Faisan scintillant

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Le Faisan scintillant (Syrmaticus soemmerringii) est une espèce d'oiseaux de la famille des Phasianidae.

Distribution[modifier | modifier le code]

Japon (Hondo, Kiou-Siou, Sikok).

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • S. s. soemmerringii (Temminck, 1830) : nord et centre de Kiou-Siou.
  • S. s. scintillans (Gould, 1866), faisan scintillant : nord et centre de Hondo.
  • S. s. ijimae (Dresser, 1902), faisan d’Ijima : sud-est de Kiou- Siou.
  • S. s. intermedius (Kuroda, 1919), faisan de Shikoku : sud-ouest de Hondo et de Sikoku.
  • S. s. subrufus (Kuroda, 1919), faisan du Pacifique : sud-est et sud-ouest de Hondo, sud-ouest de Sikoku.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le faisan de Soemmerring est inféodé aux forêts de cryptomérias (Cryptomeria), de cyprès (Chamaecyparis), de pins (Pinus) et aux forêts caducifoliées de chênes (Quercus), de hêtres (Fagus), de châtaigniers (Castanea, Castanopsis), de machilus (Machilus) ou mixtes, en dessous de 1500 m. Le sous-bois est constitué d’arbustes de Lespedeza et Cleyera, de buissons épineux et de fougères. Les populations du nord sont inféodées aux forêts de conifères ou mixtes alors que celles du sud sont davantage associées aux forêts de feuillus (Yamashina 1976).

Alimentation[modifier | modifier le code]

Son régime alimentaire comprend des glands, des châtaignes et des faines des arbres des genres Quercus, Castanopsis, Castanea, Cleyera, Machilus qu’il collecte sur la litière forestière. Il se nourrit aussi de fruits, de graines et de baies de Lespedeza, Cleyera et de plusieurs buissons épineux, qu’il cueille directement dans les arbres et les arbustes qu’il atteint en volant ou en sautant. De nombreuses espèces d’insectes, des vers de terre et de petits crabes ont été rapportés comme complément nutritionnel. Le régime des jeunes consiste surtout en nourriture animale (Yamashina 1976).

Comportement non social[modifier | modifier le code]

Selon Yamashina (1976), ce faisan est plutôt sédentaire et solitaire, s’associant rarement en groupes.

Comportement social[modifier | modifier le code]

Il est très probable, compte tenu du caractère des mâles, que le faisan de Soemmerring soit polygame. Les mâles s’isolent dès le printemps, chacun gardant un territoire, parfois une vallée entière (Yamashina 1976), qu’ils défendent avec pugnacité contre tout intrus. Yamashina a décrit à ce sujet un comportement typique des mâles en défense de territoire : ceux-ci se dressent sur leurs pattes, la queue abaissée sur le sol, et battent leurs flancs avec les ailes, très rapidement, produisant ainsi un tambourinage retentissant que les japonais nomment « horo-uchi ».

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

La saison de reproduction commence en mars ou avril selon les conditions de température. Plusieurs auteurs ont décrit une parade analogue à celle de marquage de territoire décrite plus haut, c’est à dire un battement des ailes, corps à la verticale, queue au sol, caroncules déployées, sans un cri.

Nidification[modifier | modifier le code]

La femelle fait son nid au sol, habituellement sous un arbre tombé. Le nid, une simple dépression, est garni de feuilles et d’herbes sèches (Yamashina 1976). L’incubation est assurée par la femelle seule qui élève, seule également, ses poussins. D’après Yamashina, la nourriture des faisandeaux consiste surtout en insectes mais aussi en pousses de jeunes graminées, en feuilles tombées et en baies.

Statut, conservation[modifier | modifier le code]

Birdlife (2004) considèrent ce faisan comme « bientôt menacé ». Les Japonais se glorifient de leur intime communion avec le milieu naturel. En vertu de leur conception animiste (shintoïsme, bouddhisme), l’homme fait partie intégrante de la nature et s’octroie donc le droit de la façonner à sa guise. Or, cette philosophie, qui autorise la conquête des terres, s’est soldée par des effets désastreux sur la faune et la flore. Déforestation et défrichement des basses pentes pour la riziculture, assèchement des baies et des marais pour l’industrie du tourisme, empiétement des constructions humaines sur les terres…autant de dégradations qui vont, finalement, à l’encontre de leur attachement viscéral pour la nature (Hennache & Ottaviani 2006).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hennache, A. & Ottaviani, M. (2006). Monographie des faisans, volume 2, 492 pages. Editions WPA France, Clères, France.
  • Yamashina, Y. (1976). Notes on the Japanese Copper Pheasant. WPA Journ. 1: 23-42.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]