Fabrice Hadjadj

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Fabrice Hadjadj

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Nom de naissance Fabrice Hadjadj
Activités Écrivain, professeur
Naissance 1971
Nanterre, France
Langue d'écriture Français
Genres Essai, théâtre
Distinctions Grand Prix catholique de littérature (2006)
Prix du Cercle Montherlant - Académie des Beaux-Arts (2009)
Prix de littérature religieuse (2010)

Œuvres principales

  • Réussir sa mort : Anti-méthode pour vivre (2005)
  • La Foi des Démons ou l'athéisme dépassé (2009)

Fabrice Hadjadj, né en 1971 à Nanterre (France), est un écrivain et philosophe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de confession juive, de parents militants révolutionnaires maoïstes en mai 68, athée et anarchiste durant son adolescence, Fabrice Hadjadj développe une pensée nihiliste qui aboutit à la parution de Objet perdu, en 1995, ouvrage qu'il dirige en collaboration avec Claude Alexandre et John Gelder et auquel collaborent notamment Houellebecq, Noguez, Vanheigem :

« J’ai très vite aimé des auteurs durs et violents. J’étais un fils de mon temps marqué par la télévision, par une culture profondément athée. J’avais le sentiment très aigu – chez moi cela avait atteint la conscience – que l’espèce humaine était une espèce finie. »

Si Marx, Fanon, Reich et Althusser font partie des références familiales, il développe un goût particulier pour Nietzsche et Bataille en philosophie, Flaubert et Céline en littérature, goût qui ne se dément pas au fil de ses écrits.

Apprenant la maladie (finalement bénigne) de son père, il se rend à l’église Saint-Séverin à Paris et se convertit devant la statue de la Vierge Marie. Il est baptisé quelques mois plus tard à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes en 1998. Il refuse d'ailleurs, dans ses interviews, de s'étendre sur cette partie de sa vie :

« Les témoignages glissent trop facilement vers le sentimental et le spectaculaire, au détriment d’une nourriture de l’intelligence. Dans un portrait, on fait des choix, souvent on dit ce qu’il y a de bien, de lisse. Ma conversion n’est pas un élément passé. Tout ce qui vient de Dieu nous conduit à Dieu. La question c’est plutôt : comment je n’étais pas croyant ? »

Il se contente de se présenter comme « juif de nom arabe et de confession catholique ».

Attiré par la vie religieuse, il se marie finalement avec l'actrice Siffreine Michel et est père de quatre filles et deux garçons[1].

Il est professeur de philosophie et de littérature au lycée privé Sainte-Jeanne-d'Arc, en faculté à l'Institut de Philosophie Comparée de Paris, et au séminaire à Toulon (Var)[1].

Ami du mouvement italien « Communion et Libération », dont il n'est cependant pas membre, il se rend depuis plusieurs années au Meeting annuel de Rimini, en août : en 2010, il a assuré le discours de clôture devant près de 25 000 personnes. Après avoir vécu à proximité de Brignoles, dans le Var, il réside depuis août 2012 à Fribourg en Suisse où il dirige l'Institut Philanthropos fondé par Yves Sémen.

En 2010, il est à l'origine avec Pierre Gelin des « Dimanches de Cana », initiative qui se donne pour objectif de vivre chrétiennement et en famille le jour du dimanche, par la fête, le repas, la danse, le théâtre, la culture, le jeu, la prière, etc. Les Dimanches de Cana ont lancé parallèlement un parcours philosophique, appelé « Parcours Bêta », série de conférences données par Fabrice Hadjadj. En 2010-2011, le parcours a pour thème : « Pourquoi vivons-nous ? » En 2011-2012, Fabrice Hadjadj choisit d'aborder « les mystères du sexe »[2].

En janvier 2012, Fabrice Hadjadj est annoncé comme le nouveau directeur de l'Institut Européen d'Études Anthropologiques Philanthropos, à Fribourg. Il entrera en fonction à la rentrée 2012-2013, juste après avoir déménagé à Fribourg avec toute sa famille.

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2006, il est le récipiendaire du Grand Prix catholique de littérature pour Réussir sa mort. Anti-méthode pour vivre.

En 2009, il reçoit le Prix du Cercle Montherlant – Académie des Beaux-Arts pour L’Agneau mystique, le retable des frères Van Eyck[3].

En 2010, le Prix de littérature religieuse lui est décerné pour La foi des démons[4].

En 2013, il est le lauréat du prix « Spiritualités d’aujourd’hui », grâce à son livre Comment parler de Dieu aujourd’hui[5].

Le 6 février 2014, il est nommé membre du Conseil pontifical pour les laïcs[6],[7].

Un écrivain paradoxal[modifier | modifier le code]

Réussir sa mort, en 2005, est le premier succès éditorial de Fabrice Hadjadj, qu'il dédie ainsi : « A ceux qui se ratent, cette tentative de grâce. » La légèreté de sa plume, qui étale les jeux de mots, contraste avec la densité des thèmes abordés. La plupart des critiques, dont Alain Finkielkraut ou Jacques Henric, soulignent la place centrale du paradoxe dans ses œuvres. Il affirme par ailleurs lui-même :

« En vérité, mon livre sur la mort est un livre sur la joie. »

Dans sa conférence « Que peut une politique de la langue ? », donnée à l'université de Genève le 17 mars 2009, le mathématicien Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002, évoque Fabrice Hadjadj :

« Aussi voudrais-je terminer cette conférence en citant un dernier auteur, bien vivant et âgé de même pas quarante ans, chez qui la lucidité est associée à une espérance indestructible. Fabrice Hadjadj se présente lui-même comme un « philosophe juif, de nom arabe et de confession catholique ».

Il est auteur de pièces de théâtre, d'essais et même de livres d'art. Il écrit et enseigne beaucoup mais je n'ai jamais lu ou entendu chez lui aucune phrase qui m'ait donné le sentiment d'avoir été écrite ou prononcée dans le vide. Ses pages me stupéfient souvent, me prennent à contrepied et pourtant, en les lisant, j'en reconnais la justesse et la vérité. Aucun écrivain contemporain de langue française ne m'intéresse davantage[8]. »

En quelque dix années, Fabrice Hadjadj a publié plus d'une quinzaine de livres, qui recoupent trois différents genres littéraires :

  • le théâtre : À quoi sert de gagner le monde (2002), Massacre des Innocents (2006), Pasiphaé (2009)…
  • l'essai : Et les violents s'en emparent (1999), La Terre chemin du ciel (2002), Réussir sa mort (2005), La profondeur des sexes (2008), La foi des démons ou l'athéisme dépassé (2009), Le Paradis à la porte (2011)…
  • le livre d'art : Passion Résurrection avec Arcabas[9](2004), L'Agneau mystique, Le retable des frères Van Eyck (2008), Jugement dernier, le retable de Beaune de Rogier van der Weyden (2010)…

Il collabore régulièrement à Artpress, au Figaro littéraire, à La Vie, au mensuel de spiritualité Panorama (où il tient une chronique), etc.

Citations[modifier | modifier le code]

« Loin de rendre la vie absurde, [la mort] ouvre à un sens véritable, à une destination transcendante, à une fin qui peut justifier le commencement » (Réussir sa mort)

« La peur est bonne parce qu’elle est laide et que nous nous croyons trop beaux » (Réussir sa mort)

« La lucidité à l’égard de la mort n’est pas funèbre ni funeste. Elle se rapporte plutôt à la naissance humaine. Elle est la condition pour être juste, pour entonner sa vie comme une hymne pas trop discordante, pour faire en sorte que le dernier souffle puisse consoner avec le premier et avec tous les suivants, fidèlement. » (Réussir sa mort)

« Quand on se marie, on accueille toutes les femmes en une. » (La profondeur des sexes)

« La relation humaine des sexes ne s’écarte de l’instinct que pour s’inscrire dans un drame. Chacun va devoir y révéler ce qu’il est. » (La profondeur des sexes)

[Au Paradis :] « Il y a quelque chose qui me fait trembler. Le degré d’intimité ne sera plus en fonction de l’espace mais de l’amour. Plus proche de ma femme sera l’homme qui l’aura le plus aimé. Sera-ce moi ? » (La profondeur des sexes)

« L’eau pure du Thoronet, le vin de la nef gothique, le sirop des images pieuses, l’alcool fort d’un Rubens ou d’un De Kooning : je veux tout, pourvu que chaque chose soit à sa place. » (Jardins intérieurs, regards croisés sur l’art et le foi)

« L’art contemporain, au fond, c’est un art qui à travers les choses d’un temps touche à l’éternel. À cette condition seule, il intensifie notre présence : en se rendant contemporain des profondeurs de notre être. » (Jardins intérieurs, regards croisés sur l’art et le foi)

« [La sculpture] est le seul art qui grandit par soustraction. » (Le Paradis à la Porte)

Œuvre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]