Fangs

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Fangs
Fang du Haut-Ivindo (Gabon).jpg
Fang du Haut-Ivindo (Gabon) par la mission cottes 1914
Populations
Population totale 4 200 000 (2003)[1]
Populations significatives par régions
Drapeau du Cameroun Cameroun 3 200 000 (2003)[1]
Drapeau de Guinée équatoriale Guinée équatoriale 390 000 (2003)[1]
Drapeau du Gabon Gabon 450 000 (2003)[1]
Autre
Langue(s) Ntoumou, Okak, Mvai, Nzaman, Betsi, Meke
Religion(s) Christianisme, Byeri, Mvêt
Groupe(s) relié(s) Ntoumou, Okak, Mvai, Nzaman, Betsi, Meke, Ewondo, Eton, Bulu, Manguissa, Bene, Fong, etc
Masque fang du Gabon utilisé pour la cérémonie du ngil

Les Fangs, dont certains pensent que le réel ethnonyme est Ekang, forment un groupe ethnique bantou que l’on trouve aujourd’hui en Afrique centrale. Les langues fangs se déclinent en plusieurs dialectes et créoles.

Sommaire

[modifier] Démographie et répartition géographique

C'est au Cameroun que vivent le plus de Fang (3 200 000) où ils représentent 20% de la population. Ils sont majoritaires (80%, soit 450 000) en Guinée-Équatoriale, au Gabon (30%, soit 400 000) et un petit nombre d'entre eux vivent au Congo-Brazzaville et à Sao Tomé-et-Principe.

Quoique les statistiques officielles sur la population soient un sujet tabou au Gabon, l'ethnie fang est numériquement la plus importante de la cinquantaine qui compose le pays[2],[3]. Son aire géographique s'étend de la partie nord du Gabon (province du Woleu-Ntem) au centre (province du Moyen-Ogooué), en passant par le nord-est (province de l'Ogooué-Ivindo) et le Nord-ouest (province de l'Estuaire).

[modifier] Histoire

Beaucoup de versions sur l'origine du groupe fang ont été élaborées ces dernières années. Deux hypothèses peuvent être relevées :

  • L'hypothèse historique relève un mouvement migratoire qui se serait poursuivi jusqu'au début du XXe siècle. Dès 1840, les traitants Mpongwè disséminés sur la côte gabonaise signalent leur présence dans l'arrière pays. Les Fang seraient parvenus dans le Moyen-Ogooué au début du XIXe siècle, et leur arrivée dans l'estuaire du Komo se situerait vers 1850. En 1885, ils sont connus des Allemands au Cameroun sous divers noms : Bulu Ewondo, etc. Toutes ces populations étaient en marche vers la côte à une vitesse moyenne estimée à 10 km par an. Cette hypothèse situe également l'origine des Fangs à la Haute-Égypte.
  • L'hypothèse tirée de la mythologie traditionnelle Fang parle, quant à elle, d'une zone vers l'Est, dans une région élevée, où se trouvaient des lacs entourés d'une faune tout à fait différente de celle du Gabon. Cette hypothèse fait référence à un mythe appelé La marche des enfants d'Afiri-Kara, qui relate la marche périlleuse d'un peuple dans son avancée migratoire. Fuyant les guerres et les conflits avec les autres peuples, ce groupe va s'enfoncer progressivement dans la forêt en direction donc, si on l'assimile au groupe Fang producteur du mythe, de l'Afrique équatoriale.

[modifier] Organisation sociale

Le groupe Fang est constitué d'un ensemble de sous-groupes qui se déploient dans les différents pays cités plus haut. La structure interne fang se présente de cette manière : au sommet de la pyramide se situe l’ethnie (fang) , ensuite celle-ci se divise en principaux sous-groupes (Mvaie, Mékê, Ntoumou, Betsi, Nzaman, Boulou, Okak, Eton, Ewondo, …), qui à leur tour se divisent en d’autres sous-groupes (ayong), en des tribus, (Agonavèign, Ebah, Angonavele, Ebifil, Esabck, Nkodjeign, Efak, Essamekois, Esakora, Esokè, Esibikang (Esabezang, Yemetone, Esindua), Esissong ou Esatua, Esisis ou Esabègne ou Mebum, Essangui, Essanang, Essimvous, Ngamou, Yendjü, Yemendzime, Yenkwakh, Esobam, Oyek, Nguè, Esametok, Bekwe, Esambita, Esakonan, Yembivè, Yendzok, Yenguih, Omvang, Yengol, Yemesom, Yiveng, Oyekh), qui se scindent encore en clans (nda bôt exemple : nzomnyat...), en familles (au sens de famille élargie). Le clan est le noyau de cette structure.

Les groupes Beti et Bulu sont très proches du groupe Fang. L'appellation Beti regroupe les différentes triubus: Fang, Okak, Mvai, Betsi, Ntumu ou, Yewone ou Yaoundé ou Ewondo, Bulu, Maka... Beti au singulier est Nti qui signifie l'homme, le vir, le seigneur, le citadin. Comme chez les Bantu où ntu signifie l'homme et bantou les hommes. Chez les fang, la désignation originelle de l'ensemble de ce groupe est beti, les virs ou les seigneurs.

[modifier] Culture

Fang Relique Museum Rietberg

Le Mvet fut révélé à un homme durant la migration du nom Oyone Ada Ngone. Mais le Mvet tel qu'il est pratiqué de nos jours a été révélé à Ebang Ely Mintem. En effet, d'après le grand maître du Mvet Eyi Mone Ndong, il y avait deux grandes écoles, l'école du Ngwéza inventée par Ebang Ely Mintem (clan Oyeck) et l'école de Meye Me Nguini de Effandène Mve (clan essandone). L'école de Ebang Ely Mintem et de Menguire M'Edang (Essokè) dont le style majeur est Angonemane Ekome (cousine de Ebang et Grande Maîtresse du Mvet) s'est imposée. Cette migration est souvent qualifiée de Mbil ayong en langue fang, « la course », « la fuite » de la tribu). Le Mvet est d'abord une cosmogonie, puisqu'il explique la formation de l'univers à partir d'une explosion initiale ; il est ensuite un récit merveilleux d'aventures épiques de personnages imaginaires mais constants : les mortels aux prises avec les immortels pour tenter de leur ravir le secret de l'immortalité, sinon de rivaliser en bravoure, force, courage et intelligence, sagesse et prospérité. Par son contenu, le Mvett est donc une mythologie mais une mythologie, qui non seulement explique le cosmos mais règle aussi les rapports entre vivants, entre vivants et morts et entre l'homme et Dieu. Les Fangs sont monothéistes : le créateur suprême est Eyoh ou « Le Nommant », c'est-à-dire « Celui qui en parlant crée ».

Ondzabogha signifie A bôk adzap, « Creuser l'adzap » ; adzap étant le nom d'un arbre particulièrement immense, ce mot résumerait la détermination du peuple fang à franchir les obstacles dressés sur sa route pour trouver sa « terre promise », l'Afrique centrale.

Sur le plan esthétique, les Fangs ont produit des masques et des statuettes de reliquaires Byeri originaux et très prisés par les musées et les collectionneurs. Un masque Ngil Fang Betsi de la haute Mondah (environ de la ville de Ntoum (Bois, Kaolin) est vendu 5 904 176 €[4].

[modifier] Personnalités issues de l'ethnie des Fangs

  • Léon Mba, écrivain et homme politique, premier président de la république gabonaise
  • François Ndong, Prémier évêque gabonais 1906-1989
  • Jean-François Ondo, ministre des affaires étrangères du Gabon en 1963
  • Jean-Hilaire Aubame, homme politique et homme de lettres
  • Paul MBA ABESSOLE, prêtre et homme politique gabonais
  • Jean Eyeghe Ndong, premier ministre gabonais de 2006 à 2009
  • Paul Biyoghe Mba, homme politique gabonais, premier ministre depuis août 2009
  • Eno Belinga, Universitaire Camerounais, spécialiste de musicologie et Mvet
  • Grégoire Biyogo, homme de lettres, écrivain, philosophe, égyptologue
  • Patrick Nguema Ndong, journaliste, animateur et producteur
  • Lord Ekomy Ndong ☥, musicien, artiste hip-hop de Movaizhaleine
  • Eric-Joel Bekale, écrivain et diplomate gabonais
  • Sylvie Ntsame, écrivain, auteur de La fille du Komo. Fondatrice de la maison d'édition "Ntsame"
  • Justine Mintsa, écrivaine gabonaise, chevalier de la Légion d’honneur française
  • Paul Biya Bi Mvondo, président de la république du Cameroun
  • Calixthe Beyala, écrivaine d'origine camerounaise
  • Didier Ovono Ebang, gardien de l'équipe du Gabon de football
  • Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée-Équatoriale
  • Pierre-Claver Zeng Ebome, homme politique gabonais et artiste de la musique traditionnelle fang
  • Maximilien Freddy NDONG NDONG, musicien gabonais, artiste hip-hop de Wazuyen Staff
  • Mongo Beti, écrivain camerounais
  • Ferdinand Oyono, écrivain et diplomate camerounais
  • Germain Mba, diplomate et homme politique gabonais
  • Sally Nyolo, auteur compositrice camerounaise et artiste de la musique traditionnelle fang
  • Afana Ebogo Dieudonné, dit Jean-Miché Kakan, comédien-humoriste camerounais
  • Yannick Noah, joueur de tennis et musicien d'origine camerounaise
  • Dieudonné Mballa Mballa, humoriste d'origine camerounaise
  • Daniel Ndo, humoriste et enseignant camerounais (Oncle OTSAMA mor'a biki)
  • Lady Ponce, musicienne camerounaise
  • Pierre-Marie Dong, Cinéaste et homme politique gabonais
  • Stephanie Afene, musicienne gabonaise
  • Euma, musicienne equato-guinéenne
  • André Mba Obame, homme politique gabonais
  • Casimir Oye Mba, homme politique gabonais, ancien premier ministre, ancien gouverneur de la BEAC
  • Simon Oyono Aba'a, homme politique gabonais, ancien ministre, membre fondateur du MORENA
  • Marie Roger Biloa, journaliste camerounaise
  • André Marie Mbida, le tout premier premier ministre du Cameroun
  • Jean-François Ntoutoume Emane, maire de Libreville, ancien premier ministre
  • Pierre Aubame Eyang dit Aubame Yaya, ancien footballeur gabonais.
  • Bonaventure Mvé Ondo, universitaire et philosophe gabonais, ;
  • Jean-Marc Ekoh, homme politique gabonais, ancien ministre;
  • Daniel Mengara, universitaire et homme politique gabonais, leader du mouvement BDP (Bongo Doit Partir);
  • Daniel Ona Ondo, universitaire et homme politique gabonais;
  • Albert Ondo Ossa, universitaire, économiste gabonais;
  • Charly Noah, universitaire et homme politique d'origine camerounaise;
  • Helene Faussart et Celia Faussart, auteurs-compositeurs-interprètes d'origine camerounaise, LES NUBIANS
  • Giscard ASSOUMOU ELLA, poète et économiste gabonais, auteur du recueil de poèmes "La Poésie du Sirchy".
  • René Ndemezo'o Obiang, Homme politique Gabonais, Ministre de la jeunesse et sport du Gabon

[modifier] Bibliographie

  • Jean-Marie Aubame, Les Beti du Gabon et d'ailleurs, Paris, L'Harmattan, 2002, 2 tomes
  • Jacques Binet, « Activité économique et prestige chez les Fangs du Gabon », Revue Tiers-Monde, janvier-mars 1968, tome IX, n° 33, p. 25-42
  • Jacques Binet, Sociétés de danse chez les Fang du Gabon, Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, Paris, 1972, 162 p. (d’après une thèse de 3e cycle de l’université de Dakar, 1968)
  • Jacques Binet, « Drogue et mystique : le Bwiti des Fangs », Diogène, n° 86, avril-mai 1974, p. 36-57
  • Pascal Boyer, Barricades mystérieuses et pièges à pensée : introduction à l'analyse des épopées fang, Sociétés africaines, 1988, vol. 8, 190 p. (ISBN 2-901161-31-6)
  • René Bureau, La Religion d'Eboga. Essai sur le Bwiti-Fang, université de Paris-V, 1972 (thèse)
  • Xavier Cadet, Histoire des Fang, Peuple gabonais, L'Harmattan, Paris, 2009.
  • Collectif, Fang, Éditions Dapper, 1999, 324 p. (ISBN 978-2906067363)
  • Samuel Galley, Dictionnaire Fang-Français et Français-Fang, Neuchatel, Editions Henri Meisseiller, 1964.
  • Paul Mba Abessole, Aux sources de la culture Fan, L’Harmattan, 2006, 104 p. (ISBN 978-2-296-02055-9)
  • Bonaventure Mve Ondo, Sagesse et initiation à travers les contes, mythes et légendes fang, L'Harmattan, 2007, 215 p. (ISBN 978-2-296-02870-8)
  • Honorine Ngou, Mariage et violence dans la société traditionnelle Fang au Gabon, L'Harmattan, 2007, 251 p. (ISBN 978-2-296-03379-5)
  • Louis Perrois, Fang, 5 Continents, 2006, 160 p. (ISBN 978-8874392957)
  • Anges F. Ratanga-Atoz, Les Peuples du Gabon occidental : Ng'omyènè, Shekiani, Bakèlè, Benga, Ngubi, Gisire, Varama, Lumbu, Vili et Fang pendant la première période coloniale (1839-1914), tome I, Le Cadre institutionnel, Éditions Raponda Walker, Libreville, 1999, 356 p. (ISBN 2-912776-17-1)
  • Henri Trilles, Proverbes, légendes et contes Fang, Imprimerie Paul Attinger, Neuchâtel (Suisse), 1905, 247 p.
  • Henri Trilles, Mille lieues dans l'inconnu : en pleine forêt équatoriale chez les Fang anthropophages, Libraire de l'œuvre Saint-Charles, 1935, 136 p.
  • Paulin Nguema-Obam, Aspects de la religion fang : essai d'interprétation de la formule de bénédiction, ACCT, Karthala, 1983, (ISBN 9782865370948)
  • Paulin Nguema-Obam, Fang du Gabon. Les tambours de la tradition, Paris, Éditions Karthala, 2005, 192 pages.
  • Paulin Nguema-Obam, Mythes et légendes fang, Paris, L'Harmattan, 2009, (ISBN 978-2-296-09931-9), 114 pages
  • Cyriaque Simon-Pierre Akomo-Zoghe, L'art de conjuguer en fang, suivi de 4.000 verbes Fang-Français de A à Z, Paris, L'Harmattan, 2009, (ISBN 978-2-296-09998-2), 320 pages
  • Cyriaque Simon-Pierre Akomo-Zoghe, Parlons fang, langue et culture des Fang du Gabon et d'ailleurs, Paris, L'Harmattan, 2010, (ISBN 978-2-296-11573-6), 298 pages

[modifier] Discographie

  • Musiques cérémonielles (Fangs du Gabon), Fonti Musicali, 2006 (1re éd. 1996)
  • Xylophones Fang, Prophet, 2003 (1re éd. 2000)

[modifier] Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Notes et références

  1. a, b, c et d Jean Sellier, Atlas des peuples d'Afrique, La Découverte, 2003, p.162
  2. Thomas Hofnung, « Imbroglio politique autour de feu Bongo », Libération. Consulté le 5 décembre 2009
  3. Université Laval, « Le Gabon », 8 juin 2009. Consulté le 5 décembre 2009
  4. Gazette Drouot, juin 2006
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