Famille Javal

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La famille Javal est une famille originaire d'Alsace, qui a connu une ascension sociale certaine dès le début du XIXe siècle : « Les Javal étaient une famille juive d'importants industriels, négociants et banquiers solidement implantés, depuis plusieurs générations [en 1889] à Paris et en Europe (...) Les Javal [...] avaient depuis près d'un siècle réussi le saut dans la société industrieuse du XIXe siècle. Parmi la minorité qui a évolué vers les sommets de la société française et s'est intégrée à son élite, figurent les Javal. Cette famille a engendré au long du XIXe siècle des banquiers, des industriels, des professeurs de médecine, des hauts fonctionnaires, des députés et des artistes. Elle a su profiter pleinement de la politique d'ouverture prônée et imposée par Napoléon III car elle avait jeté de solides bases économiques dès le début du siècle. » [1].

« Les Javal, écrit Pierre Birnbaum, ont [...] connu une exceptionnelle réussite économique les intégrant davantage encore dans [le] petit milieu des Juifs de Cour. Depuis le tournant du [XIXe] siècle ils participent à nombre d’aventures économiques, du textile jusqu’aux chemins de fer, et ont noué avec les milieux d’affaires des liens étroits [...] au cœur d’un réseau industriel ouvert sur l’étranger, ils se lancent, dès la Monarchie de Juillet, dans des opérations financières d’envergure, amassant ainsi une fortune considérable qui les place aux premiers rangs de l’élite socio-économique. »[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1784, à la veille de la Révolution française, on recensait en Alsace 3 910 familles juives totalisant 19 624 individus[3]. Beaucoup d'entre elles s'y étaient implantées après les Traités de Westphalie de 1648 qui avaient rattaché l'Alsace au Royaume de France. Néanmoins, une législation discriminatoire, remontant au XIIIe siècle, leur interdisait de posséder des biens immobiliers, d'exercer des professions artisanales ou agricoles et de s'installer dans les villes ou villages de leur choix[4]. Ces discriminations furent abolies par le décret de l'Assemblée constituante du 28 septembre 1791 qui fit des Juifs des citoyens français à part entière. Les Javal furent l'une des premières familles juives d'Alsace à profiter de ces possibilités nouvelles.

La famille était originaire de Seppois-le-Bas. En 1808, les deux frères Javal, tous deux prénommés Jacques et dits respectivement « l'aîné » et « le jeune », obtinrent l'autorisation de créer une entreprise de tissage à Mulhouse en faisant valoir qu'ils donneraient ainsi du travail à leurs coreligionnaires et les aideraient à s'émanciper[5]. Dix ans plus tard, en 1819, les deux frères s'installaient à Paris et créaient à Saint-Denis une vaste manufacture d'impression et d'apprêtage d'indiennes qui emploierait jusqu'à 500 ouvriers. Ils créèrent une filature de coton dans les Vosges, puis une entreprise d'importation et d'exportation de balles de coton, intégrant ainsi complètement la filière de production des toiles imprimées. À côté de cette activité industrielle, ils développèrent une activité de maison de banque avec des bureaux à Lyon, Mulhouse, en Suisse et en Angleterre[6].

Jacques Javal l'Aîné se retira des affaires dès 1822 à la suite du décès de son épouse, Claire Schöngrun, bénéficiant des revenus d'une somme de 400 000 francs qu'il avait laissée en commandite dans les affaires que son frère continua à gérer et à développer avec le fils de Jacques l'Aîné, Joseph, qui épousa la fille de Jacques le Jeune et de Lucie Blumenthal, Julie. Dans la société créée le 1er novembre 1822 au moment du retrait de Jacques l'Aîné, la banque, de manière significative, est mentionnée avant les affaires industrielles. Progressivement, Jacques le Jeune et son neveu Joseph prirent des participations dans diverses affaires. Avec le banquier Jacques Laffitte, ils participèrent ainsi à la fondation des Messageries Royales. La société Javal se lança aussi dans des opérations immobilières à Paris, d'abord dans le quartier du boulevard Poissonnière, puis dans la Plaine Montsouris où ils créèrent des carrières de pierre qui servirent à édifier des hôtels particuliers dans le quartier de la Chaussée d'Antin.

Jacques Javal le Jeune est, de 1824 à 1829, le premier président du Consistoire israélite de Paris.

En 1826, Jacques Javal le Jeune était entré au Conseil des manufactures et, en 1828, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur, au titre de son activité industrielle, sur proposition du comte Chabrol de Volvic, préfet de la Seine. Il se fit construire un hôtel particulier au bas de la rue Taitbout tandis que son gendre et associé, Joseph, s'installait rue Chauchat. Lorsque Jacques le Jeune se retira des affaires en 1835, sa fortune dépassait 3 millions de francs.

Léopold Javal[modifier | modifier le code]

Jacques le Jeune commanditait alors son fils Léopold (1804-1872), alors âgé de 31 ans, pour une somme de 900 000 à investir dans de nouvelles affaires. Léopold investit dans des mines en Provence, dans des compagnies de canalisation, créa un bazar à l'enseigne « A la ménagère », préfiguration des grands magasins, un établissement de bains publics sur la Seine au pied de la Samaritaine, un quartier d'habitation pour ouvriers à Montrouge. En dix ans, il multiplia par trois le capital des sociétés familiales, qu'il porta de un à trois millions de francs, et accumula une fortune personnelle de 2 millions. Il prit le contrôle de l'établissement financier qu'il rebaptisa « Léopold Javal et Cie » et en prit la direction. À travers cette banque, il investit dans le développement des chemins de fer, dans les lignes Mulhouse-Thann et Strasbourg-Bâle, en association avec la maison Koechlin.

En 1834, il achète près de Villeneuve-l'Archevêque (Yonne) un domaine de 13 hectares, l'abbaye de Vauluisant, qu'il portera à 316 hectares par des acquisitions successives avec l'ambition d'en faire une ferme modèle, appliquant les dernières méthodes de culture. En 1847, il crée le concours agricole de Vauluisant, au succès grandissant d'année en année ; en 1862, il y adjoint un concours de ferrage[7].

En 1847, il achète une exploitation de 690 hectares à Andernos (Gironde), qu'il agrandira jusqu'à 3 000 hectares en 1860, centrés sur la commune d'Arès. Il y plante des pins pour fixer les dunes, exploite industriellement la gomme, fore des puits pour alimenter les communes en eau potable et éradiquer ainsi la fièvre typhoïde. Ces efforts lui valent la rosette d'officier de la Légion d'honneur en 1862.

Le 22 juillet 1838, il avait épousé à Mosbach (grand-duché de Bade) Augusta de Laemel (1817-1893), fille du financier Léopold von Laemel (1790- ?) et de la baronne Sophia von Eichthal, sœur du baron Simon von Eichthal (de), banquier installé à Augsbourg (Bavière). Le couple aura six enfants : Émile (1839-1907), Pauline (1842- ?), Ernest (1843-1897), Eugène (1846-1847), Alfred (1848- ?) et Sophie (1853-31.12.1947), épouse de Paul Wallerstein.

Toutefois, après 1850, il limita l'activité de la maison de banque à la représentation à Paris des maisons étrangères Merton et Cohen de Londres et Cahen de Bruxelles et ouvrit le capital, où il ne détenait plus que 500 000 francs à sa mort en 1872. Il laissait alors à sa veuve et à ses enfants une fortune de 7,5 millions de francs en valeurs. Le seul établissement de bains de la Samaritaine rapportait 12 % nets annuels d'un capital de près d'un million. En même temps qu’il s’éloignait de la banque, Léopold Javal avait mené une carrière politique comme conseiller général en Gironde à partir de 1851, avec le soutien du régime impérial, puis comme représentant du département de l’Yonne au Corps législatif à partir de 1857, où il se présenta d’abord comme républicain contre le candidat bonapartiste, et fut constamment réélu en 1863, cette fois-ci avec le soutien au moins tacite du régime impérial[8], puis en 1869 et 1871. Membre du Consistoire de Paris en 1841, il avait été élu au Consistoire central israélite de France en 1853 et devint vice-président de l’Alliance israélite universelle en 1868[2]. En 1862, il avait été fait officier de la Légion d’honneur. Il habitait, à la fin de sa vie, un hôtel particulier de vingt pièces rue d’Anjou, aux murs décorés de toiles de François Boucher, Claude Joseph Vernet, Canaletto, Andrea del Sarto, Bruegel et Rubens.

Lorsque Léopold Javal s'installe en "fond de bassin" en 1847, il acquiert une propriété du côté d'Andernos, qu'il agrandit d'Audenge à Arès et jusqu'au Porge pour constituer un vaste domaine de plus de 3 000 hectares. Financier, homme politique éclairé d'inspiration saint-simonienne, il commence par planter des pins, puis fore des puits et se passionne pour l'agriculture[9].

Les Weiller[modifier | modifier le code]

Paul-Louis Weiller, fils de l'industriel et homme politique Lazare Weiller (1858-1928) et d'Alice Javal, la première femme pilote d'avion, mène une intense vie mondaine entre les familles royales d’Europe, les grands hommes d’affaires et politiques (Aristote Onassis, Henry Ford II, Jean Paul Getty, Richard Nixon, Georges Pompidou…, avec qui Paul-Louis Weiller a parfois travaillé ou qui ont parfois travaillé pour lui, et les personnalités des arts, des lettres et du spectacle, qu’il rassemble dans le dernier des salons parisiens dans la tradition de ceux décrits par Marcel Proust. Paul-Louis Weiller finance aussi de nombreuses œuvres caritatives.

Patron d’industrie dès l’âge de vingt-neuf ans, de 1922 à 1940, Paul-Louis Weiller développe la plus importante entreprise de construction de moteurs d’avion d’Europe, Gnome et Rhône, qui deviendra la Snecma après sa nationalisation en 1945. À partir de 1925, il achète progressivement le capital de la compagnie aérienne CIDNA. Il participe à la création d’autres lignes aériennes vers l’Afrique. Elles seront toutes nationalisées en 1933 pour devenir Air France, dont il sera un des premiers administrateurs (il se voit offrir en 1933 par Pierre Cot, ministre de l’Air, la présidence d’Air France, mais il refuse).

Paul-Louis Weiller s’était marié, le 29 août 1922 à Paris, avec la princesse Alexandra Ghica, avec qui il eut une fille, Marie-Élisabeth (épouse Irisarri, morte en 2006), et dont il avait divorcé le 25 mars 1931. Il épousa en secondes noces Aliki Diplarakou (en), Miss Europe 1930. Aliki était la fille du diplomate Georgios Diplarakos. Elle a eu 3 sœurs, Nada Diplarakos qui épousa l'ambassadeur André Rodocanachi, Cristina Diplarakos, qui épousa le diplomate Henri Claudel, un fils de l'écrivain Paul Claudel[10], et Edmée Diplarakos qui épousa Spiros Vassilopoulos[réf. nécessaire]. Aliki épousa en secondes noces en 1945 Sir John (Jack) Wriothesley Russell (23 August 1914 - 3 August 1984), un Anglais descendant de John Russell, 6e duc de Bedford, et cousin germain du philosophe Bertrand Russell.

Ils eurent un fils, Paul-Annik Weiller[11] (1933-1998), qui épousa à Rome, à Santa Maria in Trastevere en 1965, Donna Olimpia Emmanuela Torlonia di Civitella-Cesi (b. Lausanne, Mont Choisi, 27 décembre 1943), fille de Don Alessandro Torlonia, 5e prince de Civitella-Cesi, et de l'infante d'Espagne Béatrice de Bourbon (elle-même fille du roi d'Espagne Alphonse XIII et de sa femme la princesse Victoire-Eugénie de Battenberg, descendante de la reine Victoria) et donc cousine germaine du roi Juan Carlos I d'Espagne.

La fille de Paul-Annik, Sibilla Weiller, épousa en 1994 Guillaume, prince de Luxembourg (1963), fils cadet du grand-duc Jean.

La Maison Houbigant[modifier | modifier le code]

La famille Javal a possédé en particulier la grande maison de parfum Houbigant.

Houbigant est une maison de parfum française créée en 1775 par Jean-François Houbigant. Elle fournit avant la Révolution la Cour de France et les grandes familles de l'aristocratie et de la bourgeoisie[12].

Au début du XIXe, Houbigant a notamment pour clients Joséphine (pour laquelle Armand-Gustave Houbigant crée un nouveau parfum en 1807) et la duchesse d'Orléans, mère de Louis-Philippe, La reine Marie-Antoinette; Napoleon et Napoleon III; Princesse Dagmar du Denmark, la femme du tsar Alexandre III de Russie (1890); Madame Du Barry, maitresse du roi Louis XV[13].

Il devient en 1838 fournisseur officiel de Victoria, reine d'Angleterre[réf. nécessaire]. Alfred Javal et Paul Parquet sont les copropriétaires de la société[12]. L'entreprise construit son usine à Neuilly-sur-Seine[14] : son premier grand succès est Fougère Royale, créé par Paul Parquet (en) en 1884, élaboré autour d'un accord de mousse de chêne, de bergamote, de salicylate d'amyle et de coumarine de synthèse, ce qui était novateur à l'époque[15].

Louise Weiss[modifier | modifier le code]

Louise Weiss, 1893-1983 [16], est une journaliste, écrivaine, féministe et femme politique française. Elle est la petite-fille d'Émile Javal.

Femme de convictions et marquée par l'horreur du premier conflit mondial, elle cherche à rapprocher la France et l'Allemagne. Elle fonde et dirige notamment la revue L'Europe nouvelle entre 1920 et 1934. Elle fait partie de l'entourage d'Aristide Briand, qu'elle a rencontré à Genève, lorsque celui-ci obtient l'adhésion de l'Allemagne à la Société des Nations. Elle quitte L'Europe Nouvelle à la suite de l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne qui marque l'échec de son projet européen et à cause des dissensions au sein de l'équipe de la revue, certains souhaitant encore une coopération avec l'Allemagne.

Affiche de La Femme nouvelle au Musée de Saverne.

Elle va alors s'engager dans le combat féministe et devenir militante pour le vote des Françaises, elle se présente aux élections législatives de 1936 dans le 5e arrondissement de Paris et mène des actions spectaculaires destinées à attirer l'attention de la presse. Elle fonde l'association "La Femme nouvelle" qui comptera plusieurs dizaines de milliers d'adhérentes. En 1936, elle aurait refusé un poste ministériel proposé par Léon Blum en lui répondant "j'ai lutté pour être élue pas pour être nommée" mais surtout Léon Blum, craignant leur vote clérical, n'est pas favorable au vote des femmes.

En 1971, elle crée une fondation qui porte son nom qui chaque année prime les auteurs ou les institutions ayant le plus contribué à l'avancement des sciences de la paix, à l'amélioration des relations humaines et aux efforts en faveur de l'Europe. Parmi les lauréats, on compte Helmut Schmidt, Médecins sans frontières, Anouar el Sadate.

Elle s'est engagée dans les premiers projets d'une union européenne et a été membre lors de la création du Parlement européen. À 86 ans, elle y prononcera, au titre de doyenne, un discours d'ouverture historique lors de la première session de ce nouveau parlement à Strasbourg en 1979.

Elle a été faite Grand officier de la Légion d'honneur en 1976, troisième femme seulement à recevoir ce grade dans cette décoration. En 1999, le nouveau bâtiment du Parlement européen à Strasbourg est nommé Louise Weiss en son honneur.

Chaque année est décerné le prix du journalisme Louise Weiss créé en 2005[17].

La promotion 2000 des administrateurs territoriaux de l'Institut national des études territoriales (INET) a pris le nom de Louise Weiss en sa mémoire[18].

Une rue porte son nom à La Roche-sur-Yon, en Vendée, ainsi qu'à Paris, dans le XIIIe arrondissement et à Armentières dans le Nord. Un lycée à Achères (Yvelines), un collège à Strasbourg (Bas Rhin), une école primaire à Magny-les-Hameaux (Yvelines) et une école maternelle à Valenciennes (Nord) portent son nom.

Émile Javal et Adolphe Javal[modifier | modifier le code]

Louis Émile Javal est un médecin, ophtalmologue et homme politique français né le 5 mai 1839 à Paris et mort le 20 janvier 1907 à Paris, considéré comme le père de l'orthoptie. Il fait ses études au lycée Bonaparte (aujourd'hui lycée Condorcet) à Paris, en compagnie de Sully Prudhomme et de Sadi Carnot, qui resteront ses amis. Admis à l'École des mines (promotion 1860 de l'École des Mines de Paris, il fut l'un des fondateurs et l'un des premiers trésoriers de l'Association amicale des élèves de l'École supérieure des Mines de Paris), il dirige les mines de l'Hérault. Mais, dans l'espoir de guérir sa sœur cadette, Sophie, atteinte d'un fort strabisme, il décide d'entreprendre des études de médecine et de se spécialiser en ophtalmologie.

Émile Javal devient un ophtalmologiste très en vue. Pendant la guerre de 1870, il est chirurgien-major de l'armée de Paris. Il invente l'ophtalmomètre et l'iconoscope et dirige jusqu'en 1898 le laboratoire d'ophtalmoloscopie de la Sorbonne, qu'il crée en 1879. Ses travaux sur le strabisme montrent la possibilité de rééduquer certains patients à l'aides d'exercices. Cette méthode lui permet de guérir effectivement sa sœur. En 1885, il est élu à l'Académie de médecine. Il est chevalier puis officier de la Légion d'honneur.

Il tient une rubrique régulière dans le grand quotidien Le Temps. Passionné de typographie et de graphologie et ami intime de Zola, il est sollicité pour expertiser l'écriture des documents invoqués pour accabler le capitaine Dreyfus lors du second procès en 1899. Il s'intéresse également à la physiologie de la lecture, qu'une commission ministérielle le charge d'étudier en 1884.

Conseiller général de l’Yonne, il retrouve de 1885 à 1889 le mandat de député de l'Yonne (arrondissement de Sens) qui avait été celui de son père. Il se situe à gauche quoique non inscrit. Fondateur en 1880 de la Ligue contre la dépopulation, son mandat lui permet de faire voter la loi Javal, qui exonère de la plupart des contributions directes les familles de 7 enfants et plus.

Son fils, Adolphe Javal, également professeur de médecine et spécialiste de biochimie. En 1904, il obtient le prix Desportes (thérapeutique médicale). Passionné d’agriculture, il réside la plupart du temps dans la propriété familiale de Vauluisant (Yonne) et publiera La Confession d’un agriculteur (1929). Ambitionnant de prolonger la carrière politique de son père et de son grand-père il se présenta plusieurs fois aux élections sénatoriales dans l’Yonne sans succès. Il fait partie des "197", les écrivains morts "pour la France" en 39-45 et dont les noms sont gravés au Panthéon.

Élisabeth Roudinesco[modifier | modifier le code]

Élisabeth Roudinesco est une universitaire, historienne et psychanalyste française, biographe de Jacques Lacan et auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur l'histoire de la psychanalyse, de la philosophie, du judaïsme et de la Révolution française. Louise Weiss était sa tante. Elle soutient sa maîtrise de lettres modernes avec Tzvetan Todorov à l’université Paris-VIII[19]. Elle a été élève de Gilles Deleuze[20] et en 1969 de Michel de Certeau qui l'a encouragée a écrire une histoire de la psychanalyse[21] et a suivi un an de cours avec Michel Foucault[19],[22].

En 1991, elle soutient son habilitation à diriger des recherches (HDR) en lettres et sciences humaines, sous la direction de Michelle Perrot, à l'université de Paris 7 ; le rapport de synthèse (100 pages) est intitulé Études d'histoire du freudisme : origines, invention doctrinale, mouvement institutionnel et implications dans la culture du XXe siècle[23].

Elle donne, depuis 1991, un séminaire sur l'histoire de la psychanalyse dans le cadre de l'École doctorale du département d'histoire de l'université Paris VII-Denis-Diderot (UFR de géographie, histoire, et sciences de la société, G.H.S.S.). Ce séminaire est rattaché depuis la rentrée 2011, au département d'histoire de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm[24]. De 2001 à 2007, elle est chargée de conférences à l’École pratique des hautes études, IVe section[19]. En 2007-2008, elle est intégrée à l'équipe d'accueil de Jacques Le Rider et Esther Benbassa à la Ve section de l'EPHE.[réf. nécessaire]

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Cerf Javal (1751-1819)
x (1) : Hindel Juda Blum
│
├──> Jacques Javal l'Aîné
│    x Claire Schöngrun (morte en 1822)
│    │
│    └──> Joseph Javal ( -1844)
│         x Julie Javal
│
├──> Jacques Javal le Jeune ( -1858)
│    x Lucie Blumenthal
│    │
│    ├──> Julie Javal
│    │    x Joseph Javal ( -1844)
│    │       
│    └──> Léopold Javal (1804-1872), banquier, agronome, député républicain de l'Yonne
│         x (22 juillet 1838) Augusta de Laemel (1817-1893)
│         │
│         ├──> Louis Émile Javal (1839-1907), ophtalmologiste, député de l'Yonne
│         │    x (30 juillet 1867) : Maria-Anna Ellissen (1847-1933)
│         │    │
│         │    ├──> Alice Javal (1869-1943)
│         │    │    x (23 mai 1882) Lazare Weiller (1858-1928), industriel, sénateur du Bas-Rhin
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Jean-Pierre Weiller (1890- ?)
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Marie-Thérèse Weiller (1890- ?)
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Georges-André Weiller (1892- ?)
│         │    │    │
│         │    │    └──> Paul-Louis Weiller (1893-1993), industriel et financier
│         │    │
│         │    ├──> Jeanne Félicie Javal (1871- ?)
│         │    │    x Paul Louis Weiss (1867-1945), ingénieur
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Louise Weiss (1893-1983), journaliste et écrivain
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Emile Jean Jacques Weiss (1894-1987), inspecteur des finances
│         │    │    │
│         │    │    ├──> André Eugène Paul Weiss (1899-1950), préfet
│         │    │    │
│         │    │    ├──> Francis Weiss
│         │    │    │
│         │    │    └──> Marie Jenny Emilie Weiss (1903-1987), pédiatre et psychanalyste
│         │    │           x Alexandre Roudinesco
│         │    │           │  
│         │    │           └──> Élisabeth Roudinesco (1944-), historienne et psychanalyste
│         │    │
│         │    ├──> Jean Javal (1871-1915), ingénieur, député de l'Yonne
│         │    │    x Lily Lévy (1882-1958), écrivain
│         │    │
│         │    ├──> Louis Adolphe Javal (1873-1944), professeur de médecine
│         │    │    │
│         │    │    ├──> 
│         │    │    │    
│         │    │    ├──> 
│         │    │    │
│         │    │    └──> Léopold Javal
│         │    │
│         │    └──> Mathilde Julie Javal (1876-1944)
│         │         
│         │  
│         ├──> Pauline Javal (1842- ?)
│         │    x Jean Théodore de Salemfelds, officier dans l'armée d'Autriche-Hongrie
│         │ 
│         ├──> Ernest Javal (1843-1897), préfet de la Creuse
│         │    x Marie Seligmann
│         │    │
│         │    └──> Marguerite Rachel Adèle (1879-1954)
│         ├──> Eugène Javal (1846-1847)
│         │
│         ├──> Alfred Javal (1848-1921), ingénieur et industriel
│         │ 
│         └──> Sophie Javal (1853-1947)
│              x (1878) : Paul Wallerstein (mort en 1903), ingénieur
│          
│
├──> 2 autres fils
│
│
│
x (2) : Keyle Felix

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Jacques Mousseau, Le Siècle de Paul-Louis Weiller. 1893-1993, Paris, Stock, 1998, p. 49)
  2. a et b Pierre Birnbaum, Op. cit., p. 288
  3. F. Raphael et R. Weyl, Regards nouveaux sur les Juifs d'Alsace, Librairie Istra, Éditions des Dernières Nouvelles d'Alsace, 1980, cité par J. Mousseau, Op. cit., p. 84
  4. J. Mousseau, ibidem
  5. J. Mousseau, Op. cit., p. 93
  6. Les détails sur le développement des affaires de la famille Javal sont tirés de : Emmanuel Chadeau, L'Économie du risque, Paris, Éditions Olivier Orban, 1988, pp. 236-266. Cet auteur a étudié spécifiquement la réussite économique de la famille Javal.
  7. Un paysan-factotum : Edmé-François Pailleret (1832-1908), fermier à Vauluisant. Des histoires sur l'Yonne - Livre 2. Tiré de Études villeneuviennes'. Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie du canton de Villeneuve-sur-Yonne, n° 26, Association "Les Amis du Vieux Villeneuve-sur-Yonne", 1998.
  8. Pierre Birnbaum, Les Fous de la République. Histoire politique des Juifs d'État de Gambetta à Vichy, Paris, Le Seuil, coll. Points, 1994, pp. 289-290.
  9. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/region/les-javal-wallerstein-weiller-ou-la-medecine-de-campagne_766081.html#UFA244OiUP1P7gAo.99 http://www.lexpress.fr/region/les-javal-wallerstein-weiller-ou-la-medecine-de-campagne_766081.html
  10. Henri est le troisième fils de Paul Claudel.
  11. Nécrologie.
  12. a et b De Feydeau, p. 935.
  13. http://www.houbigant-parfum.com/eu_en/the-house-of-houbigant.html
  14. http://www.neuillyjournal.com/actus/retro-actu/item/529
  15. De Feydeau, p. 901.
  16. (fr) « Biographie de Louise Weiss », sur www.magny-les-hameaux.fr (consulté le 7 juillet 2010)
  17. (fr) « Cafebabel vous présente le prix Louise Weiss du journalisme européen », sur coffeefactory.cafebabel.com (consulté le 7 juillet 2010)
  18. « Liste des noms de promo sur le blog des élèves administrateurs de l'INET »
  19. a, b et c CV Élisabeth Roudinesco consultable ici [1]
  20. Collectif, Pensées rebelles : Foucault, Derrida, Deleuze, Sciences humaines,‎ 2013, 192 p. (ISBN 9782361060770), p. 173. consulté le 24 juin 2013.
  21. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ca.
  22. «  Élisabeth Roudinesco avec Catherine Pont-Humbert » Entretiens dans l’émission « A voix nue », diffusé sur France Culture le 05 novembre 2007, [2]
  23. « Études d'histoire du freudisme : origines, invention doctrinale, mouvement institutionnel et implications dans la culture du XXème siècle », sur www.sudoc.abes.fr
  24. Cf. programme du séminaire 2013 sur le site du département Histoire de l'ENS.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Viey, « La famille Javal », in : Léo Hamon (dir.), Les Républicains sous le Second Empire, Entretiens d'Auxerre, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1993, p. 91

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]