Faiseuse d'anges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Une faiseuse d'anges est une femme (le plus souvent non médecin) qui agit volontairement de façon à interrompre la grossesse non voulue d'une autre femme. Il y avait bien sûr aussi des faiseurs d'anges. Ces interventions se pratiquaient illégalement, dans la clandestinité, souvent par des méthodes dangereuses (injection d'eau savonneuse dans l'utérus, pose de sondes dans le col, aiguilles à tricoter, massages etc.). Les complications graves étaient fréquentes (lésions, infections, saignements) avec parfois des suites mortelles. En France, les faiseuses d'anges sont passibles de peines plus ou moins graves[1].

La définition du terme donnée par Émile Littré, en 1877, est la suivante : « nourrice qui laisse mourir de propos délibéré des nourrissons qu'on lui confie ». L'idée était donc que ces enfants innocents devenaient des anges après la mort. Entre le XIXe et le XXe siècle, il y a eu un glissement de sens : auparavant, la « faiseuse d'anges » faisait mourir des enfants, ensuite il s'agit d'embryons[2].

Dans la plupart des pays occidentaux, cette activité a disparu depuis la légalisation de l'avortement, qui est devenu une intervention médicale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien A. Cazals, Les faiseuses d'anges : auteurs principaux de la dépopulation de la France, chez l'auteur, Toulouse, 1903, 31 p.
  • Aline Gualeni, La liberté d'être ou de n'être pas mère - La question de l'avortement à Genève 1900-1942, mémoire de licence, Université de Genève, Fac. de Lettres, 1997, pages 104-116
  • Bruno Lafleur, Dictionnaire des locutions idiomatiques françaises, Éd. du Renouveau pédagogique, Montréal, 1979, p. 18 (ISBN 3-261-04689-9)
  • Mireille Le Maguet, Une "faiseuse d'anges" sous Vichy : le cas Marie-Louise Giraud, Institut d'études politiques de Grenoble, Saint-Martin-d'Hères, 1996, 128 p. (Mémoire)
  • Renaat van der Linden, « Abortus provocatus : le faiseur et la faiseuse d'anges », in Amour et mariage en Europe, Musée de la vie Wallonne, Liège, 1975, p. 34-56
  • Justine Mie d'Aghonne (pseud.), Une faiseuse d'anges, E. Dentu, Paris, 1890
  • Marine Oumar, Ali Lapointe, Dahas Ouarbi Silit, Daniel Moeiro, La Faiseuse d'Anges, Rencontres Scop, 2007, 126 p. (ISBN 978-2-87307-020-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Code pénal du 25 septembre 1791. TITRE II - Crimes contre les particuliers, SECTION I - Crimes et attentats contre les personnes. Article 17 : Quiconque sera convaincu d'avoir par breuvage, par violence ou par tous autres moyens, procuré l'avortement d'une femme enceinte, sera puni de vingt années de fers.
    CODE PÉNAL DE 1810, TITRE II, CRIMES ET DÉLITS CONTRE LES PARTICULIERS.CHAPITRE PREMIER,CRIMES ET DÉLITS CONTRE LES PERSONNES, SECTION 1 ère. – MEURTRES ET AUTRES CRIMES CAPITAUX, MENACES D'ATTENTATS CONTRE LES PERSONNES. § 1 er. – MEURTRE, ASSASSINAT, PARRICIDE, INFANTICIDE, EMPOISONNEMENT. ARTICLE 317 : Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, violences, ou par tout autre moyen, aura procuré l'avortement d'une femme enceinte, soit qu'elle y ait consenti ou non, sera puni de la réclusion.
  2. Citations selon Aline Gualeni, pages 104-105