Famille de Rougé

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de Rougé
Armes de la famille.
Armes de la famille : de Rougé
Blasonnement De gueules à la croix pattée (parfois alésée) d'argent[1]
Devise Sans Plus
Rougé rugit mais ne rougit
« Deo Meisque »
((en français : « Pour Dieu et les miens »))[2],
Lignées de Châteaubriand, de Derval, de Coëtmen
Branches de Rougé
de Derval
de La Chappelle-Glain
des Rues
de Cholet
du Plessis-Bellière
de Caylus
Période XIe siècle-XXIe siècle
Pays ou province d’origine Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Allégeance Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Empire romain germanique
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Empire d'Autriche
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Flag of France.svg France
Fiefs tenus Rougé, Derval, Grand-Fougeray, Sablé-sur-Sarthe, Chenillé-Changé, Cholet, Faÿ-les-Nemours, Moreuil
Vassaux Sires de la Minière, d'Hunières, de Chamballan, de Coesmes, etc.
Demeures Rougé, Derval, Les Rues, La Motte-Glain, Coëtmen, Sablé-sur-Sarthe, Bois-Dauphin, Pontcallec, Tressé, Tonquédec, Baronville, Le Charmel, Moreuil, Villers-aux-Érables
Charges Ambassadeur de France en Angleterre
Ambassadeur de France à Modène et à Rome
Pair de France (Chambre des pairs)
Professeur au Collège de France
Députés, Députés aux États généraux de 1789
Plusieurs sénateurs
Fonction(s) militaire(s) Deux chevaliers croisés
nombreux lieutenants-généraux
Gouverneur du Pays de la Mée, de Saint-Malo, d'Ingrandes, de Givet, de Charlemont, d'Armentières, de Dieppe, du Mans
Fonction(s) ecclésiastique(s) évêque de Périgueux, Abbés de Bonrepos
Récompense(s) militaire(s) Plusieurs commandeurs de Saint-Louis
Ordre de Saint-Michel
Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand
Ordre national de la Légion d'honneur
Preuves de noblesse
 - Admis aux honneurs de la Cour Honneurs de la Cour

La famille de Rougé est une ancienne famille noble d'extraction chevaleresque mentionnée dès 1045.

Origines[modifier | modifier le code]

La maison de Rougé d'ancienne Chevalerie, citée dès le XIIe, a formé plusieurs branches, celle des barons de Derval, vicomtes de La Guerche et de La Roche-Diré, éteints en 1415, celle des seigneurs de La Chapelle-Glain, éteinte au début du XVe, celle des seigneurs de Bouays éteinte à la même époque[3].

D'après Jougla de Morenas les seigneurs des Rues (fief qui dépendait de la seigneurie de La Roche-Diré) affirment avec vraisemblance être issus de la maison de Rougé par Emery, seigneur des Rues, qui aurait été fils de Guillaume, sgr de Rougé et de Derval, vivant au début du XIVe. Toutefois ce rattachement n'est pas prouvé et cette famille ne prit le nom de Rougé qu'après l'extinction des différentes branches citées ci-dessus, au début du XVe. Sa filiation certaine remonte à Huet, seigneur des Rues, marié en 1375 à Jeanne d'Erbrée[3].

Jullien de Courcelles donne comme premiers auteurs de la branche des Rues appelée plus tard de Rougé "Huet des Rues, seigneur des Rues dans la paroisse de Chenillé en Anjou fief qui était un démembrement de la terre de la Rochediré - ce qui donne une présomption pour l’attache de ce seigneur des Rues à la maison de Rougé quoiqu’elle n’ait pas encore été prouvée - vivant en 1410. Il fut père de Jean des Rues, seigneur des Rues marié dès l’année 1388 avec Marie de Vrigné. Ceux-ci paraissent avoir eu pour fils Jean II des Rues, seigneur des Rues, marié en 1421 à Jeanne d’Orvaux depuis lequel la filiation est bien prouvée"[4].

La famille de Rougé est à l'origine un lignage du nord du comté nantais, qui tient une motte dans la paroisse de Rougé[5]. Lorsque ce nom est mentionné pour la première fois en 1045, dans la charte de fondation du prieuré de Saint-Jean de Béré par les puissants seigneurs de Châteaubriant, ils sont encore des vassaux de ces derniers. Dans cet acte est nommé feu Tudual ou Teher, dominus de Rougé.

Vers 1275, Olivier III de Rougé, grâce à la faveur du duc de Bretagne Jean Ier de Bretagne, épouse Agnès, héritière de la maison de Derval. Le duc récompense ainsi la fidélité d'Olivier de Rougé et peut-être de son père Bonabes III, attesté en 1248[5], car la famille de Derval a aussi bénéficié des faveurs des ducs pour accroitre ses terres et revenus. Cette branche s'éteindra en 1416. Tous ses biens passeront alors à son neveu, Patry de Chateaugiron.

Vers 1220 est mentionné Aymeri, seigneur des Rues, en Anjou, actuellement à Chenillé-Changé, dont les descendants sont issus des Rougé bretons[6]. Tous les porteurs actuels de ce nom en descendent. La filiation de cette branche de Rougé des Rues est prouvée depuis 1375[7].

La Roche-Derrien[modifier | modifier le code]

Lors du Combat de La Roche-Derrien, le 20 juin 1347, les seigneurs de Rougé combattent au premier rang au côté du bienheureux Charles de Blois, contre Jean de Montfort, demi-frère du précédent duc Jean III et père du futur duc Jean IV. Deux générations de chevaliers de la famille de Rougé y seront tués en une journée: Guillaume Ier de Rougé-Derval, et ses deux fils Jean Ier de Rougé-Derval et Bonabes III.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Quelques personnalités de la famille de Rougé entre 1096 et le XXe siècle [8]:

Branche aînée des seigneurs de Rougé, branche éteinte au XIIIe siècle :

Branche cadette de Rougé et de Derval, éteinte en 1415

Armoiries de Rougé

Branche cadette, rameau de La Chapelle-Glain, éteint XIVe siècle

Branche cadette, rameau du Bouays, issu du précédent, éteint

Actuelle famille de Rougé, olim des Rues, subsistante[9] :

Première branche du Plessis-Bellière, éteinte en 1794

Rameau des marquis de Cholet, éteinte en 1786

Seconde branche du Plessis-Bellière, branche cadette, subsistante

Principales alliances[modifier | modifier le code]

Maison de Lorraine-Elbeuf, de Craon, de Croÿ, de Crussol d'Uzès, de Rochechouart de Mortemart, de Choiseul-Praslin, de Beaumanoir, de Châteaubriant, Colbert, de La Rochefoucauld, de Clermont-Tonerre, de Walsh-Serrant, de Lignerac de Caylus, de Rohan-Chabot, de Saint-Georges de Vérac, de Sainte-Maure Montausier, de Blanchefort de Créquy, de Pastoret, d'Albert d'Ailly, de Cardevac d'Havrincourt, de Bertoult d'Hauteclocque, de Maillé, de Coëtmen, de Léon, de Rieux, de Châteaugiron, de L'Isle-Bouchard, de Goulaine, de La Tour Landry, de Derval, de Neuville, de Gastines, de Tournemine de la Hunaudaye, de Coëtquen, de Penhoët, de Sesmaisons, du Pouget de Nadaillac, de Francqueville, de Malet de La Garde, de La Tour du Pin Chambly de La Charce, de Mandat-Grancey, de Nettancourt-Vaubécourt, de Cornouaille, d'Andigné, de Maigret, de Pomereu d'Aligre, de Pierre de Bernis Calvière, de Quatrebarbes, de Tramecourt, de Forbin d'Oppède, de Beauffort, de Boisgelin, de La Ville de Baugé, de Cassagnes de Beaufort de Miramon-Pesteils de Miramon-Fargues, de Blocquel de Croix de Wismes, de La Panouse, de Ganay, de Sonis, de Cossé-Brissac, de Lespinay, de Maupeou d'Ableiges, d'Oilliamson, de Certaines, Colonna-Walewski, de Bruc de Montplaisir, de Kerhoant de Coëtanfao, de Keroüartz, de Savonnières.

Régiments de Rougé[modifier | modifier le code]

Rég de Rougé 1761.png

Les Rougé ont possédé plusieurs régiments, citons notamment:

- le régiment de Plessis-Bellière-Infanterie, avec à sa tête Jacques de Rougé, marquis du Plessis-Bellière,

- le régiment de Vexin: 1722-1732, avec à sa tête Louis de Rougé, marquis du Plessis-Bellière,

- le régiment de Rougé: 1761-1762, avec à sa tête Pierre-François de Rougé, marquis de Rougé,

- le régiment de Bresse: 1788-1791, avec à sa tête François-Pierre-Olivier de Rougé, comte du Plessis-Bellière.

Les Rougé dans la nomenclature des lieux publics[modifier | modifier le code]

La famille ou certains de ses membres apparaît dans la nomenclatures des lieux publics.

Le Comte Adolphe de Rougé, par Charles Gomien

On trouve ainsi, outre la ville de Rougé, entre autres :

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • La famille de Rougé porte originellement de gueules à la croix pattée d'argent[1].
    • Timbré d'une couronne ducale[10] entourée d'un manteau pour la pairie de France à laquelle fut appelée la famille de Rougé en 1815 et 1827. Au vol issant de cygne (au manteau et bonnet de pourpre).
    • Supports : deux lions d'or tenant deux bannières, l'une de gueules à la croix pattée d'argent, l'autre d'hermines plain. Les bannières tenues par les lions d'or rappellent que les premiers sires de Rougé portèrent bannière.
    • Cri : "Hary Avant !"
    • Devises : "Rugit mais ne rougit", "Deo meisque" (=pour Dieu et les miens), "Sans Plus" (=il n'y a pas mieux)[réf. nécessaire].

Autres armes :

  • Olivier de Rougé (cinquième croisade) : de gueules à la croix pattée et alésée d'argent[11].
    • Ce sont les armoiries du marquis de Rougé, pair de France sous la Restauration.
  • écartelé aux 1 et 4 de gueules à la croix pattée d'argent (Rougé) ; aux 2 et 3 d'hermine plain (Bretagne). Explications : la croix pattée d'argent (blanc) sur fond de gueules (rouge) apparaît sur la tombe de Bonabes II, sire de Rougé, mort en 1252 et enterré dans l'abbaye de La Meilleraye, les hermines vinrent s'écarteler lorsque Jean III, duc de Bretagne, le prescrivit à Jean II, sire de Rougé-Derval, en 1332.
  • écartelé aux 1 et 4 de gueules à la croix pattée d'argent (Rougé) ; aux 2 et 3 d'or, au lion de gueules, couronné d'azur (Roche d'Iré).
  • écartelé au 1, parti a) émanché de gueules sur or b) d'or à trois chevrons de sable (de Lévis); au 2 d'azur, à trois fleurs-de-lys d'or au bâton d'argent péri en bande; au 3 d'azur, à trois étoiles à six rais d'or, au chef d'or; au 4, parti a) d'argent, à la bande de gueules, acc. de six trèfles de sable rangés en orle b) d'or à trois chevrons de sable, sur le tout mi-parti au 1, de gueules à la croix pattée d'argent (Rougé), au 2, d'argent à trois pals d'azur (de Lignerac).
  • écartelé aux 1 et 4, de gueules, à la croix pattée d'argent (Rougé) ; aux 2 et 3, de gueules, à deux fasces d'argent (Derval).
  • écartelé aux 1 et 4, d'hermine plain (Bretagne); aux 2 et 3, de gueules, à deux fasces d'argent (Derval), sur le tout de gueules, à la croix pattée d'argent (Rougé).
  • écartelé aux 1 et 4, de gueules, à la croix pattée d'argent (Rougé) ; aux 2 et 3, de gueules à neuf annelets d'argent (Coetmen).
  • écartelé aux 1 et 4, de gueules, à la croix pattée d'argent (Rougé) ; au 2, d'hermine plain (Bretagne) et 3, de gueules à neuf annelets d'argent (Coetmen).

Les seigneuries de la famille de Rougé[modifier | modifier le code]

Les Rougé furent seigneurs des terres suivantes, revêtu des titres liés à celles-ci : Rougé, Derval, Soulvache, Sion-les-Mines, Moisdon-la-Rivière, Soudan, Grand-Fougeray, Les Rues, Le Plessis-Bellière, Chenillé-Changé, La Guerche (Anjou), Moreuil, Villers-aux-Érables, Guyencourt, Faÿ-lès-Nemours, Courtimont, Le Plessis-Courtimont, Roisson, Les Touches, Le Theil-de-Bretagne, Le Teilleul, La Mauvesière, Le Bignon, Sainte Scolace, Vauregnoust, Lorière, Marigné, Le Plessis-Gaudin, La Bellière, Le Bois, La Cour-du-Bois, Maigné, Chigné, Les Mortiers, Dissé, La Courtaillé, La Gauberdière, Les Feuges, Launay, Le Bouays, La Chapelle-Glain, Neuville, La Roche d'Iré, Cinq-Mars-la-Pile, Rouaibile, La Cornouaille, Pontcallec, Gastines, Valençon, Saint-Pierre-Montlimart, La Frébaudière, Langeron, Le May, Montfaucon, Vienne-le-Château, Cholet, Chemillé, Le Tremblay, La Cour de La Raye, Rostrenen, Kerjean, Hervillé, Moyencourt, Hardecourt-aux-bois, La Maison-Rouge, etc.

Les Châteaux[modifier | modifier le code]

Ruines du château de Derval

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887
  2. Noblesse de Bretagne, hier et aujourd'hui, par Jean de Saint-Houardon. Mémoire et Documents, 2005.
  3. a, b et c Henri Jougla de Morenas "grand Armorial de France, tome 6, page 74.
  4. Jullien de Courcelles "Histoire généalogique et héraldique des pairs de France" 1827, volume 8, page 220.
  5. a et b Frédéric Morvan, La Chevalerie Bretonne et la formation de l'armée ducale, 1260-1341, Presses Universitaires de Rennes, 2009.
  6. Cf d'Hozier, qui a expliqué le lien entre Aymeri de Rougé et Huet des Rues. Cité par Courcelles dans son "Histoire généalogique des pairs de France", Paris 1930.
  7. Catalogue de la noblesse française de Régis Valette.
  8. Rougé, Vicomte Olivier de, Histoire Généalogique de la Maison de Rougé, Chartier Vendôme, 1908.
  9. « Les sgrs de Rues,qui établissent leur filiation suivie et prouvée depuis Huet, sgr des Rues (à 13 kilomètres de Rougé), marié à Angers, le 21 mars 1375, à Jeanne d'Erbrée... », dans :Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la restauration 1814-1830, 1906.
  10. Noblesse de Bretagne, hier et aujourd'hui, par Jean de Saint-Houardon. Mémoire et Documents, 2005
  11. Pierre-Michel-François Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, W. Coquebert,‎ 1844, 656 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]