Fatima Besnaci-Lancou

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Fatima Besnaci-Lancou

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Fatima Besnaci-Lancou en 2011.

Naissance 1954
à Novi (Algérie)
Activité principale
Distinctions
prix Seligmann
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Fille de harki ,
Nos mères, paroles blessées - Une autre histoire de harkis,
Treize chibanis harki,
Les harkis dans la colonisation et ses suites,
Les harkis - Idées reçues,
Des vies - 62 enfants de harkis racontent,
Les harkis, histoire, mémoire et transmission,
Des harkis envoyés à la mort - Le sort des prisonniers de l'Algérie indépendante (1962-1969).

Compléments

  • Ecriture de la mémoire de la population harki en France

Fatima Besnaci-Lancou née en 1954 à Novi (nom actuel : Sidi Ghiles), près de Cherchell en Algérie, est une essayiste française engagée à propos de la mémoire des harkis, en particulier ceux installés en France après l'indépendance algérienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Fatima Besnaci-Lancou, née en Algérie en 1954, est l’aînée de huit frères et sœurs. Arrivée en France à l’âge de 8 ans, le 21 novembre 1962, elle a vécu quinze ans dans les camps de harkis, d’abord à Rivesaltes, puis à Bourg-Lastic, et enfin à Mouans-Sartoux, dans un hameau de forestage.

Elle est mariée et mère de 2 enfants.

En 2012, elle obtient un master 2 auprès de l'université Paris Sorbonne-Paris IV; son mémoire porte sur le rôle du Comité international de la Croix-Rouge auprès des Harkis emprisonnés en Algérie après l'indépendance[1]. Elle prépare depuis 2013 une thèse sous la direction de Benjamin Stora à Paris 13[2].

Activités[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990-2000, elle a dirigé une maison d'édition[3].

Lorsque le 16 juin 2000, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en visite officielle en France, déclare : « les conditions ne sont pas encore venues pour des visites de harkis (…) C’est exactement comme si on demandait à un Français de la Résistance de serrer la main d’un collabo »[4], Fatima Besnaci-Lancou s’est mise à écrire Fille de harki, publié en 2003, d’abord dit-elle pour ses enfants qui devaient connaître l’histoire de leur mère[5].

Le 4 mars 2003, en s'appuyant sur le livre Fille de harki, l’historien et ancien dirigeant du FLN Mohammed Harbi publie un point de vue dans le quotidien Le Monde : « Dire enfin que la guerre est finie », afin d’expliquer que le drame algérien devait être vu dans sa complexité et non de manière manichéenne[6].

Le 10 janvier 2004, Fatima Besnaci-Lancou organise une manifestation avec, pour mot d’ordre, « la demande d’une reconnaissance de l'abandon dont les harkis ont été victimes, et de la discrimination dont ils sont encore aujourd'hui l'objet »[7]. Le soutien de la Ligue des droits de l'Homme (LDH)[7], du Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme (MRAP)[8] et de la LICRA[9] lui vaut des critiques et des menaces[réf. nécessaire] de la part de personnes[Qui ?] qui n’acceptent pas ce qu'elles considèrent comme un soutien tardif de ces organisations et y voient une tentative de récupération[réf. nécessaire].

En 2004, elle fonde avec Hadjila Kemoum l’association Harkis et droits de l’Homme, dont l’objectif est de travailler sur la mémoire de la situation des harkis. Elle ouvre la signature d'un « manifeste pour la réappropriation des mémoires confisquées » afin de rapprocher les enfants de harkis et d’autres immigrés[10], qui se dresse contre la « simplification de l’histoire » qui a classé parmi les « bons «  et les « méchants » des gens qui « par choix, hasard ou nécessité », se sont retrouvés face à face durant la guerre d’Algérie[11]. Elle poursuit ce travail de rapprochement entre les Algériens, les immigrés et les harkis, notamment par le biais de rencontres, en particulier avec l’écrivain algérienne Maïssa Bey, tout en restant très critique et exigeante vis-à-vis de la situation faite aux harkis restés en Algérie ou des conditions d’accueil faites à d’anciens harkis vivant en France et souhaitant se rendre en Algérie. Elle publie en 2004, avec Yazid Sabeg, un article dans Le Figaro : «France Algérie : les voies de la réconciliation»[12], puis signe l’appel « France-Algérie : dépassons le contentieux historique » signé par des personnalités françaises et algériennes, paru dans Le Monde daté du 1er décembre 2007[13].

En 2005, elle reçoit le prix Seligmann contre le racisme et l’antisémitisme, (fondé par Françoise Seligmann) pour son livre Fille de harki. Le 28 février 2005, elle critique des aspects de la loi du 23 février 2005[14]. En décembre 2005, elle est nommée citoyenne d’honneur de la ville de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var).

En février 2006, elle organise un colloque à l’Assemblée nationale : « Les harkis dans la colonisation et ses suites ». En septembre 2006, elle regroupe des témoignages de femmes de harkis de la première génération, arrivées en France en 1962 avec leurs maris, dans le livre Nos mères, paroles blessées ; une autre histoire de harkis. En novembre suivant, elle publie des témoignages d’anciens harkis dans l’ouvrage Treize chibanis harkis.

En août 2008, elle publie dans la collection « Idées reçues », avec Abderahmen Moumen, Les harkis. En octobre 2008, elle organise, avec l’association Harkis et droits de l’Homme, une série de manifestations culturelles et scientifiques, expositions, films, théâtre, colloque international, débats, lectures… sous le titre générique de « Français et Algériens, art, mémoires, histoire » pour mettre en commun différentes mémoires[15].

Le 29 mai 2009, elle organise, avec le concours de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI), de l'Institut national de recherche pédagogique (INRP), une journée d’études à destination des enseignants : « Enseigner l’histoire des harkis »[16].

Elle est membre du comité de parrainage de l’association «Les Marianne de la diversité»[17].

La publication en 2010 du livre Les harkis, histoire, mémoire et transmission, en collaboration avec Benoit Falaize et Gilles Manceron, est jugée par l'historienne Raphaëlle Branche comme «offrant aux lecteurs un tableau des dernières avancées historiographiques sur le sujet»[18].

En décembre 2011, elle codirige[19] le numéro 666 de la revue Les Temps Modernes, consacré aux harkis sous le titre « Harkis - 1962-2012, les mythes et les faits »[20].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Fatima Besnaci-Lancou, Fille de harki, Éditions de l’Atelier, (2003), 2005 (préface de Jean Daniel et Jean Lacouture, postface de Michel Tubiana), (ISBN 978-2-7082-3834-3)
  • Fatima Besnaci-Lancou, «Témoignage et regard d’écrivain», in Lila Ibrahim-Lamrous, Catherine Milkovitch-Rioux (dir.), Regards croisés sur la guerre d’Algérie», Presses Universitaires Blaise Pascal, collection « littératures, 2005, pp. 245–249
  • Fatima Besnaci-Lancou, Nos mères, paroles blessées - Une autre histoire de harkis, Éditions Zellige, 2006 (préface de Claude Liauzu), (ISBN 978-2-914773-07-2)
  • Fatima Besnaci-Lancou, Treize chibanis harki, éd. Tiresias, 2006 (préface de Gilles Manceron, postface d'Amar Assas), (ISBN 978-2-915293-39-5)
  • Fatima Besnaci-Lancou, Gilles Manceron (dir.), Les harkis dans la colonisation et ses suite, Éditions de l'Atelier, 2008, 224 p. (préface de Jean Lacouture), (ISBN 978-2-7082-3990-6).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Abderahmen Moumen, Les harkis, Le Cavalier Bleu, collection « idées reçues », 2008, (ISBN 978-2-84670-208-9).
  • Le rapatriement vu par une femme de harki, témoignage recueilli par Fatima Besnaci-Lancou, in C. Harrir, J.J. Jordi, A. Perroy (dir.), Les valises sur le pont – La mémoire du rapatriement maritime d’Algérie – 1962, Marines éditions, 2009.
  • Fatima Besnaci-Lancou (dir.), Des vies - 62 enfants de harkis racontent, éd. de l'Atelier, 2010 (préface de Boris Cyrulnik), (ISBN 978-2-7082-4108-4).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Benoit Falaize, Gilles Manceron (dir.), Les harkis, histoire, mémoire et transmission, Editions de l'Atelier, (préface de Philippe Joutard), 2010, (ISBN 9782708241176).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Les harkis, une histoire déformée par des récits officiels, in Association des 4ACG (anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre), Guerre d'Algérie, guerre d'indépendance : Paroles d'humanité, L'Harmattan,‎ , 480 p. (ISBN 978-2-296-99269-6).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Le chasseur de lapins, in Yahia Belaskri et Elisabeth Lesne (dir.), Algéries 50, Magellan, 2012.
  • Fatima Besnaci-Lancou, Le temps des revendications, 1973-1982, in Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Yvan Gastaud et Naïma Yahi (dir.), La France arabo-orientale - Treize siècle de présence, Paris, La Découverte, 2013.
  • Fatima Besnaci-Lancou, Des harkis envoyés à la mort. Le sort des prisonniers de l'Algérie indépendante (1962-1969), préface de Todd Shepard, Ivry-sur-Seine, éd. de l'Atelier, 2014, 224 p. (ISBN 978-2-7082-4245-6)[21].
  • Fatima Besnaci-Lancou, « Harkis : les rapports du CICR », Histoire, no 409,‎ , p. 32-33.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les harkis prisonniers de l’indépendance de l’Algérie - Le rôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), master 2 d’histoire contemporaine sous la direction du professeur Jean-Noël Luc, université Paris-Sorbonne, 2012, table des matières.
  2. Voir theses.fr, qui ne mentionne pas le titre de la recherche et donne une graphie différente de son nom : «Fatma Besnaci».
  3. Voir par exemple : Revue Actualités Odonto Stomatologiques - L'encyclopédie du praticien, éditions SID, n° 235, septembre 2006, page 221.
  4. Florence Beaugé, « Abdelaziz Bouteflika a quitté la France “les mains vides”, mais “confiant” », Le Monde, 18 juin 2000
  5. Fille de Harki, page 20.
  6. « Dire enfin que la guerre est finie » Mohammed Harbi, Le Monde, 4 mars 2003.
  7. a et b Voir « La marche des harkis du 10 janvier 2004 »
  8. Voir par exemple le soutien d'une dirigeante du MRAP.
  9. Voir un exemple de colloque organisé en commun
  10. Manifeste pour la réappropriation des mémoires confisquées
  11. Cité par Philippe Bernard, « La LDH interpelle l’État sur sa responsabilité dans le sort des harkis », Le Monde, 24 septembre 2004.
  12. France-Algérie : les voies de la réconciliation
  13. France –Algérie : dépassons le contentieux historique, Le Monde, 1er décembre 2007 ( voir la liste des signataires).
  14. Communiqué de presse du 28 février 2005 dans un texte repris dans Claude Liauzu et Gilles Manceron (dir.), La colonisation, la loi et l’histoire, Paris, Éditions Syllepse, 2006, 183 p.]
  15. Les journées d’octobre 2008 : « Français et Algériens : art, mémoires et histoire ».
  16. Programme de la journée d’études du 29 mai 2009.
  17. Voir la liste des membres du comité de parrainage de l'association.
  18. Raphaëlle Branche, Bilan historiographique de la guerre d'Algérie, des années 2000 à aujourd'hui, Etudes de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM), 2011, p. 3 : «L'association “Harkis et droits de l'Homme”, présidée par une fille de harki, organise régulièrement des rencontres avec des scientifiques, dont elle publie les actes. Son dernier livre articule explicitement histoire, mémoire et transmission et offre aux lecteurs un tableau des dernières avancées historiographiques sur le sujet en abordant les points essentiels : l'engagement des harkis ; les tactiques et stratégies françaises dans le recours à ce type de force ; la question de leur abandon enfin».
  19. Claude Lanzmann, Les parias de la guerre d'Algérie in Ouvrage collectif, Harkis 1962-2012. Les mythes et les faits, Revue Les Temps Modernes, novembre - décembre 2011, n° 666, page 5 (ISBN 978-2-0701-3646-9).
  20. http://www.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2011-5.htm
  21. Voir critique dans Geoffroy Caillet, « Chroniques algériennes », Le Figaro - Histoire, no 17,‎ décembre 2014 - janvier , p. 102.