Fanny Salvini-Donatelli

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Fanny Salvini-Donatelli

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Portrait de Fanny Salvini-Donatelli, archives du Teatro La Fenice.

Nom de naissance Francesca Lucchi
Naissance 1815
Florence
Décès juin 1891
Milan
Activité principale Chanteuse d'opéra
Soprano
Conjoint Giuseppe Salvini
Famille Tommaso Salvini (en)

Répertoire

Violetta dans l'opéra La traviata de Verdi

Fanny Salvini-Donatelli (vers 18151891) est une soprano italienne. Elle est connue pour avoir créé le rôle de Violetta dans l'opéra La traviata de Verdi mais elle était à son époque aussi admirée pour son interprétation d'autres rôles de Verdi et de Donizetti[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fanny Salvini-Donatelli, dont le vrai nom est Francesca Lucchi[2], nait à Florence dans une famille prospère. Des problèmes financiers arrivent après la mort de son père et la conduisent à la carrière d'actrice[3]. Au début des années 1830 elle devient la seconde femme de l’acteur Giuseppe Salvini (et la belle-mère de l’acteur plus connu Tommaso Salvini (en))[4]. Cependant son mariage n'est pas heureux, ainsi que sa relation avec les enfants de son mari. Suite à l'abandon de la famille par Fanny en 1842, Giuseppe Salvini obtient un divorce pour infidélité[5], il meurt deux ans plus tard. Alors qu'elle est mariée à Salvini elle étudie le chant et fait ses débuts en 1839 au Teatro Apollo à Venise dans le rôle de Rosina dans Il barbiere di Siviglia de Rossini.

Le Theater am Kärntnertor où Salvini-Donatelli fait ses débuts à Vienne en 1843 dans le rôle d'Abigaille dans Nabucco de Verdi.

Salvini-Donatelli poursuit une grande carrière en Italie en chantant d'abord à La Fenice et au Teatro Regio di Parma où en 1850 un sonnet en son honneur, écrit par l'épigrammiste de la ville Artaserse Folli, est distribué au public[6]. Elle chante également à La Scala, au Teatro Regio di Torino, au Teatro Comunale di Bologna, au Teatro Grande di Trieste et dans d'autres théâtres italiens. En dehors de l'Italie, elle chante à Paris, Barcelone, Vienne (où elle fait ses débuts en 1843 avec Abigaille dans Nabucco dirigé par Verdi lui-même)[2], et Londres (où elle fait ses débuts en 1858 au Theatre Royal, Drury Lane avec Leonora dans Il trovatore)[7].

Bien qu'elle soit avant tout connue pour avoir créé le rôle de Violetta dans La traviata, elle a créé quatre autres rôles dans des opéras maintenant oubliés[8] :

  • Editta dans Allan Cameron de Giovanni Pacini (18 mars 1848, La Fenice)
  • le rôle titre dans Elmina de Salvatore Sarmiento (8 février1851, Teatro Regio di Parma)
  • Clemenza dans Il fornaretto de Gualtiero Sanelli (24 mars 1851, Teatro Regio di Parma)
  • Donna Eleonora dans La prigioniera de Carlo Ercole Bosoni (en) (16 janvier 1853, La Fenice)

Il semble qu'elle se soit retirée de la scène en 1860. Cependant elle est signalée pour avoir chanté au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles en 1877[9].

Fanny Salvini-Donatelli meurt à Milan en juin 1891.

Le fiasco de La Traviata[modifier | modifier le code]

Costume de Violetta dessiné par Giuseppe Bertoja pour la première de La Traviata.

Verdi parle de la première de La Traviata en 1853 comme un « fiasco[10]. » Salvatini-Donatelli avait 38 ans et était assez grosse. Son physique inadapté à l'interprétation d'une jeune et jolie femme souffrant de tuberculose est souvent citée comme une des raisons de l’échec initial de l'opéra. Au troisième acte quand le docteur annonce que la maladie de Violetta a empiré et qu'elle n’a que quelques heures a vivre, le public explose de rire et quelqu'un crie : « Je ne vois pas de consumption, seulement un œdème[11]! ». Verdi lui-même avait de sérieux doutes sur la pertinence du choix de Salvatini-Donatelli pour le rôle deux mois avant la première, et il avait envoyé son librettiste Francesco Piave convaincre le directeur de La Fenice que le rôle de Violetta nécessitait une chanteuse avec « une silhouette élégante, jeune et chantant avec passion[12]. »

Quel que soit le sentiment du public concernant le physique de Fanny Salvini-Donatelli, il a apprécié son chant. Des témoignages de l’époque montrent que son aria du premier acte, Sempre libera, a reçu de nombreux applaudissements. La critique dans La Gazzetta di Venezia écrit le lendemain : « Salvini-Donatelli chante ces passages colorature avec un talent indescriptible et à la perfection. Elle a captivé l'audience[13]. » L'« échec » de la première n’est que relatif. En plus des applaudissements pour l'aria de Salvatini-Donatelli, le Prélude orchestral est si bien accueilli que le public appelle Verdi, qui doit répondre aux appels avant que le rideau ne se lève pour le premier acte. La représentation n'a commencé à dérailler qu'au second acte, particulièrement avec le chant du baryton (Felice Varesi) et du ténor (Lodovico Graziani)[14]. La Traviata a également eu de nombreux spectateurs lors des dix représentations durant cette saison de la La Fenice, avec un bénéfice par représentation deux fois supérieur aux deux autres opéras de Verdi joués là-bas, Ernani et Il corsaro[15]. Dans tous les cas, l'opéra est monté un an plus tard au Teatro San Benedetto à Venise, et son triomphe est indiscutable. À cette occasion le rôle de Violetta est tenu par Maria Spezia, 13 ans plus jeune et considérablement plus mince que Salvini-Donatelli[16]. Les problèmes de la première ne semblent pas avoir dissuadés Salvini-Donatelli de tenir à nouveau le rôle. Elle le chante encore au moins trois fois : en 1856 à Constantinople, quand Luigi Arditi apporte l'opéra en Turquie pour la première fois[17], en 1857 au Teatro Comunale di Bologna (la seconde version revue avec le titre Violetta)[8] et en 1858 à Londres au Drury Lane Theatre[18].

Rôles d'opéra[modifier | modifier le code]

Fanny Salvini-Donatelli est connue pour avoir chanté les rôles ssuivants[19] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fanny Salvini-Donatelli » (voir la liste des auteurs)
  • (en) Matthew Boyden, Nick Kimberley et Joe Staines, The Rough Guide to Opera, Rough Guides,‎ 2002 (ISBN 1-85828-749-9, lire en ligne)
  • (en) E. Douglas Bomberger, Brainard's Biographies of American Musicians, Greenwood Publishing Group,‎ 1999 (ISBN 0-313-30782-2, lire en ligne)
  • (en) Gherardo Casaglia, Almanacco Amadeus (lire en ligne)
  • (en) Marcello Conati, A Chronology of the First Performances of Rigoletto, Bollettino Verdi, VoI. 3, N. 9, srl,‎ janvier 1982 (ISBN 88-85065-87-2, lire en ligne)
  • (en) Marcello Conati, L' Italia Musicale: 1847-1859, Centro internazionale di ricerca sui periodici musicali, University of Maryland, College Park Center for Studies in Nineteenth-Century Music,‎ 1992
  • (en) John Sullivan Dwight, Dwight's Journal of Music, vol. 8 et 9, Oliver Ditson and Company,‎ 1859 (lire en ligne)
  • (en) Carlo Gatti, Verdi, the Man and His Music: the man and his music, Putnam,‎ 1955
  • Haine, Malou et Franz Servais, L'Apollonide de Leconte de Lisle et Franz Servais: 20 ans de collaboration, Editions Mardaga,‎ 2004 (ISBN 2-87009-813-8, lire en ligne)
  • (en) David R. B. Kimbell, Verdi in the Age of Italian Romanticism, Cambridge University Press Archive,‎ 1985 (ISBN 0-521-31678-2, lire en ligne)
  • (en) J. Alfredo Novello, The Musical World, vol. 32,‎ 1854 (lire en ligne)
  • (en) Mary Jane Phillips-Matz, « The Truth About Traviata », Opera News (en), Metropolitan Opera Guild, vol. 28,‎ 1963–1964 (lire en ligne)
  • (en) Mary Jane Phillips-Matz, « Venetian Glories », Opera News,‎ février 1995 (lire en ligne)
  • (it) Francesco Regli, Dizionario Biografico (dei più celebri poeti ed artisti melodrammatici, tragici e comici, maestri, concertisti, coreografi, mimi ballerini, scenografi, giornalisti impressarii ecc. ecc. che fiorirono in Italia dal 1800 al 1860), Enrico Dalmazzo,‎ 1860 (lire en ligne)
  • (en) Eduardo Rescigno, Dizionario Verdiano, Biblioteca Universale Rizzoli,‎ 2001 (ISBN 88-17-86628-8), p. 473–474
  • (en) H. Rosenthal et J. Warrack, The Concise Oxford Dictionary of Opera, 2nd Edition, Oxford University Press,‎ 1979
  • (en) Stanley Sadie, New Grove Dictionary of Opera (en), Macmillan,‎ 1992 (ISBN 0-935859-92-6)
  • (en) Celso Salvini, Tommaso Salvini: nella storia del teatro italiano e nella vita del suo tempo, Cappelli,‎ 1955
  • (en) William Shaman, More EJS: Discography of the Edward J. Smith Recordings', Greenwood Publishing Group,‎ 1999 (ISBN 0-313-29835-1, lire en ligne)
  • (it)Teatri, arti e letteratura, Vol. 59, 1853–1854, Gov. della Volpe, 1854
  • (it)« Teatro di Tradizione Dante Alighieri », sur Teatro Alighieri (Ravenna) (consulté le 18 janvier 2009)
  • (it)« "La Traviata" - Programma di sala », sur Teatro La Fenice,‎ novembre 2004 (consulté le 18 janvier 2009)
  • (it)« Archives », sur Teatro Regio di Parma (consulté le 18 janvier 2009)
  • (en)Town Talk, Vol. 1 (8 mai 1858 - 14 mai 1859), H. Tuck, 1859.
  • (es) Francisco Virella Cassañes, La ópera en Barcelona: Estudio histórico-crítico, Redondo y Xumetra,‎ 1888, p. 357
  • (en) Stephanie Von Buchau, The Traviata Saga, San Francisco Opera,‎ 1991 (lire en ligne)
  1. Rosenthal and Warrack (1979) p. 436
  2. a et b Rescigno (2001) p. 473
  3. Regli (1860) p. 480
  4. Certaines sources, e.g. Gatti (1955) p. 133, lui donnent par erreur comme mari Tommaso Salvini
  5. Salvini (1955) p. 34-36
  6. Teatro Regio di Parma Archives
  7. Dwight (1858) p. 87
  8. a et b Casaglia
  9. Haine and Servais (2004) p. 68.
  10. Matz (1964) p. 25
  11. Boyden, Kimberley, and Staines (2002) p. 232
  12. Quoted in Kimbell (1985) p. 298-299
  13. Citation originale : "La Salvini-Donatelli cantò que' passi d'agilità, che molti per lei scrisse il maestro, con una perizia e perfezione da non dirsi : ella rapì il teatro." Cité dans Teatri, arti e letteratura, Vol. 59, 1853-1854, p. 22
  14. Phillips-Matz (1964) p. 24-25
  15. Phillips-Matz (1995)
  16. Von Buchau (1991)
  17. Bomberger (1999) p. 14
  18. Town Talk (1959) p. 48
  19. Données compilées depuis Casaglia avec des ajouts depuis Rescigno (2001), Haine et Servais (2004), Dwight (1859) et Conati (1992). Cette liste n’est peut-être pas exhaustive.
  20. Conati (1982) p. 1859
  21. Salvatore Sarmiento (1817 - 1869),compositeur italien de plusieurs opéras, de musique religieuse et de chansons napolitaines
  22. Gualtiero Sanelli (né à Parme le 14 mai 1816 ; mort à Maranhao, Brésil, le 15 décembre 1861). Il a composé plusieurs opéras couronnés de succès à son époque mais maintenant oubliés. Voir "Sanelli, Gualtiero" dans Sadie (1992)
  23. Carlo Ercole Bosoni (en) (1826-1887), Compositeur et chef d'orchestre italien.
  24. Pietro Platania (né à Catania le 5 avril 1828 ; mort à Naples le 26 avril 1907), compositeur, chef d'orchestre et théoricien de la musique.
  25. Achille Peri (en) (né à Reggio Emilia en 1812 ; mort à Reggio Emilia en 1880)

Voir aussi[modifier | modifier le code]