Fichier national automatisé des empreintes génétiques

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En France, le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) mis en œuvre par le ministère de l'intérieur sous le contrôle du ministère de la justice gère les empreintes génétiques utiles à la résolution d'enquêtes visant les criminels, les délinquants mais pas les contrevenants. Il est déclaré à la CNIL comme il se doit[1].

Le fonctionnement du FNAEG est défini par le titre XX du livre IV du code de procédure pénale. Ce titre comprend une partie législative ainsi qu'une partie règlementaire composée de décrets en Conseil d'État, de décrets simples et d'un arrêté[2] définissant les locus sur lesquels portent les analyses destinées à l'identification génétique.

Historique[modifier | modifier le code]

Le FNAEG a été créé en 1998 par le légistateur. Ce serait de l'arrestation du tueur en série Guy Georges qui l'aurait promu[3],[4]. Le rôle décisif de cette affaire est cependant mis en perspective par des historiens qui font remarquer[5] qu'à cette époque l'utilisation des empreintes génétiques à des fins d'investigation était dans l'air du temps, encouragée par le Conseil de l'Europe[6], validée par la Convention européenne des droits de l'homme et déjà mise en œuvre à grande échelle par le Royaume-Uni. Les décrets d'application ont été publiés tardivement[7] en mai 2000. Des affaires criminelles à caractère sexuel ont été parfois évoquées pour en presser la mise en place[8].

Le périmètre initial du FNAEG a été étendu par des lois successives [9],[10],[11],[12],[13],[14]. En 2013, la Chancellerie a refusé son extension aux délits routiers et financiers [15].

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

En première approximation[16], le FNAEG contient des empreintes génétiques de deux origines :

  1. Celles issues d'individus, au sens biologique, de l'espèce humaine qui ont été associées à celles d'une personne physique du point de vue légal.
  2. Celles issues de traces sur des scènes d'infraction (crime ou délit).

Il y a donc trois types de rapprochement que l'algorithme dédié à cette tâche puisse automatiquement[17] proposer :

  1. individu-trace. Ce type de proposition de rapprochement peut indiquer qu'il y a eu un transfert de Locard et donc potentiellement relier un individu à une scène d'infraction. Ce rapport de rapprochement du FNAEG ne peut être en aucun cas utilisée dans le cadre d'une procédure : il n'a aucune force légale (et il en fait mention). En effet, le pouvoir incriminant d'une telle concordance ne peut être apprécié qu'à l'aune des éléments de contexte de la scène d'infraction[18] et des fréquences des allèles impliqués[19]. Le FNAEG signifie alors aux enquêteurs qu'ils doivent demander une confirmation de rapprochement auprès de la personne (morale ou physique) habilitée[20] ayant établi le profil trace pour pouvoir l'inscrire en procédure.
  2. individu-individu. Ceci peut sembler surprenant de prime abord mais s'explique par l'utilisation d'alias par les délinquants et criminels dans le but d'échapper à l'aggravation des peines en cas de récidive[21]. La proposition de rapprochement faite dans ce cas par le FNAEG peut permettre d'attribuer plusieurs infractions à une même personne.
  3. trace-trace. Une proposition de rapprochement entre deux scènes d'infraction différentes peut donner des indications utiles aux enquêteurs dans le cas d'affaire non résolues en suggérant qu'une même personne, non encore identifiée, puisse être impliquée. Ces indications sont particulièrement intéressantes pour les affaires de tueurs en série mais peuvent a contrario mobiliser des ressources inutilement en cas de contamination, comme dans l'affaire du fantôme d'Heilbronn en Allemagne.

Le FNAEG contient en sus de cette première approximation des empreintes génétiques de deux origines :

  1. Celles issues d'individus, au sens biologique, de l'espèce humaine qui n'ont pas été associées à celles d'une personne physique du point de vue légal, par exemple un cadavre non identifié.
  2. Celles issues de traces vraisemblablement massivement enrichies par celles d'une personne physique, par exemple la brosse à dents d'un disparu.

Statistiques[modifier | modifier le code]

En 2012 le FNAEG comptait 2 188 971 profils génétiques[22], soit près 3,34 % de la population française. 75 % des personnes sont fichées en tant que « mis en cause » — et donc présumées innocentes ; leurs empreintes sont conservées pendant vingt-cinq ans —, 18 % en tant que personnes « condamnées » (leurs empreintes seront conservées quarante ans), les 7 % restants correspondant à des « traces inconnues ».

La croissance du nombre de profils génétiques au FNAEG[23],[24]
Nombre total de profils de personnes enregistrés au FNAEG Nombre de personnes condamnées enregistrées Nombre de personnes mises en causes enregistrées Nombre de traces inconnues Nombre cumulé de rapprochements de profils permettant la résolution d'affaires
2002 4 369 2 824 1 366 179 43
2003 16 771 11 796 4 529 716 82
2004 42 411 28 825 10 517 3 069 446
2005 127 814 63 394 56 218 8 202 2 020
2006 267 616 104 290 150 572 12 754 3 875
2007 533 795 152 835 353 250 27 170 10 672
2008 898 831 238 293 618 618 41 920 19 620
2009[25] 1 276 769 280 399 934 112 62 258 27 811
2010[23] 1 724 173
2011[26] 2 005 885 135 388
2012[22] 2 188 971 398 698 1 641 176 149 097 73 462

Difficultés sur l'interprétation des statistiques[modifier | modifier le code]

Un rapport parlementaire[27] précisait, en septembre 2010, que « le FNAEG a réalisé 42 616 rapprochements impliquant 101 319 profils génétiques », laissant entendre que le nombre de personnes identifiées serait plus de deux fois moins important que le nombre d'affaires élucidées.

Les chiffres délivrés par l'Observatoire national de la délinquance (OND) diffèrent de ceux délivrés aux parlementaires par le ministère de l'Intérieur : en décembre 2006, l'INHESJ évoquait ainsi « près de 400 000 empreintes répertoriées (et) 5 500 affaires résolues depuis 2002[28] », 585 269 profils enregistrés, et 21 697 rapprochements, en novembre 2007[29], 958 317 profils enregistrés, et 44 249 rapprochements de profils génétiques en novembre 2008[30], 1 707 254 profils enregistrés, et 108 698 profils génétiques rapprochés en décembre 2010[31], 2 221 682 profils génétiques intégrés, et 166 415 rapprochements générés, en juin 2012[32]

La question reste donc de savoir ce pour quoi le ministère de l'Intérieur avance un chiffre de 73 642 « rapprochements de profils permettant la résolution d'affaires » au député[22] qui l'interroge à ce sujet, alors que l'OND évoque, lui, 166 415 rapprochements générés…

Aucun chiffre ne permet par ailleurs de savoir combien de personnes « mises en cause » ont été confondues, par rapport au nombre de personnes condamnées, ni combien de rapprochements ont entraînés des condamnations.

Situations où une empreinte génétique peut légalement être utilisée[modifier | modifier le code]

En France, le FNAEG est sous le contrôle strict du législateur, à savoir, au bout du compte, de celui des citoyens. La loi dispose[33]des cas où il est autorisé de procéder à des prélèvements sur des personnes pour établir leur empreinte génétique et dans quel but : cette empreinte peut être insérée au fichier pour une durée définie par la loi ou être utilisée à de simples fins de comparaison avec les données existantes.

  • Insertion des empreintes des personnes jugées coupables, même si elles sont déclarées pénalement irresponsables, de l'une des infractions prévues par la loi.
  • Insertion ou comparaison, selon le niveau de vraisemblance de l'hypothèse de culpabilité, des empreintes des personnes suspectées d'avoir commis l'une des infractions prévues par la loi, sur décision d'un officier de police judiciaire agissant soit d'office, soit sur la demande du procureur de la République ou d'un juge d'instruction.

De plus, l'article R53-10 précise qu'il est possible d'insérer les empreintes génétiques issues :

  • De traces biologiques prélevées sur des scènes de crime ou de délit. Elles sont recueillies dans le cadre d'une enquête préliminaire, d'une flagrance, ou d'une instruction préparatoire.
  • D'échantillons biologiques prélevés sur des cadavres non identifiés et des traces biologiques issues de personnes inconnues, recueillies dans le cadre d'une enquête ou d'une instruction pour recherche des causes de la mort ou pour recherche des causes d'une disparition.
  • D'échantillons biologiques issus ou susceptibles d'être issus d'une personne disparue, recueillis dans le cadre d'une enquête ou d'une instruction pour recherche des causes d'une disparition.
  • D'échantillons biologiques prélevés, avec leur accord, sur les ascendants et descendants d'une personne disparue, dans le cadre d'une enquête ou d'une instruction pour recherche des causes d'une disparition.

En France les corps des personnes inconnues sont enterrés sous X sans obligation légale de les identifier par une empreinte génétique. Aussi, les associations de soutien aux disparus demandent[34],[35] une loi rendant obligatoire l'insertion au FNAEG de ces dernières afin de résoudre des disparitions pour permettre aux familles de faire leur deuil.

Infractions concernées[modifier | modifier le code]

La loi dispose[36] que la liste des infractions permettant le prélèvement et la conservation des traces et empreintes génétiques est la suivante :

  • Les atteintes sexuelles sur mineur et les exhibitions sexuelles
  • Les crimes contre l'humanité et les crimes et délits d'atteintes volontaires à la vie de la personne, de torture et actes de barbarie, de violences volontaires, de menaces d'atteintes aux personnes, de trafic de stupéfiants, d'atteintes aux libertés de la personne, de traite des êtres humains, de proxénétisme, d'exploitation de la mendicité et de mise en péril des mineurs
  • Les crimes et délits de vols, d'extorsions, d'escroqueries, de destructions, de dégradations, de détériorations et de menaces d'atteintes aux biens
  • Les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, les actes de terrorisme, la fausse monnaie et l'association de malfaiteurs
  • La fabrication d'engins explosifs et l'importation illicite de matériel de guerre
  • Les infractions de recel ou de blanchiment du produit de l'une de ces infractions

En 2010 la Cour de Cassation et un tribunal bordelais ont invoqué l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme sur «l'ingérence de l'autorité publique dans l'exercice du droit au respect de la vie privée» pour relaxer des faucheurs de cultures OGM ayant refusé de se soumettre à des prélèvements d'ADN[37], mais le Conseil constitutionnel n'a pas suivi[38].

En 2013, le Tribunal correctionnel de Roanne a relaxé les personnes qui avaient refusé de se prêter à un prélèvement d'ADN suite à une condamnation pour dégradations en réunion : il a considéré qu'ayant été dispensées de peine, l'obligation de prélèvement ne s'appliquait pas[39].

Conservation des données[modifier | modifier le code]

Principe réglementaire[modifier | modifier le code]

L'article R53-10 du code de procédure pénale indique que la conservation des données dans le FNAEG est possible dans les cas d'une personne condamnée ou contre laquelle il existe un ou plusieurs indices graves ou concordants pour les infractions mentionnées à l'article 706-55.

Dans le cas d'une personne à l'encontre de laquelle il existe seulement une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis un crime ou un délit, le profil génétique sert uniquement à effectuer une comparaison avec les données du FNAEG et n'est pas conservé.

Durée de conservation des données[modifier | modifier le code]

Selon l'article R53-14, les informations enregistrées ne peuvent être conservées au-delà d'une durée de quarante ans à compter soit de la demande d'enregistrement, soit du jour où la condamnation est devenue définitive.

Une durée maximum de vingt-cinq ans est prévue pour les prélèvements effectués sur des prévenus, c'est-à-dire des personnes contre lesquelles il existait, pendant la garde à vue, un ou plusieurs indices graves ou concordants pour les infractions mentionnées à l'article 706-55.

Pour les personnes disparues ou pour les cadavres non identifiés, les données sont détruites dès la découverte de la personne ou dès l'identification du cadavre.

Droit à l'effacement des données[modifier | modifier le code]

Selon le deuxième alinéa de l'article 706-54 du code de procédure pénale, il existe une possibilité d'obtenir l'effacement des données du FNAEG pour les personnes mises en cause ainsi que pour les ascendants et descendants d'une personne disparue.

  • Les personnes mises en cause doivent adresser directement leur demande au procureur de la République de la juridiction qui a traité l'affaire ayant donné lieu à l'enregistrement. L'article 706-55 indique que la décisions de l'effacement revient au procureur de la République « lorsque leur conservation n'apparaît plus nécessaire compte tenu de la finalité du fichier ». Le procureur fait connaître sa décision à l'intéressé par lettre recommandée. S'il n'a pas ordonné l'effacement, cette personne peut saisir à cette fin le juge des libertés et de la détention, dont la décision peut être contestée devant le président de la chambre de l'instruction. Si le juge des libertés et de la détention ordonne l'effacement, le procureur peut également contester cette décision devant le président de la chambre de l'instruction. Cette contestation suspend l'exécution de la décision.
  • Les parents et les descendants d'une personne disparue peuvent obtenir de droit l'effacement de leurs données en formulant la demande directement au procureur de la République de la juridiction qui traite l'affaire.

Il existe également un droit d'accès au FNAEG prévu par la loi informatique et liberté. Il s'exerce auprès du directeur central de la police judiciaire au ministère de l'Intérieur.

Refus de se soumettre au prélèvement[modifier | modifier le code]

L'article 706-56 du code de procédure pénale dispose que le refus de se soumettre au prélèvement pour les personnes visées par la loi est puni d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende et, si l'auteur des faits est condamné pour crime, deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Ces peines ne peuvent se confondre avec celles déjà subies et doivent être proportionnelles au délit principal. Pour les personnes condamnées, le refus du fichage génétique entraîne la suppression des remises de peine.

Ce même article punit également le fait « pour une personne faisant l'objet d'un prélèvement, de commettre ou de tenter de commettre des manœuvres destinées à substituer à son propre matériel biologique le matériel biologique d'une tierce personne, avec ou sans son accord ». Ce délit est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

L'application de la loi est contestée[40].

Gestion et consultation du FNAEG[modifier | modifier le code]

Le FNAEG est placé sous le contrôle d'un magistrat nommé par le ministre de la justice[41]. Il dispose d'un pouvoir de contrôle et peut faire procéder à des saisies ou copies d'information ainsi qu'à l'effacement d'enregistrements illicites.

Le traitement du FNAEG est mis en œuvre par la direction centrale de la Police judiciaire.

Selon l'article R53-18, le personnel du Ministère de l'intérieur, spécialement affectés dans le service mettant en œuvre le traitement, et dûment habilités, peuvent seuls, à la demande de l'autorité judiciaire ou des officiers de police judiciaire, assurer l'alimentation du fichier, avoir accès aux informations enregistrées et procéder aux opérations de rapprochement.

Les officiers et les agents de police judiciaire ne peuvent accéder directement au fichier que pour vérifier si y figure l'état civil d'une personne susceptible de faire l'objet d'un prélèvement biologique en application de ces dispositions. Ils ne peuvent accéder à aucune autre donnée.

Les personnels affectés au service central de préservation des prélèvements biologiques et dûment habilités peuvent accéder directement aux données enregistrées dans le fichier, à l'exception de celles relatives aux résultats d'analyse.

Les polices et magistrats des pays de l'Union européenne, depuis la mise en réseau de ce type de fichiers décidée le 12 juin 2007 par les ministres de l'Intérieur des 27 pays, ont aussi la possibilité d'accéder à ce fichier.

Il existe un dispositif permettant de retracer, par suivi informatique, la consultation du fichier.

Réserves du conseil constitutionnel[modifier | modifier le code]

Dans sa « décision no 2010-25 QPC du 16 septembre 2010 »[42], le conseil constitutionnel a émis deux « réserves » à propos du FNAEG[43] :

  • La loi doit s'interpréter comme « limitant le prélèvement » aux personnes soupçonnées de certains crimes ou délits graves « énumérés à l'article 706-55 du code de procédure pénale » ;
  • Demande que la conservation des données soit d'une durée « raisonnable », proportionnelle à la gravité de l'infraction, et adaptée à l'âge de l'auteur de l'infraction (mineur ou majeur).

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques de ce fichier portent principalement sur le contenu et le volume des enregistrements.

Contenu des enregistrements[modifier | modifier le code]

  • Le périmètre du FNAEG s'était accru du fait des lois successives mais la Chancellerie a décidé en 2013 d'arrêter cette progression [15].
  • Selon une chargée de recherche de l'Inserm [44], les segments ADN du FNAEG pourraient fournir des indications sur le statut médical et sanitaire des personnes.

Volume des enregistrements[modifier | modifier le code]

La loi du 15 novembre 2001 sur la sécurité quotidienne dans son article 56 et la révision de la loi de 2003 ont fait passer le nombre de personnes enregistrées de 2 807 en 2003 à plus de 450 000 en 2007[45],[46],[47]. En janvier 2009, le chiffre officiel est de 1 014 587[48].

Fin 2006, les médias rapportèrent le cas d'individus refusant de se soumettre au prélèvement génétique, en particulier des faucheurs volontaires d'OGM[3]. Bien que peu nombreux (moins de 200 alors que le FNAEG compte alors environ 400 000 profils), ils dénoncent activement ce qu'ils considèrent comme une menace pour les libertés individuelles, entre autres via le collectif « Refus ADN ».

En juillet 2007, la Ligue des droits de l'homme a dénoncé[49] la perméabilité accrue de ce fichier à la suite de sa mise en réseau avec les fichiers semblables de l'Union européenne, du fait que les pays ne sont pas arrivés à se mettre d'accord au sujet de la protection des données privées (ni sur les conditions de transfert à des pays extra-européens, tels que les États-Unis[50]) ; elle a aussi dénoncé une déresponsabilisation individuelle des personnes impliquées dans l'analyse scientifique, sous le prétexte d'une simplification administrative de la procédure et d'une baisse de son coût financier global. « Aujourd'hui, les trois quarts des affaires traitées dans les tribunaux peuvent entraîner un fichage génétique, à l'exception notable de la délinquance financière, ou encore de l'alcoolisme au volant », a précisé Ollivier Joulin, du Syndicat de la magistrature, à un journaliste du Monde, concluant que « l'exception devient la norme »[51].

Le fait que la loi n'indique aucune restriction d'âge concernant la prise d'empreinte génétiques est critiqué par des parents[46]. Le secrétaire général du Syndicat de la magistrature, avait déclaré en 2009 dans la presse que « personne ne prône le fichage généralisé mais, de fait, on est en train de l'effectuer[52],[53] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La CNIL tient à jour le statut de ce fichier [1].
  2. Article A38 du code de procédure pénale.
  3. a et b La tentation du fichage génétique de masse, Le Monde, 25 septembre 2006 .
  4. Les faits divers qui ont fait avancer la justice, article du quotidien Le Figaro, daté du 22 novembre 2011 .
  5. p. 170 in Berlière, J.-M. & Lévy, R. (2011) Histoire des polices en France de l'ancien régime à nos jours, nouveau monde éditions, (ISBN 978-2-84736-573-3).
  6. La résolution du Conseil de l'Union Européenne du 9 juin 1997 relative à l'échange des résultats des analyses d'ADN encourage la création de bases de données nationales dans la perspective de l'échange des résultats des analyses d'ADN entre les États membres.
  7. Rapport du 7 juin 2011 de l'assemblée nationale. Dans la section 4.4 il est écrit « Les lenteurs observées dans la mise en place de ces dispositifs sont d'abord imputables à la parution tardive (mai 2000) du décret d'application. Elles s'expliquent aussi par les délais de réalisation des infrastructures nécessaires et par divers problèmes techniques dont la résolution conditionne largement la fiabilité du système. ».
  8. Compte Rendu la séance du 15 juin 1999 de l'assemblée nationale où le député Lucien Degauchy interpelle le gouvernement à propos du fichier FNAEG pour savoir si « un délai peut être aujourd'hui fixé pour sa mise en place, et surtout pour quel motif on l'a retardée », évoquant « de nombreux crimes à caractère sexuel restés impunis », dont « le cas pour la jeune Angélique Dumetz, assassinée le 13 octobre 1996 à l'âge de dix-neuf ans ». Élisabeth Guigou, garde des sceaux, a répondu notamment « Ce travail est en cours. Il nécessite bien entendu des consultations pour s'assurer que l'on puisse concilier l'efficacité et la protection des libertés. ».
  9. Loi du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne, dans son article 56
  10. Loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure (dite « loi Sarkozy »), dans son article 29: elle élargit le fichier à de simples délits (vol, tag, arrachage d'OGM, etc.) et permet aussi d'inclure de simples suspects.
  11. Loi 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, dans son article 49.
  12. Loi du 12 décembre 2005 sur la récidive des infractions pénales (art. 18)
  13. Loi sur les violences conjugales du 4 avril 2006 dans son article 17
  14. Loi relative à la prévention de la délinquance du 5 mars 2007, dans son article 42
  15. a et b Question écrite du premier janvier 2013 de l'assemblée nationale au pouvoir exécutif député Patrice Carvalho demande à ce que les délits routiers et les délits financiers figurent parmi les critères d'inscription au FNAEG pour confondre plus rapidement les criminels. Dans le cas de l'affaire d'Angélique Dumetz il écrit « [qu'il demeure que l'assassin d'Angélique aurait pu être identifié plus tôt et vivant s'il avait fait l'objet d'un prélèvement ADN lors d'un délit routier dont il s'était rendu coupable. ». La Chancellerie a tranché dans sa réponse : En effet, le Conseil constitutionnel a rappelé, dans la décision susvisée (considérant no 11), qu'il appartenait « au législateur d'assurer la conciliation entre, d'une part, la prévention des atteintes à l'ordre public et la recherche des auteurs d'infractions, toutes deux nécessaires à la sauvegarde de droits et de principes de valeur constitutionnelle, et, d'autre part, la protection des droits et libertés constitutionnellement garantis, au nombre desquels figurent le respect de la vie privée, protégé par l'article 2 de la Déclaration de 1789, le respect de la présomption d'innocence, le principe de dignité de la personne humaine, ainsi que la liberté individuelle que l'article 66 place sous la protection de l'autorité judiciaire ». Il a en outre indiqué que si le législateur pouvait « prévoir des mesures d'investigation spéciales en vue de constater des crimes et délits d'une gravité et d'une complexité particulières, d'en rassembler les preuves et d'en rechercher les auteurs, c'était sous réserve que [...] les restrictions qu'elles apportent aux droits et libertés constitutionnellement garantis soient nécessaires à la manifestation de la vérité, proportionnées à la gravité et à la complexité des infractions commises [...]
  16. On omet ici les empreintes génétiques liées à des affaires de disparition ainsi que celles issues de cadavres non identifiés.
  17. D'où le A du FNAEG pour Automatisé, le FNAEG n'est pas qu'une simple base de données : son moteur de rapprochement permet de soulager les enquêteurs de tâches rébarbatives et ainsi d'allouer plus de ressources humaines à des missions relevant de l'humain.
  18. Voir par exemple page 39 dans le guide INTERPOL sur l'échange de données génétiques et sur les pratiques en matière d'analyse d'ADN où il est écrit : « Une concordance entre un échantillon de scène de crime et un échantillon de référence de la base de données génétiques signifie que le profil d’ADN établi à partir de l’indice est identique à celui d’une personne. Elle indique l’origine de l’indice sans toutefois constituer une preuve. Il se peut, par exemple, que la personne se soit rendue sur les lieux, sans s’y trouver au moment de l’infraction, son ADN étant alors encore présent sur place. Il appartient à la police de réunir tous les éléments de preuve à même d’étayer les poursuites. ».
  19. Voir par exemple page 39 dans le guide INTERPOL sur l'échange de données génétiques et sur les pratiques en matière d'analyse d'ADN où il est écrit : « L’importance ou le poids de la concordance est indiqué par un énoncé statistique appelé probabilité de concordance aléatoire. Ainsi, une probabilité de concordance aléatoire de « 1 sur 6 milliards dans la population de type européen » correspond à la probabilité de trouver le même profil d’ADN chez une personne choisie de façon aléatoire dans la population. Plus le chiffre apparaissant dans la fréquence estimée est élevé (faible probabilité), plus le profil est rare, et donc plus les résultats sont significatifs. La probabilité de concordance aléatoire ne renseigne pas sur la probabilité de la culpabilité du suspect et il convient d’être très attentif à ne pas donner cette impression. ».
  20. Plus précisément la personne habilitée à procéder à des identifications par empreintes génétiques dans le cadre d'une procédure judiciaire ou de la procédure extrajudiciaire d'identification des personnes décédées par la commission had hoc.
  21. L'interdiction de marquer au fer rouge ou d'essoriller les criminels depuis la loi du 31 août 1832 est à l'origine de l'anthropométrie judiciaire pour l'identification des récidivistes. Le FNAEG s'inscrit ainsi dans la lignée des outils développés par la police visant l'identification judiciaire.
  22. a, b et c Réponse à une question parlementaire de Sergio Coronado.
  23. a et b Activité des services de police et de gendarmerie en 2010, INHESJ.
  24. Activité et enregistrements cumulés depuis la création du FNAEG, Sénat.
  25. Réponse à une question parlementaire de M. Éric Raoult.
  26. [2].
  27. [3].
  28. [4].
  29. [5].
  30. [6].
  31. [7].
  32. [8].
  33. l'article 706-54 du code de procédure pénale
  34. Enterressous X, France-info du 14 août 2009.
  35. [9].
  36. article 706-55 du code de procédure pénale
  37. Pas d'empreintes génétiques pour les faucheurs d'OGM, 29/10/2010, sur Le Figaro en ligne.fr.
  38. Dans sa décision no 2010-22 QPC du 16 septembre 2010 (NOR CSCX1023900S), le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution l'article 706-54 du code de procédure pénale dans sa rédaction antérieure à la loi no 2010-242 du 10 mars 2010, sous les réserves énoncées aux considérants 18 et 19, portant sur les alinéas 3 et 6 de l'article 706-54, qui n'ont pas été modifiés par la loi no 2010-242 du 10 mars 2010. .
  39. Prélèvement ADN : cinq militants CGT relaxés, Lemonde.fr, 17 décembre 2013
  40. ADN : Au-Delà du "Non" Sur le refus de prise d’ADN.
  41. Article R53-16 du code de procédure pénale
  42. Décision no 2010-25 QPC du 16 septembre 2010, sur le site du conseil constitutionnel (consulté en décembre 2010).
  43. « Les Sages émettent deux réserves sur la constitutionnalité du fichier national des empreintes génétiques », article du quotidien Le Monde, daté du 16 septembre 2010.
  44. Catherine Bourgain, « ADN superstar ou superflic », Éditions du seuil
  45. Chiffre donné dans le quotidien le Figaro du 16 mai 2007, (fr) Record d'enquêtes élucidées grâce à l'ADN, article de Mathieu Delahousse .
  46. a et b (fr) À 8 et 11 ans, ils sont menacés de fichage génétique pour vol de jouets, article du quotidien Le Monde du 7 mai 2007.
  47. (fr) On n’est jamais trop jeune pour Big Brother, communiqué du 23 juin 2005 sur le site de la Ligue des droits de l'homme.
  48. Chiffre fourni par le Ministère de l’Intérieur dans son communiqué de presse Évolution de l’activité des services de police et de gendarmerie − janvier 2009.
  49. (fr) « Les échanges salivaires font avancer l'Europe », Ligue des droits de l'homme,‎ 15 juin 2007 (consulté le 29 août 2007).
  50. (fr) Les polices de l'Union européenne mettent en commun leurs fichiers biométriques dans le quotidien Le Monde daté du 13.06.07.
  51. (fr) La justice simplifie le fichage génétique, de Jean-Marc Manach, dans le quotidien Le Monde du 3 juillet 2007.
  52. Le Canard enchaîné, « L'ADN fiche la trouille », article de Dominique Simonnot, mercredi 16 septembre 2009, p. 4.
  53. « Ouvrez la bouche, vous êtes fiché », article du quotidien Le Monde, daté du 18 septembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]