Famille Larraín

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La famille Larrain est une des grandes familles de la noblesse dite coloniale d'Espagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Juan de Larrain, né en 1498 et décédé en 1566 sera le premier seigneur de Larrainenea de Aranaz, en Navarre. À l'époque il est fait référence à une famille ancienne, venant de France ou peut-être d'Écosse. Son descendant Agustin de Larrain (1746-1784) sera fait marquis par le décret royal de Charles III du 19 novembre 1781.

Les Larrain ont occupé les postes clefs de la colonisation, en tant que gouverneur militaire par exemple, ou en donnant de nombreux maires à la capitale et magistrats. Ils participent à la création des institutions publiques et financières, notamment la bourse où ils ne cesseront de jouer un rôle central.

Au début du XIXe siècle, les volontés d'indépendance frappent tout le continent. La révolution chilienne s'étale entre 1810 et 1830. La famille Larrain est toujours restée fidèle à la couronne d'Espagne, mais les seconde et troisième générations décideront de rester malgré l'indépendance acquise. Son implantation politique et financière lui permettront de maintenir son influence. Une partie de la famille abandonnera l'usage de sa particule à ce moment-là. Par un nouveau décret royal, la couronne d'Espagne affirmera le maintien du lien avec la famille Larrain en reconnaissant toujours le titre de Marquis de Larrain à la fin du XXe siècle, en 1995.

Le palais Larrain, en plein cœur de la capitale Santiago du Chili, est un des plus impressionnants vestiges de l'ère coloniale. La famille Larrain y vécut jusqu'en 1965. L'avenue Larrain, longue de 5 kilomètres, traverse la ville.

Le Larrain est aussi le nom d'une danse traditionnelle basque, de Navarre, également appelé le bal d'Era. Le village de Larrau, dans les Pyrénées françaises, se dit Larraine (« e » muet) en basque.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les écus d'armoiries de Juan de Larrain (1498-1566), seigneur de Larrainenea de Aranaz, se constituent de deux chaudrons d'or. Marque de grandeur et de puissance parce qu'anciennement les seigneurs espagnols, nommés ricos hombres, hommes puissants, en allant à la guerre, faisaient porter de ces chaudrons pour nourrir leurs soldats.

Au XVIIe siècle, le blason de Francisco de Larrain (1680-1741) sera enrichi d'un chêne (emblème de force et de puissance) entouré de deux fleurs de lys (portées par concession du Roi), de deux tours ouvertes et maçonnés (symbolisant une noblesse ancienne), et de quatre ours rampants (symbolisant un génie lourd et pesant, incapable de conseil, prompt à la guerre et colérique). Les chaudrons d'or disparaîtront du blason au XVIIIe siècle, pour constituer les armes depuis.

Les Larrain aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Depuis l'arrivée d'Européens sur ce qui deviendra progressivement le Chili, les Larrain joueront un rôle central dans l'économie et la gouvernance du territoire. Aujourd'hui,la maison familiale historique de courtage en bourse et d'investissements financiers est la plus importante du pays, un des plus puissants groupes d'investissement du continent sud-américain. Dans les milieux entrepreneurial ou de la banque d'affaires, la famille occupe des postes clefs. Deux des trois partis politiques chiliens sont présidés par un Larrain (centre conservateur et centre-droit) et la famille Larrain donnera de nombreux ministres au pays, y compris sous la dictature militaire.

Alfonso, marquis de Larrain, est président de Concha y Toro, le cinquième producteur mondial de vin derrière le groupe français Pernod-Ricard. Alfonso Larrain et le baron Philippe de Rothschild ont associé leurs entreprises Concha y Toro et Mouton-Rothschild.

Carlos Larrain, avocat, est président du parti Rénovation nationale, le parti de l'actuel président de la République chilienne Sebastian Pinera (701e fortune mondiale).

Felipe Larrain, docteur en économie (Harvard) est actuellement le ministre des Finances chilien ; Hernan Larrain, sénateur conservateur a été président du Sénat chilien ; Bernardo Larrain, ancien directeur de la bourse, est aujourd'hui président de la banque BICE ; Eliodoro Larrain, entrepreneur, figure parmi les vingt hommes les plus riches du continent sud-américain d'après le magazine Forbes (fortune estimée à 1,5 milliard de dollars) ; monseigneur Juan Francisco de Larrain, évêque chilien, est créé cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du 25 mai 1985.

Les Larrain en France[modifier | modifier le code]

Des registres civils et militaires espagnols mentionnent une possible origine française de la famille Larrain avant le XIIe siècle. Mais c'est surtout au XXe siècle qu'on notera la présence des Larrain en France, par les arts ou la vie mondaine.

Le photographe Sergio Larrain, né à Santiago du Chili en 1931, sera un témoin privilégié du Saint-Germain-des-Près des années 1950 et 1960. Il devient membre associé de l'agence Magnum en 1959 et est exposé au MOMA de New York ; le photographe Gilles Larrain, né en 1939, ami de Salvador Dalí, vit aujourd'hui à New York et a réalisé les portraits des plus grands artistes du XXe siècle.

Raymundo de Larrain épousera Margaret Rockfeller en 1977. Il lui offrira une chaise roulante et une nouvelle dentition pour le mariage, mais la lestera surtout de 30 millions de dollars[1]. Margaret Rockfeller, Margaret de Cuevas de son premier mariage fera la une des gazettes mondaines sous le nom de Margaret de Larrain. Raymundo de Larrain, qui usurpera le titre de marquis de Larrain, était un ami intime du marquis de Cuevas, résident à Paris, quai Voltaire, amateur de ballets roses dont les frasques s'étaleront dans les gazettes.

Christian Larrain, ingénieur (université Stanford) et docteur en théologie de l'Institut catholique de Paris, a été dirigeant d'entreprise et a participé à la construction du parc Disneyland Paris. Il est aujourd'hui directeur de cabinet du recteur de l'université jésuite Universidad Alberto Hurtado et enseignant en management à l'université catholique de Santiago du Chili.

Notes et références[modifier | modifier le code]