Famille de Loménie

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Loménie
Armes de la famille.
Armes de la famille : Loménie
Blasonnement D’or, à un arbre de sinople, posé sur un tourteau de sable, au chef d’azur, chargé de trois losanges d’argent
Devise Armes des Loménie
Branches Faye, Lambaudie, Brienne, Puyrenon
Période 1456
Pays ou province d’origine Flavignac (Haute-Vienne)
Fiefs tenus Saint-André de Faye, Lambaudie, Mayot, seigneurie de Versailles (1561-1571), comté de Brienne (1623)
Demeures château de Faye
Charges secrétariat d’État à la Guerre
Fonction(s) ecclésiastique(s) évêché de Marseille, de Condom

La famille de Loménie est une famille noble française.

Les origines[modifier | modifier le code]

La famille de Loménie tire son nom de la terra de Lolmeno sita ad ulmum de cruce, ou « la terre de Loménie située près de l'orme de la croix » sise dans la paroisse de Flavignac (Haute-Vienne) et dont la famille était tenancière. Ceci explique sans doute l'arbre, élément principal des armoiries de Loménie. Cette terre, déjà mentionnée en 1254, dépendait au XVe siècle de l'abbaye de Solignac, par l'intermédiaire de son prieuré Saint-André de Faye. Peu à peu, à partir du XVe siècle, la famille a acquis la plupart des terres adjacentes à celles du prieuré. C'est en 1456, que le premier membre certainement attesté de la lignée, Jean de Loménie, fait l'acquisition de la terre de Lambaudie contiguë à celle de Faye. En 1465, le sieur de Loménie rachète au seigneur de Pérusse des Cars la rente qui grévait cette terre. La famille de Loménie est désormais installée sur ses propres terres, limitrophes de Faye, tout en étant tenancière de surfaces importantes dépendant de ce prieuré. L'ensemble sera divisé entre deux fils de Jean, Gérald et Gautier. Cette division perdurera jusqu'en 1612, date du mariage de Guillaume, héritier de la branche de Lambaudie, avec sa cousine Simone, descendante de la branche de Faye. La nouvelle lignée s'établit alors définitivement à Faye, où existe un manoir, le château de Faye.

Dès le XVIe siècle, les terres de la famille sont très imbriquées dans celles du prieuré et les prévôts de celui-ci sont systématiquement choisis au sein de la famille. À telle enseigne, que l'établissement finit par être surnommé à la Révolution, le « prieuré des Loménie ». Le cardinal Étienne-Charles de Loménie de Brienne en fut le dernier prévôt. À la fin du XVIIIe siècle, le vieux château de Faye fut remplacé, à l'initiative de la famille Villoutreix de Faye, par le château actuel dû à l'architecte Joseph Brousseau.

Toutes les « branches » de Loménie ont leur origine dans la paroisse de Flavignac.

Les différentes branches de la famille[modifier | modifier le code]

Les Loménie de Faye[modifier | modifier le code]

Branche ainée, descendant directement de Jean de Loménie, attesté en 1456 quand il acquiert le domaine de Lambaudie, elle se renforce à l'occasion du mariage en 1612 de Guillaume de Loménie (branche de Lambaudie) et de sa cousine Simone de Loménie (branche de Faye), sœur de l'évêque François de Loménie. Guillaume de Loménie obtint en 1638 des lettres de noblesse enregistrées à la Cour des aides de Clermont-Ferrand à la suite d'un procès intenté par les habitants de la paroisse de Flavignac. Ces derniers portèrent l'affaire jusqu'en Conseil d'État où ils perdirent leur procès en 1657. Le dernier représentant de cette branche est Pierre de Loménie, écuyer qui meurt sans enfant en 1690. Il lègue Faye à son neveu et filleul, Pierre de Villoutreix, fils de sa sœur ainée Marion, dont sont issus les Villoutreix de Faye.

Les Loménie de Brienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loménie de Brienne.

La lignée des Loménie de Brienne s'est détachée de la branche de Faye avant la fin du XVIe siècle. Elle paraît avoir exploité le domaine et le moulin des Mingoux (paroisse de Flavignac). Cette dépendance ancienne du prieuré de Faye sur le ruisseau de l'Arthonnet était encore nommée du « Rodal » au XVe siècle. Le moulin et le domaine paraissent avoir changé de nom du fait que certains des tenanciers s'appelaient « Aymeric de Loménie » (ou « Deloménie ») (d'où le diminutif « Mingot »). C'est cette partie de la famille qui connut le plus de réussite, nombre de ses membres ayant fait carrière hors du Limousin, à l'instar de Martial de Loménie. Il fit carrière dans l'entourage de la famille d'Albret et posséda la seigneurie de Versailles (1561-1571). Par le mariage d'Henri-Auguste de Loménie avec Louise de Béon comtesse héritière du comté de Brienne en 1623, cette branche est entrée tardivement en possession du comté de Brienne dont elle prit le nom. Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne, fut l'un des derniers secrétaires d'État à la Guerre sous l'ancien régime. Les membres de la famille marquèrent pourtant toujours un profond attachement pour le berceau familial : ainsi, le cardinal Étienne-Charles de Loménie de Brienne, fut le dernier prévôt du prieuré Saint-André de Faye, bénéfice qu'il avait reçu dans sa jeunesse.

Les Loménie du Puyrenon[modifier | modifier le code]

Cette lignée est issue de Martial (dit « le jeune »), frère cadet de Guillaume, chef de la branche de Faye. Elle tire son nom d'un domaine de la paroisse de Flavignac qu'elle conserva de 1614 à 1752. L'abbé Louis Léonard de Loménie (1746-1832), tuteur du dernier représentant des Villoutreix de Faye, est un descendant indirect de cette branche.

Il convient également de signaler le douzième représentant de la branche du Puyrenon, Louis de Loménie qui, élu le 30 décembre 1871, succéda à Mérimée à l'Académie française et fut le prédécesseur de Taine. Il est, entre autres, l'auteur d'un grand ouvrage sur les Mirabeau qu'acheva son fils Alexis Louis Charles. Celui-ci, auditeur au Conseil d'État, fut à son tour un homme de lettres distingué puis directeur et administrateur de la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston. Il décèdera le 1er janvier 1910 à l'âge de 53 ans.

Celui-ci eut un fils Louis de Loménie qui se dirigeait, comme son grand-père, dans l'œuvre historique et littéraire. Attaché à la bibliothèque de l'Arsenal il est mobilisé lors de la, Première Guerre mondiale, au 413e régiment d'infanterie. Grièvement blessé le 9 mai 1917 durant la bataille du Chemin des Dames ; il est ensuite porté disparu[1].

Extinction du nom, relevé en 1924. La sœur de Charles, Louise de Loménie, épousa Henri Beau et en eut quatre fils : Gérard Beau de Loménie, l'historien Emmanuel Beau de Loménie, Gilbert, fondateur du cabinet de conseils en propriété industrielle Beau de Loménie, et Louis Beau de Loménie, banquier. La descendance mâle des Loménie du Puyrenon étant éteinte, un jugement de 1924, homologuant un décret rendu après avis du Conseil d'État, a autorisé les quatre fils de Louise à ajouter à leur patronyme celui de Loménie et à porter ainsi le nom de Beau de Loménie.

Henri Beau (1855-1937), officier de la Légion d'honneur, est issu de la famille Beau (banquiers), originaire de Saint-Vinnemer, dans l'Yonne[2].

Les autres branches[modifier | modifier le code]

On signale également d'autres branches comme les Loménie dits d'Aubagne, ou les Loménie dits de Saint-Domingue (« Loménie de Marmé »).

Loménie, Deloménie, Delhoménie, Delauménie, Lauménie…. Toutes les familles de ce nom, avec diverses orthographes, qu'elles prétendent ou non à la noblesse, paraissent issues du même lieu d'origine la « terre de Loménie », dans la paroisse de Flavignac.

Les familles apparentées[modifier | modifier le code]

Les Villoutreix (ou Villoutreys) de Faye. En 1690, Pierre de Villoutreix, fils d'Anet de Villoutreix et de Marion de Loménie, hérite des biens de son oncle et parrain, Pierre de Loménie de Faye. Parmi ces biens, se trouve le domaine de Faye, où il s'établit. Ses descendants y demeurent jusqu'en 1810, sous le nom « Villoutreix de Faye ». C'est à cette famille que l'on doit la reconstruction du château sur les plans de l'architecte Joseph Brousseau et l'aménagement des jardins dans les années précédant la Révolution. En 1810, le dernier représentant, sans postérité, se suicide dans le château. Il avait alors un tuteur, l'abbé Louis Léonard de Loménie, apparenté à la branche de Puyrenon. Ce dernier paraît pousser les sœurs du défunt à vendre le domaine aux enchères. L'abbé rachète alors le domaine en sous-main avec sa belle-sœur Marie d'Haubech, veuve de son jeune frère François. Peu après, il dote de sa part sa nièce Jeanne-Marie-Thérèse dite « Louise » de Loménie. Celle-ci épouse en 1813 Jean-François de Labrouhe de Laborderie. À la mort de sa mère, "Louise" hérite de l'autre moitié du domaine.

Les Labrouhe de Laborderie. Issue de Jeanne-Marie-Thérèse dite « Louise » de Loménie, la famille reste propriétaire du château et domaine de Faye jusque dans les années 1950. Les biens sont alors vendus aux enchères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lemouzi no 205, p. 112
  2. Jean-Pierre et Eliane Beau, Notice sur la famille Beau, chronique d'une famille bourgeoise, Montsoult 2000

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. de Labrouhe de Laborderie, Monographie du château et de la terre de Faye (922-1958), Saint-Germain en Laye, s.d. [1958].
  • J. F. Boyer, « La terre et la famille de Loménie à Flavignac, main basse sur un prieuré de l'abbaye de Solignac », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. 125, 1997, p. 331-346.
  • J. F. Boyer, « Ce ‘bon curé Louis Léonard de Loménie’, à propos d’un billet que lui adressa l’évêque de Limoges le 6 février 1811 », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. 139, 2011, p. 237-256.
  • M. Gondinet, Histoire et Généalogie de la famille Gondinet 1400-1933, Paris, 1933.