Faluche

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Une faluche nantaise.
Adolphe Foucart, représentant la Belgique au premier Conseil fédéral de présidence de la Corda Fratres - Fédération internationale des étudiants en 1898, avec sa faluche.

La faluche, depuis 1888, est la coiffe traditionnelle des étudiants de France et remplace la toque datant du Moyen Âge. C'est un béret de velours noir orné de rubans de couleur et d'insignes.

La faluche est portée par plusieurs traditions estudiantines, notamment les bitards, les basochards et les faluchards. Au fil du temps, la faluche a été associée presque exclusivement aux faluchards, alors que d'autres folklores la portent. Le port de la faluche est fortement tombé en désuétude depuis la fin des années 1960. Lors des mouvements étudiants de mai 1968, la faluche fut désignée, dans certaines facultés, comme symbole du militantisme réactionnaire et de la soumission au mandarinat.

Les faluchards ont leurs équivalents hors de France avec la Goliardia, les Tunas universitaires, la Penne, la Calotte, etc.

Sommaire

[modifier] Histoire

En tête du cortège des étudiants à la cavalcade de la Mi-Carême au Carnaval de Paris le 9 mars 1893 : les « Éclaireurs vélocipédistes des facultés », montés sur des vélos fleuris, la faluche sur la tête[1].
Programme du cortège des étudiants parisiens pour la Mi-Carême 1893.
Un étudiant de Bordeaux vers 1900, avec sa faluche[2].

[modifier] Les débuts

En juin 1888 sont organisées sous l'égide de Giosuè Carducci[3] les grandes fêtes de Bologne pour le huit centième anniversaire de l'Alma Mater Studiorum, l'université de Bologne[4], la plus ancienne d'Europe. Connues aujourd'hui comme « fêtes de Bologne », leur nom officiel italien était : Congresso Nazionale ed Internazionale degli Studenti Universitari (Congrès National et International des Étudiants Universitaires).

Étaient présentes des délégations universitaires de quantité de pays.

Au nombre de celles-ci, il y avait une délégation française, mandatée tout à la fois par l'Association générale des étudiants de Paris appelée aussi l'« A », fondée en 1884, et le président de la République Sadi Carnot. Elle se composait de six étudiants : Chaumeton, Chandebois, Stœber, Bernard, Franck et Demolon[5].

Cette grande rencontre festive entre jeunes allait stimuler le folklore étudiant de deux pays : l'Italie et la France.

Sur la suggestion de Giosué Carducci, les Italiens fondèrent les ordini goliardici (ordres goliardiques), appelés couramment la Goliardia. Les Français fondèrent la Faluche.

Il s'agissait de sociétés festives et carnavalesques. Les Italiens se réclamaient de la tradition des goliards, de Bacchus, du Tabac et Vénus, les Français de François Rabelais.

À la vue des costumes particuliers portés par des délégations étudiantes, capes et larges rubans, chapeaux ornés d'une cuillère, des Tunas universitaires[6], casquettes, uniformes et sabres des Burschenschaft[7], etc. les Français se choisirent comme signe distinctif le béret bolognais en velours noir, qui portera pour eux le nom de faluche et sera également le nom de leur nouvelle organisation.

Les Italiens, pour la Goliardia, adoptèrent une coiffe genre Robin des Bois : la feluca, appelée aussi goliardo, piléo ou berretto universitario (béret universitaire).

Le 25 juin 1888, la délégation étudiante française arrive à Paris de retour de Bologne.

Le nouveau béret étudiant fait sensation dans le milieu universitaire du Quartier latin. Il suscite force débats.

On en trouve un écho en 1889 dans la chanson Le Béret au Quartier latin[8], écrite par le chansonnier Albert Vacher, membre de la célèbre goguette du Caveau.

Sur cette couverture en couleurs de Paul Merwart, pour une revue sortie à l'occasion de la Mi-Carême 1896 à Paris, figure un étudiant portant la faluche.

Finalement la faluche est adoptée par l'ensemble des étudiants de France lors des fêtes organisées à l'occasion du VIe centenaire de l'université de Montpellier, qui ont lieu du 22 au 25 mai 1890.

En 1893, les étudiants parisiens faluche sur la tête rejoignent en masse les grandes fêtes de la Mi-Carême à Paris.

Le Journal illustré, qui décrit le cortège, parle de la faluche[9] :

En tête, six jeunes gens montés sur bicyclettes et commandés par une jeune fille sur tricycle. Tous sont en tenue ordinaire, maillot et blouse multicolores avec le béret officiel, que les étudiants semblent vouloir faire revivre[10].

Par la suite et jusqu'en 1946, la participation des étudiants au Carnaval de Paris est très remarquée. Pour le Parisien comme pour le provincial, la faluche est devenue « le béret des étudiants ».

Durant plusieurs décennies il va apparaître indissociable de l'étudiant dans toute la France. Sa notoriété dépassant la Faluche comme organisation.

[modifier] La Faluche sous l'Occupation allemande

Le 11 novembre 1940, des centaines d'étudiants parisiens se rendent à l'Arc de Triomphe. Ils veulent honorer la mémoire du soldat inconnu et protester ainsi contre l'occupation militaire allemande de la France.

C'est la première manifestation publique contre l'occupant. Elle est sévèrement réprimée.

Les étudiants y sont venus la faluche sur la tête. Ce signe distinctif sera interdit sous l'Occupation.

Il sera néanmoins toléré chaque année le 6 décembre jour de la Saint Nicolas.

Une plaque commémorative apposée sous l'Arc de Triomphe rappelle aujourd'hui le souvenir de la manifestation étudiante du 11 novembre 1940.

[modifier] Après 1968

En 1968 et durant les années 1970, surviendra une forte politisation du milieu étudiant dans différents pays : Allemagne, Italie, Japon, Mexique, Pologne, Tchécoslovaquie et aussi en France.

Le développement d'organisations politiques étudiantes d'extrême gauche en France n'ira pas sans remettre en cause l'exhibition des faluches.

Pour les militants étudiants d'extrême gauche qui se réclament de Lénine, Trotsky, Mao Tsé Toung ou Che Guevara, la Faluche évoquant François Rabelais apparaît dépourvue de sens. Elle se déclare apolitique, ce qui pour eux revient à être de droite mais déguisé. Se présentant comme festive et identitaire, la Faluche admet en son sein des étudiants de toutes opinions ou sans opinions politiques, y compris de droite ou d'extrême droite.

La Faluche sera victime de l'hostilité de certains militants étudiants d'extrême gauche, mais tout autant d'une majorité d'étudiants se déclarant simplement « progressistes » et considérant que la Faluche amène des débordements autoritaristes, machistes et sexistes « d'une autre époque » et indignes[11]. L'acquisition et le décor d'une faluche représentait aussi une dépense non négligeable pour des étudiants pauvres, « fils d'ouvriers » (équivalant à environ deux mois d'abonnement au bus). Cette hostilité se traduisant en particulier par la pratique du vol des faluches. Depuis cette époque, elles sont reliées par un solide cordon décoratif au vêtement de ceux qui les portent.

D'une façon générale les traditions étudiantes connaîtront un large recul à la fin des années 1960 et durant les années 1970.

Ce phénomène ne sera pas propre uniquement à la France. Cette période a été baptisée en Italie par les étudiants de la Goliardia le sonno (sommeil).

[modifier] Aujourd'hui

La Faluche est toujours présente dans quantité de villes universitaires françaises.

Elle est aujourd'hui, avec les Fanfares des Beaux-Arts, une des deux plus anciennes traditions étudiantes de France.

Depuis 1988, année de son centenaire[12], elle organise un congrès annuel qui prend la forme d'une grande rencontre festive à laquelle participent des délégations d'organisations sœurs étrangères, comme les Tunas universitaires ou la Goliardia.

[modifier] Organisation

[modifier] Hiérarchie

Nées ensemble la même année 1888 aux Fêtes de Bologne, la Goliardia et la Faluche présentent de grandes similitudes de structure et mentalité.

Les échanges entre la Goliardia et la Faluche furent très importants de 1888 à 1914, soit durant 26 ans, ce qui est beaucoup à l'échelle de la vie étudiante, où le cursus le plus long, celui de médecine, dure aujourd'hui 10 ans. En 1904, par exemple, l'Association générale des étudiants de Paris a reçu et fêté une délégation de 284 étudiants italiens à Paris[13]. La Grande Guerre et ses suites politiques, Fascisme et isolement de l'Italie, ont conduit les relations Goliardia-Faluche à pratiquement s'interrompre. Les deux traditions continuent depuis, comme deux rameaux indépendants issus d'un même arbre. Elles ont cependant conservés nombre de caractères communs.

La Goliardia et la Faluche sont organisées par villes et comptent des ordres burlesques de chevalerie créés au fil des années, des titres ronflants et comiques caricaturant de vrais titres officiels existants. La Goliardia a ses Pontifex Maximus (Grands Pontifes), la Faluche possède ses trois Évêques et son Grand Vicaire.

Un titre qu'on rencontre pareillement dans les deux traditions sœurs est celui de Grand Maître. En Italie, cela donne en italien Gran Maestro ou en latin Magnus Magister. Le Grand Maître existe dans la plupart des filières universitaires où la Faluche se produit. Il est garant du respect des traditions. À ses côtés se rencontre parfois un Grand Chambellan.

Ces deux fonctions sont fréquemment désignées par leurs seules initiales : le Grand Maître devient ainsi le GM, le Grand Chambellan le GC.

Les trois évêques de la Faluche sont :

  • À Poitiers : l'évêque du Sud, premier à être institué.
  • À Amiens : l'évêque du Nord.
  • À Dijon : l'évêque de l'Est.

Le Grand Vicaire est basé à Paris.

Leur rôle consiste à servir de confident, médiateur et célébrer les « mariages faluchards ».

Il existe également dans la Faluche la fonction de Grand Alchimiste ou GA. On ne le rencontre qu'à Montpellier chez les étudiants en Sciences et Pharmacie, à Tours chez les étudiants en Sciences, à Rouen chez les étudiants en Pharmacie et chez les étudiants de Limoges.

Les GM, GC, GA, et autres dignitaires faluchards sont élus.

[modifier] Insignes

S'agissant des ordres de chevalerie, un ruban ou un insigne particulier le rappelant, peut exister, porté sur sa faluche par celui qui y adhère.

Les GA et GC porte une croix avec écrit dessus : au mérite. Elle est suspendue à un ruban de la couleur propre à la filière à laquelle ils appartiennent.

La croix de GM est blanche, émaillée. La croix de GC dorée.

À Valence, les GC portent un simple ruban taillé en biseau. En Sciences à Nantes, Poitiers et Grenoble il s'agit aussi d'un simple ruban sans croix mais taillé en pointe.

Les évêques portent comme insigne un chevron portant un E supporté par une double palme.

[modifier] Unification des codes

Les codes de fonctionnement de la Faluche, qui étaient transmis oralement dans les différentes villes ont fini par diverger.

Cherchant à les unifier, une réunion se tint à Lille le 8 mars 1986 qui rédigea une synthèse des différents codes existants, inspirée du code de Toulouse.

C'est dans cette dernière ville que ce texte fut adopté comme code national de la Faluche en décembre de la même année.

Deux années plus tard, lors du congrès du centenaire de la Faluche à Reims, ce code fut enrichi. Il inclut ainsi des particularités propres aux faluchards de Montpellier.

Ce code est actualisé tous les ans lors du congrès anniversaire.

[modifier] Une coiffe codifiée

Depuis 1986, le code national régit les couleurs et insignes de la faluche. Ceux-ci permettent de connaître le parcours universitaire, les goûts, qualités et défauts de celui qui le porte. Un certain nombre d'insigne concerne la vie sexuelle, comme l'épée figurant le fin baiseur ou le rapport à la boisson comme la bouteille de champagne attestant un coma éthylique prouvé. Ces insignes devant être décernés par des tiers au porteur. On peut apprendre quantité de choses en lisant la faluche. Par exemple si son porteur a redoublé, a changé de filières en cours d'études, est homosexuel, etc. Un insigne à caractère romantique indique suivant la façon dont il est porté si le cœur du porteur est pris ou à prendre. Dans l'intérieur de la faluche sont portés des indications personnelles non publiques. Cette partie est appelé le potager.

Une partie de la faluche est réservée aux insignes officiels, l'autre est à la fantaisie de son propriétaire. Il y met par exemple l'écusson d'une ville qui lui est chère, des insignes fantaisie, etc. La manière de coudre sa faluche varie suivant les codes.

On pourra voir, par exemple, sur le site Internet de l'AECDN - Association des Étudiants en Chirurgie Dentaire de Nancy, la manière la plus courante de le faire en Dentaire, Médecine ou Pharmacie à Nancy[14].

Il existe aussi des faluches d'honneur, décernées à titre honorifique à des non faluchards et qui ne portent aucun insigne, étant donné que leurs propriétaires n'ont pas connu de parcours de vie en tant que faluchards.

[modifier] Circulaire

Le circulaire est recouvert d'une bande de tissu reprenant les couleurs de la discipline étudiée. Ce tissu est en satin, sauf pour les filières ayant trait à la santé, pour lesquelles il est en velours. La couleur permet de différencier les filières.

Tissu Filière Couleur Insigne
Velours[15] Médecine Rouge[16] Caducée de la médecine(PCEM1 ou PAES : Tête de mort sur fémurs croisés)
Chirurgie Dentaire Violet Molaire supérieure
Paramédical Rose Caducée de Mercure pour les Kinés, ou Ciseaux avec initiales de la filière
Pharmacie Vert Caducée de la pharmacie(Serpent autour de la coupe d'Hygie)
PACES Marron ciseaux
Ostéopathie Bleu Sphénoïde
Sage-femme Fuchsia[17] Croix d'Ânkh
Vétérinaire Bordeaux Tête de cheval
Humanitaire Blanc Lettres de l'école
Satin
Administration Économique et Sociale Vert clair Lettres « AES »
Archéologie Jaune Tête de Sphynx
Architecture Bleu Équerre et compas
Arts du spectacle Bleu Masques de comédie
Beaux-arts Bleu Palette et pinceau
Cinéma Bleu Clap de cinéma
BTS Blanc Lettres « BTS »
Classes préparatoires aux grandes écoles Marron Chouette à deux têtes
Droit Rouge Balance de la justice et glaive
École de commerce Rouge et vert Caducée mercure (deux serpents autour d'un bâton)
École d'ingénieurs Bleu roi et noir Étoile et foudre
Éducation physique et sportive Vert foncé Coq, lettres « STAPS » ou « UFRAPS »[18]
Géographie Jaune Globe
Histoire Jaune Casque de Périclès/ Profil d'Athéna coiffée du casque de Périclès
IUP Aux couleurs de la discipline de rattachement Lettres « IUP »
IUT Blanc[19] Lettres « IUT »
Lettres et langues Jaune Livre ouvert avec plume
Musique et Musicologie Argenté Lyre
Œnologie Saumon Grappe de raisin
Psychologie Jaune Lettre « psi »
Sciences Violet Palmes croisées chêne et laurier avec initiales de la discipline
Sciences économiques, Gestion Orange Caducée mercure (deux serpents autour d'un bâton)
Sciences Politiques Rouge et bleu Parapluie fermé
Sociologie Jaune Grenouille

[modifier] Particularités

[modifier] Les villes régies par le code national

Sans pour autant avoir un code particulier, de nombreuses villes comportent des particularités ou traditions. Certaines sont antérieures à l'harmonisation nationale du code et perdurent aujourd'hui.

  • À Amiens, Reims et Rouen, les rubans de ville et de régions sont en velours, rappelant ainsi la tradition tisserande d'Amiens et le don fait (lors de l'organisation d'un évènement faluchard) de cette particularité à ces deux autres villes.
  • À Angers, un ruban allant du frontal à l'occipital est mis aux couleurs de la filière; les étudiants en filière du jouet ont pour couleur le satin marron et pour emblème le nounours; les géographes ont un circulaire jaune et violet.
  • À Bordeaux, la devise se trouve sur le circulaire, sous le surnom.
  • À Dijon, les rubans sont en velours car c'est la ville qui a organisé les États Généraux en 1989.
  • À Grenoble, les initiales sont en lettres brodées, les Grands Chambellans portent un ruban taillé en pointe (et non une croix), et les filleuls offrent une « tresse de parrainage » à leur parrain ou marraine ; ces deux dernières particularités viennent de Valence, ville voisine, dont de nombreux faluchards ont poursuivi leurs études à Grenoble. Il n’y a pas de serment à la fin du baptême.
  • À Lille, rien ne pend de la faluche, à part les rubans d'élus, le ruban de la grande coupeuse et le ruban de puceau officiel (particularité Droit), le Grelot, les Croix de GM et GC, la quille (pour ceux ayant effectué leur service militaire) ou le pendu (marié).
  • À Limoges, les Grands Maîtres cousent une cordelette (brette) dorée autour des rubans de leur faluche, et les Grands Chambellans cousent quant à eux une cordelette argentée. Un Grand Alchimiste est également intronisé ; sa cordelette est cuivrée. « Grand Maître un jour, Grand Maître toujours » : les GM gardent leurs croix durant toute leur vie falucharde et ne la changent pas de côté après la passation; pour les différencier des GM "en exercice", ils ajoutent un petit soleil doré au dessus de leur croix.
  • À Lyon, les étudiants militaires du service de santé des armées, ou santards, portent un troisième ruban, bleu-blanc-rouge, entre les deux autres rubans. Au milieu de ce ruban tricolore, se trouve l'insigne de l'École du service de santé des armées de Lyon-Bron. En Pharmacie, toujours à Lyon, le seul et unique attribut du grand maître est un soleil porté au frontal, au-dessus du circulaire vert. En Dentaire, le ruban du circulaire est bordeaux, comme à Rennes. Pour les AES, les insignes et couleurs sont : satin rouge avec glaive et balance, et les lettres AES.
  • À Nancy, il y avait plusieurs particularités, mais il a été décidé de ne plus les appliquer pour arrêter les dérives. Par exemple, les sages-femmes portaient jusqu'en 2003 un velours rouge (pour Médecine) avec un liseré de dentelles. Les étudiantes de l'ESSTIN portaient jusqu'en 2002 un satin bleu clair. Il ne reste plus que deux particularités à Nancy : les étudiants en Psychologie portent un circulaire jaune et violet en satin, et les étudiants en IAE en portent un orange et rouge, en satin aussi.
  • À Nantes, les parties personnelles et étudiantes sont inversées. Un pompon rouge se dresse au sommet, rappelant les origines portuaires de la ville. Par extension, ce symbole est toléré pour toute origine d'une ville portuaire.
  • À Nice, la faluche est dirigée par un conseil de 12 chevaliers de la faluche, désignés par leurs pairs. Le Grand Maître, les 2 Grands Chambellans et le Grand Délateur sont choisis parmi les 12 chevaliers.
  • À Pau, il n'existe qu'une croix de ville et non de filière transmise de grand maître en grand maître. La faluche biarrote est également rattachée à celle de Pau. Il y a donc un grand maître palois et deux grands chambellans qui l'assistent (à Pau et à Biarritz).
  • À Poitiers, tous les rubans sont tressés. La couleur du circulaire Sage-femme est en velours rouge. L'évêque du sud y est nommé. Le nounours, insigne du gros dormeur, y a été créé.
  • À Rouen, il existe une troisième croix, celle du GD (Grand Délateur), qui a pour rôle de préparer et d'administrer les sanctions pendant les baptêmes. Les anciens ingénieurs ont pour circulaire un gros ruban bleu avec un liseré noir au milieu. Le ruban de ville de Rouen est, pour les étudiants du pôle Pasteur (Droit-Eco-Gestion), aux couleurs de Jeanne d'Arc (bleu ciel et blanc). L'insigne « Masque de comédie », qui est l'insigne pour les études de théâtre, a été créé pour une falucharde rouennaise.
  • À Toulon, la faluche n'a pas de Grand Maître ni de Grand Chambellan. C'est une assemblée de Toulonnais qui décide du jury et des officiants au début du baptême, par vote.
  • À Tours,Les Géo sont en jaune et violet, les Histoire de l'Art en jaune et bleu, l'insigne de la loutre distingue les amateurs de charcuterie.
  • À Valence, la couleur d'un circulaire BTS est rouge, blanc, rouge. De plus, les GM et GC sont appelés Bitards Valentinois (en honneur des Bitards Poitevins, qui ont intronisé les premiers Grands Maîtres valentinois). Il existe une tresse de parrainage (aux couleurs de la ville de naissance et de la province de naissance) ; elle est offerte par le filleul au parrain lorsqu’il estime son travail accompli.
  • À Perpignan, la faluche est dotée de 5 passants ainsi que d'une paire de petites bigatannes suspendue à l'arrière de celle-ci.

Après que le fondateur de la faluche perpignanaise eut découvert la faluche à Strasbourg (la faluche Strasbourgeoise étant doté de 6 passants), une erreur eut lieu sur le nombre de passants lors de la commande. L'histoire retiendra qu'un passant s'est perdu entre Strasbourg et Perpignan.

[modifier] Les codes locaux

Les faluchards alsaciens, montpelliérains, ainsi que ceux de la Corpo de l'Université Paris II - Panthéon Assas et de la Corpo Lyon 3, possèdent un code différent de celui habituellement appelé code national.

La faluche alsacienne date de 1909, alors que les étudiants en pharmacie de Strasbourg la ramènent d'un congrès de Nancy, en signe de ralliement aux idées françaises. En Alsace, le code a très peu évolué, les évolutions étant essentiellement dues à l'arrivée de nouvelles filières.

Outre des différences en termes de couleurs de filières, d'insignes et de disposition des rubans, la faluche alsacienne est reconnaissable à l'existence de passants sur une circonférence souple et l'absence de ruban de ville ou de région, l'écusson de ville se suffisant à lui-même[20]. L'appartenance du faluchard au conseil d'administration ou au bureau d'une association de filière se traduit par la présence d'un « V » partant de l'arrière de la faluche et pointant vers son centre, aux couleurs de la filière[20].

Les Grands Maîtres sont remplacés par des TVA (Très Vénérables Anciens) cooptés parmi les faluchards ayant plus de deux ans de faluche[20]. Ils peuvent être issus de toutes filières et ont pour mission d'être les garants des traditions faluchardes, particulièrement lors des différentes cérémonies. Les faluchards peuvent porter le ruban du souvenir en mémoire des étudiants alsaciens partis à Clermont-Ferrand durant la Seconde Guerre mondiale[20].

La faluche se distingue par la présence de quatre crevés aux couleurs de la discipline principale étudiée, formant ainsi quatre parties de velours noir égales. Cette tradition rend hommage à Rabelais qui fit ses études à la Faculté de Médecine de Montpellier au XVIe siècle. L'origine exacte en restant inconnue.

Les couleurs de filière peuvent différer du code national -tels les étudiants en psycho avec le satin jaune et violet-, et quand ce n'est pas le cas, les crevés adoptent parfois une couleur différente du circulaire (tel le violet pour les ingénieurs qui portent le circulaire noir et bleu traditionnel). Les circulaires sont en tissu satin et non en velours pour les filières médicales.

  • À Paris II - Panthéon Assas

Les faluchards de la Corpo Assas (Corporation de l'Université Paris II - Panthéon Assas) portent une faluche dont l'écusson de Paris se situe au centre du velours. Les rubans partant du centre vers l'extérieur, le velours est divisé en quatre parties par les rubans de l'université, de Paris, et de membres ou élus d'Asso.

Le code diffère également au niveau des couleurs de certaines filières (sciences-éco, gestion...), il s'inspire du code de Toulouse de 1966 mais intègre quand même des modifications qui sont survenues ces dernières années.

Le Code utilisé par les faluchards d'Assas est souvent appelé de manière erronée Code de Paris, les faluchards parisiens étant au Code National.

Cette disposition a ensuite été exportée à la Corpo Lyon 3 et plus tardivement, par Lyon, aux Corpo Droit de Bourg-En-Bresse. Lors de la création du Code Lyonnais Unifié et Solidaire, cette disposition a été réutilisée, mais le code national existait déjà.

[modifier] Congrès anniversaire

À l'occasion du centenaire de la coiffe, les faluchards ont organisé un congrès à Reims. L'initiative est depuis reprise chaque année.

Anniversaire Ville Date
100e Reims 25 et 26 juin 1988
101e Dijon 23 au 25 juin 1989
102e Lille 22 au 24 juin 1990
103e Clermont-Ferrand 23 au 25 juin 1991
104e Poitiers 24 au 26 juin 1992
105e Nancy 3 au 5 juillet 1993
106e Toulouse 1 au 3 juillet 1994
107e Paris 30 juin au 2 juillet 1995
108e Orléans 28 au 30 juin 1996
109e Montpellier 27 au 29 juin 1997
110e Reims 3 au 5 juillet 1998
111e Grenoble 25 au 27 juin 1999
112e Lille 30 juin au 2 juillet 2000
113e Poitiers 29 juin au 1er juillet 2001
114e Paris 28 au 30 juin 2002
115e Bordeaux 27 au 29 juin 2003
116e Toulouse 2 au 4 juillet 2004
117e Lyon 8 au 10 juillet 2005
118e Onzain 7 au 9 juillet 2006
119e Montpellier 29 juin au 1er juillet 2007
120e Reims 4 au 6 juillet 2008
121e Strasbourg 3 au 5 juillet 2009
122e Grenoble 2 au 4 juillet 2010
123e Aix-en-Provence 8 au 10 juillet 2011

[modifier] Autres folklores faluchards

Quoique la faluche soit, selon son code, l’apanage des étudiants de France, elle a été également portée en Belgique, sous une dénomination différente.

[modifier] La faluche liégeoise

C’est après avoir vécu une forme de bizutage que dans l’école d'armurerie Léon Mignon (enseignement secondaire), depuis approximativement 1960 et ce pendant une dizaine d’années, se décerna la faluche. Elle y fut remplacée ensuite par des pennes brunes, mais l’Association Générale des Étudiants de Liège mit un frein à ces pratiques. Cela révolta un peu les étudiants car plus de 90 % des élèves y étaient d’origine française, et la plupart de ceux-ci possédaient déjà leur baccalauréat !

L’étudiant ne se découvre pour personne lorsqu’il est « en faluche ». Ce bonnet disparaîtra peu de temps après la première guerre. Il réapparaîtra sans grand succès après 1945, lors des congrès de l’Association des étudiants d’expression française.

Le Fond Jean-Denys Boussart a placé sur internet une collection de faluches liégeoises anciennes. L’une d’elles provient visiblement de la Faculté de Pharmacie, ce qui semble logique puisque le Chant de Pharma et celui de l’école d’armurerie sont sur le même air, et seuls changent quelques mots. Ce chant semble issu d’un chant faluchard français d’étudiants en pharmacie.

[modifier] Le béret de Bohème

« Ils vont par groupe, jeunes et gais, les uns débraillés, les autres pimpants et coquets, coiffés de béret de velours et faisant tournoyer des cannes jaunes de faux jonc. » Ce couvre-chef devint ensuite celui des étudiants flamingants de Louvain (couleur grenat).

[modifier] La faluche de l'Université libre de Bruxelles

Jean Dratz n’immortalisa que des faluches de l’Université libre de Bruxelles dans ses chansons estudiantines éditée en 1959, délaissant la penne pourtant présente. À moins que ce qui est plus probable, il n'ait réalisé les dessins pour un public plus français que belge. À partir de 1905, on porte beaucoup plus la penne que la faluche qui fut surtout le couvre chef des femmes et de quelques étudiants qui voulaient se distinguer (flamands...). Elle disparut totalement en 1950. La penne existe encore ainsi que la calotte mais on ne trouve pas de faluche en Belgique.

[modifier] La flatte

« L’arrivée des premières coiffures des flamingants à Louvain provoqua la recherche d’un moyen de les disqualifier. On baptisa ce couvre-chef du nom peu esthétique de « Flatte » pour rappeler l’excrément que la vache dépose sur le pré. » À Bruxelles, un béret nommé « Flatte » est toujours décerné de nos jours dans une école d’art privée francophone.

[modifier] Le béret d’Art

L’école St-Luc de Liège décerne ce qu’ils nomment « Bérets d’Art », qui sont en fait des pennes faluchées.

[modifier] Autres folklores étudiants

[modifier] En France

Certaines écoles françaises possèdent leur propre coiffe estudiantine :

(Remarque: pour les deux derniers points, ces coiffes sont partie intégrante des uniformes règlementaires des écoles militaires citées)

[modifier] Dans le monde

Dans d'autres pays que la France, des tenues folkloriques estudiantines existent également :

[modifier] Notes et références

  1. Détail d'un dessin de Georges Redon paru dans la presse parisienne en mars 1893.
  2. Détail d'une carte-postale ancienne extraite d'une série figurant des « Types bordelais. » Sur Commons on peut voir la carte-postale en entier.
  3. Marco Albera, Manlio Collino, Aldo Alessandro Mola, Saecularia sexta album, Studenti dell'università a Torino, Sei secoli di storia (Saecularia sexta album, Étudiants de l'université de Turin, Six siècles d'histoire), Elede Editrice Srl, Turin 2005, page 89.
  4. Il s'agit d'une datation conventionnelle choisie par un comité d'historiens présidé par Giosue Carducci et fondée sur un document de 1088 qui témoigne de l'existence d'une université bolognaise déjà active à cette date.
  5. Article LA DÉLÉGATION DES ÉTUDIANTS, Retour de Bologne, Le Petit Journal, 27 juin 1888, page 2, 4e et 5e colonnes.
  6. a et b La tenue et le chapeau des Tunas universitaires représentés dans les années 1870.
  7. a et b Vue d'un rassemblement de sociétés étudiantes allemandes en 2011. Sur cette photo ne figure aucune jeune fille. Elles sont les bienvenues dans la Faluche et la Goliardia.
  8. Le texte de la chanson d'Albert Vacher Le Béret au Quartier latin est consultable sur Wikisource.
  9. Voir dans Wikipédia la description complète du défilé.
  10. Le Journal illustré, 19 mars 1893, page 92.
  11. « Lors des évènements de Mai 1968, la Faluche, gardienne de l’ordre et des traditions, fut assimilée à l’action réactionnaire et passéiste, conservatrice et rétrograde. » : [1]
  12. « La FAGE (Fédération des Associations Générales d'Étudiants) est immédiatement considérée comme une structure conservatrice par certains syndicats étudiants car elle prône le maintien de certaines traditions comme la faluche. » : Page 44
  13. Léon Delamarche (président de l'Association générale des étudiants de Paris), Les étudiants italiens à Paris, Revue de la Paix, Organe de la Société française pour l'Arbitrage entre Nations, janvier 1905, 10e année, numéro 1, page 19.
  14. Coudre sa Faluche, sur le site Internet de l'AECDN - Association des Étudiants en Chirurgie Dentaire de Nancy.
  15. Satin à Montpellier et gros grain à l'Université catholique de Lille
  16. Bordeaux à Montpellier et amarante à Strasbourg.
  17. Bleu roi à Strasbourg.
  18. À Lyon et Aix notamment
  19. Rose en Alsace, à Amiens et à Besançon
  20. a, b, c et d [PDF] Code Alsacien de la faluche sur aaems.org

[modifier] Bibliographie

  • Ernest Lavisse, Etudes et Etudiants, Armand Collin, 1890
  • Guy Daniel, La Faluche, histoire, décryptage et analyse, thèse pour le doctorat en médecine, Bibliothèque universitaire, Lille, 1990 Texte en ligne
  • K. Vernier, La Symbolique de la faluche, mémoire de maîtrise d'ethnologie, Strasbourg, 1991-1992
  • C. Lambert, La Faluche, naissance et renaissance, thèse pour le doctorat de pharmacie, 1993
  • Manuel Ségura, La Faluche, une forme de sociabilité estudiantine, mémoire de maîtrise d'histoire, Poitiers, 1994
  • N. Romé, La Faluche, béret hérité, béret des héritiers, mémoire de maîtrise de sociologie, Angers, 1994
  • M. Collins, Symbolism and the faluchard movement, Sunderland England, 1999
  • J-D. Boussart, Petite histoire des étudiants liégeois, À l’enseigne de l’Aigle à deux-têtes pour l’Union Générale des Étudiants de Liège à l’occasion du 150e anniversaire de l’Université de Liège, 1967
  • Fortunat Strowski, Étudiants et étudiantes, Flammarion, 1931
  • J. Koot, Io Vivat ou Les étudiants de l’Université, Bruxelles, 1983

[modifier] Annexes

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