Fantine

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Fantine et Cosette peintes par Margaret Bernardine Hall
Huile sur toile (1886)
Fantine implorant la pitié de Javert
Illustration par Gustave Brion

Fantine (1796-février 1823) est l'un des personnages des Misérables de Victor Hugo. Le tome I de l'œuvre qui en compte cinq lui est consacré.

Biographie du personnage[modifier | modifier le code]

Fantine est née à Montreuil-sur-Mer, mais on ne connaît rien de ses parents ni de son enfance et elle n'a d'ailleurs pas de patronyme, anomalie due au fait d'être née en 1796 sous l'époque troublée du Directoire. Quand elle a 10 ans, elle rentre dans une ferme pour travailler. Elle s'en va chercher fortune à Paris en 1811 et rencontre Tholomyès, un petit bourgeois fêtard, de 9 ans son aîné, encore étudiant à 30 ans. Elle en tombe profondément amoureuse sans discerner qu'elle n'est pour lui qu'une aventure. C'est ainsi qu'il l'abandonne un beau jour d'août 1817 à la suite d'un pari stupide avec ses copains en goguette alors que Fantine élève une enfant qu'elle a eue de lui à la fin de l'année 1815, une fillette nommée Euphrasie, mais qu'elle surnomme Cosette. Fantine reste très désemparée par cet abandon et sa fille devient le centre de son univers. En mai 1818, elle décide de refaire sa vie en retournant dans sa ville natale. Mais, avant d'arriver à Montreuil, elle doit rapidement trouver une pension pour Cosette afin d'obtenir un emploi, car, à cette époque, une mère célibataire était rejetée par la société. Un couple d'aubergistes de Montfermeil, les Thénardier, accepte de garder Cosette moyennant un versement mensuel de 7 francs et, séparée de sa fille, Fantine arrive la mort dans l'âme à Montreuil. Elle est immédiatement embauchée comme ouvrière à la fabrique de verroterie créée l'année précédente par Monsieur Madeleine.

Les Thénardier s'avèrent être des individus peu recommandables et ils vont utiliser les moyens les plus sordides pour soutirer toujours plus d'argent à Fantine. Dès la fin de l'année 1818, ils exigent qu'elle leur verse 12 francs par mois. Ils exercent un chantage permanent pour augmenter le prix de la pension : mettre Cosette à la rue pour différents prétextes, comme celui de devoir fréquemment débourser des sommes importantes à cause des maladies de la fillette, censées nécessiter des soins et des médicaments coûteux. Dans la réalité, ils ont fait de Cosette leur servante et la brutalisent. Fantine en arrive à ne vivre que pour subvenir aux besoins de sa fille et, lorsqu'elle est renvoyée de la fabrique au début de l'année 1821 à cause de commères qui ont découvert qu'elle était mère célibataire, elle doit vendre tout ce qu'elle possède, jusqu'à ses dents et ses cheveux. En 1822, à bout de ressources, elle n'a que l'alternative de se faire fille publique pour envoyer les sommes exorbitantes réclamées par les Thénardier.

En janvier 1823, à la suite d'un incident dont elle n'est pas responsable, l'intransigeant inspecteur de police Javert l'arrête et veut l'incarcérer. Monsieur Madeleine (alias Jean Valjean), devenu maire de Montreuil, s'oppose à son emprisonnement et la prend sous sa protection, car elle est gravement malade. Il la fait hospitaliser dans son infirmerie et la confie aux bons soins des religieuses de l'établissement. Monsieur Madeleine lui promet de lui ramener Cosette, mais, en février 1823, il dévoile sa véritable identité à la justice pour innocenter un indigent accusé d'être Jean Valjean. Javert vient l'arrêter alors qu'il se trouve auprès de Fantine alitée et elle meurt de saisissement sans avoir revu sa fille. Devant le lit où Fantine expire en février 1823, Jean Valjean fait la promesse à la morte de s'occuper de Cosette.

Chanson de Fantine[modifier | modifier le code]

La chanson de Fantine apparaît dans le Tome I. Fantine – Livre VII. L'affaire Champmathieu – Chapitre 6. La sœur Simplice mise à l'épreuve.

Nous achèterons de bien belles choses avec notre argent
En nous promenant le long des faubourgs.
Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

La vierge Marie auprès de mon poêle
Est venue hier en manteau brodé,
Et m'a dit : — Voici, caché sous mon voile,
Le petit qu'un jour tu m'as demandé.
— Courrez à la ville, ayez de la toile,
Achetez du fil, achetez un dé.

Nous achèterons de bien belles choses
En nous promenant le long des faubourgs.

Bonne Sainte Vierge, auprès de mon poêle
J'ai mis un berceau de rubans orné.
Dieu me donnerait sa plus belle étoile,
J'aime mieux l'enfant que tu m'as donné.
— Madame, que faire avec cette toile ?
— Faites un trousseau pour son nouveau-né.

Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

— Lavez cette toile. — Où ? — Dans la rivière.
Faites-en, sans rien gâter ni salir,
Une belle jupe avec sa brassière
Que je veux broder et de fleurs emplir.
— L'enfant n'est plus là, madame, qu'en faire ?
— Faites-en un drap pour m'ensevelir.

Nous achèterons de bien belles choses
En nous promenant le long des faubourgs.
Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Fantine a été notamment incarnée au cinéma et à la télévision par :

Sur scène[modifier | modifier le code]

Fantine a été incarnée sur scène dans la comédie musicale Les Misérables par :