Fanny de Beauharnais

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Fanny de Beauharnais, née Marie-Anne-Françoise Mouchard de Chaban, le 4 octobre 1737 à Paris et morte le 2 juillet 1813, est une femme de lettres française.

Fille d’un écuyer et receveur général des finances en Champagne, elle épousa fort jeune le comte Claude de Beauharnais, frère de François de Beauharnais. Elle fut la marraine d’Hortense de Beauharnais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle fit des vers presque dès son enfance et ne cessa de cultiver les lettres. Séparée de son mari, elle se consacra à la littérature qu’elle cultiva avec passion et admit dans sa familiarité plusieurs gens de lettres, entre autres Nicolas Edme Restif de La Bretonne, qu'elle aida dans son infortune, Claude Joseph Dorat et Michel de Cubières-Palmézeaux, qui furent successivement ses amants.

Elle fut membre de l’Académie de Lyon et de l’Académie des Arcades.

Elle eut trois enfants légitimes dont, Claude de Beauharnais, et des enfants illégitimes dont une fille qu’elle fut obligée de reconnaître sous le Directoire[1].

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution, elle prit l'un des plus beaux appartements de l'Hôtel d'Entragues à Paris rue de Tournon à Paris, qu'elle loua au propriétaire des lieux[2]. La Révolution contraignit Fanny à partir en Italie. De retour à Paris, elle habita de nouveau rue de Tournon, mais cette fois ci au no 6 où elle décida de tenir son salon. Outre le chevalier de Cubières, qui partagea sa vie jusqu’à son décès sous l’Empire, Fanny de Beauharnais s’entoura de Restif de La Bretonne, de Louis-Sébastien Mercier, de Laus de Boissy, d’Olympe de Gouges et de plusieurs auteurs dramatiques qui avaient à se plaindre de la Comédie-Française. L’ambassadeur américain Jefferson s’y rendit mais ne goûta pas l’ambiance des lieux. Les hôtes les plus célèbres de Fanny de Beauharnais, outre ceux mentionnés ci-dessus, furent Bitaubé, Soulavie, d’Arnaud, Beffroy de Reigny, Bailly, Dussaulx, Lévesque, Robin, La Salle, Gudin, Cournaud, Brizard, MM. de Sainte-Aldegonde, de Breghini, de Gardanne, de Vigneul, de Rochefort. C’est chez elle que Talma donna une lecture privée, en 1788, de la pièce Charles IX de Marie-Joseph Chénier dont la création tumultueuse, l’année suivante, fut un événement politique.

Pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

Arrêtée en novembre 1789, elle quitta Paris pour Lyon jusqu'en août 1790[3]. Avant son retour, elle assista, le 24 août 1790, à une séance de l'Académie de Lyon, dont elle avait été élue membre associée en 1782[4]. Son salon fut fréquenté par des représentants des trois premières législatures. Elle fréquentait le Lycée au Palais-Royal où fut lue en juillet 1792, l’Épitre que Cubières composa en hommage à Marie-Olympe de Gouges, ce qui indique que les deux femmes se voyaient.

La ci-devant comtesse Fanny de Beauharnais, qui n’émigra pas, recevait encore quelques amis après la mort de Louis XVI. Elle fut inquiétée après la chute des Hébertistes, dont Michel de Cubières était proche. En 1793, il avait écrit un poème à la louange de Jean-Paul Marat, et Louis-François de Ferrières-Sauvebeuf dit qu’il fut le cher ami du père Duchesne. Charles Monselet, qui n’a rien compris aux stratégies tortueuses du mouvement des Exagérés, a fait de Cubières le personnage épouvantable qu’il n’a probablement pas été. Dans le même veine, Desnoireterres et quelques autres « littéraires » lui ont emboîté le pas. Il est probable que, s’il avait été un assassin, Fanny de Beauharnais, grande dame des Lumières, ne l’aurait plus revu après la Terreur, ce qui n’a pas été le cas.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mélanges de poésies fugitives et de prose sans conséquence, Paris, 1772.
  • Lettres de Stéphanie, roman historique, 1778.
  • L’Abailard supposé, roman, 1780.
  • La Fausse Confidence, comédie en cinq actes en prose (1787) Cette pièce n’eut pas de succès.
  • l’Île de la Félicité, poème philosophique (1801, in-8°)
  • le Voyage de Zizi et d’Azor, poème en cinq livres (1811, in-8°)

En 1790, elle brigue sa réception à l’Académie de Lyon. Ses détracteurs attribuaient ses ouvrages à ses amis, entre autres à Dorat(*références demandées ). L’auteur des souvenirs apocryphes - un travesti vivant rue de Castiglione sous la Restauration - de la marquise de Créquy, juge que Lebrun-Pindare lui avait appliqué très impudemment et fort injustement une ancienne épigramme de Pavillon sur Charlotte-Rose de Caumont La Force :

« Eglé, belle et poète, a deux petits travers : Elle fait son visage et ne fait pas de vers. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Douarche.
  2. Le Sieur Michel Neveu et son épouse la Demoiselle Geneviève Rousseau par acte passé devant notaire. Il s'agissait de l'appartement du premier étage entre cour et jardin situé au-dessus de celui que Michel Neveu architecte et constructeur de l'immeuble avait choisi d'occuper avec sa famille. En 1820, Madeleine de Masseron acquerra aux criées du Tribunal ce bel immeuble. Son mari, Frédéric d'Houdetot, était le petit-fils de Sophie de la Live de Bellegarde, comtesse d'Houdetot, notamment célèbre à la fin du XVIIIe siècle pour les salons qu'elle a tenus à Paris ou à Sannois.
  3. Nicolas-Edme Rétif de La Bretonne et Pierre Testud (éd.), Monsieur Nicolas, vol. 2, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »,‎ 1989, p. 1328-1331, note 9.
  4. L. de La Saussaye, « Notice biographique sur le comte de Lezay-Marnésia », Revue Du Lyonnais, t. XVI,‎ 1858, p. 277 (lire en ligne).

Bail du 6 juillet 1785 passé pardevant Me Trutat, notaire à Paris, entre Dame Marie Anne Françoise Mouchard, comtesse de Beauharnais, veuve de Claude Comte de Beauharnais, chef d'escadre, demeurant à Paris, couvent de la Visitation rue du Bacq (sic) et Michel Neveu ainsi que son épouse Geneviève Rousseau (AN/ET/LVIII/543)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Desnoiresterres, Le Chevalier Dorat et les poètes légers au XVIIe siècle, Paris, Perrin, 1887.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 217.
  • A. J. Duvergier, Mémorial historique de la noblesse, 1839, [lire en ligne], p. 298