Famille de Gail

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille de Gail.
Famille de Gail
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille de Gail
Blasonnement D’or à 2 roses à cinq feuilles de gueules boutonnées d’or; coupé d’azur à la fleur de lys partie de gueules et d’or
Pays ou province d’origine Ville de Cologne, Basse-Alsace
Allégeance Saint-Empire romain germanique (962 — 1806) Saint-Empire romain germanique
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Demeures Cour de Gail (Obernai)
Lycée Freppel (Obernai)

Famille de noblesse alsacienne, d’origine rhénane, originaire de la région de Cologne en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Saint-Empire), la famille de Gail (von Gail en allemand) est influente dans les milieux politiques de Cologne, où ils sont sénateurs ou bourgmestres. En outre, ils sont à l’époque spécialisés dans le négoce, les affaires juridiques et dans la diplomatie. Certains membres de la famille arrivent en Alsace au XVIIe siècle d’où une présence en Basse-Alsace encore au XXIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Philipp I von Gail (1498–1558) et cinq de ses fils par Bartholomaeus Bruyn le Vieux

La première mention de la famille date de 1301 dans les registres de l’Université de Cologne[1], manifestement liée aux XIIIe – XIVe siècles à la famille des barons von Gayl de Prusse et de Courlande en Lettonie, qui partagent avec eux les mêmes armoiries, les Gail trouvent leurs origines dès les XIe – XIIe siècles sur les rives du Rhin inférieur[2]. Fils de Heintze Gayl, Jodocus Gayl, né en 1465, négociant en vins, est cité comme membre du patriciat de Cologne en 1510[2].

La famille est élevée par lettre d’anoblissement (Adelspatent) et armoiries accordées par l’Empereur romain germanique Charles Quint le 12 mai 1545, après sa visite officielle au Sénat de la ville de Cologne, à Philippe Ier von Gail (1496–1558) (fils de Jodocus Gayl) sénateur et membre du conseil de Cologne. L’Empereur Charles Quint était alors en campagne pour affirmer l’unité et la catholicité de l’Empire. Philippe I von Gail était quant à lui un sénateur influent et une personnalité forte, puissamment attachée à la défense de la foi catholique en Rhénanie face aux progrès de la foi réformée.

Andreas von Gail (1526–1587) par Martin Rota (en)

Les Gail sont confirmés nobles par l’action de l’Empereur romain germanique Maximilien II en 1573 accordée à Andreas von Gail, conseiller et référendaire aulique auprès de l’Empereur Maximilien II, puis de l’Empereur Rodolphe II, chargé de missions diplomatiques en France ou au Vatican. Sénateur de Cologne, et chancelier de l’archevêque, juriste éminent[3],[4], l’influence de ses livres aura un impact considérable sur le jurisprudence allemande jusqu’au XVIIIe siècle[5]. Influent politicien, il escorte l’archiduchesse Elisabeth d’Autriche à Mézières[6], où il prononce le discours d’usage lors du mariage de la fille de l’Empereur avec Charles IX, roi de France, le 26 novembre 1570. Son frère Philipp von Gail (de) (15251574) fut six fois Bürgermeister de la ville libre de Cologne.

Hans-Andreas Freiherr von Gail (1580–1663, fils d’Andreas), époux de Sophie de Quentel, arrive en Alsace avant 1617 en tant que conseiller de la régence épiscopale[7]. Il s’installe à Saverne en 1634. Docteur en droit, conseiller aulique de Léopold Ier d’Autriche, conseiller de l’évêché, titulaire du fief impérial d’Obernai en 1623, anciennement cour de Rathsamhausen-Morimont, ainsi que du fief de Königsberg.

Les rhénans « von Gail » deviennent les alsaciens et français « de Gail », après la confirmation de reconnaissance nobilitaire de Louis XIV, Roi de France, à mesure que la province d’Alsace échoit au Royaume de France. À Obernai Jean-André de Gail fut nommé le 29 avril 1694 « maire perpétuel de la ville d’Obernai » par lettre royale, ceci alors que la famille était en conflit avec la ville. Jean-André de Gail assura alors cette fonction jusqu’en 1699, date à laquelle il la vendit[8].

Les fiefs dits de Mulhausen et du Creutzfeld (les 2/3 du village) sont cédés respectivement en 1749 et 1720 à la famille de Gail via André-François, baron de Gail, puis à son fils Jacques-André-François-Egon, baron de Gail dit d’Altdorf, ainsi qu’à leurs descendants mâles, selon acte établi et signé par le Prince-Évêque de Strasbourg Armand-Gaston Ier de Rohan-Soubise. Ils possèdent et jouissent pleinement de leurs pouvoirs féodaux à partir de 1749. Ce fief incluait une mine de fer[9] Le chevalier François-Louis, baron de Gail, officier du régiment d’Alsace, sera le dernier seigneur féodal à régner sur le fief de Mulhausen sous l’ancien régime[2].

Joseph-André de Gail (17121747) fut le 332e Stettmeister de la ville de Strasbourg[10]. La famille s’implanta dès lors à Gerstheim où Jospeh-Andreas y épousa Marie-Anne-Claire de Dettlingen, leur fille Marie-Françoise-Louise (17541838), épouse de Philippe-Auguste-Wolfgang de Rathsamhausen[10] fut enterré dans l’église de Gerstheim[11]. On trouvait dans l’église du village plusieurs tombes de la famille[11],[12] avant sa destruction lors de l’incendie de 2011.

Une imposante résidence fut construite par la famille à Obernai entre 1826 et 1827, dite « château de Gail » à la place d’un ancien relais de poste. Ce bâtiment devînt établissement scolaire et c’est le lycée Freppel qui l’occupe[13].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armoiries de la famille de Gail

Le blasonnement des armoiries de la famille de Gail, reçues de l’Empereur Charles Quint le 15 avril 1532 est :

« D’or à 2 roses à cinq feuilles de gueules boutonnées d’or; coupé d’azur à la fleur de lys partie de gueules et d’or. »

Un autre blasonnement peut être trouvé :

« coupé : au premier d’or aux deux roses de gueules boutonnées du champ, au second d’azur à la fleur de lys partie de gueules et d’or[14]. »

L’armorial de Rietstap classe la famille avec les Gayl et précise deux blasonnement différents :

« Coupé : au 1 d’or à deux roses accostées de gueule, barbées de sinople ; au 2 d’azure à une fleur-de-lis gueule[15]. »

« Coupé : au 2 d’or à deux roses accostées de gueule, barbées de sinople ; au 2 d’azure à une fleur-de-lis partie d’or et de gueule. Casque couronné[15]. »

L’armorial de la généralité d’Alsace précise pour André-François de Gail et Jean-André de Gail :

« Porte d’or à deux roses de gueules, coupé d’azur à une fleur‑de‑lys partie de gueules et d’or[16]. »

Pour Walter-Joseph de Gail, on trouve un blasonnement différent :

« Porte d’or à deux roses de gueules, boutonnées d’or coupé d’azur à une fleur‑de‑lys d’or[16]. »

Description du blason d’après Allgemeine Deutsche Biographie[6] :

« Das Wappen war ein quergetheilter Schild, oben in Gold zwei Rosen und unten in Blau eine rothe Gleve, Lanzenspitze, auf dem Helm zwei Adlerflügel, auf denen der Schild wiederholt ist. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Karl von Kempis, Andreas Gaill (1526-1587) : Zum Leben und Werk eines Juristen der frühen Neuzeit, Peter Lang,‎ 1988, 412 p. (ISBN 978-3-631-40376-1)
  2. a, b et c Patrice de Gail, Histoire de la famille de Gail, XVe – XXIe siècles, Paris, Éditions Christian,‎ 2007, 296 p.
  3. (la) Andreas von Gail, Tractatus de manuum iniectionibus impedimentis, sive arrestis Imperii,‎ 1586 (lire en ligne)
  4. (la) Andreas von Gail, Practicarum observationum, tam ad processum judiciarium. apud Guilielmum Lesteenium & Engelbertum Gymnicum,‎ 1653 (lire en ligne)
  5. Pays d’Alsace : La famille de Gail, Saverne-Mulhausen, société d’histoire et d’archéologie de la région de Saverne, Saverne.
  6. a et b (de) Leonhard Ennen, Roderich von Stintzing: Gail, Andreas von, dans: Allgemeine Deutsche Biographie (ADB). volume 8, Duncker & Humblot, Leipzig 1878, p. 307-311
  7. Abbaye Saint-Martin de Ligugé, Revue Mabillon : archives de la France monastique, Veuve Ch. Poussielgue, A. Picard et fils, Brepols,‎ 1905, 563 p. (lire en ligne), p. 93
  8. J. Gyss, Histoire de la ville d’Obernai : et de ses rapports avec les autres villes ci-devant impériales d’Alsace et les seigneuries voisines, t. 2nd, Strasbourg, Salomon,‎ 1866, 479 p. (lire en ligne), p. 284-285
  9. Dietrich, Philippe-Frédéric de (1748-1793), Description des gîtes de minérai et des bouches à feu de la France, Didot, Cuchet, Treuttel,‎ 1786-1800, 417 p. (lire en ligne), p. 292
  10. a et b Eugène Müller, Le magistrat de la ville de Strasbourg de 1674 à 1790, Strasbourg,‎ 1862, 270 p. (lire en ligne) p. 146-148
  11. a et b « Notice no IM67000398 », base Palissy, ministère français de la Culture
  12. « Notice no IM67000397 », base Palissy, ministère français de la Culture
  13. « Notice no IA00023947 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « de Gail », labanquedublason2.com (consulté le 5 novembre 2012)
  15. a et b Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887 (t. 1 p. 741)
  16. a et b Armorial de la généralité d’Alsace : recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV, Aubry,‎ 1861, 449 p. (lire en ligne), p. 2, 14 et 24