Farès Chidiac

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Faris Chidyaq

Description de l'image  Ahmad_Faris_Shidyaq.png.
Nom de naissance Faris Chidyaq
Naissance 1804
Achkout, Liban
Décès 20 septembre 1887 (à 83 ans)
Kadikoy, Turquie
Nationalité Flag of Lebanon.svg Libanaise
Profession Écrivain, journaliste, linguiste

Faris Chidyaq (Ahmad Faris al-Chidyaq, Ahmad Faris Shidyaq, Faris Chidiac) est un écrivain, linguiste, journaliste et traducteur libanais né en 1804 et mort en 1887. Maronite de naissance, il se convertit au protestantisme puis à l'islam et prit le nom d'Ahmad.

Il est considéré comme l'un des pères fondateurs de la littérature arabe moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le mystère enveloppe la vie d'Ahmad Faris Chidyaq. Parmi les nombreuses références autobiographiques trouvées dans ses écrits, nous ne pouvons pas facilement différencier la romancisation de la réalité.

Premières années[modifier | modifier le code]

Ahmad Faris Chidyaq est né en 1804 à Achkout (arabe : عشقوت), un village du District Kesrouan dans le Mont-Liban. Son prénom de naissance était Faris. Son père était Youssef et sa mère, Marie, appartenait à la famille Massaad, d'Achkout.

Sa famille, Chidyaq, était une famille de notables, remontant au muqaddam maronite Raad Bin Khatir (arabe : رعد بن خاطر الحصروني) de Hasroun. Les membres de sa famille recevaient une bonne instruction et étaient employés comme secrétaires par les gouverneurs du mont Liban.

En 1805, la famille a été obligée de quitter Achkout après un conflit avec un gouverneur local qui coûta la vie à Butrus, le grand-père de Faris. La famille s'installa à Hadath, dans la banlieue de Beyrouth au service d'un prince Chehabi.

Faris rejoignit ses frères, Tannous (1791–1861) et Assaad (1797–1830) et son cousin Boulos Massaad (1806–1890), à Ayn Warqa, l’une des écoles maronites les plus prestigieuses du XIXe siècle. De nouveau, un conflit opposant la famille Chidyaq au Prince Bachir Chehab II obligea Youssef, le père, à prendre refuge à Damas où il mourut en 1820. Faris quitta l'école et continua ses études aidé par ses frères Assaad et Tannous. Il rejoignit son frère Tannous, comme copiste au service du Prince Haydar Chehab, son frère Assaad étant le secrétaire du Cheik Ali Al-Emad de Kfarnabrakh, dans le District du Chouf.

Ce qui devait déterminer la carrière et la vie de Faris fut le destin tragique de son frère Assaad.

Carrière[modifier | modifier le code]

Autour de 1820, la rencontre d'Assaad Shidyaq avec Jonas King, un missionnaire du Conseil Américain de Commissionnaires pour les Missions Étrangères, devait le mener à se convertir au Protestantisme. Il fut excommunié automatiquement en vertu de l'édit promulgué par le Patriarche Maronite Youssef Hobeiche (1823–1845) contre toute relation avec les missionnaires évangéliques. Assaad fut retenu dans le Monastère de Qannoubine dans la vallée Qadisha où il est mort en 1830.

Tourmenté par les épreuves d'Assaad, Faris partit en Égypte dès 1825. La mort de son frère influencera en permanence ses choix et sa carrière. Il n'a jamais pardonné à son frère Tannous et son cousin Boulos Massaad (qui est devenu plus tard Patriarche Maronite (1854–1890)) leur rôle dans les événements tragiques qui ont causé la mort d'Assaad. En 1826, il se maria avec Marie As-Souly, fille d'une riche famille égyptienne chrétienne, originaire de Syrie. Ils ont eu deux fils : Faris (1826–1906) et Fayiz (1828–1856).

À partir de 1825 à 1848, Faris vivait entre Le Caire et l'île de Malte. Il travaillait comme rédacteur en chef d'un journal égyptien, Al Waqa'eh Al Masriah et à Malte, comme directeur de l’imprimerie des missionnaires américains. Il a aussi étudié Fiqh à l' Université al-Azhar au Caire. On pense que c'était pendant cette période que Faris se convertit au Protestantisme. C'était une période de solitude et d'étude qui a été interrompue en 1848 quand il a été invité à Cambridge par l'Orientaliste Samuel Lee (1783–1852) pour participer à la traduction de la Bible en arabe.

Cette traduction arabe de la Bible a été publiée en 1857, après la mort de Samuel Lee. Elle est toujours considérée l’une des meilleures traductions arabes de la Bible.

Faris resta en Angleterre pendant presque 7 ans. Il s’installa d'abord à Purley et déménagea ensuite à Cambridge. À la fin de son séjour anglais, il partit à Oxford où il est devenu citoyen britannique et essaya en vain d’obtenir un poste d'enseignement. Déçu par l'Angleterre et ses universitaires, il partit pour Paris en 1855.

Faris resta à Paris jusqu'en 1857. C'était l’une de ses périodes les plus prolifiques en termes de réflexion, d'écriture, mais aussi de vie sociale intense. C'est à Paris qu'il a écrit et publié ses œuvres les plus importantes. C'est aussi à Paris qu'il connut le Socialisme et où il est devenu Socialiste.

En admirateur de Shakespeare, Faris a soutenu qu'Othello suggère une connaissance détaillée de la culture arabe. Faris a même suggéré que Shakespeare peut avoir eu des origines arabes, son nom original étant "Shaykh Zubayr". Cette théorie a été plus tard développée en tout sérieux par Safa Khulusi.

Sa femme est morte en 1857. Il se remaria avec une anglaise. Le couple partit en Tunisie, sur invitation du Bey de Tunis. Faris fut nommé rédacteur en chef du journal Al Ra'ed et superviseur du Conseil de L'Éducation. C’est pendant son séjour en Tunisie qu'il se convertit à l'Islam en 1860 et prit le nom d’Ahmad. Il quitta bientôt Tunis pour Istanbul, étant invité par le Sultan Ottoman Abdülmecit Ier.

Ahmad Faris a passé la dernière partie de sa vie à Istanbul où, en plus de sa position comme traducteur officiel, il a amplifié ses talents de journaliste fondant en 1861 un journal arabe Al Jawa'eb, soutenu financièrement par les Ottomanes, aussi bien que par les autorités égyptiennes et tunisiennes. Il l’a modelé sur les journaux Occidentaux modernes et continua à apparaître jusqu'à 1884. Ahmad Faris était un défenseur de l'héritage de la langue et de la culture arabes contre les essais de Turkization des réformateurs turcs du 19e siècle. Ahmad Faris est considéré comme l’un des pères fondateurs de la littérature et du journalisme arabes modernes.

Mort[modifier | modifier le code]

Ahmad Chidyaq est mort le 20 septembre 1887 à Kadikoy en Turquie et fut enterré au Liban le 5 octobre 1887. Beaucoup de ses travaux restent non publiés et quelques manuscrits sont sans doute perdus.

Pensée[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, une redécouverte d’Ahmad Faris Shidyaq semble survenir. Plusieurs livres ont été dédiés à sa vie, sa pensée et ses travaux non publiés. Son œuvre a été dédiée à :

  • la modernisation de la langue arabe,
  • la promotion de la culture arabe en opposition avec le mouvement de turkization de l'Empire d'Ottomane du 19e siècle,
  • et la modernisation des sociétés arabes.


Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]