Fabre d'Églantine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fabre.

Fabre d’Églantine

Description de l'image  Eglantine.gif.
Nom de naissance Philippe-François-Nazaire Fabre
Naissance
Carcassonne
Décès (à 43 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Acteur, dramaturge, poète
Autres activités
Homme politique, fournisseur aux armées
Formation
Collège des Doctrinaires de Limoux
Famille
Marie-Nicole Godin
Jules-Louis-Théodore-Vincent Fabre d'Églantine (1779-1840)

Philippe-François-Nazaire Fabre, dit Fabre d’Églantine né et baptisé le à Carcassonne et guillotiné le à Paris, est un acteur, dramaturge, poète et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né le 28 juillet 1750[1],[2] à Carcassone, près de l'église Saint-Nazaire[3], Fabre d'Églantine est le fils d’un marchand-drapier[4], François Fabre, et de son épouse, Anne-Catherine-Jeanne-Marie Fons. Sa famille appartient à la bourgeoisie modeste. Pour des raisons inconnues, peut-être économiques, elle s'installe à Limoux en 1757, où il étudie au collège des Doctrinaires[1],[5],[4]. Là, il apprend, non seulement les langues et littératures grecques et latines, mais la musique, la peinture, le dessin, la gravure. Ses qualités lui valent d'être intégré à la congrégation à Toulouse en 1771 en qualité de professeur des basses classes[1],[4],[3].

La même année, il aurait présenté un Sonnet à la Vierge aux Jeux floraux de l'Académie de Toulouse[4]. Il obtient le « lys d’argent » récompensant le meilleur sonnet à la vierge, d'après Michel Taillefer[6], et non l’« églantine d’argent » comme le pensaient ses premiers biographes[7],[8],[9]. Louis Jacob[10] et les auteurs qui le suivent parlent, quant à eux, non d'une « églantine d’argent », mais d'une « églantine d’or »[6],[11]. Quand il quitte le collège pour se lancer dans le théâtre en 1772[12], il aurait préféré pour des raisons de consonance, selon Louis Jacob, adopter le nom de « Fabre d'Églantine », plus élégant qu'un « Fabre du Lis » jugé trop abrupt[11].

Carrière théâtrale[modifier | modifier le code]

Engagé dans une troupe de comédiens ambulants, il parcourt la France. Peut-être à Bordeaux, d'où il aurait été contraint de fuir, en 1771, il est en 1772 à Grenoble, où son père lui écrit de Limoux le 15 avril. À Chalon-sur-Saône en 1775, il joue à Beauvais l'année suivante, puis retourne à Chalon, où il s'éprend d'une jeune fille, Sophie Poudon[13]. Le 26 décembre 1776, il rejoint la troupe Hébert à Namur, dans les Pays-Bas autrichiens[14]. Ayant tenté de s’enfuir avec Catherine Deresmond, dite « Catiche », fille des directeurs de la saison théâtrale, âgée de quinze ans, il est menacé de la corde. Ses camarades comédiens ayant adressé une supplique au prince Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas, sa peine est commuée le 31 mars 1777 en un bannissement perpétuel et à une amende de 734 florins 1 sol 18 deniers[15]. L'Histoire naturelle et son étude dans le cours des Saisons, l'un des trois poèmes qu'il a composés en l'honneur de Buffon, signale qu'il est à Paris le 23 août 1777[16]. Puis il fait une expérience manquée de directeur d'une troupe théâtrale à Sedan[17] à la fin cette année et au début de la suivante. À Troyes en février 1778, il est à Strasbourg en juillet[14].

Dans cette ville, il épouse, le 9 novembre 1778, Marie-Nicole Godin, une actrice, fille mineure de Pierre Godin et de Maire-Odette Graff, parente d'un descendant du dramaturge Lesage, avec laquelle il a un fils, Jules-Louis-Théodore-Vincent, baptisé le 12 octobre 1779 à l'église Saint-Jacques de Maastricht[18],[14], futur polytechnicien[4] et ingénieur du génie maritime. Dans l'acte de mariage, il se présente comme un licencié en droit, fils d’un avocat au Parlement[18].

Le couple joue à Maastricht de 1779 à 1780, où Fabre d’Églantine débute le 12 avril 1779 dans le Misanthrope et le lendemain dans le rôle principal du Distrait ; il joue les premiers rôles alternativement avec Antoine Dorfeuille. De son côté, sa femme débute dans le rôle de Marine dans la Colonie d'Antonio Sacchini. En 1780, le rideau du théâtre du Jekerstraat étant usé, Fabre en peint un autre[14]. Le 7 février 1780, il fait représenter sa première pièce de théâtre Laure et Pétrarque, opéra-comique en un acte sur une musique de François-Léonard Rouweyzer ou Rouwizer (1737-1827), violon solo au théâtre[14],[19]. On n'en conserve que quelques romances : Il pleut, il pleut, bergère[14] (sur une musique de Louis-Victor Simon), Je t'aime tant, À peine encore le couchant brille et Laure et Pétrarque[14].

Passé à Liège en 1780, il y est moins heureux qu'à Maastricht[20]. Le 23 septembre 1780, il prononce au théâtre de Liège Le Triomphe de Grétri, un poème en hommage à André Grétry, lors de l'installation du buste de ce musicien. En 1781, il édite le Spectateur cosmopolite, dont aucun exemplaire ne semble avoir été conservé. Après des séjours à Sedan, Arras, Mons et Douai, il quitte le Nord en 1783 pour Besançon et Genève[21], où il compose un poème, la Treille de Genève[22]. À Lyon en 1783, il y fait représenter en septembre sa tragédie Augusta, le premier rôle étant interprété par d'Herbois. En octobre, Fabre joue le Misanthrope devant un public, selon ses propres mots, « à peu près neutre »[18]. En 1785, il obtient la direction du théâtre de Nîmes. Le 30 juin 1786, il est autorisé en tant que chef de troupe à venir jouer au théâtre de la Comédie d'Avignon[23].

Établi à Paris à partir de 1787 comme auteur dramatique[4], il fait jouer plusieurs pièces. Les Gens de lettres, ou le Poète provincial à Paris, comédie en cinq actes et en vers, est reçue au Théâtre-Italien et représentée le 21 septembre 1787. Comme plus tard avec Le Philinte de Molière, Fabre d'Églantine expose dans cette pièce le côté social et politique de la littérature[24]. Mais elle tombe à la première représentation. Augusta, tragédie créée à la Comédie-Française le , n'a que six représentations. De son côté, Le Présomptueux, ou l’Heureux imaginaire, comédie en cinq actes en vers créée à la Comédie-Française le , tombe dès la deuxième scène[18]. Aussi mal accueillie que les œuvres précédentes, cette pièce lui attire en outre l'accusation de plagiat. Atteint dans sa vanité, Fabre d'Églantine crie à la cabale[25].

L'engagement révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Épître de Fabre d’Églantine à Turgot.

En 1789, délaissant sa femme, il s'installe dans un appartement de la rue de la Ville-l'Évêque avec Caroline Remy, comédienne au théâtre de la république ou au théâtre de la Montansier, qui lui donne deux enfants morts en bas âge et enceinte de cinq mois à la mort de Fabre[18].

S'enthousiasmant dès le début pour la Révolution, il en propage les principes, ce qui lui attire la faveur du public[26].

Il écrit Le Philinte de Molière ou la Suite du Misanthrope, pièce d’esprit révolutionnaire. C’est une comédie en cinq actes et en vers qui est créée le 22 février 1790 au Théâtre de la Nation et représentée neuf fois avec succès, avant d'être reprise le 18 novembre 1791[18]. C'est son premier et plus grand succès, et la meilleure de ses pièces[4].

Le 28 janvier 1791, Le Convalescent de qualité, ou l’Aristocrate, comédie en deux actes et en vers, est représentée pour la première fois à la Comédie-Italienne[27]. L’Intrigue épistolaire, comédie en cinq actes et en vers, est créée le 15 juin 1791 au Théâtre-Français de la rue de Richelieu[18].

L’Apothicaire, pièce en deux actes avec musique de Foignet, est jouée le 7 juillet 1791 au théâtre de Mlle Montansier.

Isabelle de Salisbury, comédie héroïque et lyrique en trois actes et en vers avec musique de Mengozzi, froide et mal écrite, est refusée à l'Académie royale de musique, et finalement jouée au théâtre Montansier le 20 août 1790, où le machiniste et le décorateur lui assurent un succès passager[28].

L'Héritière, ou les Champs et la Ville, comédie en cinq actes et en vers créée le 5 novembre 1791, est si violemment sifflée, qu'elle a du mal à être jouée jusqu'au bout[29].

Le Sot orgueilleux ou L'école des élections, d'inspiration réactionnaire, est représentée le 7 mars 1792. Tournant en dérision les hommes et les choses de la Révolution, souffrant en outre de la faiblesse de l'intrigue et de l'incorrection du style, elle déplaît au public, qui la fait tomber[30].

Actif dans le district des Cordeliers, membre du club local, il se lie avec Georges Jacques Danton et Jean-Paul Marat. Membre des Cordeliers, il est plusieurs fois élu secrétaire ou vice président, au point de passer, avec Jules François Paré et Georges Jacques Danton, dont il devient alors un intime, pour l'un des trois membres d'un triumvirat dirigeant. De même, il collabore au journal Révolutions de Paris et tente vainement de se faire élire, en 1790-1791, juge de paix à Chevreuse[4]. Il fait aussi partie du club des Jacobins.

Au début d'août 1792, il offre son appui à la Cour. Dans son rapport contre les dantonistes du , Saint-Just signale : « il avait eu, avant le 10 août; des intelligences avec la cour ; il se prétendait le confident de toutes les intrigues des Tuileries ; beaucoup de gens lui ont entendu dire qu'il jouait la cour : il est très vraisemblable qu'il jouait tout le monde », avant de préciser que Danton lui-même avait affirmé « qu'il parlementait avec la cour », mais « pour la tromper »[31]. Selon Antoine François Bertrand de Molleville, il a proposé au ministre de la Marine Dubouchage de gagner les canonniers et les chefs de l'insurrection, et d'attaquer le club des Jacobins et la Législative, moyennant trois millions. Mais cette proposition aurait effrayé Louis XVI, d'autant que l'homme « n'était connu que par ses déclamations contre la royauté »[32].

À l'été 1792, il participe à des tractations de « pacification » avec la Gironde. Le lendemain de la chute de la royauté, Danton, devenu ministre de la Justice, l’engage comme secrétaire général avec Camille Desmoulins, tandis que Pierre-François-Joseph Robert[4] est chef du secrétariat particulier du ministre[4],[33].

Lié à Marc René Marie de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac et à Jean-Pierre, baron de Batz, qui l'ont initié aux secrets de la grande finance, il espère retirer des bénéfices substantiels de la fourniture aux armées, rendus nécessaires par son train de vie fastueux[34] (Jules Claretie signale dans son appartement de la rue de la Ville-l'Évêque « des meubles de prix, choisis avec goût, une berline en son écurie »[18]). Joseph Servan, le ministre de la Guerre, lui verse 30 000 livres le 15 septembre 1792, pour lui permettre de faire un approvisionnement en bottes et en souliers. Or, aucun n'a été remis aux armées quand le ministre réclame le 17 octobre à Fabre d'Églantine le compte des sommes versées, suivi en cela par son successeur Jean-Nicolas Pache le 14 décembre[4],[35]. Dans une dénonciation anonyme, envoyée après l'arrestation de Fabre d'Églantine, Le Sieur, sous-économe au collège Louis-le-Grand, l'accuse d'avoir « accaparé dix mille paires qu'il a ensuite vendues à nos volontaires à des prix usuraires ». Ces souliers, précise-t-il, « ne duraient que douze heures à nos volontaires qui pataugeaient dans les plaines de la Champagne »[18].

À la fin d'août et en septembre 1792, paraît le Compte rendu au peuple souverain, journal affiche non daté, dont Fabre d'Églantine est considéré comme le rédacteur. Dans le no 4, que Pierre Caron date du 2 au 4 septembre, figure un appel au massacre : « Que dans les villes, le sang des traîtres soit le premier holocauste offert à la Liberté, afin que, en avançant à l'ennemi commun nous n'en laissions aucun derrière nous qui puisse nous inquiéter ». Dans le no 7, on trouve une justification du massacre de Versailles du 9 septembre 1792[36],[33].

Élu dix-septième député de la Seine à la Convention avec 437 voix sur 725 votants[26], il ne s'y distingue guère, appelant, dans la suite de Danton, à la concorde et à l'union. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort sans appel ni sursis. Après la trahison de Dumouriez, il rompt avec les Girondins[4], contre lesquels il lance une campagne de presse dans la La Gazette de France nationale, dont il a pris depuis peu la direction[37].

Le 3 janvier 1793, il fait son entrée au Comité de guerre[38]. Nommé représentant en mission en Seine-et-Oise et Eure-et-Loir pour la levée des 300 000 hommes, il est remplacé par Armand-Joseph Guffroy par décret du 9 mars 1793[39]. Le 23 mars, sur sa proposition, l'organisation du Comité de défense générale est modifiée. Puis, le 26 mars il fait son entrée au Commission de salut public qui lui succède, jusqu'à son remplacement par le Comité de salut public, le 6 avril.

La Convention ayant adopté le 5 octobre le principe d'un calendrier républicain, elle choisit, le 24, le projet présenté par Fabre d'Églantine — auteur de la dénomination des mois et jours —, Marie-Joseph Chénier et Jacques-Louis David, qui renvoie à « une idéologie agricole et rurale »[40],[41].

Appelé à déposer au procès des Girondins le 24 octobre 1793, il met en cause Jean-Marie Roland de La Platière dans l'affaire du vol du Garde-Meuble[42] — il avait été nommé par la Convention un des commissaires chargés de mener l'enquête[43].

L'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes et la conspiration de l'étranger[modifier | modifier le code]

Danton et ses amis se retirant ou étant exclus des comités de gouvernement, Fabre s'affirme à l'été 1793, contribuant à exaspérer la lutte des factions : il engage une campagne contre l'agiotage avec Delaunay d'Angers, Jean-François Delacroix et Julien de Toulouse, accusant la Compagnie des Indes et les étrangers de mettre en œuvre des combinaisons spéculatives au service du gouvernement britannique. Le suivant, la convention vote la suppression des compagnies par actions le 24 août, puis la liquidation de la compagnie des Indes orientales le 8 octobre — décret dont le faux a joué un rôle primordial dans l'« affaire de la Compagnie des Indes » — et la mise sous séquestre des biens des étrangers le 16 octobre. Dans le même temps qu'il fait voter la liquidation de la Compagnie des Indes, Fabre dénonce le 12 octobre aux comités de salut public et de sûreté générale une vaste « conspiration de l'étranger »[4],[44], mêlant agioteurs et agents de l'ennemi (Berthold Proly, François Desfieux, Jacob Pereira et Pierre-Ulric Dubuisson), et dans laquelle seraient associés les députés François Chabot et Marie-Jean Hérault de Séchelles[45]. Cette supposée conspiration est confirmée ultérieurement par François Chabot et Claude Basire. Associé à l'instruction dès l'arrestation de ces derniers, le 17 novembre, il oriente l'enquête contre les Hébertistes[4].

S'associant à l'offensive indulgente de Danton, il s'élève, le 10 novembre, contre le système de la Terreur et la « tyrannie » des comités de gouvernement, et fait voter un décret — rapporté deux jours après — stipulant que les députés devraient être entendus par la Convention, avant de pouvoir être envoyés au tribunal révolutionnaire. Puis, le 17 décembre, il obtient l'arrestation de François-Nicolas Vincent, Stanislas-Marie Maillard, Charles-Philippe Ronsin et Albert Mazuel. Le 5 janvier 1794, il fait paraître un Portrait de Marat dans lequel il dénonce les prétendus successeurs de l'Ami du peuple[4],[46].

Toutefois, dans le cadre de l'enquête sur l'« affaire Chabot », on découvre que le décret de liquidation de la Compagnie des Indes orientales a été l'objet d'un faux, par Fabre et Delaunay, qui se trouvent ainsi associés à Chabot et Basire dans la même entreprise de chantage et de corruption[4]. Les deux hommes ont remis le texte définitif — falsifié — du décret du 8 octobre à Louis du Bas-Rhin (qui y a apposé en toute confiance sa signature avec la mention « Expediatur »), secrétaire de l'assemblée, le 27 octobre, sans le soumettre à un nouveau vote de la Convention[47]. Cette version porte que la Compagnie des Indes se liquiderait elle-même, en contradiction avec l'amendement de Fabre d'Églantine, prévoyant qu'elle serait faite par l'État[47]. En même temps qu'ils attaquaient les compagnies à actions — obtenant leur suppression le 24 août —, Delaunay d'Angers, Julien de Toulouse, Chabot, Basire et Fabre d'Églantine jouaient à la baisse sur leurs actions. L'affaire du faux, qui allait en contradiction avec leur précédente opération, venaient de ce que la Compagnie des Indes leur avait versé un pot-de-vin de 500 000 livres[46].

Exclu du club des Jacobins[4], accusé par André Amar de faux en écriture et de concussion, il est arrêté dans la nuit du 12 au 13 janvier 1794[4],[48] et interné à la prison du Luxembourg.

L'affaire de la Compagnie des Indes concerne aussi bien des proches des Hébertistes (Chabot) que des proches de Danton (Fabre d'Églantine). Cela permet aux comités de gouvernement de fustiger la lutte des factions exagérées et modérées[49]. Attaqué à la Convention par les hommes compromis dans l'affaire, le Comité de salut public se laisse convaincre par la réalité du complot de l'étranger d'autant plus aisément qu'aux menées des affairistes et des étrangers réfugiés se mêle une intrigue royaliste dirigée par le baron de Batz[46].

Déféré devant le tribunal révolutionnaire avec Danton pour corruption, trafic d'opinion, tentative de division et de destruction de la représentation nationale, il rédige un Précis apologétique dans lequel il rejette l'ensemble des accusations et nie tout lien avec ses coaccusés[4]. Condamné, il est guillotiné avec Danton le 17 germinal (5 avril 1794).

La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… »[50]. Une autre version prétend que Fabre aurait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l'échafaud[51].

Giuseppe Ceracchi a réalisé son buste[28].

Ses Œuvres ont paru en deux volumes in-8° à Paris en 1802. On a encore de lui Les Précepteurs, pièce qui n'a été jouée que cinq ans après sa mort : il y met en scène l’application des principes de l'Émile de Jean-Jacques Rousseau.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Amans de Beauvais, romance, Paris, Esprit, 1776, 16 pages, in-8°.
  • L'étude de la nature [Texte imprimé]. Poème à M. le comte de Buffon, Londres, 1783, 14 pages, in-8°.
  • Augusta, tragédie en cinq actes, Paris, 1787, 66 pages, in-8°.
  • Le Présomptueux, ou l'Heureux imaginaire, comédie en 5 actes et en vers, Paris, Prault, 1790, 135 pages in-8°.
  • Le Philinte de Molière, ou la Suite du Misanthrope, comédie en 5 actes et en vers, Paris, Prault, 1791, XLVIII-120 pages, in-8° (rééd. Amsterdam, G. Dufour, 1792, 75 pages, In-8° ; Paris, chez le libraire du Théâtre Français, 1793, 64 pages, in-8° ; Paris, Huet & Ravinet, 1801, 118 pages, in-8 °).
  • Le Collatéral, ou l'Amour et l'intérêt, comédie en 3 actes et en vers, Paris, L.-F. Prault, 1791, 111 pages, in-8°.
  • Le Convalescent de qualité, ou l'Aristocrate, comédie en 2 actes et en vers, Paris, Vve Duchesne et fils, 1791, 47 pages, in-8°.
  • Isabelle de Salisbury. Comédie nouvelle, héroïque et lyrique, en trois actes en prose, Paris, 1791, 76 pages, in-8°.
  • L'Intrigue épistolaire, comédie en 5 actes et en vers, Paris, Imprimerie du Cercle social, 1792, 108 pages, in-8° (rééd. Avignon, les frères Bonnet, 1798, 60 pages, in-8° ; Paris, imprimerie de Moutardier, An XI, 94 pages, in-8° ; Paris, Barba, 1805, 64 pages, in-8 °).
  • Portrait de Marat, par P. F. N. Fabre d'Églantine, représentant du Peuple, Député de Paris à la Convention Nationale, Paris, Chez Maradan, Imprimerie de Crapelet, rue S. Jean-de-Beauvais, 1793, 24 pages, in-4.
  • L'Évangile des Républicains, précédé du rapport fait par le citoyen Fabre d'Églantine sur le nouveau calendrier décrété par la Convention nationale , Paris, Lallemand, an II, in-32.
  • Calendrier de la république française, une et indivisible, au nom de la commission chargée de sa confection, Bruyères, imprimerie de Vve Vitot et fils, 1794, 35 pages, in-12.
  • Correspondance amoureuse de Fabre d'Églantine, précédée d'un précis historique de son existence et d'un fragment de sa vie écrit par lui-même, suivie de sa satyre sur les spectacles de Lyon et d'autres pièces fugitives, Hambourg et Paris, Richard, 1796, trois volumes, in-12.
  • Les Précepteurs, comédie en 5 actes et en vers, ouvrage posthume de P.-F.-N. Fabre d'Églantine, Paris, Imprimerie de la République, 1799, 133 pages, in-8°.
  • Œuvres mêlées et posthumes, de Ph.-Fr.-Naz. Fabre d'Églantine, Paris, Vve Fabre d'Églantine ; Moutardier, vendémiaire an XI, deux tomes, in-12.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Parents

Son père, François Fabre, est né le 7 avril 1730 à Carcassonne et décédé avant 1778, dans la même ville. Quant à sa mère, Anne Catherine Jeanne Marie Fabre, née Fonds en 1726, elle décède le 12 janvier 1766.

Grands-parents

Son grand-père paternel, Philippe Fabre, né en 1697 à Montréal d'Aude, décède le 27 avril 1757, à Carcassonne. Son père est Étienne Fabre, né en 1667 à Montréal d'Aude, sa mère Germaine Fabre, née Carrière vers 1670. Sa grand-mère paternelle est Antoinette Fabre, née Galibert.

Collatéraux[modifier | modifier le code]

Oncles et tante paternels

Fabre d'Églantine avait deux oncles et une tante du côté de son père :

Frères et sœurs et leurs descendants

De l'union de François et Anne Fabre, sont nés six enfants :

  • Fabre d'Églantine
  • Joseph Vincent Dominique Fabre, né le 23 janvier 1752 à Carcassonne et décédé le 23 octobre 1826, à Bourges. Ce Général de brigade a été marié à Josèphe Belin. En secondes noces, il a épousé le 23 octobre 1826, à Carcassonne, Germaine Varlet. De cette seconde union sont nés deux garçons :
    • François Fabre, né le 14 novembre 1803.
    • Camille François Fabre, né le 28 septembre 1804 et décédé le 26 avril 1824, à l'âge de 19 ans.
  • Antoinette Fabre, née en 1753 à Carcassonne et décédée le 27 juillet 1763 dans la même ville, à l'âge de 10 ans.
  • Jeanne Fabre, née en 1755 à Carcassonne et décédée le 6 mai 1766 dans la même ville, à l'âge de 11 ans.
  • Louis Fabre, né le 6 mars 1757 à Carcassonne et décédé le 15 octobre 1762 dans la même ville, à l'âge de 5 ans.
  • Anne Fabre, née le 14 mars 1758 à Carcassonne et décédée le 20 septembre 1761 dans la même ville, à l'âge de 3 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri d'Alméras, Fabre d'Églantine, Société Française d'Imprimerie et de Librairie,‎ 1905.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Fabre d'Églantine » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Jules Claretie, « Fabre d'Églantine à la Comédie-Française », La Révolution française : revue historique, t. 33,‎ 1897, p. 385-404 (lire en ligne)
  • Michel Eude, « Une interprétation non-Mathiezienne de l'affaire de la compagnie des Indes », Annales historiques de la Révolution française, no 244,‎ avril-juin 1981, p. 239-261.
  • Frédéric Faber, « La carrière dramatique de Fabre d'Églantine, étude biographique d'après des documents nouveaux et inédits », Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, Carcassonne, François Pomiés,‎ 1878, p. 415-542.
  • Jan Fransen, Les comédiens français en Hollande: au XVIIe et au XVIIIe siècles, Genève, Éditions Slatkine,‎ 1978, « Jean-Philippe Meissner directeur du spectacle français à La Haye. Collot d'Herbois et Fabre d'Églantine (1780-1793) ».
  • Louis Jacob, Fabre d'Églantine, chef des fripons, Hachette,‎ 1946.
  • Arnaud de Lestapis, La Conspiration de Batz (1793-1794), Société des Études Robespierristes,‎ 1969.
  • Albert Mathiez, « Fabre d'Églantine, fournisseur aux armées », Annales révolutionnaires, t. IV,‎ 1911, p. 532-534.
  • Albert Mathiez, « Fabre d'Églantine et la falsification du décret de liquidation de la Compagnie des Indes », Bulletin de la Société d'histoire moderne, no 21,‎ mai-juin 1913, p. 218-229.
  • Albert Mathiez, Études robespierristes, vol. 1 : La corruption parlementaire sous la Terreur, Paris, Librairie Armand Colin,‎ 1917 (lire en ligne).
  • Albert Mathiez, L'Affaire de la Compagnie des Indes : Un procès de corruption sous la Terreur, Paris, Librairie Félix Alcan,‎ 1920 (lire en ligne).
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, t. II, Paris, Edgar Bourloton,‎ 1889 (lire en ligne), p. 585-587.
  • Michel Taillefer et Sylvie Caucanas (éd.), Venance Dougados et son temps, André Chénier, Fabre d'Eglantine: actes du colloque international tenu à Carcassonne les 5, 6, et 7 mai 1994, Les Audois,‎ 1995, « L'Académie des Jeux floraux de Toulouse à la fin de l'Ancien Régime ».
  • Claudine Wolikow et Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ 2005, « Fabre d'Églantine Philippe François Nazaire, dit », p. 429-430.

Fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Léon Nadjo, La Composition nominale : Études de linguistique latine, L'Harmattan,‎ 2010 (lire en ligne), p. 256.
  2. Certaines biographies le font naître le 20 21 ou 29 juillet.
  3. a et b Armand Praviel et Jean Joseph Rozès de Brousse, L'Anthologie des jeux floraux, 1324-1924, Nouvelle librairie nationale,‎ 1924, p. 81.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Claudine Wolikow (2005), p. 429-430.
  5. Il étudie au collège de l'Esquile, selon Armand Praviel et Jean Joseph Rozès de Brousse, L'Anthologie des jeux floraux, 1324-1924, Nouvelle librairie nationale,‎ 1924, p. 81.
  6. a et b Michel Taillefer (1995), p. 59.
  7. Philippe-François-Nazaire Fabre d'Églantine, Œuvres choisies de Fabre d'Églantine, Veuve Dabo,‎ 1821 (lire en ligne), « Notice sur Fabre d'Églantine », p. 2.
  8. Jean-François de La Harpe, Lycée, ou Cours de littérature, ancienne et moderne, t. 11, A. Costes,‎ 1813 (lire en ligne), p. 23.
  9. Théâtre des auteurs du second ordre, t. XXVIII, Ménard fils,‎ 1814 (lire en ligne), p. 197.
  10. Louis Jacob (1946), p. 17.
  11. a et b Agnès Steuckardt, « Quand un poète change le nom des mois », dans Françoise Berlan (dir.), Langue littéraire et changements linguistiques, Presses de l'Université Paris-Sorbonne,‎ 2006, p. 421.
  12. Rémy Cazals, Daniel Fabre et Dominique Blanc, Les Audois, dictionnaire biographique, Association des Amis des Archives de l'Aude,‎ 1990, p. 156.
  13. Henri d'alméras (1905), p. 13.
  14. a, b, c, d, e, f et g Jan Fransen (1978), p. 385-402.
  15. Georges de Froidcourt, Le Procès de Fabre d’Églantine devant le Magistrat de Namur en 1777, Liège, Protin et Vuidar,‎ 1941.
  16. Henri d'alméras (1905), p. 39.
  17. Michel Taillefer (1995), p. passage=91.
  18. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jules Claretie (1897), p. 385-404.
  19. José Quitin, La Musique à Liège (1789-1830), Éditions Mardaga,‎ 1997 (lire en ligne), p. 153.
  20. Henri d'alméras (1905), p. 48.
  21. Michel Taillefer (1995), p. passage=97.
  22. Henri d'alméras (1905), p. 52.
  23. Max Fuchs, La Vie théâtrale en Province au XVIIIe siècle : Lexique des troupes de comédiens au XVIIIe siècle, Genève, Éditions Slatkine,‎ 1976 (lire en ligne), p. 88-89.
  24. Robert Darnton, Gens de lettres, gens du livre, Odile Jacob,‎ 1992, p. 125.
  25. Louis Jacob (1946), p. 57.
  26. a et b Adolphe Robert et Gaston Cougny (1889), p. 585-587.
  27. P. Carucci, Raffaele Santoro et A. Groppi, La Rivoluzione Francese (1787-1799) : repertorio delle fonti archivistiche e delle fonti a stampa conservate in Italia e nella Città del Vaticano, vol. 2, partie 2, Ufficio centrale per i beni archivistici,‎ 1991, p. 486.
  28. a et b Biographie universelle et portative des contemporains, ou Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusqu'à nos jours qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 2, Chez l'éditeur,‎ 1836 (lire en ligne), p. 1617.
  29. Bruno Villien, Talma : l'acteur favori de Napoléon Ier, Pygmalion/Watelet,‎ 2001, p. 77.
  30. Henri d'alméras (1905), p. 151.
  31. Louis Antoine de Saint-Just, Oeuvres complètes, Gallimard, coll. « Folio histoire »,‎ 2004 (ISBN 9-782070-422753), « Rapport au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté général sur la conjuration ourdie depuis plusieurs années par les factions criminelles pour absorber la Révolution française dans un changement de dynastie ; et contre Fabre d'Églantine, Danton, Philippeaux, Lacroix et Camille Desmoulins, prévenus de complicité dans ces factions et d'autres délits personnels contre la liberté présenté à la Convention nationale le 11 germinal an II », p. 715 et 720.
  32. Antoine François Bertrand de Molleville, Histoire de la Révolution de France pendant les dernières années du règne de Louis XVI. Deuxième partie comprenant les années 1791, 1792 et 1793, jusqu'à la mort de Louis XVI inclusivement, vol. 9, Giguet et Michaud,‎ 1802 (lire en ligne), p. 181-182.
  33. a et b Pierre Caron, « Danton et les massacres de Septembre », La Révolution française, t. 84,‎ 1931, p. 193-218 (lire en ligne).
  34. Louis Jacob (1946), p. 194.
  35. Albert Mathiez (1911), p. 1532-534.
  36. Alphonse Aulard, « Évolution des idées politiques entre le 10 août et le 22 septembre 1792 », La Révolution française, t. 36,‎ 1899, p. 225 (lire en ligne).
  37. Louis Jacob (1946), p. 166.
  38. Théodore Iung, L'armée et la révolution, t. 1 : « Dubois-Crancé (Edmond-Louis-Alexis) mousquetaire, constituant, conventionnel, général de division, ministre de la guerre, 1747-1814 », G. Charpentier et cie,‎ 1884, p. 326.
  39. Michel Biard, Missionnaires de la République, Paris, CTHS,‎ 2002, p. 520.
  40. Élizabeth Liris et Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ 2005, « Calendrier révolutionnaire », p. 179-180.
  41. Roger Dupuy, La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire (1792-1794), Le Seuil,‎ 2005, p. 233.
  42. Réimpression de l'ancien Moniteur depuis la réunion des États généraux jusqu'au Consulat, t. 18 : « Mai 1789 - novembre 1799 », Bureau Central,‎ 1841 (lire en ligne), p. 257-259.
  43. Henri d'Alméras (1905), p. 129-130.
  44. Albert Mathiez (1920), p. 70.
  45. Albert Mathiez (1920), p. 70.
  46. a, b et c Albert Soboul, La Révolution française, Gallimard, coll. « Tel »,‎ 1982, p. 338-341.
  47. a et b Albert Mathiez (1920), p. 70.
  48. Roger Dupuy, La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire (1792-1794), Le Seuil,‎ 2005, p. 244.
  49. Roger Dupuy, La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire (1792-1794), Le Seuil,‎ 2005, p. 244-246.
  50. Pierre Dharréville, « Fabre d'Églantine, blanc mouton », L'Humanité,‎ 7 août 2009 (lire en ligne)
  51. Claude Gagnière, Pour tout l'or des mots, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1997, p. 187.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]