quelques jours avant les élections avertissant que des massacres étaient en préparation par des proches du pouvoir et qu'il ne maîtrisait pas la situation.

Le 3 mai, la Cour constitutionnelle confirme les résultats de l'élection et Faure Gnassingbé prêta serment le 4 mai. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, s'est déclarée satisfaite de l'élection présidentielle[10]. L'ancien premier ministre Agbeyomé Kodjo, pilier du régime Eyadéma, opposant à partir de 2002, a affirmé que Faure Gnassingbé avait en fait obtenu 7 %[11] des votes en 2005, au lieu des 60 % publiés par la CENI de l'époque.

Au cours de ce mandat, il n’est reçu officiellement que dans très peu de pays occidentaux[12]. Les élections législatives de 2007 lui sont favorables, bien que leur représentativité ait été mise en cause, en raison d'un découpage électoral favorable au parti au pouvoir[13] où il fallait dix mille électeurs pour élire un député dans certaines régions du nord acquis au pouvoir mais cent mille au sud (plus peuplé) acquis aux opposants.

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 2010, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Issifou Taffa Tabiou, le déclare vainqueur de l'élection présidentielle du 5 mars, le créditant de 60,9 % des suffrages[14] face à Jean-Pierre Fabre (Union des forces de changement), qui obtient 33,9 % des voix, et à l'ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo (Comité d'action pour le renouveau), crédité de 2,9 %.

La totalité des candidats, sauf Faure et Nicolas Lawson (0,29 % des voix)[15], refusent de reconnaître la supposée victoire de Faure Gnassingbé. Ces derniers estiment les chiffres publiés par la Commission électorale nationale indépendante de pures fabrications. La commission électorale avait changé le mode de transmission des résultats des bureaux de vote au bureau central de la CENI aux derniers moments sous prétexte de pannes du système VSAT implanté par le PNUD[16]. L'expert du PNUD responsable, Yoro Thiam, déniera la version racontée par la CENI quelques jours plus tard en affirmant qu'il y avait eu des attaques virales, mais qui n'ont fait que ralentir le système pour un bout de temps sans toutefois indiquer la source des attaques. L'ancien ministre de l'intérieur Akila Esso François Boko ajouta quelques jours plus tard que le clan au pouvoir aurait fait implanter une antenne pirate pour manipuler les chiffres transmis par le système VSAT. Ceci ayant échoué et Faure Gnassingbé perdant selon les résultats recueillis, la commission électorale aurait tout simplement changé de méthode de compilation des résultats. Selon François Akila Esso Boko, ancien ministre de l’intérieur de Gnassingbé Eyadéma, Faure ne peut mathématiquement pas gagner une élection au Togo malgré la division de l'opposition parce que la vraie base électorale de son parti n'est a peu près que de 10 % de l’électorat[17].

Faure Gnassingbé n'a pas fait d’apparition publique ou télévisuelle entre la date de sa réélection, et le 4 avril, date à laquelle il s’est rendu au port de Lomé, le point central du business familial. Il prêta serment le 3 mai après avoir fait boucler les artères de Lomé par des centaines de militaires[18].

Controverses[modifier | modifier le code]

Faure Gnassingbé et son frère Kpatcha ont été accusés[19] par l'ancien ministre de l'intérieur, François Akila Esso Boko, de considérer la présidence du Togo comme un héritage paternel. Cela vaut à Faure, par les Togolais, le surnom de « Bébé Gnass ».

En 2008, il s'était acheté comme voiture présidentielle une voiture de marque Maybach à 1,8 million d'euros [20], tandis qu’il essayait de renouer avec la commission européenne afin d’avoir accès à des prêts pour la réhabilitation des infrastructures du pays.

Faure Gnassingbé mit en difficulté le président ghanéen en 2005 après avoir mis enceinte la fille de ce dernier. En fait, après des enquêtes, les autorités ghanéennes avaient découvert qu'il vivait déjà avec 8 femmes différentes sans être marié et qu'il avait déjà 11 enfants[21], ce qui fera 12 comptant l'enfant attendu de Nana Ama Kufuor, la fille de John Kufuor.

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la présidence de la République togolaise
  2. Diplomatiquement, il devait pour cela obtenir le soutien du Quai d'Orsay, Eyadéma ayant promis à son ami Jacques Chirac lors de la visite de ce dernier à Lomé le 20 juillet 1999[réf. insuffisante] de prendre sa retraite politique en 2003. Sa légitimité était aussi menacée du fait des accusations (faits confirmés[réf. nécessaire] par un rapport d’enquêtes des Nations unies) par Amnesty International en mai 1999 d’exécutions de plusieurs centaines d’hommes en tenues militaires togolaises (certains toujours menottés) dont les cadavres ont été jetés en mer et retrouvés sur les côtes béninoise, ceci après la proclamation des résultats de la présidentielle de 1998 que l’opposant historique Gilchrist Olympio affirmait avoir remportée de l’extérieur.
  3. L’amendement constitutionnel éliminait la limitation du nombre de mandats présidentiels, mesure qui fut qualifiée de « coup d'état permanent » par l’opposant Kofi Yamgnane.
  4. Afrik.com - Le Togo se réconcilie avec l’Union européenne
  5. Journal télévisé de 13 h de France 2 du 24 avril 2005, voir en ligne
  6. diastode.org
  7. FIDH.org - Rapport de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) sur les violations des droits de l’Homme au Togo depuis le coup d’État du 5 février 2005
  8. Mediaf.org - Rapport Koffigoh contre l'ONU
  9. AFRIK.com - l'ONU annonce 400 - 500 morts
  10. Le Monde diplomatique - 2005 Togo
  11. Video Agbeyome, 2005 Faure a eu 7 %
  12. Faure ne viendra pas sous Chirac
  13. RFI - Le découpage électoral a favorisé le pouvoir
  14. Faure Gnassingbé réélu président du Togo, Le Figaro, 7 mars 2010
  15. Afrik.com - Nicolas Lawson critique Fabre
  16. RFI
  17. Vidéo - Éclairages de François Boko et Jean-Baptiste Placca sur l'élection de 2010
  18. Faure Gnassingbe Serment
  19. FM Liberté - François Esso Boko: Faure et Kpatcha, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
  20. Kofi fait le compte à Faure
  21. Modernghana.com - Faure Gnassingbé Bizzare
  22. Togo-Presse, « Visite officielle du chef de l'État au Bénin : Le président Faure Essozimna Gnassingbé fait Grand Croix de l’Ordre national », sur http://editogo.tg,‎ 2011 (consulté le 5 avril 2014)
  23. République togtolaise, « Faure décoré », sur http://www.republicoftogo.com,‎ 10 novembre 2010 (consulté le 5 avril 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Faure Gnassingbé. Cartes sur table », interview de François Soudan dans Jeune Afrique, no 2561, du 7 au 13 février 2010, p. 22-28

Lien externe[modifier | modifier le code]