Faille de San Andreas

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35° 07′ N 119° 39′ O / 35.117, -119.65 ()

Vue aérienne de la faille de San Andreas dans la plaine de Carrizo, Californie centrale
La faille de San Andreas

La faille de San Andreas, située en Californie, est une faille géologique, en décrochement, à la jonction des plaques tectoniques du Pacifique et de l'Amérique. Cette grande faille qui passe notamment par San Francisco et Los Angeles provoque des séismes très importants et dévastateurs en Californie.

Le système de failles de San Andreas[modifier | modifier le code]

Plus que d'une faille, il serait plus correct de parler d'un système de failles qui s'étend sur environ 1300 kilomètres de long[1] et 140 kilomètres de large et se divise en de multiples segments de failles, accumulant chacun une partie des contraintes tectoniques mises en jeu. La vitesse de coulissement relatif de part et d'autre de la faille principale est de l'ordre de 3,4 à 5,5[2] cm par an. Chaque année, ce système de failles produit 200 séismes d'intensité supérieure ou égale à III sur l'échelle MSK, c'est-à-dire pouvant être ressentis par l'homme.

La compréhension de la structure et de la dynamique de cette faille est complexe, car elle s'intègre dans le contexte particulier de la disparition par subduction (en cours) de la plaque Farallon, et de l'ouverture (en cours) du golfe de Californie.

Les trois sections du système de failles de San Andreas[modifier | modifier le code]

  • La section nord s'étend du cap Mendocino, pointe la plus occidentale de la Californie, aux Montagnes de Santa Cruz, chaîne côtière à 80 km au sud de San Francisco. Fortement sismique au XIXe siècle, c'est dans cette zone, à proximité de San Francisco, que s'est produit le séisme le plus meurtrier de l'histoire de la Californie le 18 avril 1906. D'une magnitude estimée à 7,8, il est à l'origine d'un gigantesque incendie qui détruisit une bonne partie de San Francisco. Outre la faille de San Andreas, ce secteur se compose de plusieurs longues failles parallèles pouvant provoquer de violents séismes (notamment la faille de Hayward à l'est de la baie de San Francisco). Depuis le séisme de 1906, et après un demi-siècle de calme, l'activité a légèrement repris à partir de 1957. Puis les deux premiers grands chocs se sont produits aux extrémités du secteur, dans les segments qui s'étaient le moins déplacés en 1906 : au cap Mendocino en 1980 et dans les monts Santa Cruz en 1989. En prenant en compte la récurrence sismique et l'ensemble des failles actives du secteur, c'est désormais la région de la Baie de San Francisco qui a la plus forte probabilité d'occurrence d'un séisme de magnitude supérieure à 6,5 dans les 30 ans à venir (près de 75 %).
  • La section centrale correspond à un segment de la faille qui glisse en creep, c'est-à-dire régulièrement et sans produire de séismes importants. Il marque la transition avec le secteur sud.
  • La partie sud s'étend du segment de Parkfield à la vallée Impériale. Ce secteur est beaucoup plus complexe en raison de la formation d'une zone de compression crustale à l'origine des chaînes transversales au nord de Los Angeles. Comme pour la partie nord, il a connu un séisme majeur en 1857, mais, à cause des mouvements verticaux qui s'ajoutent au coulissement, la fragilité des failles est plus grande et les tremblements de terre, par conséquent, plus fréquents. Plus au sud, le système est à nouveau formé de longues failles parallèles dont celle de la Vallée Impériale qui marque la transition avec le golfe de Californie.

Les principaux séismes du système de failles de San Andreas[modifier | modifier le code]

La Faille de San Andreas, image panoramique
Maisons endommagées par le séisme de 1906 à San Francisco
Ville Date Magnitude Dégâts humains et matériels
Comté d'Orange 28 juillet 1769 6
San Diego 22 novembre 1800 6,5
San Francisco 21 juin 1808 6
Fort Tejon 9 janvier 1857 8,3 2 morts
Monts Santa Cruz 8 octobre 1865 6,5
Hayward 21 octobre 1868
San Francisco 18 avril 1906 8,2 3000 morts, 500 millions de dollars de dégâts
Santa Barbara 29 juin 1925 6,3 14 morts, 6,5 millions de dollars de dégâts
Santa Barbara 4 novembre 1927 7,3
Long Beach 11 mars 1933 6,3 115 morts, 100 blessés, 50 millions de dollars de dégâts
Comté de Kern 21 juillet 1952 7,7 14 morts, 18 blessés, 50 millions de dollars de dégâts
San Francisco 22 mars 1957 5,3 40 blessés
San Fernando 9 février 1971 6,6 65 morts[réf. nécessaire]
Loma Prieta (San Francisco) 17 octobre 1989 7,1 63 morts, 3757 blessés, 6 milliards de dollars de dégâts
Parkfield 28 septembre 2004 6,0 La rupture de ce segment était prévue et attendue depuis plus d'une décennie, très peu de dommages en raison de la faible densité des installations humaines dans ce secteur.
Los Angeles 29 juillet 2008 5,5 Peu de dommages
Los Angeles 16 mars 2010 4,4 Pas de dommages
Mexicali 4 avril 2010 7,2 2 morts, une centaine de blessés
Los Angeles 17 mars 2014 4,4 Pas de dommages

Études géologiques[modifier | modifier le code]

La faille de San Andreas est probablement le phénomène géologique le plus étudié du monde. Les sismologues utilisent le laser pour mesurer d'infimes déplacements. Ils espèrent pouvoir en déduire le moment « approximatif » d'un grand séisme.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

En 1975, lors de l'exposition New Topographics, Joe Deal a présenté une collection de photographies sur la faille de San Andreas[3].

Autre[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. François Michel, Roches et paysages, reflets de l’histoire de la Terre, Paris, Belin, Orléans, brgm éditions, 2005, ISBN 2-7011-4081-1, p. 108
  2. François Michel, Roches et paysages, reflets de l’histoire de la Terre, Paris, Belin, Orléans, brgm éditions, 2005, ISBN 2-7011-4081-1, p. 88
  3. Claire Guillot, « Les 70's américaines vues de France », dans Le Monde du 18-12-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 17-12-2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Allègre, La dérive des continents. La tectonique des plaques. Éditions Pour la Science, Paris, 1990, 215p.
  • Lionel Four, San Francisco: Développement d'une agglomération dans son contexte sismique. Mémoire de maîtrise, Université Jean Moulin Lyon 3, 2000, 226p.
  • Lionel Four, La démarche géographique dans la gestion du risque sismique. Mémoire de DEA, Université Jean Moulin Lyon 3, 2001, 77p.
  • R.E. Wallace, The San Andreas Fault System, California. USGS Professional Paper 1515, Washington, 1990, 283p.