Fanorona

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position des pièces au départ

Le Fanorona (prononcez Fanourne en malgache) est un jeu de société combinatoire abstrait indigène à Madagascar.

Règle du jeu[modifier | modifier le code]

Les règles se sont transmises par tradition mais on les trouve facilement dans des ouvrages spécialisés ou sur des sites Internet de référence sur les jeux[1],[2].

1 : prise par percussion. 2 : aspiration. 3 : Bleu doit effectuer un choix entre les 2 prises.

On y joue avec un tableau (lakapanorona, prononcez lakpanourne) de 5 rangs et 9 colonnes et des pierres (vato, prononcez vat ) de 2 couleurs (22 de chaque) avec un trou central. Le but du jeu est de capturer toutes les pierres adverses. On capture une pierre ennemie en s'en approchant (percussion : situation 1 ; voir schéma) ou en s'en éloignant (aspiration : situation 2). Il faut donc prévoir une case libre devant ou derrière la pierre que l'on veut faire avancer. Le joueur capture alors toutes les pierres adverses situées sur l'axe sur lequel il a fait avancer ou reculer sa pierre. Une fois les pierres ennemies capturées, le joueur ayant le trait peut capturer d'autres séries de pierres au même tour si d'autres possibilités de capture se présentent à lui, à condition que ses captures se fassent :

- dans un sens différent à celui joué précédemment

- par un point par lequel le joueur n'est pas passé ce tour ci

Une fois ses captures effectuées, le joueur laisse le trait à son adversaire. Contrairement aux dames, les joueurs ne sont pas obligés de capturer si l'occasion se présente, et peuvent très bien jouer un coup stratégique sans capture directe. Cas particulier : il arrive que le joueur ait pour un même mouvement plusieurs pierres adverses capturables, celles en avant et celles en arrière (situation 3). Il doit alors choisir entre les deux séries (on prend généralement la série la plus nombreuse). Et pour finir, chaque joueur est obligé de jouer, même si le tour suivant le mène forcément à un coup perdant.

Grâce à une prise multiple, les bleus obtiennent la victoire.

Le jeu stratégique[modifier | modifier le code]

Le jeu se divise en deux phases stratégiques : le début de partie, où les joueurs peuvent à chaque tour capturer des pions adverses. Et la fin de partie qui arrive quand les captures immédiates ne sont plus possibles.

Le début de partie

Le fanorona présente un niveau de difficulté et de profondeur sensiblement égal aux Dames. Mais contrairement aux Dames, les possibilités d'ouverture au premier tour sont limitées : deux en diagonale, une verticale, et une horizontale. D'expérience, les ouvertures diagonales mèneront vers un jeu plus serré où il sera plus difficile "d'éclaircir" le plateau. Au contraire, l'ouverture verticale, en affaiblissant la deuxième ligne du joueur ayant entamé l'ouverture, permettra d'arriver très vite à la fin de partie. Enfin, l'ouverture horizontale (le joueur a alors deux pierres au choix à éliminer) emmènera plutôt vers des prises verticales grâce à l'ouverture des lignes centrales. En première phase de jeu, le joueur devra faire très attention à ses prises. En effet, les prises multiples qui vident le plateau créent de nouveaux espaces de prises pour l'adversaire. Le bon joueur devra parfois se contenter de prises modestes, mais stratégiquement intéressantes : par exemple, en se nichant sur une intersection bloquant les mouvement de l'adversaire. Le joueur peut aussi mettre ses pions à l'abri en les plaçant au cœur des losanges (4 possibilités de mouvement) plutôt que des croix (8 possibilités de mouvement).

En avançant sur cette intersection, le pion bleu bloque et menace de prendre les derniers pions rouges. Déplacer le pion arrière est la seule parade pour les rouges, qui ne perdent alors que le pion avant.

La fin de partie

La fin de partie arrive au moment ou un joueur ne peut plus exercer une prise directe sur le plateau. Il doit alors avancer ses pions de façon à pouvoir prendre ceux de l'adversaire. C'est la phase stratégique la plus importante, et évidemment la plus déterminante. Son succès dépend de deux éléments :

- Le nombre de pions de chaque joueur restant sur le plateau.

- Leur disposition sur le plateau : au centre ou sur les bords.

En fin de partie, c'est un jeu de vitesse qui se joue : chaque joueur doit avancer ses pions vers le centre du plateau pour être en sécurité. On remarque aisément qu'en cas d'approche, le joueur au centre a plus de possibilités de fuite ou de prise que le joueur acculé au bord, ou pire, dans le coin. Il va falloir dans cette phase piéger les pions adverses en les poussant irrémédiablement vers les bords où ils seront innofensifs, car ne pouvant plus effectuer de prise. Dans des positions délicates, on peut aussi sacrifier ses pions pour acculer son adversaire vers le bord (par prise arrière). Il arrive néanmoins que les deux adversaires se trouvent au centre, dans des positions symétriques où aucune possibilité de victoire n'apparait ni pour l'un ni pour l'autre. Il reste en général toujours une possibilité de victoire en jouant finement, mais les débutants préfèreront déclarer match nul.

Le fanorona dans la vie quotidienne[modifier | modifier le code]

A Madagascar, ce jeu est de loin le plus populaire et on y joue dans toutes les régions. La plupart des joueurs n'utilisent pas de tableau à proprement parler mais tracent au sol des lignes à l'aide d'une pierre marquante (craie par exemple) puis utilisent en guise de pions des pierres de deux couleurs différentes ramassées aux alentours. Cela permet de pratiquer le jeu en tout lieu : en brousse, en pleine rue ou dans les stations de taxi-brousse.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La règle du jeu complète sur le site du Club de jeux de la Rochelle :
  2. Règle en vidéo sur Yahndrev