Maison de Grenier

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Maison de Grenier.
Maison de Grenier
Armes de la famille.
Armes de la famille : Maison de Grenier
Blasonnement Parti de Gueules, aux trois grenades au naturel, et d'Azur au croissant d'argent.
Devise Fais ton devoir
Période XVIe ‑ XXIe siècle
Pays ou province d’origine Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de la France France
Charges Maîtres-Verriers
Fonction(s) militaire(s) Officier

La famille de Grenier est une maison noble française, actuellement subsistante et attestée depuis le XVIe siècle.

Ancienne lignée de maîtres-verriers du Languedoc, cette famille descendrait selon les travaux de René Grousset des comtes de Sidon et Césaré et s'illustra également dans le domaine militaire.

La famille de Grenier donnera plusieurs militaires de haut rang, mais aussi de nombreux hommes politiques. Elle aurait joué un rôle considérable lors des croisades et aura donné de nombreux officiers sous l'Ancien régime, tradition qui s'est poursuivie également sous l'Empire et la République.

Origines probables[modifier | modifier le code]

Le chevalier Eustache, fondateur hypothétique de la maison, serait, selon Guillaume de Tyr, un noble franc, né vers 1071, originaire de Beaurainville (Belrem à cette époque), entre Montreuil sur Mer et Hesdin , dans le Pas de Calais (dpt 62) et plus particulièrement dans l'Artois ; ainsi, il aurait probablement accompagné Hugues II de Saint-Pol durant la Première Croisade, dans la suite de Godefroy de Bouillon. Ceci semble certifié par son mariage avec la nièce du patriarche Arnoulf de Roeux, originaire de Chocques dans la même région (l'actuel Nord-Pas-de-Calais). Il se vit de plus octroyer un fief, Sidon, hors du comté provençal, dans la zone contrôlée par les seigneurs venus du nord de la France comme Godefroy de Bouillon.

Le nom Grenier est probablement une déformation de Garnier, prénom médiéval qu'aurait peut-être porté le père ou grand-père d'Eustache.

Comtes de Sidon (1110-1260)[modifier | modifier le code]

Branche dont seraient issus les maîtres-verriers :

Le comte Julien de Grenier vendit le comté à l'Ordre du Temple et se fit lui-même templier. La ville fut détruite par les Mongols la même année, puis conquise par les Mamelouks. Ce fut alors la fin de la présence des comtes de Grenier au Proche-Orient, le fils de Julien, Balian II, n'ayant jamais pu recouvrer son fief de Sidon.

Origines[modifier | modifier le code]

Des croisades aux dynasties verrières[modifier | modifier le code]

La légende familiale veut qu'un des fils de Julien de Grenier, dernier comte de Sidon, ne possédant plus rien, aurait rejoint Saint Louis lors de la Septième croisade. Lors de la Huitième croisade, Saint Louis, attristé de voir l'état de désolation de cette prestigieuse lignée, octroya à ce dernier, le droit de devenir maître-verrier afin de rétablir sa situation financière et son patrimoine. Et c'est ainsi que ce roi, aida cette famille flouée par les croisades à rétablir ses finances.

De retour en France, les descendants des comtes de Sidon, devinrent maîtres-verriers à une période indéterminée. Le mythe familial fait remonter cet événement à Saint Louis, mort en 1270. Or les premières verreries de la forêt de Grésigne où des Grenier et Granier sont certifiés datent tout au plus de 1434. Ce qui correspond à une mutation sociale importante, la Guerre de Cent Ans mettant fin au mode de vie traditionnel des familles de chevaliers, qui eurent alors de plus en plus de mal à subsister. La fabrication du verre, permettant de ne pas déroger, c'est-à-dire de perdre son statut de noble, fut alors un moyen efficace pour renflouer leurs finances déclinantes.

Cependant, malgré un lien probable entre les Grenier d'Orient et les Grenier verriers étant donnée la symbolique du blason familial et la tradition orale, la filiation certaine ne remonte qu'au XVe siècle, avec les verriers Jean , Antoine et Naudet de Grenier. Ces derniers sont probablement issus d'une branche de la famille de Grenier de Laborie, seigneurs de la châtellenie de Laborie dans le Quercy (aujourd'hui près de Laval-de-Cère dans le Lot). Ces Grenier de Laborie acquirent ce fief en 1302 par le mariage du chevalier Guilhem de Grenier avec Almodie de Merle, héritière de ce fief.

Installés dans le Sud-Ouest de la France, en particulier en Ariège et dans la forêt du Moussans à leurs débuts, ainsi que dans les forêts du Tarn (Grésigne, Montagne Noire), ils se sont alliés à différentes autres familles de nobles verriers tels que les Robert, Verbizier, Riols de Fonclare, Suère et Colomb. Alternant leur métier avec le prix du sang (service militaire) dû par les jeunes nobles au roi, les différentes branches ont par la suite pris des chemins divergents. Certaines serviront ainsi dans les armées catholiques et royales, d'autres converties au protestantisme, seront en lutte ouverte contre la monarchie catholique durant les guerres de religion, et verront plusieurs de leurs membres arrêtés et condamnés, notamment sous le règne de Louis XV. Au cours du XIXe siècle, certaines branches de la famille firent fortune dans l'industrie verrière, tandis que d'autres, refusant l'évolution technique et les différentes révolutions, firent faillite. Certains tout de même ont maintenu leur art jusqu'à la fin du XIXe siècle.

De très nombreuses branches se convertirent au protestantisme comme beaucoup de nobles de la région dès le début du XVIe siècle.

Leur noblesse fut attestée sous le règne des différents rois de France et validée sous celui de Louis XIV par une série de maintenues, excepté pour les branches Cardenal et Lilhac, qui malgré un lien probable n'ont pas réussi à prouver leur parenté avec les autres branches.

Branches actuellement subsistantes des familles de Grenier[modifier | modifier le code]

  • Grenier de Lassagne (de), extraction 1562, Auvergne, ANF-1934.
  • Granier de Cassagnac (de), extraction 1547, Poitou, Armagnac, ANF-1952.
  • Grenier de Monner, extraction, maintenue 1702, Languedoc, ANF-1949.
  • Grenier de La Sausay, extraction 1548, Saintonge, ANF-1966.
  • Grenier de Latour (de).
  • Grenier-Rieutailhol (de).
  • Grenier de Caumale (de) Armagnac élection Montauban (1698)
  • Grenier de Lanouyère

Divers[modifier | modifier le code]

Lorsque Richelieu tenta de réduire les dernières places fortes protestantes comme La Rochelle, l'armée de 15000 hommes qu'il envoya en Ariège, commandée par le maréchal de Thémines, y fut battue en 1625 par les familles de Grenier, de Robert et de Verbizier lors du siège du Mas d'Azil. Une fois la paix négociée, Richelieu fit exploser le plafond de la salle du Temple à l'intérieur de la grotte du Mas d'Azil afin de détruire la forteresse construite dans celle-ci.

Une branche de la famille, établie à Montauban, est attestée avec François de Grenier (1728-1790), officier d'infanterie, fils de Pierre de Granier (1695-1750 et de Thérèse Lartigues, sa fille Hélène-Catherine épouse le 14 février 1786 Catherine-Dominique de Pérignon (1754-1818) maréchal de France.

Le vicomte amiral de Grenier, issu d'une branche tarnaise de la famille fut l'auteur d'un ouvrage important pour l'époque "l'Art de la guerre sur mer" publié en 1787.

Jean-de-Dieu Soult et son frère Pierre Benoît Soult descendaient de la famille de Grenier par leur mère.

Le célèbre journaliste et chansonnier Saint-Granier (1890-1976) était né Jean de Granier de Cassagnac. Son père et son grand-père furent tous deux députés du Gers.

Les descendants de la famille de Grenier ont fondé en Ariège, aux côtés des familles de Robert et de Verbizier, une association regroupant leurs descendants, nommée « La Réveillée ».

Devise[modifier | modifier le code]

La devise des Grenier est « Fais ton devoir ». L'origine de celle-ci est l'arrestation du pasteur Rochette en 1762, suivie de sa délivrance par une attaque armée. Après cela trois frères de Grenier ainsi que le pasteur sont arrêtés. Condamnés à mort, ils sont exécutés le 19 février 1762 en place du Salin à Toulouse. Le pasteur est pendu et les trois frères décapités en raison de leur qualité de nobles. Le bourreau ayant exécuté les deux frères les plus âgés, il demanda au benjamin, ému par sa jeunesse, s'il ne souhaitait pas se convertir afin d'échapper à la sentence. Celui-ci lui répondit « Fais ton devoir », phrase qui resta comme devise de la famille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alan V. Murray, The crusader Kingdom of Jérusalem: A Dynastic History, 1099-1125, Oxford, Prosopographica et genealogica,‎ 2000, 280 p. [détail de l’édition] (ISBN 1-900934-03-5)
  • Claire Constans et Philippe Lamarque, Les Salles des Croisades – Château de Versailles (1843-1929), 2002 [détail des éditions]
  • Marie-Adélaïde Nielen, Lignages d'Outre-Mer — Introduction, notes et édition critique, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres,‎ 2003, 252 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-87754-141-X)
  • E. G. Rey, Les familles d’Outre Mer, de du Cange, New-York, Burst-Franklin,‎ 1869, 993 p. [détail des éditions]
  • Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Félix Seguin, Firmin Didot Frères, 1860
  • Robert Planchon, Les Granier-Grenier, gentilshommes verriers, éditeur inconnu, imprimerie Maugein 19360 Malemort , 1984
  • Saint Quirin, Les Verriers du Languedoc 1290-1790, éditeur inconnu, imprimeur Déhan à Montpellier pour l'association « La Réveillée », 1985

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]