Fantine

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Fantine
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Misérables.

Fantine avec sa fille Cosette peintes par Margaret Bernadine Hall (en) (huile sur toile, 1886)
Fantine avec sa fille Cosette peintes par Margaret Bernadine Hall (en) (huile sur toile, 1886)

Naissance 1796 à Montreuil-sur-Mer
Origine France
Décès Février 1823 à Montreuil
Sexe Féminin
Espèce Humain
Cheveux Blonds
Yeux Bleus
Activité(s) Fille de ferme
Ouvrière
Prostituée
Caractéristique(s) Pas de patronyme (conséquence d'être née sous le Directoire)
Adresse Montreuil-sur-Mer puis Paris puis retour à Montreuil
Famille Née de parents inconnus
Tholomyès, son concubin, père biologique de sa fille Cosette
Entourage Cosette, sa fille
Jean Valjean, son protecteur
Ennemi(s) Les Thénardier
Javert

Créé par Victor Hugo
Roman(s) Les Misérables
Fantine implorant la pitié de Javert
Illustration par Gustave Brion

Fantine (1796-février 1823) est l'un des personnages des Misérables de Victor Hugo. Le tome I de l'œuvre qui en compte cinq lui est consacré.

Biographie du personnage[modifier | modifier le code]

Fantine est née à Montreuil-sur-Mer, mais on ne connaît rien de ses parents ni de son enfance et elle n'a d'ailleurs pas de patronyme, anomalie due au fait d'être née en 1796 sous l'époque troublée du Directoire. À 10 ans, elle va travailler dans une ferme des environs de Montreuil.

En 1811, elle s'en va chercher fortune à Paris. Victor Hugo dresse alors son portrait : « Fantine, c'était la joie. Ses dents splendides avaient évidemment reçu de Dieu une fonction, le rire. […] Ses épais cheveux blonds, enclins à flotter et facilement dénoués et qu'il fallait rattacher sans cesse, semblaient faits pour la fuite de Galatée sous les saules. […] Éclatante de face, délicate de profil, les yeux d'un bleu profond, les paupières grasses, les pieds cambrés et petits, les poignets et les chevilles admirablement emboîtés, la peau blanche laissant voir çà et là les arborescences azurées des veines, la joue puérile et fraîche, le cou robuste des Junons éginétiques[1], la nuque forte et souple, les épaules modelées comme par Coustou[2]. […] Sculpturale et exquise. […] Fantine était belle, sans trop le savoir »[3]. Fantine, petite ouvrière, « avait de la race », mais pour son malheur ne saura rien refuser à Tholomyès, son aîné de 9 ans, dont elle devient profondément amoureuse sans discerner qu'elle n'est pour lui qu'une aventure. Victor Hugo donne de Tholomyès une image peu flatteuse : « L'antique étudiant vieux ; il était riche. […] Tholomyès était un viveur de trente ans, mal conservé. Il était ridé et édenté ; et il ébauchait une calvitie. […] Il digérait médiocrement, et il lui était venu un larmoiement à un œil. […] Il était délabré, mais tout en fleurs »[3]. C'est ainsi que Tholomyès abandonne Fantine un beau jour d'août 1817 à la suite d'un pari stupide avec ses copains en goguette alors qu'elle élève une enfant qu'elle a eue de lui à la fin de l'année 1815, une fillette nommée Euphrasie, mais qu'elle surnomme Cosette. Fantine reste très désemparée par cet abandon et sa fille devient le centre de son univers.

En mai 1818, elle décide de refaire sa vie en retournant dans sa ville natale. Mais, avant d'arriver à Montreuil, elle doit rapidement trouver une pension pour Cosette afin d'obtenir un emploi, car, à cette époque, une mère célibataire était rejetée par la société. Un couple d'aubergistes de Montfermeil, les Thénardier, accepte de garder Cosette moyennant un versement mensuel de 7 francs et, séparée de sa fille, Fantine arrive la mort dans l'âme à Montreuil. Elle est immédiatement embauchée comme ouvrière à la fabrique de verroterie créée l'année précédente par Monsieur Madeleine.

Les Thénardier s'avèrent être des individus peu recommandables et ils vont utiliser les moyens les plus sordides pour soutirer toujours plus d'argent à Fantine. Dès la fin de l'année 1818, ils exigent qu'elle leur verse 12 francs par mois. Ils exercent un chantage permanent pour augmenter le prix de la pension : mettre Cosette à la rue pour différents prétextes, comme celui de devoir fréquemment débourser des sommes importantes à cause des maladies de la fillette, censées nécessiter des soins et des médicaments coûteux. Dans la réalité, ils ont fait de Cosette leur servante et la brutalisent. Fantine en arrive à ne vivre que pour subvenir aux besoins de sa fille et, lorsqu'elle est renvoyée de la fabrique au début de l'année 1821 à cause de commères qui ont découvert qu'elle était mère célibataire, elle doit vendre tout ce qu'elle possède, jusqu'à ses dents et ses cheveux. En 1822, à bout de ressources, elle n'a que l'alternative de se faire fille publique pour envoyer les sommes exorbitantes réclamées par les Thénardier.

En janvier 1823, à la suite d'un incident dont elle n'est pas responsable, l'intransigeant inspecteur de police Javert l'arrête et veut l'incarcérer. Monsieur Madeleine (alias Jean Valjean), devenu maire de Montreuil, s'oppose à son emprisonnement et la prend sous sa protection, car elle est gravement malade. Il la fait hospitaliser dans son infirmerie et la confie aux bons soins des religieuses de l'établissement. Monsieur Madeleine lui promet de lui ramener Cosette, mais, en février 1823, il dévoile sa véritable identité à la justice pour innocenter un indigent accusé d'être Jean Valjean. Javert vient l'arrêter alors qu'il se trouve auprès de Fantine alitée et elle meurt de saisissement sans avoir revu sa fille. Devant le lit où Fantine expire en février 1823, Jean Valjean fait la promesse à la morte de s'occuper de Cosette[4].

Chanson de Fantine[modifier | modifier le code]

La chanson de Fantine apparaît dans le Tome I. Fantine – Livre VII. L'affaire Champmathieu – Chapitre 6. La sœur Simplice mise à l'épreuve.

Nous achèterons de bien belles choses
En nous promenant le long des faubourgs.
Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

La vierge Marie auprès de mon poêle
Est venue hier en manteau brodé,
Et m'a dit : — Voici, caché sous mon voile,
Le petit qu'un jour tu m'as demandé.
— Courrez à la ville, ayez de la toile,
Achetez du fil, achetez un dé.

Nous achèterons de bien belles choses
En nous promenant le long des faubourgs.

Bonne Sainte Vierge, auprès de mon poêle
J'ai mis un berceau de rubans orné.
Dieu me donnerait sa plus belle étoile,
J'aime mieux l'enfant que tu m'as donné.
— Madame, que faire avec cette toile ?
— Faites un trousseau pour son nouveau-né.

Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

— Lavez cette toile. — Où ? — Dans la rivière.
Faites-en, sans rien gâter ni salir,
Une belle jupe avec sa brassière
Que je veux broder et de fleurs emplir.
— L'enfant n'est plus là, madame, qu'en faire ?
— Faites-en un drap pour m'ensevelir.

Nous achèterons de bien belles choses
En nous promenant le long des faubourgs.
Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,
Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Fantine a été notamment incarnée au cinéma et à la télévision par :

Sur scène[modifier | modifier le code]

Fantine a été incarnée sur scène dans la comédie musicale Les Misérables par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Se dit des monuments et sculptures antiques de l'île d'Égine. Source : Dictionnaire encyclopédique Quillet, Paris, Librairie Aristide Quillet,‎ 1962 (notice BnF no FRBNF33146540).
  2. Aucune indication de Victor Hugo ne permet d'identifier à quel sculpteur de la famille Coustou il se réfère.
  3. a et b Tome I. Fantine – Livre III. En l'année 1817 – Chapitre 3. Quatre à quatre.
  4. « Que pouvait dire cet homme qui était réprouvé, à cette femme qui était morte ? ». Citation extraite du Tome I. Fantine – Livre VIII. Contre-coup – Chapitre 4. L'autorité reprend ses droits.