Falloujah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Fallujah)
Aller à : navigation, rechercher
Falloujah
Fallujah, Falluja
(ar) الفلوجة
Image illustrative de l'article Falloujah
Administration
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Province Al-Anbâr
Démographie
Population 326 471 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 33° 22′ N 43° 46′ E / 33.36, 43.77 ()33° 22′ Nord 43° 46′ Est / 33.36, 43.77 ()  
Altitude 45 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Irak

Voir la carte administrative d'Irak
City locator 13.svg
Falloujah

Géolocalisation sur la carte : Irak

Voir la carte topographique d'Irak
City locator 13.svg
Falloujah
Sources
« Index Mundi »

Falloujah[1] est une ville d'Irak située dans la province d'Al-Anbâr. Sa population est estimée à 326 471 habitants en 2010. Depuis le 4 janvier 2014, la ville est sous le contrôle de l'État islamique, une entité liée à al-Qaïda[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à 69 km à l'ouest de Bagdad, sur l'Euphrate, elle constitue un carrefour important sur la route reliant la capitale irakienne à la Jordanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mosquée à Falloudjah

Falloujah est connue en Irak comme la « cité des mosquées » en raison du nombre élevé de temples dans la ville et sa région immédiate (plus de 200). La ville a été pendant longtemps le centre intellectuel le plus important des musulmans sunnites de la région.

Comme bien des cités irakiennes, le site est occupé depuis plusieurs millénaires et on retrouve des traces importantes de la présence humaine remontant à l'époque babylonienne. La ville tire son nom actuel du terme araméen Pallugtha signifiant division ou régulateur du canal. Les études paléo-hydrologiques indiquent que, dans certaines périodes de l'Antiquité, l'Euphrate se divisait en deux branches à cet endroit; cette division a aujourd'hui disparu. Le site est aussi connu chez les auteurs antiques sous le nom de Pallacottas. Les grands centres juifs de Nehardea et Poumbedita s’établissent dans les environs du site actuel aux IIe ‑ IIIe siècle et deviennent célèbres pour leurs académies talmudiques[3],[4].

Falloujah est une petite ville sans grande importance durant la civilisation perse et sous les califes arabes car la cité d'Al-Anbar, qui donne son nom à la province et est située au nord de Falloujah, lui avait ravi la qualité de principal centre intellectuel régional; elle était d'ailleurs, au tout début du califat abbasside, la capitale de l'empire. Avec son déclin, la région perdit de son importance et Al-Anbar fut abandonnée : elle subsiste aujourd'hui à l'état de ruines.

L'ère ottomane ne redonna pas à Falloujah le lustre et le prestige de son passé et, en 1947, lors de l'indépendance de l'Irak, elle ne comptait que 10 000 habitants. Durant les 50 ans qui suivirent, la population de la ville fut multipliée par 25.

Sous le régime de Saddam Hussein[modifier | modifier le code]

Durant la periode de Saddam Hussein, la ville a bénéficié des largesses et des bienveillances du chef de l'État. Plusieurs membres influents du parti Baas vivaient à Falloujah. Ainsi, la région était moins opposée au régime que la plupart des autres régions d'Irak. Plusieurs usines, y compris des usines de fabrication de voitures pouvant éventuellement servir dans un contexte militaire, ont été construites dans la ville. Certaines ont été fermées par les inspecteurs des Nations unies, arrivés en Irak après la défaite de 1991.

Durant la première guerre du golfe, en 1991, la ville a subi des bombardements meurtriers. À deux reprises, plusieurs infrastructures civiles essentielles ont été détruites et une bombe s'est abattue sur un marché, tuant 1360 civils et créant un sentiment de colère dans la population.

La révolte de Falloujah[modifier | modifier le code]

Frappes aériennes en novembre 2004.

La combinaison de ces facteurs a fait de Falloujah l'un des endroits les plus dangereux pour les troupes de la coalition qui prit le contrôle du pays après la troisième guerre du golfe en 2003, ainsi que pour les troupes gouvernementales. On compte plus de 60 morts parmi les forces coalisées, tombés sous les coups des insurgés.

Le 31 mars 2004, quatre citoyens des États-Unis qui travaillaient pour la société militaire privée Blackwater USA, une entreprise chargée de former des militaires et de fournir des mercenaires pour le compte de l'armée des États-Unis ont été tués. Leur corps, brûlés par l'incendie du véhicule tout-terrain où il prenaient place, ont été traînés par des véhicules, mutilés et pendus à un pont par la population civile en liesse. Cet événement a été perçu aux États-Unis et partout dans le monde avec émotion.

Le résultat fut le siège de la ville par l'armée américaine et le déclenchement de nombreux combats avec des forces rebelles, entre 600 et 800 morts seront comptés du côté irakien.

À partir du 9 avril, l'armée américaine fait alors le siège de la ville pour en chasser les chefs de guerre (appelés « émirs »). 70 000 femmes, enfants et vieillards sont autorisés à quitter la ville, mais pas les hommes valides. Pendant avril 2004, ce siège (Operation Vigilant Resolve) va causer la mort d'une quarantaine d'US Marines et de 600 à 800 Irakiens. Ce siège connut des cessez-le-feu, des passages humanitaires pour fournir la ville en médicaments. Mais, il connut des attaques de type guérilla du côté des insurgés et des meurtres de civils de la part des troupes américaines.

Au début du mois de mai 2004, les forces américaines lèvent le siège et imposent une brigade irakienne et un général baasiste pour contrôler la ville. Pour les insurgés, ce retrait est signe de leur victoire. Plusieurs membres du gouvernement irakien ont fait remarquer que pendant le siège, il y a eu moins d'attentats dans Bagdad, insinuant donc que les commanditaires de ces actes se trouvent à Falloujah.

D'après les reportages effectués à Falloujah en mai 2004, Falloujah était devenue une sorte de République islamique enclavée, dont la loi était appliquée par les moudjahidins.

Bataille de Falloujah[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Falloujah.

En novembre 2004, après la réélection du président George W. Bush, l'armée des États-Unis reprend le contrôle de la ville à la suite de combats sanglants. Les bombardements intensifs de l'aviation et surtout de l'artillerie américaine seront les plus meurtriers pour cette ville : plusieurs organisations humanitaires ont estimé le bilan entre 4 000 et 6 000 morts civils[réf. nécessaire].

Dans les années qui ont suivi la bataille, le nombre de malformations congénitales graves et de cancers a augmenté de façon très importante ont constaté la maternité de l’hôpital et les médecins de Falloujah[5]. Selon l'enquête de la journaliste Angélique Férat, chaque famille de Falloujah a son « bébé monstre »[6]. Ses malformations pourraient être dues à l'utilisation d'armes polluantes par l'armée américaine, munitions à l'uranium appauvri ou enrichi[6],[7],[8].

Falloujah sous contrôle islamiste[modifier | modifier le code]

Entre le 3 et le 4 janvier 2014, la ville de Falloujah est prise par des combattants de l'« État islamique en Irak et au Levant » ou simplement État islamique, mouvement lié à al-Qaïda, ayant créée un État homonyme autoproclamé. Les alentours de la ville demeurent toujours sous contrôle de l'armée irakienne[9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : al-fallūja, الفلوجة
  2. [1] www.lemonde.fr, consulté le 5 janvier 2014
  3. (en) Adrian David Hugh Bivar, « The political history of Iran under the Arsacids », dans Ehsan Yarshater (dir.), The Cambridge History of Iran : The Seleucid, Parthian and Sasanid Periods, vol. 3,‎ 1983 (ISBN 9780521200929), p. 69-71
  4. (en) Robert Brody, « Pumbedita », dans Judith R. Baskin (dir.), The Cambridge Dictionary of Judaism and Jewish Culture,‎ 2011 (ISBN 9780521825979), p. 503
  5. Caroline Caldier, « L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ? », sur france-info.com,‎ 9 juin 201 (consulté le 11 juin 2011)
  6. a et b Angélique Férat, Enfans de Fallujah, France Info, 9 juin 2011
  7. Thomas Baïetto, « A Fallouja, les "bébés monstres" soulèvent des questions sur les armes américaines utilisées en 2004 », Le Monde,‎ 10 juin 2011
  8. (en) Martin Chulov, « Huge rise in birth defects in Falluja », The Guardian,‎ 13 novembre 2009
  9. [2] www.rfi.fr, consulté le 5 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documents externes[modifier | modifier le code]