Famille (ex-Enfants de Dieu)
La Famille ou La Famille Internationale ("The Family International") est le nom d'un groupe sectaire créé en 1968 sous le nom des Enfants de Dieu. Cette dernière organisation a été dissoute en 1978, mais a poursuivi ses activités sous diverses dénominations.
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Les débuts [modifier]
Le fondateur des Enfants de Dieu est David Brandt Berg (1918-1994), ex-pasteur de l'Alliance chrétienne et missionnaire, connu de ses adeptes sous le nom de Moïse-David ou encore MO. Après des études de théologie, David Berg quitte son Église en 1951 pour devenir télé-évangéliste. À la fin des années 1960, il s'installe à Huntington Beach, en Californie avec son épouse Jane et ses quatre enfants en se donnant pour but de porter son message religieux à la jeunesse hippie. C'est l'époque de la « Révolution de Jésus ». Les disciples sont regroupés par colonies. Assez rapidement, à la suite d'une vision, Berg quitte son épouse et ses enfants pour vivre avec Karen Zerby (dite Maria). En 1971, les Enfants de Dieu ne sont pas nombreux mais commencent à faire parler d'eux, notamment à la télévision. Berg affirme régulièrement avoir des révélations fournies par son ange gardien Abrahim. L'interprétation qu'il fait de la Bible commence à dévier sérieusement de celle des religions chrétiennes établies car il demande à ses disciples de rejeter et de haïr leur famille, leurs amis et leur employeur. Assisté de David Hoyt et Linda Meissner, Berg développe le mouvement qui dénombre 400 adeptes, regroupés en six colonies, en 1972. Les Enfants de Dieu traversent même l'Atlantique et un hippie français, Joseph, fonde une colonie à Paris. Un fils de Berg meurt à cette époque et le gourou s'intéresse à la communication avec les morts. Un jour, Berg annonce à ses disciples que le 4 décembre 1973, une comète détruira les États-Unis en frôlant la terre. 2 000 de ses disciples émigrent alors en Europe pour se mettre à l'abri. Berg aura un temps son quartier général en France. En 1974, les Enfants de Dieu sont 4 000, répartis dans 170 colonies.
Prostitution « sainte » [modifier]
En 1975, Berg met au point le flirty-fishing, une forme de prostitution missionnaire : certaines jeunes femmes étaient encouragées à user de leur charme aux fins d'attirer de nouveaux adeptes et/ou d'inciter certains décideurs influents à percevoir favorablement la secte et son gourou. Cette méthode sera interdite par Berg lui-même en 1987. Une autre rentrée d'argent de l'organisation est la vente sur des marchés de disques, de cassettes et de posters par les adeptes. Le flirty-fishing et d'autres malversations causent des difficultés judiciaires à l'organisation. Les Enfants de Dieu sont ainsi officiellement dissous en France en 1978 pour « racolage et prostitution »[1], et interdits dans de nombreux pays. L'organisation s'est préalablement auto-dissoute, mais se reconstitue vite sous le nom de la « Famille d'Amour » (the Family of Love).
Berg se réfugie en Asie où il continue son activité. Il voyage beaucoup et sa trace est régulièrement perdue jusqu'à ce que l'on apprenne son décès en 1994. L'organisation est depuis dirigée par sa veuve, Karen Zerby.
Noms [modifier]
Après sa dissolution en 1978, la secte des Enfants de Dieu continue d'exister sous divers noms, notamment Famille d'Amour, Mission pour le Monde, Heavens Boys and Heavens Girls Ministries, Heavenly Magic, Service Mondial, Les Flèches Chantantes, Heavens Love, Familles sans Frontières, Centre au service des Familles, Service Missionnaire International, Action Missionnaire Internationale, Écoles Internationales du XXIe siècle, La Famille, et actuellement La Famille Internationale.
Membres célèbres [modifier]
- Les acteurs River Phoenix, Joaquin Phoenix, Rain Phoenix et Summer Phoenix ont grandi comme membres des Enfants de Dieu dont leurs parents faisaient partie, ainsi que Christopher Owens, chanteur du groupe américain Girls.
- L'actrice Rose McGowan a grandi dans une communauté des Enfants de Dieu en Italie.
- Le musicien Jeremy Spencer, ex-guitariste de Fleetwood Mac, est membre depuis 1971.
Références [modifier]
Notes [modifier]
- Des enfants illégitimes… Les enfants de Dieu, article sur le site Prévensectes citant le Journal Officiel du 29 décembre 1978 [lire en ligne].
Bibliographie [modifier]
- Celeste Jones, Kristina Jones et Juliana Buhring (trad. Laure Motet), Jamais sans mes sœurs [« Not without my sister »], Paris, K & B, coll. « Témoignage », 2007, 371 p. (ISBN 2-915957-51-7 et 978-2-915957-51-8) (OCLC 470991400) (notice BnF no FRBNF41363729r)
- Bernard Blandre et Jean-François Mayer, « Dossier des enfants de Dieu », Sectes, petites Églises et réseaux mystiques, Sarreguemines, Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, no 1, 1993
- Bernard Blandre, « Les origines des enfants de Dieu », Sectes, petites Églises et réseaux mystiques, Sarreguemines, Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, no 2, 1994
- Bernard Blandre, « La sexualité des enfants de Dieu », Sectes, petites Églises et réseaux mystiques, Sarreguemines, Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, no 6, 1999
- Jeanine Hervé (propos recueillis par) et Marie-Christine C. (préf. Alain Woodrow), Confession d'une Enfant de Dieu : quand une secte encourage ses adeptes à se prostituer, Paris, Rochevignes, 1985, 191 p. (ISBN 2-86737-018-3 et 978-2-86737-018-2) (OCLC 461704135) (notice BnF no FRBNF348699335)
Réédité ultérieurement sous le titre Séphora, prostituée de Dieu chez La Duraulée.
- Centre Roger-Ikor, Les Sectes, état d'urgence : mieux les connaître, mieux s'en défendre en France et dans le monde, Paris, Albin Michel, 1995, 321 p. (ISBN 2-226-07711-1 et 978-2-226-07711-0) (OCLC 300104293) (notice BnF no FRBNF366835647)